mercredi 27 février 2013

Interview avec Zuzoom

Zuzoom (c) Laurent Julliand Contextes

C'est dans un sympathique bar que nous avons retrouvé les Zuzoom alors en pleine jam acoustique sur le riff de "Whole Lotta Love" de Led Zeppelin. Rencontre...

Comment décririez vous le lien entre vous trois ?
Zuzoom : Fraternel plus que potes qui n’est pas un terme péjoratif mais trop restreint par rapport à la réalité de nos rapports. On se connaissait un peu et puis un beau jour on a eu envie de faire du son ensemble. On a bien trippé, on a rigolé assez vite. On s’est pas mal surpris en fait dans une espèce de ping pong musical assez énergique. On a trouvé une alchimie dans une formule assez basique avec des voix, des guitares et du beatbox. L’idée de fonder un groupe est venue de là. C’était il y a déjà trois, quatre ans.

Et votre complicité musicale ?
Zuzoom : Elle vient principalement de la voix, le chant, les harmonies vocales. On aime chanter ensemble. Placer nos voix, c’est un jeu et un kif à la fois.

Sur « Natural High » il y a des influences soul et hip hop, la beatbox notamment, très fortes, c’est des styles qui vous branchent ?
Zuzoom : Exactement. On tourne pas mal autour du chiffre trois en fait, on est un trio, on a trois influences principales, soul, hip hop et pop et nos trois ingrédients de base c’est la guitare, le beatbox et nos trois voix.

L’intro de « Shook up my world » (en version acoustique) est assez spéciale, il y a tout un travail rythmique sur les voix, la respiration…
Zuzoom : La version studio est différente. Cette chanson on la joue avec une guitare, nos bruits de bouches et nos voix. On en revient à la même chose, le beatbox la percussion de bouche. Ca fait partie de nos sonorités naturelles. On aime bien ça, les « ah ah », le snap, les claps, la respiration. Tout ce qui est « son du corps ». On adore Bobby Mc Ferrin, on aime aussi son interaction avec le public, il est capable de faire chanter n’importe quelle phrase. C’est la nature vraiment commune de la musique qu’il est très fort pour révéler.

Et c’est un truc vers lequel vous voulez aller sur scène ?
Zuzoom : A ouais, carrément. Ca fait partie de la cuisine de Zuzoom depuis le tout début. Il n’y a pas de stratégie spécifique pour ça mais c’est une volonté très forte. Balançons et si le public reçoit, il y a une chance pour qu’il rebalance derrière.

Le chant en anglais, c’était évident pour vous vu votre style musical ?
Zuzoom : Ecoute, il faut reconnaître que nos artistes préférés sont anglo saxon. On ne fait pas exprès. Pourtant on adore les grands de la chanson française, Brel, Gainsbourg… Mais ça demande une vision d’auteur qui n’est peut-être pas notre truc non plus. Pas au sein de Zuzoom en tout cas. Pour d’autres projets, ailleurs peut-être. Notre manière de chanter ensemble au sein de Zuzoom, instinctivement c’est en anglais.

En ce moment, on dit souvent que les jeunes groupes français se servent du support disque pour remplir les salles de concert. Qu’en pensez-vous ?
Zuzoom : C’est un fait, les albums ne se vendent plus et sont réduits à un rôle de carte de visite. Maintenant nous, notre album on l’envisage comme tel pas comme une carte de visite. Nous, de l’écriture à l’enregistrement on a envie que notre album soit aussi réussi que ceux qu’on a aimé écouter plus jeunes. On a une culture à l’ancienne. On veut que notre disque puisse être réécouté deux ans, trois ans après sa sortie. Pas comme une carte de visite que tu vas laisser traîner dans un tiroir. Ce n’est pas notre conception même si c’est une réalité. On a hâte de finir notre album, de le diffuser et de faire parler de nous pour avoir plus de visibilité sur le projet. On espère pouvoir décrocher des concerts, accrocher des programmateurs qui ne nous connaissent pas encore…

En même temps c’est dommage, par ce que le disque finalement c’est ce qui reste…
Zuzoom : Il y a des grands souvenirs de live qui demeurent. De grands moments qui n’existent que par le live. Jimi Hendrix en train de brûler sa guitare par exemple. Cet instant est aussi important que la musique qu’il a enregistré en studio même si cela se rapporte à de l’image. Ca participe à la diffusion de la vibration. Mais en aucun cas on a envie de bâcler notre album en pensant uniquement à décrocher des live. Notre album va être fait avec beaucoup d’amour. Ca sera une pensée complète de A à Z. On le pense, on le porte comme un objet à part entière. Il faut qu’il y ait ce ressenti instinctif comme quand on écoute quelque chose d’organique.

Est-ce qu’il y a un petit côté vintage chez vous ?
Zuzoom : Sûrement mais il y a tellement de tout dans « vintage », le terme n’est plus assez spécifique. Zuzoom est un carrefour d’influences de toute façon, on a tous nos groupes préférés, nos parcours de musiciens. Ce mélange des genres fait aussi partie du projet. On n’est pas dans le revival mais clairement on aime aussi les vieux sons.

Comment s’est passé l’enregistrement de l’ep avec Doctor L ?
Zuzoom : Il a bossé avec Assassin, Les Négresses Vertes, Tony Allen. Il a un profil afrobeat. Il a apporté de la rondeur et la chaleur. On aime ses projets, c’est du son de haute couture. Mis à part « Who you are », un titre avec Fink qu’on a crée tous ensemble, on avait pré-produit nous-mêmes nos titres avec nos idées d’arrangements et on a suivi cette ligne.

La sortie du disque vous la sentez comment ?
Zuzoom : On est content d’y être arrivé mais ce n’est que le début pas une fin en soi.

Propos recueillis le 26 novembre 2012.
www.facebook.com/zuzoomofficiel


lundi 25 février 2013

Biffy Clyro : « Opposites »




Bien décidé à s’inviter durablement à la table des grands groupes (en termes de ventes) de ce monde, en compagnie des Muse, Coldplay, U2 et consorts, le trio écossais Biffy Clyro s’est lancé à corps perdu dans l’aventure du double album. Et l’affaire part bien mal… Le premier titre « Different People » commence par une horripilante nappe de synthé cheap, cela sonne FM dans tout ce qu’elle a de plus mièvre. Mais que se passe-t-il ? La bonne nouvelle c’est que le trio retrouve rapidement des couleurs passé cette désastreuse entame. Maintenant que penser de ces vingt titres ? Enregistré sous le soleil californien, l’album bénéficie du savoir faire à l’américaine, le son est énorme, la production soignée et rutilante. Le groupe a par ailleurs convoqué quelques connaissances pour lui prêter main forte, le compositeur de musique de film David Campbell a mis sa science de l’arrangement au service du groupe alors que Ben Bridwell (Band of horses) est passé faire coucou et en a profiter pour enregistrer deux titres. Il ne faut pas se tromper sur les intentions du groupe, bien que traversé par des éclairs gentiment métal (« Black Chandelier ») punk (« A girl and his cat ») ou légèrement math rock (« The Joke’s on us », « The fog ») la musique de Biffy Clyro est fondamentalement pop et surtout fédératrice. Les deux disques sont remplis de tubes potentiels qui ne demandent qu’à être repris en chœur et à tue-tête dans les stades. Le deuxième disque les voit s’ouvrir à des sonorités plus exotiques : « Stingin’belle » renoue avec leurs racines celtes, cornemuses à l’appui et « Spanish Radio » joue la carte latine. Et même si l’ensemble sonne un peu convenu, l’affaire est rondement menée et cela suffit pour remporter l’adhésion. Le succès, mérité, devrait être au rendez-vous…

dimanche 24 février 2013

Tortoise, Festival sons d’hiver, Maison des arts et de la culture, Créteil, 24 février 2013.




