Affichage des articles dont le libellé est Jeff Buckley. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jeff Buckley. Afficher tous les articles

mardi 29 mai 2007

Jeff Buckley (1966 - 1997)


Je n’ai jamais eu la chance de voir Jeff Buckley en concert. Que ce soit à l’Olympia ou au Bataclan, je me suis à chaque fois cassé les dents sur des dates affichant complet. J’avais même réussi à rater la sortie cinéma du concert filmé à Chicago (qui est maintenant disponible en DVD). C’est vous dire si j’ai eu la poisse avec Jeff. Je garde pourtant de lui un souvenir très précis. C’était un matin, il y a 6 ans, alors que je prenais le petit déjeuner dans la cuisine en écoutant la radio OUI FM. J’avais à l’époque la jambe dans le plâtre et je passais mes journées à la maison. Il y avait une rubrique à la radio où les auditeurs, après avoir envoyé un email à un certain Paolo, pouvait réclamer un titre qui était ensuite diffusé. Et ce matin là, quelqu’un avait demandé « Hallelujah », la chanson de Leonard Cohen dans sa version reprise par Jeff Buckley seul à la guitare électrique. Je possède ce disque (l’album « Grace ») depuis des années et cette chanson, je peux l’écouter quand je veux. Pourtant ce jour là à l’écoute de ce morceau à la radio, j’ai ressenti quelque chose que je n’avais jamais ressenti avant ni même depuis. Une boule dans l’estomac, des frissons... Une émotion palpable physiquement, comme si l’âme de Jeff, venue de l’au-delà à travers les ondes, venait me susurrer de sa voix d’ange sa chanson dans le creux de l’oreille, me tapoter sur l’épaule, me toucher directement... Bah, pensais-je, tu es en train de t’imaginer des trucs, arrête ton film. Et là, il s’est passé quelque chose. A une poignée de kilomètres de là, enfermé dans son studio, l’animateur avait l’air aussi perturbé que moi, cherchant ses mots : « Euh, on vient tous de vivre un moment de recueillement, c’était magique. Magnifique ». Exactement ce que je pensais sur le moment, comme si lui aussi avait ressenti à ce moment là la présence de Jeff dans la pièce. Peut-être était-ce du à l’alignement des planètes, de la lune, du soleil, que sait-je. J’ai beau avoir réécouté l’album des dizaines de fois depuis, je n’ai jamais ressenti cela, de manière aussi forte.

Il y a exactement dix ans jour pour jour, Jeff Buckley disparaissait, noyé dans le Mississipi, dans des circonstances troubles. Il n’y a pas de mots assez forts pour dire à quel point tu nous manques.

This is our last goodbye.