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dimanche 1 décembre 2024

Nada Surf + Elephant, Le Bataclan, 29 novembre 2024.

Déjà auteur de deux albums, les Hollandais d’Elephant seront de retour au cours du premier trimestre 2025 avec un nouvel effort. En attendant, le quartet s’échauffe en première partie de Nada Surf et, à ce titre, vient honorer la scène du Bataclan pour la première partie du soir. Et alors que les premières notes résonnent, on en vient à penser immédiatement que ce groupe était le choix parfait pour coller à l’univers mélodique des New-Yorkais. Evidence mélodique des compositions, groove ouaté tout en douceur, les chansons d’Elephant possèdent ce petit je ne sais quoi qui les rends inoubliables. Servi avec un chant doucereux, accentuant la douceur mélancolique du répertoire, le quatuor nous a gratifié d’un set impeccable d’un bout à l’autre. 45 minutes suspendues dans le temps…

Depuis 20 ans, l’auteur de ces lignes n’a jamais assisté à un mauvais concert de Nada Surf et ce n’est pas la prestation du soir qui nous fera mentir ! Depuis deux décennies le trio fait à peu près la même chose, explorant le côté mélodique, mélancolique, de la pop à coups de délicats arpèges de guitares. Chose impensable par ailleurs, ils n’ont jamais ni lassés, ni ennuyés, alignant les albums impeccables et son lot de chansons mémorables. L’ajout d’un quatrième membre, Louie Lino aux claviers et à la guitare, permet d’accentuer la texture sonore du groupe, toujours mené par le groove puissant du batteur Ira Elliott, en très grande forme sous sa chapeau. Parfaitement francophones, depuis leurs années au Lycée Français de New York, la paire Matthew Caws (guitare/voix) et Daniel Lorca (basse) n’a pas son pareil pour créer une connexion unique avec le public français et se sent « comme à la maison » dès lors qu’ils jouent en France partageant avec le public, qui répond bruyamment et avec enthousiasme, de grands moments de partage et d’émotion. Le sommet est atteint lors de l’ultime rappel « Blizzard of 77 » joué entièrement débranchée, guitare folk et voix, écoutée dans un impressionnant silence de cathédrale. Un merveilleux moment.


vendredi 13 mars 2020

Nada Surf, La Cigale, 11 mars 2020.


C'est au terme d'un arrangement rocambolesque que le concert s'est tenu. La jauge complète de la salle de La Cigale affichant 1400 places, 400 de plus que le maximum autorisé (drastiquement descendu à 100 depuis) consécutivement à la pandémie de COVID-19, le groupe, connu pour sa générosité avec le public, a décidé d'assurer deux sets, à 19h puis à 21h, pour contenter tout le monde et éviter l'annulation pure et simple. Concrètement, la fosse est ouverte normalement, seule une poignée (une dizaine tout au plus) de spectateurs ont trouvé refuge au balcon. De quoi assurer un semblant d'ambiance au cœur de cette soirée surréaliste. On se souvient ainsi que le dernier concert du groupe auquel on avait assisté se tenait au Bataclan fraîchement réouvert après le drame que l'on sait. On se souvient que la dernière fois que l'on avait croisé Matthew, le chanteur, pour une interview, c'était le 4 décembre 2019 à la veille d'une très longue grève. Voilà le groupe qui redébarque en pleine pandémie, appelons cela le privilège de l'âge, ces formations qui nous accompagnent depuis tellement longtemps qu'elles en deviennent une sorte de baromètre des différents événements rythmant nos vies. Ainsi le concert file droit et le groupe ne prends guère le temps de se répandre préférant jouer, qui s'en plaindra ? Le set commence de manière inhabituelle par un solo de batterie d'Ira, les musiciens arrivant au compte goutte les uns après les autres pour ainsi donner corps au premier titre, « So much love ». Beaucoup de tubes, certains plus revisités depuis un certain temps nous semble-t-il (« Hi speed soul ») et une alternance entre morceaux « énervés » (« The Plan ») mettant en valeur la collection de Fender de Matthew qui a abandonnée les Gibson) et calmes (« Inside of love », « Blonde on Blonde », « Hyperspace ») dont la mélancolie est renforcée par l'apport prépondérant de Louie Lino aux claviers, le nouveau membre du groupe depuis le récent album « Never not together ». Le show s'est terminé avec « The Blankest Year » dont le refrain « Fuck it i'm gonna have a party » résonne avec acuité en ce mercredi soir. 