Mélangeant les influences, électro, free jazz ou bien encore la musique de film, les chicagoans de Tortoise jetaient, au milieu des années 1990, les bases de ce que l’on appelle aujourd’hui, au gré des modes, le post rock ou le math rock. Et il faut bien comprendre que dans ces dénominations ce sont bien les termes de « post » ou de « math » qui sont les plus importants… Il en résulte une musique complexe, intellectuelle dont le format (10, 20 minutes par titre) déborde très largement de ce qui passe habituellement en radio. Cela peut-être selon les cas passionnant (l’album « TNT » de 1998 est une petite merveille) ou disons le franchement un peu rasoir. La remarque vaut également pour les compositions tantôt mélodiques, tantôt partant dans tous les sens possibles. Tortoise donc est ce soir sur la scène de la maison des arts et de la culture dans le cadre du festival sons d’hiver. Le concert est présenté sous l’égide d’une toute nouvelle association transatlantique, The Bridge, visant à favoriser les échanges entre musiciens français et étasuniens. La formation est donc complétée ce soir par des musiciens français invités, soit une petite dizaine de personnes installées sur scène dans une disposition rectangulaire : cuivres, deux batteries, autant de guitares, basse, piano et manipulations sonores diverses sont au programme de cette création totalement originale. Dernière précision avant d’entrer dans le vif du sujet, Tortoise, mené par le sorcier du son John McEntire, est un groupe exclusivement instrumental. Les débats commencent dans la confusion, chacun donnant l’impression de ferrailler dans son coin sans grande cohérence puis, après quelques minutes de maelström, le miracle survint et d’un coût l’ensemble prend toute sa logique. La musique est très fouillée et le moindre petit feulement de guitare à son importance. Le groupe part en général d’un gimmick de basse ou de guitare efficace puis extrapole ensuite autour pendant de longues minutes chacun y allant de son petit solo. Ruptures brutales, changements d’ambiances, de rythmes, instruments devenant d’un coup muet pour laisser plus d’espace aux autres… Les possibilités sont multiples et infinies. On passe ainsi du jazz à l’électro dans une sorte de déconstruction étudiée pour mieux reconstruire ensuite. Parfois déroutant et imprévisible, le résultat n’en est pas moins poignant. Et pourquoi me direz-vous ? Parce que c’est le jazz reste la clef ouvrant toutes les portes…

samedi 23 février 2013

Rainbow Shadow + David Murray + James Blood Ulmer, Maisons des Arts, Créteil, Festival Sons d’hiver, 23 février 2013.

Jef Lee Johnson


La soirée commence par une note très émouvante lorsque le speaker apprend au public, médusé, la nouvelle de la disparition, aussi inattendue que soudaine, survenue le 28 janvier dernier, de Jef Lee Johnson qui devait assurer ce soir la première partie. Et dire qu’un peu partout en ville, son nom orne les affiches du festival… Bluesman d’avant-garde, piochant aussi bien dans le rock que dans le free-jazz, le guitariste virtuose et chanteur laisse une discographie forte d’une quinzaine d’albums. Sessionman accompli on avait également pu l’entendre au côté d’Erykah Badu notamment. On avait fait sa connaissance lors de l’édition 2004, sur cette même scène de la maison des arts, du festival sons d’hiver dont il était l’un des habitués. Il était âgé de 53 ans et c’est une lourde perte. Un peu esseulé les deux membres restant de son trio ont décidé de recruter un nouveau chanteur/guitariste (mais pour combien de temps ?) et d’assurer le concert du soir sous le nom de Rainbow Shadow (rainbow étant le surnom de Jef Lee Johnson). Pendant une petite heure le trio ainsi reconstitué a revisité le répertoire du regretté guitariste de Philadelphie, non pas à la note près mais en « emmenant la musique dans une nouvelle dimension par ce que c’est ce que Jef aurait voulu ». Une prestation extrêmement émouvante et à cet égard l’étreinte du bassiste et du batteur le set une fois fini est bien plus forte que tous les discours possibles…

Changement d’ambiance ensuite avec une création originale dont le festival à le secret, la rencontre entre un big band de jazz swing (17 musiciens sur scène dont 11 cuivres) mené par David Murray et le bluesman old school James Blood Ulmer. Du jazz swing au blues ce sont deux facettes de la grande musique Noire Américaine qui se rencontrent ce soir. Au-delà de l’aspect cocasse, il est assez inhabituel d’assister à un concert de blues avec chef d’orchestre, surtout quand ce dernier ce met en tête de diriger le guitariste en plein solo, la création est absolument sublime. Cuivres puissants, orgue hammond B3, une formidable section rythmique d’une rare efficacité et enfin la voix et la guitare wha wha de ce vieux barde d’Ulmer. Que demander de plus ?  C’est un grand et beau moment de musique auquel nous avons assisté.

vendredi 22 février 2013

John Wheeler : « Un-American Gothic »




Connu, enfin un peu, pour être le leader des Hayseed Dixie’s, l’Américain John Wheeler sort son premier album solo. Solo c’est bien le mot puisque Wheeler joue de tous les instruments sur la majorité des titres, chapeau bas donc pour les qualités de musicien déployées ici. Intitulé « Un-American Gothic » cet effort porte bien mal son nom, car son écoute s’apparente à un long road trip à travers les Etats-Unis. Impression encore renforcée par les photos ornant le livret, présentant des bâtisses et des paysages typiquement étasuniens. Côté musique, le disque est majoritairement acoustique et mélange folk et country, sa voix rappelle un peu Elvis Costello. Guitares acoustiques, violon, c’est un véritable bonheur. Mais là ou Wheeler impressionne vraiment, c’est au niveau rythmique, excellent batteur et contrebassiste (là encore c’est du sucre pour vos oreilles), cet homme est une section rythmique à lui seul et swingue sans interruption du début à la fin du disque (« Deeper in debt », magnifique). A noter deux reprises (son groupe était également connu pour cet exercice particulier) choisies avec soin : « Eton Rifles » (The Jam) et « Masters of war » (Bob Dylan), c’est de plus un homme de goût. Enfin, pour la note bizarre écoutez « Küss Mich Noch Einmal », étrange titre chanté à moitié en anglais et à moitié en allemand. Un très bel album et peut-être bien un premier coup de cœur pour 2013…

mercredi 20 février 2013

The Drew Davies Rhythm Combo : « You make me shake »




