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dimanche 6 juillet 2008

Wraygunn, La Maroquinerie, 20 juin 2008.


Enfin, le moment tant attendu, désiré arrive enfin : les portugais de Wraygunn sont en ville ! Wraygunn (voir mon message du 7 novembre 2007), groupe de grande classe, inventif et excitant m’a scotché il y a quelques années avec l’album ecclesiastes 1.11, et depuis ce jour, j’attendais impatiemment de voir enfin le phénomène en live. Et bien les enfants je n’ai pas été déçu. Le concert a commencé tout doucement avec Paolo Furtado qui a commencé en solo, sur une superbe demi-caisse bleue nuit, son blues « Just a gamblin’man » avant d’être rejoint par le reste de la troupe. Ils ont ensuite enchaîné avec « Ain’t gonna break my soul » ou le percussionniste Joao Doce s’en ai donné à cœur joie, apportant une note latine bienvenue à l’alchimie Wraygunn entre rock n’roll, blues, soul et gospel. Ca y est, la machine tourne à plein régime, l’ouragan est en ville et pour notre plus grand bonheur, s’apprête à tout emporter sur son passage. Quel groupe ! Mais, on touche vraiment au sublime lorsque les filles, à savoir les chanteuses Raquel Ralha et Selma Uamusse prennent le pouvoir, superbes versions, gorgées de soul et de gospel, de « Keep on Prayin’ », « No more my Lord » et « Love is my new drug ». Et puis il y a eu le petit moment chaud de la soirée quand Paolo a sauté dans le public puis est resté un petit moment dans la fosse avant de tomber sur une fille, pas farouche, qui lui a roulé une pelle, refusant de le laisser retourner sur scène. La soirée s’est enfin achevée avec la reprise du classique des Kinks « You really got me ».


dimanche 25 mai 2008

Jamie Lidell : Jim




Mais quel sera le disque qui vous fera guincher tout l’été ? Ne cherchez plus, la réponse est toute trouvée : Jim, le nouvel album de Jamie Lidell. Jamie Lidell ? Mais qui est ce type ? Il a été la moitié du duo électro/funk Super Collider (inconnu au bataillon) et Jim est son troisième album en solo (je n’ai jamais entendu parler des deux premiers). Autant dire que jusqu’à présent, sa carrière est plutôt confidentielle, et que ce fameux Jamie Lidell, avec tout le respect que je lui dois, sort un peu de nulle part. Mais à l’écoute de « Jim », il y a de fortes chances que cela change, on en reparlera dans quelques mois… Signé sur Warp, un label plutôt réputé en matière de musique électronique, Jamie Lidell a radicalement changé de style depuis ses débuts et se réinvente en soulman. Car, et c’est étonnant de la part d’un label comme Warp, le disque est plutôt organique, ancré dans une tradition soul 60s proche de la Motown. En ce sens, « Jim » fait de Lidell, une sorte d’alter ego masculin des Sharon Jones (voir mes messages des 4 février et 16 octobre 2007 et 10 avril 2008) et autres Nicole Willis (voir mes messages des 14 janvier et 20 juillet 2007). Une sorte de cousin éloigné de Raul Midon, en moins pop/folk, avec lequel il partage l’influence de Stevie Wonder. Comment se fait-il que ce disque sonne aussi bien ? Le fait que l’excellent Gonzales soit au piano, un instrument omniprésent ici, est un premier élément de réponse. Ensuite, il faut également noter que malgré le côté roots assez marqué, Lidell a réussi à intégrer à l’ensemble quelques arrangements plus modernes sans dénaturer l’ensemble. « Out of my system », « Another day », « Little bit of feel good », « Figured me out » (un morceau plus funk), « Green light », « Where d’you go ? » sont autant de petites bombes qui vous feront chalouper tout l’été sur la plage avec votre dulciné(e). Et un véritable coup de cœur de ce printemps. Et moi, eh bien, j’ai surtout hâte de mettre tout cela en pratique l’été prochain…

Et merci à Saab pour la découverte !

http://www.jamielidell.com/


Jamie Lidell : "Another Day"


Jamie Lidell : "A little bit of feel good"