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dimanche 23 février 2020

Nada Surf : « Never Not Together »



C'est suffisamment rare pour être souligné mais depuis leurs débuts, en 1996, les New-yorkais n'ont finalement que très peu déçu et, en cela, le quatuor fait hommage au titre de ce nouvel effort « Never not together » qui résume un peu l'état de notre relation avec eux, qui nous accompagnent en sons et en chansons depuis tant d'années. Et pourtant, que d'évolutions depuis les attaques soniques de « Popular » (1996) ou de l'album « Proximity Effect » (1998) produit par Fred Maher (du groupe Massacre). Depuis quelques années Nada Surf, à l'origine groupe de power-pop sorti d'un garage, a mis au point sa formule misant sur les mélodies rehaussées subtilement d'attaque de guitare subtilement dosées (la folk/grunge "Mathilda" ; « Something I should do », un titre rappelant leurs débuts orné de spoken word comme un clin d'œil au tube « Popular »). Rien de bien révolutionnaire au final mais une formule bien rodée permettant de produire des albums d'excellente facture voire mieux (cf. le chef-d’œuvre « Let Go » de 2002) ; des disques que l'on retrouve avec un plaisir à chaque fois renouvelé, l'ensemble formant un corpus des plus respectables et faisant du quatuor un des rares survivants des nineties. Ceci étant posé, ce nouvel album voit le groupe sortir de ses sentiers battus, point de virage électro mais quelques prises des risques au niveau des arrangements ambitieux (une grande place accordée aux claviers, des violons, du saxophones, et un chœur de voix enfantines) ; de quoi enluminer avec originalité des compositions toujours écrites avec grand soin (« Crowded Star ») et marquées par les paroles bienveillantes du chanteur Matthew Caws. Sur la magnifique photo ornant l'intérieur de l'album, le groupe pose au pied d'un arbre, dans un sublime paysage de collines dans la magnifique lumière du soleil couchant comme un parfait résumé de cet album apaisé et réconfortant. 
En concert à Paris (La Cigale) le 11/03 https://fr-fr.facebook.com/NadaSurf/