Musicien d’origine britannique installé en France, Drew Davies a le mérite premier de remettre le saxophone à l’ordre du jour, dans un contexte blues s’entends. Accompagné de son groupe le Rhythm Combo, entièrement composé de musiciens français, Drew vient de sortir une petite merveille d’album. Baignant dans un univers délicieusement rétro, tendance années 1950 (on pense parfois à son compatriote James Hunter),  Drew Davies multiplie les ambiances allant du jazz (« Take my hand ») au rock n’roll (« You make me shake ») ou piano boogie (« Loosin my mind »). Mais bien entendu c’est la note bleue (tendance jump blues) qui est à l’ordre du jour et compose la majorité du disque. Rhythm Combo, tout est dit dans le nom du groupe, DRRC est avant tout une affaire de rythme, de swing : précis, élégant et raffiné. En un mot : excellent.

lundi 18 février 2013

Tennisoap : « Our minds hide ghosts »




Tennisoap, le retour ! Après une longue période de gestation, le deuxième album du quatuor Bisontin est arrivé. La chose débute par une intro pour le moins inattendue dans un style country/folk aussi plaisant qu’inhabituel chez eux, comme une volonté d’élargir le spectre des influences. Les choses sérieuses débutent ensuite avec le sensationnel « Heavy Stuff », à mon sens la grande réussite de l’album voire même le chef d’œuvre du groupe. L’intro dudit morceau a particulièrement été soignée, les guitares montent crescendo en puissance avant une attaque en règle, c’est de la belle œuvre, totalement addictif dès la première écoute. Le reste de l’album peut paraître plus commun en comparaison de cette magnifique entrée en matière. Il n’en est rien. Si le groupe reste fidèle à ses influences rock/noise typée 1990 (entre Sonic Youth et les Pixies, on peut également noter une touche blues à White Stripes/Black Keys sur "Hurricane"), l’album marque une montée en puissance du groupe. Tennisoap a soigné ses effets ; le son et les textures gagnent en épaisseur. Les compositions sont plus fouillées, de nombreux intermèdes mélodiques sont là pour adoucir le propos. Le niveau général fait ainsi un bond de plusieurs crans. La remarque vaut également pour le chanteur Simon Nicolas qui chante dans des registres de plus en plus variés (la très étonnante « In the morning »). Qu’on se le dise, ils sont de retour.

dimanche 17 février 2013

The Prestige : « Black Mouths »




The Prestige. Derrière ce patronyme se cache un quatuor parisien dont le premier album, Black Mouths, est sorti il y a un peu moins d’un an. Le Prestige a la « bouche noire » c'est-à-dire qu’il a enregistré son album en totale réaction aux modes musicales ambiantes. Plutôt que d’investir dans des logiciels et autres gadgets, The Prestige s’est retranché dans une vieille chapelle normande, a branché ses amplis et s’est jeté la tête la première dans le grand bain du rock sans se poser plus de questions que cela. Le groupe en est ressorti deux semaines plus tard avec un album absolument effarant. Mélangeant les influences, The Prestige a gardé du punk une attaque brute et viscérale et du métal la lourdeur et les voix gutturales. Le tout est parsemé d’inspirations 1970s (la psychédélique « Pluie ») et de quelques claviers vintage (Mellotron) ou baroques (orgues, piano désaccordé) afin d’adoucir (un peu) le tout. Malgré l’adrénaline ambiante (les trois premiers titres du disques sont sous très haute tension) qui ne baisse jamais vraiment et l’impression de chaos qui en découle, une écoute attentive relève de nombreuses finesses comme autant de manière de faire du bruit. Le disque fonctionne suivant une dynamique très particulière faite de montées et de descentes, de calmes et de tempêtes le tout servi sur une base rythmique assez complexe. Un très bel album qui a le mérite de remettre l’humain au centre du débat. Question de prestige…

samedi 16 février 2013

Paname Blues Night le 18 mars au New Morning



Séquence 8 au Casino de Paris


La compagnie Québécoise les sept doigts de la main, que l'on avait découvert avec le spectacle Traces, sera de retour au Casino de Paris du 26 février au 16 mars avec une toute nouvelle production intitulée Séquence 8.

Cléo T le 20 février au divan du monde


Simon Autain


Si il est des disques coup de cœur, alors le premier EP de Simon Autain, appartient définitivement à cette catégorie. Cinq titres inauguraux qui laisse présager un avenir des plus prometteur. En bon fan de pop, tendance classieuse, qu’il est Simon a su adapter les canons anglo-saxons à un contexte français (et francophone) pour en arriver à cet hybride entre chanson française et pop. « Pardon » et son piano mélancolique, et une excellente ligne de basse soit dit en passant, n’est pas sans évoquer John Lennon. « De l’autre côté » lorgne plutôt du côté des Beach Boys. Et ce n’est pas tout, loin de se contenter d’un standard binaire, Simon va même jusqu’au jazz le temps d’un « Jamais toujours » assez swing. Côté textes le même « Jamais toujours », signé de la plume de B Paulin, brille de mille jeux de mots et de doubles sens à la manière d’un Serge G. Entre ombre et lumière, joie et mélancolie, Simon Autain dessine ici les premières esquisses d’un univers artistique, certes encore en développement, mais déjà empreint d’une classe folle. Espérons que son premier album prolonge la magie…
En concert le 20 février au Sentier des Halles (19h45)

 

vendredi 15 février 2013

I love my neighbours : « Should we write a single ? »




Retour en fanfare pour cet ancien trio, devenu quatuor, que l’on avait découvert sur la scène de l’international et en interview. Donc, « Shall we write a single ? » est le nouvel EP du groupe et se compose de cinq titres inspirés par le rock tendance noisy des années 1990 entre pop et punk. Un peu dangereux d’ailleurs cet EP, le genre de truc qui t’explose aux oreilles dès la première titre, « All mine » qui écrase tout sur son passage dans un déluge multiple (décibels, guitares, tout en fait) et rock n’roll. De la belle œuvre. A l’opposé, « Roundabout » prône une approche pop, sensible et délicate, jolie mélodie et pattern solide de la batterie, avant que le tout se termine dans un fracassant bordel final. Bien produit, l’EP regorge de détails, les batteries, guitares et autres basses ont été traitées avec beaucoup de soin, le son est énorme. Dotés d’un esprit aventureux, la bande des quatre n’a pas peur de prendre des risques au niveau du songwriting, les nouvelles compositions regorgent de couloirs labyrinthiques et autres tiroirs qui prennent la forme d’alternance entre tensions et détente, ralentissements et explosions rythmiques et autres breaks assez surprenant. L’EP est d’une grande richesse dans la mesure où les chansons révèlent leurs trésors au fil des écoutes et il est parfois un peu dur de tout capter du premier coup. Should we write a single ? Ca fait longtemps que tous leurs titres sont des singles potentiels…
https://www.facebook.com/ilovemyneighbours

mercredi 13 février 2013

Les Nuits de l’Alligator, Houndmouth + Skins + The Computers + The Heavy, Le Bataclan, 11 février 2013.