Jamie Lidell : "Out of my system"

samedi 10 mai 2008

The Black Crowes : Warpaint





Suivant la perspective selon laquelle on se place, les Black Crowes (venus d’Atlanta, Georgie) sont soit les sauveurs du rock ou la pire engeance que ce dernier pouvait connaître. Je m’explique : lorsqu’ils sont apparus, en 1990, les Black Crowes étaient à contre-courant de toutes les tendances possibles et imaginables : c’était un groupe de rock n’roll ! Sur leur premier album, éponyme, ils reprenaient, avec beaucoup de talent, « Hard to Handle » d’Otis Redding. Ca n’a l’air de rien, dit comme ça, mais les Black Crowes étaient alors en totale rupture avec ce qui était en vogue à l’époque. Réentendre un groupe qui savait alors ce qu’était le swing après des années (80) étouffantes de lourdeur métallique et de groupes chevelus californiens tous plus insupportables les uns que les autres, cela faisait un bien fou. Le rock est alors entré dans un trip fleurant la nostalgie des années 60/70. Les Black Crowes étaient les précurseurs, ensuite il y a eu, avec un bonheur inégal, Lenny Kravitz, Oasis, le Brian Jonestown Massacre et j’en oublie… L’engeance dont je parlais au début, c’est qu’aujourd’hui on en est toujours pas sorti, de cette nostalgie…




Bref, après 8 années d’absence, finalement pas si longues que cela, les corbeaux d’Atlanta sont de retour. Une reformation avec un effectif remanié. Exit (hélas) le génial guitariste Marc Ford (qui a également été membre des Innocent Criminals, le groupe de Ben Harper) parti chercher sa bonne fortune en solo (son premier album en solo « it’s about time » est introuvable et je ne suis pas loin de penser que c’est un crime contre l’humanité tellement ce disque est riche) et est remplacé ici par Luther Dickinson. Fin de parcours également pour le claviériste Eddie Harsh, le nouvel organiste s’appelle Adam McDougall. Musicalement peu de choses ont changé chez les Black Crowes, sous les influences conjuguées de Jimi Hendrix (Wee who see the deep) et des Rolling Stones pour les titres électriques et de Neil Young (« Locus street ») pour les chansons acoustiques. Le passage de Jimmy Page (avec qui ils ont partagé une tournée, un album live existe en guise de témoignage) dans leurs rangs a également laissé une empreinte durable dans la guitare de Rich Robinson. Le gospel qui a probablement bercé leur enfance dans leur sud natal (entraînant de fait d’infinies comparaisons avec les Allman Brothers et Lynyrd Skynyrd) fait toujours partie de leurs préoccupations premières : « Movin’on down the line » et « God’s got it » en sont la preuve. Comme avant, l’ensemble de l’album a été composé par les deux frères terribles Chris (chant) et Rich (guitare) Robinson, espérons toutefois qu’ils perdent l’habitude de s’engueuler à tout va. Et alors, tout ira bien dans le plus rock n’roll des mondes. Welcome back brothers !

http://www.blackcrowes.com/


The Black Crowes : "Wounded Bird" (on Letterman 04/25/2008)

vendredi 9 mai 2008

« Shine a light » de Martin Scorsese


Martin Scorsese est à bien des égards un cinéaste rock. Cadreur débutant sur le film-concert « Woodstock », réalisateur de « The Last Waltz » (le concert d’adieu de The Band), du documentaire « No direction Home » ayant Bob Dylan pour sujet et producteur d’une série de films sur le blues. Il paraît qu’il choisit lui-même les chansons de ses bandes originales en puisant dans sa collection personnelle de disques (Tarantino fait la même chose). Laquelle collection doit contenir un certain nombre d’albums des Rolling Stones, il a utilisé trois fois le titre « Gimme Shelter » (ne pas confondre avec le film du même nom) pour ses films « Les Affranchis », « Casino » et « Les Infiltrés ». Aussi la rencontre d’un mythe du 7ème art avec un autre mythe rock n’roll s’annonçait plutôt excitante. Mais c’est hélas une montagne qui accouche d’une souris.