dimanche 1 avril 2018

Standing at the gates : The Songs of Nada Surf's Let Go



A bien des égards, les albums hommages sont souvent décevants et pèchent principalement par un manque de cohérence ou une logique trop commerciale plombant les projets, forcéments décevants pour les fans du groupe en question. Nous, ici, on aime beaucoup Nada Surf, que l'on suit régulièrement et que l'on a, maintes fois, applaudi en concert. Aussi, on ne pouvait que poser une oreille curieuse et un peu méfiante, eu égards aux réserves évoquées plus avant, sur cet album de reprises de « Let Go », le troisième effort du trio new-yorkais, qui arrive comme un retour de manivelle, le groupe s'étant également essayé à l'exercice de la reprise avec « If I had a hi-fi » sorti en 2010. Première constatation, l'ordre originel des chansons n'a pas été respecté, et, deux titres, « End Credits » et « Run », n'ont pas trouvés preneurs. Il s'agit donc d'une sorte de « recréation originale » du disque, qui en respecte plus l'esprit que la lettre, une œuvre à part entière et c'est donc ainsi qu'il convient d'apprécier cet album. En un quart de siècle de carrière, Nada Surf s'est construit, lentement et au fil du temps, une figure de parrain sur la scène indie/power-pop. Et c'est précisément ce que l'on retrouve dans le casting qui figure au générique : Ron Gallo (magnifique reprise mi-soul mi-punk de « Happy Kid »), The Texas Gentlemen (« Inside of Love »), Aimee Mann (« Paper boats », sublime)… Même le titre en français du disque « Là pour ça » a été repris, courageusement, en version cabaret électro par Aida Victoria, et même pas peur ! En quinze ans, le panorama musical a bien changé et c'est ce qu'illustre, en creux, cet album, de surprenants arrangements électro s'invitant à la table anniversaire « Blonde on blonde » (par Rogue Wave), « Killian's red » (Holly Miranda) et l'excellente « Hi-speed soul » dont la version par The Long Winters, est étonnamment dark par rapport à l'originale et teintée de cold-wave 80s (rappelons que sur scène, à l'époque, le trio s'amusait à intégrer un bout de Joy Division au milieu de la chanson) ; Nine Inch Nails n'aurait probablement pas fait mieux… Enfin on a un petit coup de cœur pour la relecture rageuse de « The way you wear your head » par Charly Bliss. Sorti en 2002 « Let Go » a toujours fait figure de renaissance pour le groupe qui sortait d'un divorce douloureux avec son label (une major) de l'époque. Un album important donc, doublé d'une grande réussite artistique. Même si Nada Surf a connu des hauts avant (The Proximity Effect) et après (les deux derniers efforts studio du groupe « The stars are indifferent to astronomy » et « You know who you are » sont de très haute tenue), « Let Go » a toujours occupé une place à part dans le cœur des fans et du groupe lui-même. Sans doute la raison pour laquelle ils ont accepté d'en confier le répertoire à d'autres pour un résultat varié et surprenant (« Neither heaven nor space » façon western par William Tyler) mais toujours réussi.

dimanche 4 décembre 2016

Nada Surf, Le Bataclan, 02/12/2016.



Faire comme si de rien était. Oublier la petite boule qui nous tourne discrètement dans l'estomac depuis une semaine. Faire fi de l'émotion qui nous saisit quand on passe devant la plaque hommage aux victimes, le petit pincement au cœur au moment de passer la sécurité. Ce soir on va au Bataclan. Ce soir on va voir Nada Surf. Et, chose impensable, on a même songer à se décommander. Et puis on y est allé quand-même. Parce que la Vie doit continuer, parce que les guitares résonnent plus fort que les kalachnikovs, parce que le rock n'roll fait plus de bruit que les bombes. A l'intérieur, l'endroit a finalement peu changé exception des toilettes et du hall d'entrée, refaits à neuf et du bar qui est semble aussi différent. Et puis dès que les lumières se sont éteintes, on a retrouvé nos marques. Un concert de rock, notre élément naturel. Sur scène, les quatre membres de Nada Surf, se sont bien gardés d'évoquer les événements tragiques survenus il y a un an. Mais on sent bien qu'il y a quelque chose de différent. Que quelque chose à changé. Les applaudissements sont plus appuyés, le groupe (surtout Daniel le bassiste parfaitement francophone) semble ému. Entre les chansons, Matthew (le chanteur au français parfait) évoque des anecdotes personnelles (chose assez rare) et tient un discours profondément humaniste qui fait chaud au cœur… Et ce sont des tonnes d'amour qui se sont déversés sur le groupe via des applaudissements nourris…