Attachant festival, Les nuits de l’alligator réunissent chaque année, à la maroquinerie ou au bataclan, des groupes émergents dans des styles musicaux plutôt roots allant de la country au rockabilly en passant par la soul ou le garage. L’affiche de cette année fera une fois de plus honneur a ce festival et multipliera les coups de cœurs. On commence par un groupe venu de l’Indiana, qui sort pour la première fois de son pays natal, Houndmouth qui mélange assez habilement blues, country et une approche rock indépendant. Le quatuor (basse, batterie, clavier, guitare) s’en tire avec les honneurs, excellente section rythmique et harmonies vocales (la fille aux claviers à une très belle voix) font fondre le public. Une très belle première partie même si leur présence paraît un peu décalée au regard de ce qui va suivre. On continue ensuite avec une tornade comme on en voit rarement prendre la scène d’assaut, le quintet Skins, un groupe garage/punk mené par une chanteuse soul à la superbe voix typiquement black. La formule n’est pas sans rappeler nos Bellrays adorés mais dans une incarnation encore plus radicale ayant intégré le hip hop et la fusion rap/métal. Ca décoiffe. Dans le genre décoiffage le groupe suivant, The Computers, a également de forts arguments à faire valoir. Mélangeant le punk et le rockabilly, le groupe a indéniablement du charisme, un savoir faire pour emballer le public : inconnus avant la soirée, la majorité de la salle sera fan à la fin de leur set. Dans leurs costumes coordonnés bordeaux, chemises blanches et cravates ficelles noires, ils sont également le groupe le plus classe de la soirée. Ca joue sévèrement, c’est juste dommage pour eux que Jim Jones Revue occupe déjà le terrain avec une formule rigoureusement identique : grosses guitares, piano, même le chanteur retrouve les intonations de Jim Jones. A suivre malgré tout. On termine enfin avec la tête d’affiche, les anglais de The Heavy, groupe actuellement en pleine bourre, remplissant des salles de plus en plus grandes dans la foulée de leur excellent troisième album « The glorious dead » sorti à la rentrée dernière. L’album le laissait supposer, la scène le confirme, The Heavy s’éloigne peu à peu du (hard) rock (point de « In the morning ») au profit d’un son de plus en plus soul (l’album a été enregistré en compagnie des musiciens de daptone). Le quatuor, désormais accompagné sur scène par deux saxophones et un clavier vintage, n’a joué que les titres des deux derniers albums. Plus nuancé, peut-être un peu moins brut mais toujours aussi groove et sexy, The Heavy est excellent (une habitude avec eux). La soirée se termine avec le tube imparable « How do you like me now ? » et le Bataclan chavire. 

dimanche 10 février 2013

Jesus Christ Fashion Barbe + Eugene McGuinness, La Maroquinerie, 9 février 2013.

Eugene McGuinness (c) Dean Rogers

Un petit mot pour commencer sur le trio français au nom impossible, Jesus Christ Fashion Barbe qui a assuré, avec brio, la première partie. D’obédience pop rock, le trio à la formule pour le moins classique, guitare basse et batterie, à l’originalité d’inverser les rôles, la guitare (très belle collection de demi-caisse) semble dévolue aux parties rythmiques alors que la basse (magnifique Rickenbacker) assure les soli. Le groupe est bien aidé dans sa cause par un bassiste virtuose et inspiré et un batteur véloce assurant une assise rythmique des plus solides. Des claviers et aux autres boucles samplées enluminent le tout. La formule est visiblement bien rodée et cette première partie et se trouve être très agréable. Le public approuve et le groupe est gratifié d’un « pour des frenchies c’est pas mal » venu des premiers rangs.

Vint ensuite sur scène la star montante de la pop anglaise, Eugene McGuinness pour qui la sauce commence vraiment à prendre, du moins dans notre hexagone, la Maroquinerie est ce soir archi complète. On s’interroge parfois sur la direction artistique que souhaite prendre Eugene McGuinness tant son dernier album, l’excellent « The invitation to the voyage », aborde, avec classe toujours, des styles variés. Eugene fait tout et son contraire, de la surf music (« Lion ») à l’électro (« Videogame ») en passant par la new wave (« Japanese cars ») et nous laisse parfois un peu dubitatif. Il paraît évident que cet agrégat prend tout son sens une fois sur scène grâce à sa voix. Eugene est un chanteur né, belle voix, superbe interprète à l’aise dans tout les styles et crédible même en crooner (le magnifique slow « I know those old black and white movies were true » extrait de son premier album). Entouré par un groupe soudé, solide et efficace (on reconnaît son frère cadet Dominic McGuinness aux claviers) Eugene se révèle être un showman hors pair. Charismatique, tiré à quatre épingles, Eugene charme le public et tape dans les mains des spectateurs massés au premier rang, un peu à l’image du chic type qu’il est aussi dans la vie. Plusieurs nouvelles compositions furent jouées en cette soirée, une sorte de rodage avant un nouvel album, laissant supposer une nouvelle orientation plus organique avec deux guitares. Une très belle soirée est dès lors la conclusion qui s’impose.
  

mercredi 6 février 2013

Jur : « A boca Llena »




Né de l’alliance entre une chanteuse espagnole (Jur Domingo, originaire de Barcelone) et de musiciens français, le groupe Jur a déjà deux albums à son actif : « Juste ici » (2009) et « Ladrona » (2010).  « A boca Llena » est le nouvel EP de ce groupe qui a un pied de chaque côté de Pyrénées. Et c’est bien ce que l’on entend sur ce nouveau disque, incarné par le chant tantôt en français, tantôt en espagnol ou en catalan. La voix est, sans faire offense aux autres membres du groupe, la pièce maîtresse de Jur (le groupe) tellement la personnalité de la chanteuse est forte, sa voix est profonde, grave et avouons-le, terriblement sexy. Jur excelle dans ces ambiances en demi-teinte entre chien et loup. Et pour le coup Jur (la chanteuse) est servie à point par les musiciens qui lui déroulent un tapis intimiste entre jazz (« A boca llena ») ou blues cabossé (« Il est revenu »). L’ambiance est majoritairement acoustique, tranquille au coin de la cheminée. Un très bel EP.
En concert au centquatre (Paris) le 14 février 2013.

lundi 4 février 2013

Nosoy




Etrange mélange entre slam et sonorité pratiqué par ce nouveau quatuor français. Sur ces quatre titres Nosoy évite habilement l’écueil habituel du slam, à savoir un accompagnement musical minime visant à mettre en valeur le texte. Point d’ascèse musicale ici, Nosoy soigne autant ses mots que ses musiques, assez variées au demeurant entre sonorités latines (« Listo ») ou garage rock light (« Madre y papito » ; « Pression »). Frais, sympa et ensoleillé.

dimanche 3 février 2013

Dropkick Murphys, Le Zénith, 2 février 2013.