Le film commence donc comme un documentaire qui nous présente les coulisses de l’exploit ainsi que le dispositif technique mis en place pour le tournage : caméras qui pivotent dans toutes les directions, projecteurs qui risquent de cramer Jagger, ouais, bon, c’est un peu comme un Taratata version deluxe. En ce sens le film rappelle un peu « Gimme Shelter » (ne pas confondre avec la chanson du même nom), le documentaire sur le concert d’Altamont, à la différence notable que ce coup-ci, personne ne se fait poignarder dans le public. Vient ensuite le concert. Il faut reconnaître que la qualité de l’image, sur grand écran, est époustouflante, la définition est incroyable, on a vraiment l’impression « d’être dedans ». Le revers de la médaille, c’est que du coup, les rides se voient beaucoup plus. C’est finalement ça le problème de « Shine a light », les Rolling Stones eux-mêmes. C’est assez dur pour moi de l’admettre, vu que je suis un très gros fan et ce depuis des années, mais les Stones c’est un groupe à l’agonie. Le show est ampoulé, pas très emballant, ils ne sont plus que l’ombre de l’ombre du grand groupe qu’ils ont été jusqu’à l’album « Goats head soup » qui date quand même de 1973. Bon OK, je vous vois venir prêt à m’étriper, j’admet « Tattoo you » (et « Start me up ») c’était aussi de la bonne came. Mais c’était en 1981. Et puis il y a aussi les invités, les voir jammer avec Buddy Guy, c’est naturel. Jack White (The White Stripes), c’est plus étonnant, mais bon pourquoi pas. Mais alors Christina Aguilera, là, je ne comprends pas. En fait, j’ai surtout l’impression que c’est son manager qui a fait le bon deal. Et enfin, Scorsese semble dépassé par l’enjeu, noyé dans la technologie mise à sa disposition. Il n’y a aucun regard personnel sur le groupe, ce que Godard, par exemple, avait réussi avec « One plus one » ou ce que Scorsese lui-même avait accompli lorsqu’il filmait The Band (« La dernière valse »). Ce film pourrait être signé du premier tâcheron venu. C’est dans le fond tellement déprimant que moi je retourne aussi sec revoir « Rock n’roll circus »…

La bande annonce :

Jonah

Dans une époque où la crétinerie règne en maître, où le nivellement par le bas est la règle, où l’on pousse le vice jusqu’à penser que c’est d’un écran plasma que sortira « la nouvelle star », à notre époque, une autre voie est-elle possible ?

A l’évidence, la réponse est positive, et c’est sur ces entrefaites que fait son apparition notre héros du jour Jonathan Fenez a.k.a DJ Jonah. Autant l’avouer de suite, Jonah c’est un malade, complètement taré, capable de faire fondre ses disques dans le but d’assouvir une recherche compulsive et obsessionnelle du « Son ». C’est aussi un homme qui en un seul scratch rageur rend totalement obsolète les notions de « mode » ou de « tendance ». Vous en connaissez beaucoup vous des DJ qui passent de la musique classique ?

Etre un bon « turntablist », c’est tout un art et cela demande beaucoup de travail, la preuve :

Jonah : "Micro Macro"
micro macro


Et un grand merci à DJ DUCLOCK pour la découverte !

samedi 3 mai 2008

Jill Scott

Il est temps de réparer une grave omission. En effet, je n’ai pas jusqu’ici pris le temps de vous toucher deux mots du dernier album de Jill Scott lorsque celui-ci est sorti à la rentrée dernière. Pris dans le flot des sorties, j’ai, honte à moi, oublié cette Grande Dame, pourtant inoubliable à bien des égards.
Jill Scott, et sa copine Erykah Badu (voir le message précédent), je l’avais repéré dans le film Dave Chappelle’s Block Party réalisé par Michel Gondry. Après une petite pause, voici donc son nouvel album « The Real Thing Words and sounds Vol. 3 ». Disons le d’emblée ce qui la singularise par rapport à nombre de ses consoeurs c’est sa capacité à aborder frontalement des sujets assez intimes, de parler de sexe de façon assez crue. Mais pourtant tout au long de cet opus, elle le fait avec tellement de grâce, d’élégance, de sensibilité et même d’humour qu’elle en devient irrésistible. Prenez « Celibacy Blues » (le blues du célibataire, titre génial pourquoi personne n’y a pensé avant ?) par exemple. Jill évoque un endroit qu’il convient de « gratter convenablement » (Scratching it right) ainsi qu’un certain accessoire dont elle « change les piles pratiquement tous les soirs » (I get some new batteries almost every night). Certaines de mes copines vont se reconnaître dans les paroles (je n’en dirai pas plus ni ne citerai de noms). Bon, trêve de grivoiseries. Jill Scott vaut bien plus que ça, ce nouvel album dresse le portrait d’une femme à la sensibilité à fleur de peau qui « Wanna be loved », pour reprendre le titre d’une des meilleures plages du disque. « My love », « Come see me », « Crown Royal » sont délicates à l’oreille, on pense notamment à Millie Jackson. Mais la palme revient, à mon sens, au morceau qui donne son titre à l’album « The Real thing », je fonds à chaque écoute !