Sur scène Nada Surf a toujours été un groupe ultra-efficace, charismatique, emportant littéralement le public et évoluant sur une ligne fine entre mélancolie (« 80 windows », « Weightless » et les chœurs assurés par le public, très émouvant) et puissance brute (« Happy Kid », « Hi-speed soul », rare incursion du groupe en territoire cold wave). Avec l'ajout d'une deuxième guitare, assurée par l'excellent Doug Gillard, c'est un véritable mur du son qui se dresse devant nos oreilles. Derrière sa batterie, le puissant Ira Elliot est le ciment qui tient tout l'édifice debout. Vêtu de son perfecto à paillettes, ce dernier fait la fête dans son coin, danse avec ses baguettes. Cela maintenant près de vingt-cinq ans que ce groupe joue ensemble. Et ce que l'on entend est la résultante de toutes ces années passées ensemble sur la route : une cohésion musicale irremplaçable, une alchimie unique. Ces quatre là savent tout simplement se trouver. Les lumières se rallument, la musique résonne et on pense le concert terminé. Et puis surprise, les quatre sont revenus avec des guitares acoustiques et ont entamé « Blizzard of '77 ». Comme ça, sans amplis, sans micros, au plus près du public. Les quatre voix se mélangent harmonieusement, les harmonies vocales sont magnifiques. Comme un ultime cadeau avant de quitter la scène. Le Bataclan, finalement, on est content d'y être retournés.


jeudi 24 novembre 2016

Nada Surf : « Peaceful Ghosts »



Enregistré pour le compte d'une radio allemande en juin 2016, la sortie de cet album live de Nada Surf n'était absolument pas prévue et c'est donc par surprise que ce disque a fait son apparition dans les bacs au début du mois. Et pour une surprise, c'est une sacrément bonne, le quatuor atteignant des sommets d'émotion le long de ces treize plages. Quiconque a un jour vu Nada Surf sur scène ne peut que garder un souvenir énamouré du groupe, tant son énergie en live est contagieuse (et si vous avez un doute le « live in Brussels » est toujours disponible). Ici, le contexte est différent et, accompagné d'un grand orchestre (le Deutsches Filmorchester Babelsberg) le groupe prend l'exact contre-pied de ce qui fait habituellement le sel de ses concerts incendiaires, mettant l'accent sur l'émotion suscitée les cascades de cordes, de vents et autres xylophones. Le contexte sied particulièrement au grain de voix mélancolique de Matthew, le chanteur du groupe. Ainsi sur la distance, le groupe réussit un petit tour de force, celui d'accorder son énergie intrinsèque (et elle est grande) avec le cérémonial ambitieux d'un grand orchestre. Si le tracklisting ne réserve que peu de surprise et prend des allures de best-of (le lot commun de tout album live), en revanche on n'a jamais entendu d'aussi belles versions de « Blonde on blonde », « 80 windows », « Beautiful beat », « Blizzard of '77 » ou autres « Inside of love » (juste pour citer quelques exemples). Un excellent album permettant de découvrir le groupe sous un jour différent. On aurait aimé être dans la salle !
En concert à Paris (Le Bataclan) le 02/12.


jeudi 25 février 2016

Nada Surf : « You know who you are »



Ce nouvel album marque une petite révolution pour le groupe New-Yorkais qui devient un quartet avec l'arrivée du guitariste Doug Gillard. Pourtant, à l'écoute, l'ajout d'une deuxième guitare ne change pas grand-chose à l'affaire, car comme l'indique le titre de ce nouvel effort, les membres du groupe savent très bien qui ils sont. C'est donc avec un plaisir non feint que l'on retrouve alors la power pop ourlée du groupe qui reste fidèle aux recettes qui ont fait son succès. Point de revirement brutal vers le dubstep (par exemple) ici (ouf), les contempteurs en seront pour leur frais. Il convient donc d'apprécier cet album pour ce qu'il est, à savoir une magnifique collection de chansons, finement écrites (« Believe you're mine », « Out of the dark ») et délicatement produites (« Friend Hospital », « Victory's yours »). Derrière l'énergie brute (« New Bird », « You know who you are », « Gold Sounds ») développé par le désormais quatuor pointe toujours une mélancolie diffuse perceptible dans la voix du chanteur Matthew Caws. Comme un clash entre une guitare aux lignes puissantes et un chant mélodique et délicat. A l'image du sport dont il tire son nom, Nada Surf, tient en équilibre, sur le fil de plusieurs influences pop rock et folk (« Animal ») et provoque des émotions parfois contraires entre espoir, joie et mélancolie. Tout est affaire de dynamique. Et même si cette nouvelle livrée semble légèrement inférieure aux chefs d’œuvres passés du groupe (« The Proximity effect », 1997 ; « Let go », 2002), le tout est d'une tenue suffisamment haute pour pérenniser encore un peu plus Nada Surf, le nom du groupe étant déjà un gage de qualité en soi.