Un Zénith quasiment rempli, Les Dropkick Murphys sont très clairement passés à la vitesse supérieure (en termes de popularité) en ce samedi soir. Vraiment impressionnant pour un groupe snobé par les grands médias, que l’on entends ni ne voit nulle part, dont aucun des sept membres n’est une super star mais qui y est arrivé par la seule force du poignet et grâce au bouche à oreille. Et qui de plus débarque sur la foi d’un excellent nouvel album « Signed and sealed in Blood ». La foule du samedi soir réunie pour la fête celtique, bigarrée, riche en tatouages et même quelques kilts qui se baladent ici et là. Le public typique des Dropkick Murphys et de leur univers très masculin : Guinness, whisky, sports US ("Jimmy Collins's wake") et tatouages à l’image du poing dressé par le chanteur Al Barr en signe de remerciement et de satisfaction devant la grosse ambiance de la soirée. Pas de doute possible : The boys are back ! A l’instar des grands artistes, le talent des Dropkick est protéiforme aussi à l’aise avec les grosses guitares punk que dans la mélodie acoustique. C’est l’aspect le plus intéressant du groupe, quand les banjos, mandolines, cornemuses et accordéon sont de sortie (« Rose tattoo », « Prisoner’s song »). La soirée s’est terminée par un envahissement de la scène par le public alors que le groupe est en pleine reprise d’AC/DC (« Dirty deeds»). Une belle soirée en compagnie d’un grand groupe.    

vendredi 1 février 2013

The Dedicated Nothing



Originaire de Biarritz, The Dedicated Nothing pratique un certain décalage entre son identité visuelle imprégnée de culture surf (spot basque oblige) et ses influences musicales nettement plus marquées par la new wave à guitare. En effet, sur cet EP de quatre titres, de Television à Interpol, The Dedicated Nothing revisite trente années post punk anglo-saxon. La proximité avec Interpol est parfois flagrante (« Here we are » ; « Ain’t got words ») et empêche d’adhérer totalement au projet et ce en dépit d’évidentes qualités musicales. A titre d'exemple, « Love me girls » offre un contrepoint intéressant enlevé et poppy riche en guitares abrasives. Des débuts plus qu’honnêtes cependant, malgré des moyens de production un peu limités, qui fait que l'ensemble sonne comme une démo. Souhaitons leur de s’affranchir de leurs, incombrantes, influences afin de développer un style personnel.

lundi 28 janvier 2013

The Sophia Lorenians : « Jogging Music »




Trio écartelé entre la France et New York, les Sophia Lorenians sont composé du machiniste Samuel Alhaouthou, du guitariste Jeff Blanco et de l’excellent chanteur Bruce Sherfield. La formule proposée est simple : toutes les compositions du groupe (du moins celles présentes sur cet ep de cinq titres) s’articulent autour des programmations et sons de synthés terriblement marqués par les années 1980 (pas spécialement un compliment). La guitare n’est réduite qu’à un rôle rythmique en arrière plan. Par contre le chanteur Bruce Sherfield est remarquable, superbe voix soul rythmique et élastique, son chant est enthousiaste et communicatif. Le tout est très bien produit, propret, net et sans bavure. Du travail millimétré. Un EP trouvera probablement son public auprès des nostalgiques de la pop funk des années 1980 (genre qui n’est absolument pas la tasse de thé de votre serviteur).

vendredi 25 janvier 2013

Bottle Next




Par les temps qui courent, il serait aisé de croire qu’il n’y a rien qui ressemble plus à un duo guitare/batterie qu’un autre duo guitare/batterie… Bottle Next fait un peu figure d’exception à la règle, tout animés qu’ils sont par une volonté d’élargir le spectre quitte à se perdre dans les méandres d’arrangements alambiqués dignes du rock progressif. Ainsi, ce petit EP de cinq titres sonnent parfois jazz voire même métal et ce dans le même titre, « Help Yourself », dont le saxophone rappelle Morphine et le chant guttural le heavy metal. Le blues n’est bien sur pas absent des débats « Freedom in the water », « cafeine », « Bottlenecks » sous influence John Butler. On peut regretter toutefois un manque général de concision, des compositions parfois exagérément longues pour peu de chose au final ("Bottelnecks"). L’EP est cependant plus qu’honorable et s’écoute agréablement. Le temps et l’expérience gommera les petits défauts de jeunesse…  
http://www.lamastrock.com/bottlenext/

mercredi 23 janvier 2013

Blackfeet Revolution




Découvert en première partie des Rival Sons il y a quelques mois, les Blackfeet Revolution sont un duo guitare/batterie pratiquant un rock garage déjanté soufflant fort sur les braises du blues. Tout cela n’est pas sans rappeler les Black Keys et autres White Stripes et c’est un peu la limite du projet. Car pour le reste, les Blackfeet Revolution ont accouché d’un petit maxi (cinq titres) bien rock n’roll comme on les aime (« Frogs on fire », « Make me you man » démentiels !). Il faut dire que le duo a mis les petits plats dans les grands pour arriver à ses fins. Le son est énorme, la production impeccable. La batterie pulse (« Liar »), les guitares déchirent et les arrangements, si ils se font discrets sont toujours à bon escient (les chœurs féminins sur « Frogs on fire »). Bref l’écrin est parfait pour mettre en valeur leurs qualités de musiciens et ils en ont. La batterie groove et cogne fort sans jamais sonner bourrin. Le guitariste développe un style intéressant, entre sens du gros riff et des motifs entêtants avec une alternance entre passages calmes et violents qui n’est pas sans rappeler des bons souvenirs (l’album « nevermind » de Nirvana). Même le chant dans la langue Shakespeare est de bon niveau. Au final, ce maxi vaut le détour, en attendant que ces promesses soient confirmées sur la longueur d’un album…

lundi 21 janvier 2013

The Blackout : « Start the party »




Quatrième album pour ce groupe anglais qui a la particularité de sonner américain. Sur ce nouveau disque, The Blackout renoue avec les grandes heures de la power-punk-pop telle qu’on l’entendait dans les années 1990. Fan de Weezer qui a le moral en berne : cet album est pour toi. Certes, la formule a beau être éculée, mais le tout est rudement bien troussé. Le son est absolument énorme, visiblement The Blackout a fait le nécessaire pour ménager son petit effet. Mur de guitares, rythmes en béton armé, la proverbiale énergie se retrouve à tous les étages : du début à la fin sans répit ni temps mort. Le chant à deux fois donne du relief et de la profondeur entre voix mélodique et éructations punk. Et ce qui ne gâte rien, le gang des six possède également le sens du songwriting, l’album est riche en hooks et pratiquement chaque titre prends des airs de tube potentiel, du genre à remplir un stade, dans des styles assez variés : « Keep singing » et « You » (titre plus acoustique) dans un registre pop ou la bien nommée « Start the party », une petite composition punkette auquel il est difficile de résister. The Blackout porte en tout cas bien son nom, si la lumière saute c’est par ce que le groupe joue fort ! Un disque particulièrement festif.

dimanche 20 janvier 2013

Junkyard Birds : « Freewheeling Freewill »