Jill Scott est une grande voix nu soul. On le savait, mais cette impression se confirme à l’écoute de ce nouvel album et se confirme avec le tout nouveau disque « live in Paris » enregistré à l’Elysée-Montmartre qui vient de sortir. Commentaire de mon frère après que je l’ai invité à visionner le DVD qui accompagne le disque : « Pourquoi on n’y est pas allé ? ». C’est une très bonne question et j’avoue que je n’en ai pas la moindre idée. Et pour tout vous dire à voir et écouter « Jilly from Philly », j’ai même des regrets. Le set commence avec une longue intro qui s’enchaîne avec le tube « The Way » (C’est comme ça que tu m’aimes Baby ?). Le climax du concert c’est la chanson « Rasool » où Jill peine à retenir ses larmes lorsqu’elle évoque sa communauté et ses amis trop tôt disparus. Encore une fois c’est une artiste sensible mais en même temps tellement forte… Et quelle voix ! Elle donne une véritable démonstration sur « He loves me » ou elle tâte de l’opéra. C’est même cruel si on compare avec quelques autres pépettes en vogue à l’heure actuelle, mais très largement surcotées. Et je sens que vous vous posez la question, mais oui « Golden » et son incroyable final jazzy est bien présente sur le disque, vous voilà rassurés. Et cela vous donne une raison supplémentaire de vous le procurer en attendant sa tournée européenne prévue pour cet été.

http://www.jillscott.com/
www.myspace.com/whoisjillscott
http://www.hiddenbeach.com/


Jill Scott : "Hate on me"


Jill Scott : "My love"

jeudi 1 mai 2008

Erykah Badu : New Amerykah Part One (4th world war)







Après une longue absence, voici enfin le grand retour d’Erykah Badu. C’est sur un fil tendu entre le passé et le futur qu’Erykah se balance avec grâce et intelligence tout au long de ce « New Amerykah ». On n’est plus dans un délire rétro comme chez Sharon Jones ou Nicole Willis par exemple mais pas non plus dans un r n’b tendance ado/MTV morose et épuisant. Les influences de l’age d’or des années 70 sont pourtant bien présentes mais Erykah les propulse aussitôt vers l’avenir, se servir du passé pour inventer le futur… L’album dépote sec dès la première plage « Amerykahn Promise », disco/funk explosif qui présente l’album comme une bande annonce de film d’action. Le reste de l’album enchaîne les perles avec une facilité déconcertante entre soul (« Me ») et hip hop old school (« The Healer » au sample bien trouvé et utilisé avec brio ; « My People »). Le titre de l’album « New Amerykah » le laissait présager, sur cet opus Erykah retrouve la verve sociale qui était l’apanage de Gil Scott Heron et Curtis Mayfield et dresse un constat alarmant sur l’état de l’Amérique d’aujourd’hui. Et puis il y également le grain de voix d’Erykah qui après toutes ces années n’a pas bougé, Erykah qui est non seulement un grande chanteuse mais possède un flow hip hop (pas trop utilisé sur ce disque) intéressant. Ce disque peut également s’enorgueillir des participation du bluesman/guitariste (de Philadelphie) Jef Lee Johnson, d’Omar Rodriguez (guitariste de The Mars Volta et ancien membre d’At the drive-in) ainsi que celle d’Ahmir Thompson (le batteur de The Roots).

Mais pourtant la meilleure plage du disque n’est pas indiquée sur la pochette, c’est en bonus que l’on trouve « l’ingrédient spécial » à savoir la chanson « Honey » au charme 80s indéniable, le meilleur de The Gap Band n’est pas bien loin. Les possesseur d’une place pour admirer la belle (elle est à tomber par terre !) le 28 juin prochain ont bien de la chance, le concert est archi complet depuis plusieurs semaines déjà…

http://www.baduworld.com/

Erykah Badu : "Honey" live (vous avez peut-être déjà vu cette vidéo chez Saab mais c'est trop de la balle !)


Erykah Badu : "The Healer"


The Roots (feat. Erykah Badu) : "You got me" (un petit souvenir pour finir, la chanson qui m'a fait découvrir Erykah)

lundi 28 avril 2008

Robin Trower, Le Plan, Ris-Orangis, 26 avril 2008.