mercredi 21 juillet 2010

Nada Surf, La Maroquinerie, 19 juillet 2010


La chronique du jour commence par une affirmation de Matthew Caws, le chanteur de Nada Surf, dans son français parfait (comme toujours) : « Après toutes ces années de tournées, il est assez rare pour nous de jouer dans une salle en forme de bol. Ce qui est très cool, on peut voir tout le monde. ». Ce qui amène à la question suivante, pourquoi la Maroquinerie a-t-elle une forme de bol ? Donc plutôt que d’entrer de vif du sujet de suite, j’ai envie aujourd’hui de commence par une petite histoire, celle de la Maroquinerie… Avant d’être une salle de concert l’endroit a été, comme son nom l’indique, une maroquinerie. Qui a été bombardée pendant la seconde guerre mondiale. La salle est construite, en sous-sol, dans le cratère qui a été laissé par l’obus. Ce qui répond à la question du début quant à la forme « en bol » de cet « endroit très cool, très rock n’roll » (dixit Daniel le bassiste). Il est vrai que c’est sympa La Maroquinerie. Les colonnes de briques rouges dans le fond de la scène, lui donne une petite touche new-yorkaise du meilleur aloi. Alors quand on a un groupe qui assure en plus (ce qui est souvent le cas, la programmation est top) comme le trio (new-yorkais tiens, tiens) Nada Surf sur scène, ça devient une sorte de petit shangri-la (le paradis sur terre). Le trio est ce soir complété par un quatrième membre, le multi- instrumentiste / factotum, Martin Wink, membre de Calexico de son état. Ce dernier apporte une contribution intéressante à ses compagnons de jeu du soir grâce à l’utilisation d’instruments plutôt rares pour ce groupe, l’excellent solo de trompette sur « 80 windows » par exemple, salué par une belle ovation du public. Comme toujours le groupe trouve la bonne balance entre mélancolie (« See This Bones », « Always love », « Inside of love ») et énergie (« The way you wear your head », « Blankest year », « Popular », « Do it again ») piochant principalement dans le répertoire des albums « Let go » et « The weight is a gift ». Côté originalité, pour ce concert français, Nada Surf nous a gratifié du « Bye Bye Beauté » de Coralie Clément (également présente sur le dernier disque de reprises du groupe) et de « I like what you say », titre assez rare en concert et pourtant pas si ancien que cela (l'album "Lucky" en 2008). Quelques reprises aussi du dernier disque : « Enjoy the silence », « Love goes on », « Love and danger ». Une fois de plus on s’extasie sur le jeu du batteur Ira Elliott qui, contrairement à certains de ses confrères, ne fait pas forcément le show mais assure : puissant, carré, simple et efficace ! Super boulot ! Le public a particulièrement apprécié (et l’a bruyamment fait savoir) le final en roue libre de « Blankest year » où le groupe, surfant sur une vague euphorique, a prolongé la chanson répétant le refrain à l’envie, personne n’ayant vraiment envie que cet excellent concert se termine ; le bassiste Daniel Lorca finissant même dans la fosse au milieu du public. On peut donc l’affirmer haut et fort, un concert de Nada Surf c’est toujours l’assurance de passer une agréable soirée.
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vendredi 25 juin 2010