Amateur de gros son qui tache ce message est pour toi. Réjouis-toi mon ami, car il s’en passe des belles choses au pays des guitares supersoniques et les Junkyard Birds risquent bien de devenir ton groupe fétiche et pour un petit moment. Il est un adage que j’essaye tant bien que mal de défendre à longueur de posts : il n’y a pas de vrai rock n’roll qui vaille sans racines blues. Et je suis d’autant plus heureux de mettre en valeur aujourd’hui les Junkyard Birds, groupe qui semble adhérer à ma philosophie. Alors attention, les amateurs de douze mesures au sens strict, dans la plus grande tradition, risquent bien d’avoir une attaque à l’écoute des huit titres composant la galette des Junkyard Birds. Car les JB sont bel et bien un groupe de rock et attention pas n’importe quel rock, celui qui se joue fort à grand coup de guitares saturées dans la grande tradition des années 70. Pourtant loin d’être (uniquement) passéiste, Junkyard Birds révèle au fil des écoutes des influences métal, stoner voire éventuellement doom, c’est selon. Les compositions sont assez longues, tortueuses et au final assez envoûtantes. Il est en des coins et des recoins à visiter sur cet album des Junkyard Birds avec la petite cerise blues, prenant la forme ici d’une guitare slidée ou là d’un coup de pédale wha-wha particulièrement bien senti, sur un énorme gâteau heavy metal. Monte le volume mon gars, let’s rock !
https://www.facebook.com/junkyardbirdsofficial   

samedi 19 janvier 2013

Interview avec Séverin




Un an et demi après une première rencontre, retrouvailles avec Séverin, dans le superbe cadre du café Delaville. Ce dernier accepte de revenir sur la renaissance de son premier album et se livre sans fard sur ses diverses sources d’inspiration, parfois de manière très intime…

La dernière fois qu’on s’est vu, l’album s’appelait « l’amour triangulaire » et depuis tout à changé, que s’est-il passé ? Etait-tu frustré par la première mouture du disque ?
Séverin : L’amour triangulaire est sorti en numérique et devait sortir en physique. Ca correspondait jusqu’au moment ou je travaillais sur de nouvelles chansons et je trouvais que l’album n’était pas tellement abouti dans le sens qu’il manquait beaucoup de choses de ma personnalité qui n’était pas dans la première version du disque. J’ai demandé qu’on arrête le processus. Je voulais inclure de nouvelles chansons pour que le disque me ressemble plus sur plus de facettes. Je voulais accorder plus d’importance au fond plutôt qu’à la forme.

Quelle comparaison tu ferais entre les deux versions du disque ? Quelles facettes as-tu voulu rajouter ?
Séverin : Il y a des choses plus personnelles, nostalgiques et sentimentales. C’est ce qui manquait pour moi dans le premier. J’étais plus en colère à ce moment là. Je voulais quelque chose de plus triste. La colère reste toujours mais d’une manière polie.

Moi je l’ai trouvé la nouvelle version plus sombre, plus nostalgique et aussi moins rock. Tu n’as jamais été dans un registre rock pur mais il y avait quand même cette énergie…
Séverin : Oui, il y a peut-être un peu moins de guitares mais ça vient aussi des conditions d’enregistrement des nouvelles chansons. J’ai beaucoup moins joué en groupe. Dans le premier il y avait une vraie énergie de groupe alors que là c’est moi qui joue un peu tous les instruments.

Pourquoi tu n’as pas gardé « mini bar » ?  J’aimais bien ce titre assez dépouillé par rapport au reste avec simplement une guitare et une voix, et ça apportait une nouvelle facette assez intéressante de ton univers artistique…
Séverin : Le choix des titres était dur. Mini bar… (long silence). Je pense que dans ce genre d’ambiance et de sentiments, j’avais mieux. Le morceau existe, on peut toujours le trouver mais je le trouvais un peu redondant par rapport à d’autres chansons. Je n’aimais pas trop le son de guitare en fait (sourire).

Tes paroles sont d’une manière générale assez intimes. Tu n’as pas peur de te mettre un peu à nu ?
Séverin : Pour l’instant je suis dans un système plutôt agréable : mes chansons me ressemblent et les gens qui écoutent ma musique en général comprennent mon propos et ne le déteste pas. Je n’ai pas de commentaires ou de jugements négatifs sur ma personnalité. C’est le risque quand tu fais des albums très personnels. C’est toi, ta personnalité que l’on juge et commente. Mais je n’ai pas eu à y faire face. Peut-être à l’avenir (sourire). En tout cas moi je suis content d’avoir fait ce disque. Plus je parle de moi, plus je me rends compte que d’autres personnes se reconnaissent dans mes titres. Ca me fait plaisir. Tu prends « Dans les graviers » par exemple, j’ai reçu des mails à propos de ce titre de personnes qui comprennent exactement de quoi je parle. Ou « première déclaration », une chanson hyper frontale, hyper personnelle, je pense que ce genre de titre peut avoir un écho beaucoup plus fort chez les auditeurs. Contrairement à une chanson qui parlerait d’un sentiment global d’une manière évasive, là c’est quand même très précis. Mais bon c’est vrai que c’est risqué, tu peux te retrouver jeté en pâture…

Et cela ne te fait pas peur ?
Séverin : Non. Tant qu’on ne me traite pas de gros con, ça va…

Est-tu quelqu’un de nostalgique ? Je pense en particulier aux paroles de « Dommage collatéral » ou « Dans les graviers »…
Séverin : Je pense que j’ai un tempérament assez nostalgique mais je crois qu’en même temps je suis un mec assez heureux. J’ai des gênes plutôt sain, je suis de bonne composition, j’arrive à me relever d’à peu près tous les petits trucs qui peuvent m’arriver. Je sens ma nostalgie dans ma voix et mes chansons mais dans la vie de tous les jours, je ne suis pas le genre à dire que c’était mieux avant. Je ne le pense pas tellement d’ailleurs, je suis content de vivre dans mon époque, tout va bien. La nostalgie me vient un peu malgré moi.

Quelques mots sur les paroles de « Sexplication » ? Dans la limite du raisonnable bien entendu.
Séverin : Alors, écoute (rire un peu gêné). Sexplication, euh… C’est déjà un sujet qui me tenait à cœur, ça fait longtemps que j’avais envie de faire une chanson là-dessus. C’est le genre de thématiques ou tu es obligé d’avoir une musique fun sinon ça peut vite devenir un peu sordide. C’est difficile de réussir à garder longtemps une relation érotique dans un couple. C’est aussi pour parler de la mauvaise foi des garçons. C’est un peu toujours l’autre alors que lâcher le romantisme trop vite, c’est souvent un truc de mec.

Dans « les sirènes » il y a une phrase qui dit : « C’est la ville qui m’a crée ». Parle-nous un peu de la ville…
Séverin : J’ai passé énormément de temps dans ma jeunesse dans les bureaux de mon père, à l’attendre dans un environnement hyper-business. J’ai le sentiment que le lycée ne s’arrête jamais en fait. T’as l’impression d’être dans un lycée qui s’agrandit et s’agrandit avec des enjeux qui sont toujours de plus en plus grands. Le terme « ville », c’était plus la formulation d’un truc oppressant.