Même s’il n’a jamais bénéficié du même crédit que ses collègues et contemporains, Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, Robin Trower est l’un des guitaristes les plus intéressant issus de la scène rock anglaise de la fin des années 60. Entre 1967 et 1971, Robin Trower fut le guitariste du groupe Procol Harum, mondialement connu grâce au hit « A whiter shade of pale ». Bluesman dans l’âme, Robin Trower, se sentit vite à l’étroit dans ce groupe, se reconnaissant à peine dans le mélange psychédélique/progressif pratiqué par le sextet. En 1973, Robin publie son premier album solo, sous son nom propre, alors qu’il n’a jamais, ou si peu, chanté de sa vie. Une image vient immédiatement à l’esprit à l’écoute de la guitare de Robin Trower, celle de Jimi Hendrix, auquel il a souvent été comparé. Si l’influence d’Hendrix est évidente chez Robin, ce dernier a néanmoins sa propre personnalité. Il est quoi qu’il en soit (avec les Black Keys), l’un des plus dignes des héritiers d’Hendrix, la folie et la flamboyance en moins. Mais quelqu’un est-il seulement capable d’égaler l’immense Jimi dans ce domaine là ?

Le fait que le concert de ce soir ait lieu non pas à Paris mais à Ris-Orangis, une banlieue perdue au milieu des champs, est quelque part symptomatique du manque de crédit accordé à Robin Trower. Je dis ça, mais il ne faut surtout pas le prendre comme une insulte faite au Plan, par ailleurs une belle salle noire et rouge qui me rappelle un peu le New Morning et dans laquelle on a été très bien accueilli, qui se bat pour exister à côté de Paris et propose régulièrement des concerts de qualité et dans laquelle plusieurs pointures internationales se sont déjà produit. La rue où est située le Plan a d’ailleurs été rebaptisée rue Rory Gallagher, en hommage au grand bluesman irlandais qui avait ses habitudes ici. C’est sur, j’adorerai avoir un endroit comme celui-là à Créteil… C’est juste que c’est un peu une aventure pour aller jusqu’à là-bas, et je ne vous parle même pas du retour (laborieux, c’est le moins que l’on puisse dire !) en pleine nuit !

Bref, fin de la parenthèse, parlons musique maintenant ! Et sur ce plan là, Robin Trower n’a rien à envier à personne et en remontre même aux jeunes turcs de la scène rock actuelle. Extrêmement bien entouré par un groupe de vieux de la vieille qui connaît toutes les ficelles par cœur, Robin a donné une prestation avec l’enthousiasme d’un jouvenceau ! Comptant avec gourmandise, « one two three four », entre chaque chanson et se contorsionnant de plaisir derrière sa Fender. Sa wha-wha infernale m’a envoyé au paradis plus d’une fois au cours de cette soirée ! Ca c’est du rock n’roll Baby ! J’aimerais pour finir rendre hommage au chanteur, valeureux, une bonne voix mais qui manque cruellement de charisme et s’est effacé plusieurs fois derrière la guitare de Trower au point même de quitter la scène à plusieurs reprises.

http://www.trowerpower.com/


Robin Trower : "Too rolling stoned" (live)


Robin Trower : "Day of the eagle" (live)

vendredi 25 avril 2008

Nada Surf, le Bataclan, 22 avril 2008.


Le rocker ne vieillit pas. Regardez Nada Surf (voir mes messages des 11 et 22 février) par exemple, 12 ans après leur débuts, le trio new yorkais nous a délivré pour son retour au Bataclan une prestation aussi fougueuse et excitante qu’au premier soir. Trois musiciens (renforcé ce soir par la présence d’un clavier) en grande forme, Ira Elliott (le batteur) exceptionnel du début à la fin, Daniel Lorca (le bassiste), un peu bougon, mais qui saute dans tous les sens et Matthew Caws (guitare/voix) qui assure la connexion avec le public dans son français parfait. Beaucoup de titres du nouvel album « Lucky » furent joués : « See these bones », « Whose Authority », « Beautiful Beat », « Weightless », « I like what you say », « Ice on the wing » et enfin, la très intrigante « The Fox », dédicacée à la chaîne de télévision Fox News « qui n’arrête pas de dire des mensonges » dixit Matthew. Mon passage préféré fut la chanson « Inside of Love » (de l’album « Let go ») que Matthew a décrit comme une « soul song d’inspiration Motown ». Une influence pas si évidente que cela à déceler, mais cette remarque ne pouvait que me plaire, j’adore quand les extrémités musicales se rejoignent.

Il y eu à la fois de l’énergie (« Popular » / « Hi speed soul »), de l’émotion (« Inside of Love » / « Always Love » formidable pulsation de la batterie sur ce dernier titre), de l’intime (« Blizzard of 77 ») et au final une gentillesse et une générosité énorme avec le public. Merci.

http://www.nadasurf.com/
www.myspace.com/nadasurf


Nada Surf : "Hi Speed Soul" (vidéo extraite de l'album "let go") :


"Blizzard of 77" (let go) :