Nada Surf : If i had a hi-fi


Pour son sixième opus (déjà !) studio, Nada Surf fait le choix, étonnant, d’un disque de reprises. Un constat s’impose, avec cet album, Nada Surf devient classique. Car, malgré la variété des sources, des époques ici reprises (des années 70 à 2000), Nada Surf s’approprie les chansons, impose sa marque et livre au final un disque étonnement homogène sonnant comme les grands classiques du groupe. Mais le plus grand mérite de cet enregistrement est de repousser les limites, d’aller piocher dans le répertoire des groupes obscurs où internationaux (cf. «Evolution » des espagnols de Mercromina où « bye bye beauté » de Coralie Clément), simplement pour le plaisir de jouer. Certes quelques grands noms sont présents : Depeche Mode (« Enjoy the Silence »), Kate Bush (« Love and anger »), les Go-Betweens (« Love goes on !»), Les Moody Blues (« Question ») ou bien encore les trop méconnus, du moins en France, Spoon (« The Agony of Laffite »)… Mais quelqu’un connaît-il les Silly Pillows où The Muslims ? L’album est plutôt bon et s’écoute agréablement. Pourtant, et ce malgré toute l’affection que l’on a pour eux, on a comme l’impression que le groupe est moins essentiel, ou audacieux peut-être, qu’à l’époque des « Proximity effect » et autres « Let go ». De là à dire que la formule tourne un peu en rond…
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dimanche 12 octobre 2008

Nada Surf + Underground Railroad, L’Olympia, 7 Octobre 2008.

Un petit mot pour commencer sur Underground Railroad qui a assuré la première partie. Vraisemblablement français, le trio a tenté l’aventure britannique en s’installant à Londres, leur deuxième album vient de sortir. Ils oeuvrent dans un noise rock, tendance nineties, assez intéressant. Malheureusement, leur set a quelque peu été gâché par un son mal foutu, trop chargé en basse notamment, de nombreux larsens pourrissent l’ensemble. Néanmoins ils ont montré une belle énergie et leurs compositions accrochent bien à l’oreille. C’est dommage pour eux, une première partie de Nada Surf à l’Olympia, ce n’est pas le genre de plan qui se présente tous les jours mais on reparlera d’eux bientôt.

Vint ensuite un autre trio francophone, venu de New York, Nada Surf. Si leurs deux derniers albums pèchent parfois un peu par facilité (je me permets d’être un peu critique car je les aime beaucoup), ils restent sur scène un groupe d’une efficacité redoutable. Bien plus rock n’roll que sur disque. J’ai d’ailleurs l’impression que ce soir ils n’ont pas hésité à monter d’un cran le volume des amplis. Ca démarre comme une balle avec un enchaînement « Hi-Speed Soul » / « Treehouse » / « Happy Kid » ; et ça dépote direct. Il est vrai qu’en la personne d’Ira Elliott ils ont un des meilleurs batteurs à l’heure actuelle qui n’hésite pas à aller au charbon pour alimenter la machine. Daniel Lorca, le bassiste, passe la soirée en jouant assis (??) sans que cela l’empêche de gigoter dans tous les sens ; il est également un soutien rythmique remarquable. Et enfin Matthew Caws, le chanteur/guitariste, toujours aussi sympa avec le public.

Il y eut également des moments plus doux : « Inside of love », que Matthew décrit comme leur titre soul/motown, ou le public danse en rythme de droite à gauche les bras en l’air. Mais le plus beau moment fut sans doute « See these bones », avec un magnifique arpège en intro, des lumières superbes, comme suspendues dans le temps. Magnifique. Très bonne mention aussi pour « Weightless » avec les chœurs assurés par le public, « Blonde on blonde », chanson d’une beauté poignante et enfin « Blizzard of 77 » en rappel éthéré.

Daniel et Matthew l’ont confirmé, il s’agit de leur dernière tournée pour l’album « Lucky ». Afin de marquer le coup ils nous ont préparé quelques petites surprises des titres assez rares qu’ils n’ont pas l’habitude de jouer en concert « Telescope » et « Treehouse » extraits du tout premier EP, Karmic. Hélas au détriment de l’album « Proximity effect » dont ils n’ont joué aucune chanson.