La chanson était déjà sur l’amour triangulaire, c’était le dernier titre, est-ce qu’il y a une signification particulière ?
Séverin : Déjà j’étais assez déprimé au moment où je l’ai écrite. Et même temps je jouais avec cette idée d’être déprimé. C’était une blague mais il y avait un côté un peu sentimental quand même. L’idée d’être piégé entre deux choses. Mais quand je l’ai faîte, je me disais, et ça m’arrive de temps en temps, « mais qu’est-ce que je fous, je ferai mieux de me trouver un vrai boulot plutôt que d’essayer de faire de la musique »… C’est un combat perpétuel de faire de la musique, c’est vrai dans des milliers de jobs et j’ai beaucoup de chance malgré tout. Mais il y a ce truc qui fait que tu luttes tout le temps contre toi-même. Des fois j’en ai marre de devoir tout le temps être créatif, c’est dur d’avoir tout le temps de nouvelles idées. C’était un de ces jours là.

Tu doutes beaucoup ?
Séverin : A fond, il y a des jours où je me dis que je suis une grosse merde. J’espère que beaucoup de gens se le disent également. Je le pense, je l’espère en tout cas. C’est assez sain finalement. Mais il y a des jours où je me dis aussi que je suis un génie ! Je te rassure (rires) !

Tes chansons reposent sur un équilibre assez subtil entre paroles mélancoliques et musiques plutôt fun. Comment trouves-tu la bonne balance ?
Séverin : Subtil, c’est le mot. Ce n’est pas un choix. La musique et les paroles sont d’égale importance. J’essaye de ne pas me laisser aller à la facilité concernant les arrangements. C’est pour cela que je réalise des disques pour d’autres gens à côté. Cela me tient à cœur. Il y a des choses que je m’interdis, cependant, des choses mille fois entendues. Les automatismes viennent facilement en ce qui concerne les rythmiques, basse, batterie. Il y a trucs bateau que je veux éviter.

La dernière fois qu’on s’est, tu étais enfermé dehors, t’avais oublié tes clefs. T’as de nouvelles mésaventures à raconter…
Séverin : Ah oui, les clefs je ne les toujours pas récupéré mais ça va, je me suis arrangé (rires). J’ai un chat chez moi maintenant. En fait j’ai enfermé un chat sans le savoir. Je ne savais pas qu’il y avait un chat dans cette pièce et je l’ai enfermé pendant 20 jours. Je l’ai trouvé 20 jours après, parce que je ne savais pas qu’il était là et il était en train de mourir. Il faisait 1,2 kilo. La pièce où elle était elle avait gratté toutes les portes et le fenêtres jusqu’au sang. Elle a vécu deux semaines et demi sans eau et sans manger sauf des balles de ping pong. Et maintenant elle a deux ans et elle est à la maison. Elle s’appelle Natacha comme Natascha Kampusch, la fille qui s’est fait séquestré par ses parents. Une histoire sordide. Maintenant elle est en parfaite santé et elle me réveille tous les jours à six heures et demi du matin. Elle s’assoit dans mes cheveux. Une autre anecdote de portes…

Propos recueillis le 18 juillet 2012.
www.facebook.com/iciseverin

jeudi 17 janvier 2013

Hoboken Division : "Sugardaddy"



En attendant l'album (il va falloir patienter encore un peu) Hoboken Division, duo dont on avait découvert l'EP inaugural il y a un an (voir chronique ici) est de retour avec son premier clip, "Sugardaddy" extrait dudit EP.
www.hobokendivision.com

lundi 14 janvier 2013

Bianca Rossini : « Meu Amor »




Nouvel EP de quatre titres pour cette chanteuse découverte avec l’album « Kiss of Brazil » (chronique ici). Dans la continuité de ses premiers enregistrements, Bianca continue son exploration des musiques brésiliennes en mâtinant le tout d’arrangements lounge. Ce nouvel effort est moins jazzy que le précédent et plus bossa, plus acoustique. L’ensemble swingue tranquillement, c’est relax (« Passo a passo »). Les notes de piano s’envolent avec légèreté (« Bem Querer »), les guitares acoustiques assurent les rythmes dans un swing relâché et les percussions apportent ce qu’il faut de peps (« Faxineira », la préférée de votre serviteur). La voix de Bianca est magnifique, suave à souhait. L’entendre susurrer « Meu Amor » dans un râle sexy procure son petit effet, loin d’être désagréable à l’auditeur. D’un romantisme et d’un lyrisme exacerbé, ce chouette petit EP s’écoute comme un rayon de soleil au cœur de l’hiver.

dimanche 13 janvier 2013

Wraygunn : « L’art Brut »




Changement d’orientation dans la carrière des formidables Wraygunn. Si le groupe a tourné le dos depuis quelques temps aux expérimentations (scratches, boîtes à rythmes) qui faisaient tout le sel de l’album « Ecclesiastes 1.11 », ce nouvel album est un pas dans une nouvelle direction. Le remaniement du line-up, le départ du clavier Francisco Correia et l’arrivée d’un deuxième guitariste, Pedro Vidal, a rénové le fonds de commerce du groupe lusitanien. Paradoxalement, même plus axé sur les guitares, le groupe est moins rock. En effet, Wraygunn n’a jamais été aussi proche des racines du blues, livrant un album aussi moite que les marais de Louisiane. Le chanteur et compositeur principal, Paulo Furtado a également beaucoup évolué, l’intro parlée du disque « Tales of love » n’est pas sans rappeler Tom Waits. Sa voix a beaucoup gagnée en épaisseur et avec les années il se révèle de plus en plus en crooner à la Richard Hawley (« I fear what’s in here »). Le rock n’roll n’est pas absent du disque et réserve encore quelques beaux moments comme « I bet it all on you ». Les deux chanteuses du groupe, Raquel Ralha et Selma Uamusse, contribuent de plus en plus au songwriting délivrant quelques pépites comme la gospélisante « Kerosene Honey » ou le blues « My secret love ». La section rythmique (basse, batterie et percussions) livre un travail remarquable tout au long des 12 plages du disque, confirmant que le groove et la musique Noire a toujours autant d’importance chez Wraygunn à l’image de la très motown « Don’t you wanna dance ? ». A final, un très très bel album, signé de l’un des meilleurs groupes actuellement en activité sur le continent européen.  
https://www.facebook.com/wraygunn

samedi 12 janvier 2013

Dropkick Murphys : « Going out in style »




Bien qu’immensément populaire outre-Atlantique, les Dropkick Murphys sont (trop) méconnus dans nos contrées. Typiquement le genre de groupe dont personne ne parle et que l’on entend malheureusement nulle part. Et pourtant, les Dropkick Murphys s’apprêtent à investir le Zénith le mois prochain. Comme son nom l’indique, le gang de Boston fait le lien entre deux cultures : le punk et la musique celtique. Le groupe n’est pas avare en décibels, gros son, guitares, basse et batterie s’en donnent à cœur joie. Mais l’intérêt vient d’ailleurs, dans cette capacité à s’approprier les sonorités irlandaises. Mélanger les banjos, mandolines, accordéon et autres cornemuses aux guitares saturées et voix gutturales. Et ils excellent même dans l’art de la ballade irlandaise (« Cruel »). Riche d’une carrière d’une bonne quinzaine d’années, les Dropkick Murphys, arrivés à maturité et sont actuellement au sommet de leur art. La formule roule désormais à la perfection. Un groupe capable de reprendre, sur le disque live bonus accompagnant l’album, aussi bien Woody Guthrie (« I’m shipping up to Boston ») qu’AC/DC (« TNT ») sans jamais être ridicule, c’est pas le bonheur ça ?