Nada Surf, c’est un peu comme les Bellrays, en live ils ne déçoivent jamais. Raison suffisante pour profiter de leur présence avant une absence que l’on espère pas trop longue.

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Underground Railroad : « Sweet »

vendredi 25 avril 2008

Nada Surf, le Bataclan, 22 avril 2008.


Le rocker ne vieillit pas. Regardez Nada Surf (voir mes messages des 11 et 22 février) par exemple, 12 ans après leur débuts, le trio new yorkais nous a délivré pour son retour au Bataclan une prestation aussi fougueuse et excitante qu’au premier soir. Trois musiciens (renforcé ce soir par la présence d’un clavier) en grande forme, Ira Elliott (le batteur) exceptionnel du début à la fin, Daniel Lorca (le bassiste), un peu bougon, mais qui saute dans tous les sens et Matthew Caws (guitare/voix) qui assure la connexion avec le public dans son français parfait. Beaucoup de titres du nouvel album « Lucky » furent joués : « See these bones », « Whose Authority », « Beautiful Beat », « Weightless », « I like what you say », « Ice on the wing » et enfin, la très intrigante « The Fox », dédicacée à la chaîne de télévision Fox News « qui n’arrête pas de dire des mensonges » dixit Matthew. Mon passage préféré fut la chanson « Inside of Love » (de l’album « Let go ») que Matthew a décrit comme une « soul song d’inspiration Motown ». Une influence pas si évidente que cela à déceler, mais cette remarque ne pouvait que me plaire, j’adore quand les extrémités musicales se rejoignent.

Il y eu à la fois de l’énergie (« Popular » / « Hi speed soul »), de l’émotion (« Inside of Love » / « Always Love » formidable pulsation de la batterie sur ce dernier titre), de l’intime (« Blizzard of 77 ») et au final une gentillesse et une générosité énorme avec le public. Merci.

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Nada Surf : "Hi Speed Soul" (vidéo extraite de l'album "let go") :


"Blizzard of 77" (let go) :

vendredi 22 février 2008

Nada Surf, Le Showcase, 20 février 2008.


Quinze jours après la sortie de leur nouvel album « lucky », le trio new-yorkais Nada Surf, est déjà sur le pied de guerre prêt à défendre ce nouvel opus sur les scènes européennes. Le premier concert français de cette nouvelle tournée a donc eu lieu mercredi soir au Showcase.

Situé dans le huitième arrondissement, le Showcase est une salle chic et classe, une des plus belles de la capitale. Dès la sortie du métro on est en pleine carte postale, l’hôtel des Invalides, le Grand Palais, la Tour Eiffel qui à la nuit tombée scintille de mille feux et le pont Alexandre III, sous lequel se trouve le Showcase. En effet, le Showcase est située sous le pont, sur les quais. La salle est toute en longueur séparée en deux par des arcades. Les murs sont en pierre blanche. A gauche des arcades se trouve le bar, un espace lounge agrémenté de tables basses, de fauteuils et de canapés noirs et d’un baby-foot. La vue sur la Seine est époustouflante (pendant le concert, les lumières des bateaux mouches, se reflètent sur les murs) grâce à l’immense baie vitrée, décorée avec de lourds rideaux en velours rouge/bordeaux. A droite des arcades, on trouve la salle de concert à proprement parler, la scène et une fosse, de forme rectangulaire, un peu comme un grand couloir. Comme vous pouvez le voir, pour leur retour sur une scène française, les Nada Surf ont de la chance de pouvoir jouer dans un endroit aussi beau. En fait le problème du Showcase, c’est surtout l’état d’esprit qui y règne. Situé dans les beaux quartiers, l’endroit est majoritairement fréquenté par une clientèle plus bourgeoise que bohème. Le week-end, l’endroit devient une boite de nuit tendance bobo/chic dans laquelle il n’est pas aisé de rentrer, physionomiste à l’appui. Mais ce soir il s’agit d’un concert donc on devrait pouvoir éviter ces désagréments, même si quelques spécimens bobo sont tout de même présents, on se demande bien pourquoi (ils n’en ont rien à battre du groupe) ?

Bref, voilà pour l'ambiance, parlons maintenant de musique. Et sur ce point là, les Nada Surf, n’ont rien à craindre de personne. J’estime personnellement qu’il s’agit d’un des tout meilleurs groupes de rock sur scène à l’heure actuelle. Avec l’aide ce soir d’un clavier d’appoint, un texan dénommé Louis, le trio a démarré sur les chapeaux de roues avec l’excellent disco/pop/rock « Hi Speed soul ». Daniel, le bassiste casquette Gavroche et dreadlocks en vrac, et Ira, le batteur, donnent une assise rythmique impeccable très rock mais tendant parfois vers la disco. En résumé, solide et donnant des fourmis dans les jambes. Matthew, le chanteur guitariste, se colle là-dessus avec une grande maîtrise mélodique. Quand au clavier, son apport est essentiel et apporte une touche plus mélancolique, bienvenue sur les titres les plus lents. L’album « Let go », à mon avis leur meilleur disque, est particulièrement bien représenté (« hi-speed soul », « fruit fly », « killian’s red », « paper boats », « blonde on blonde », « inside of love »…). Quant au dernier album seront joués « See these bones », « Whose authority », « I like what you say » et « Ice on the wing ». Sinon j’ai beaucoup aimé « 80 windows », « What is your secret ?» et le medley « Stalemate/Love will tear us apart » (reprise de la Joy Division). Ajoutez à cela le fait que Matthew et Daniel, s’adressent à la foule dans un français parfait, sans aucun accent, ce qui crée un lien unique entre le groupe et son public et il n’en faut guère plus pour passer une excellente soirée pop/rock.

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lundi 11 février 2008

Nada Surf : Lucky


Vous vous souvenez, la « chanson sarcastique » ? C’était en 1996 et Nada Surf commençait son parcours avec son plus gros tube « Popular ». Depuis, le trio New Yorkais, s’est débattu dans d’interminables batailles avec son label et a un peu été oublié des radios. C’est bien dommage car ils ont sortis depuis 4 excellents albums (plus un disque live à Bruxelles). Et puis Nada Surf, c’est aussi une relation particulière avec la France (à Paris, les concerts sont toujours complets), Daniel, le bassiste et Matthew, le chanteur/guitariste, sont tous deux francophones et parlent français aussi bien que vous et moi. Nada Surf, c’est quelque part le plus français des groupes américains qui a, de plus, la gentillesse de régulièrement nous gratifier d’une chanson dans la langue de Molière (« là pour ça », « je t’attendais »). C’est aussi un terrible groupe de rock sur scène. Généreux avec le public. J’ai eu la chance de les voir quatre fois (la cinquième est pour bientôt au Showcase) et je n’ai jamais été déçu.

C’est donc avec plaisir que j’ai acheté, la semaine dernière, « Lucky » le nouvel opus du groupe qui vient de sortir. Comme d’habitude, la galette est de qualité, le savoir-faire mélodique du groupe est évident. Les arrangements sont très travaillés avec des cuivres (c’est une première), les cordes et les claviers me semblent avoir pris un peu plus d’importance cette fois-ci. Et toujours cette note subtile entre mélancolie et joie qui sied si bien à la voix de Matthew. Les deux facettes du groupe sont bien présentes tantôt pop/rock à coup de riffs de guitares imparables et parfois sur un registre plus acoustique, plus intime. Nada Surf, c’est un groupe d’artisans au sens noble du terme. Qui, patiemment, taille la pierre et confectionne de parfaits petits bijoux pop. De la belle ouvrage. Félicitations Messieurs.

N.B. : Comme d’habitude, l’album est proposé avec un disque bonus et quatre titres, deux inédits et deux versions acoustiques.
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