vendredi 11 janvier 2013

Jake Bugg




18 ans et déjà superstar dans son Angleterre natale, le destin de Jake Bugg s’avère pour le moins singulier. Un petit coup d’œil sur les photos du livret et l’on se croirait revenu 20 ans (et oui déjà) en arrière quand Oasis dominait la perfide Albion de toute sa morgue altière. A l’écoute, Jake Bugg évoque cependant bien moins la britpop que le folk américain (« Simple as this » ; « Country Song »). Enregistré avec économie et dans une relative simplicité, l’album montre Jake Bugg, parfois en solo acoustique, et plus souvent accompagné d’une simple section rythmique basse et batterie, seule « Note to self » sort le grand jeu avec arrangement de cordes. Les conditions sont donc idéales pour mettre en avant les qualités de songwriter de Jake Bugg et là, malgré son très jeune age, Bugg a des arguments à faire valoir. A forces de délicats arpèges, l’album compte son lot de tubes potentiels finement troussés : « Two fingers », « Taste it », « Lightning bolt » mais pas aseptisé avec ce qu’il faut de rugueux… Le folk made in Greenwich Village 1960 n’est jamais très loin. Depuis The La’s je doute que l’on ait rien entendu de tel… Un premier album certes plein de charme, mais avec les défauts inhérents aux débuts, notamment quelques coups de mou de ci de là, rien de rédhibitoire cependant. Maintenant le jeune age de Jake inquiète un peu, jeté dans le grand bain encore adolescent, plus d’un s’est fait broyé par cette machine impitoyable. Souhaitons-lui une belle et longue carrière, en espérant toutefois qu’il sera plus prolifique que Lee Mavers…

lundi 7 janvier 2013

Zuzoom




Premier EP (quatre titres + 1 remix) pour ce jeune trio parisien situé au confluent de plusieurs influences. Au cœur de Zuzoom il y a tout d’abord une guitare acoustique, qui sert de base à tous les titres et des voix. Harmonies vocales, beat box, Zuzoom place l’humain au centre et expérimente, avec l’aide du producteur Doctor L, tout autour. Au final, Zuzoom propose un mélange assez étonnant allant du folk hippie (« Who you are ? » en duo avec Fink) à des sons plus hip-hop parsemé d’arrangements électro-funk, suffisamment légers pour ne pas déséquilibrer le tout (« Natural High »). Le disque se termine avec une étonnante reprise de « Do you think i’m sexy » (Rod Stewart), délicate et acoustique, à mille lieues de l’original discoïde. Intriguant EP, on attend l’album avec curiosité…

dimanche 6 janvier 2013

Lady : « Money »




Connu pour la qualité de ses productions (Lee Fields), le label Truth and Soul pourrait bien marquer les esprits cette année avec sa nouvelle signature, le duo Lady. Comme son nom l’indique Lady est composé de deux chanteuses, l’Américaine Nicole Wray et l’Anglaise Terri Walker. Le premier single « Money » laisse augurer de beaux lendemains, groove et percussions langoureuses, nappes d’orgue sexy à souhait et la voix des deux beautés sus citées en prime, le single fait jeu égal avec les meilleures productions de l’age d’or de la soul des années 1970. L'argument a beau être éculé, c'est particulièrement vrai en l'espèce. On annonce un album du même acabit pour le mois de mars, dont on attends forcément beaucoup.
En concert le 1er février à la Bellevilloise.
  

Staff Benda Bilili : « Bouger le monde ! »




L’histoire du Staff Benda Bilili, retracée dans le film documentaire sorti en 2009, est tout bonnement extraordinaire. Un groupe de musiciens, handicapés pour la plupart, SDF dans les rues de Kinshasa (Congo) qui accèdent à la notoriété internationale grâce à leur premier album (« Très très fort ») écoulé à plus de 150.000 exemplaires de part le monde. Dieu sait si les comptes de fées sont rares en ce bas monde, alors autant se réjouir pour eux. Ce nouvel effort marque une évolution majeure pour le groupe. Le premier disque, était porté par l’enthousiasme des premières fois, une énergie contagieuse transcendant les conditions d’enregistrement précaires dans le zoo de Kinshasa. Tout à changé pour le Staff Benda Bilili depuis. Ce nouvel album a été réalisé dans les anciens studios Renapec, jadis connus pour être un haut lieu de la rumba Congolaise, style dont l’ombre plane sur ce disque. Le résultat est plus professionnel, sans être pour autant aseptisé. Beaucoup plus dynamique, l’adjonction d’un batteur et d’un percussionniste, renforce le groove, le swing du groupe, le disque sonne plus funky, plus dansant. L’arrivée d’un nouveau guitariste soliste, Amalphi, change également la donne. L’amalgame entre guitare et la satonge, cet instrument inventé par Roger à partir d’une boîte de conserve, est passionnant à écouter. Jamais le groupe n’a été aussi rock mais également blues, courant musical dont l’Afrique reste la mère patrie. Un petit mot pour finir sur le titre « Bouger le monde ! » qui est tout sauf un hasard. Mû par son indéfectible optimisme, le groupe est décidé à faire évoluer les choses à son modeste niveau et a créé une ONG pour aider à la construction d’une école.

samedi 5 janvier 2013

Jérôme Minière : « Le vrai le faux »



Natif d’Orléans, Jérôme Minière est parti s’exiler à Montréal après avoir publié ses deux premiers albums en France à la fin des années 1990. Si lui n’a jamais brisé les liens avec sa terre natale, cf. ses collaborations avec Dominique A ou Albin de la Simone sur le présent disque, la France a un peu oublié Jérôme. Ce n’est qu’à la rentrée dernière qu’est officiellement sorti en France son nouvel album, « Le vrai le faux », soit deux ans après sa sortie originale au Canada. Encore un nouvel exemple de l’incompréhension par notre hexagone des artistes, pourtant excellents, francophones Québécois. Bref, passons. C’est au terme d’un parcours artistique qui l’a vu passer de la chanson française à l’électro que nous arrive ce nouvel effort comme un résumé de sa carrière jusqu’ici. « Le vrai le faux » nous montre Jérôme sous un prisme pop, la très jolie comptine acoustique « Avril » parfois légèrement teinté d’arrangements électroniques (« L’indifférence »). Impeccablement produit, l’album conserve un ton frais et léger même lorsque les thèmes abordés se font très grave, « Les autres » sur le thème des tueries de masse sur le continent nord américain, titre qui trouve une résonance malheureusement encore d’actualité après le massacre de Sandy Hook dans le Connecticut. Tout le charme du disque réside dans cet équilibre, ce ton unique grave et primesautier, ces sonorités entre guitare folk (« Ce que l’on envisage ») et électro ("Une chanson toute nue"). Un album plein de charme, des chansons joliment troussées d’un artiste à (re)découvrir.

vendredi 4 janvier 2013

Sophie Maurin : « Far Away Far Away »




Nouvelle venue, Sophie Maurin sort son premier EP de quatre titres. Un premier disque assez rafraîchissant ou la chanson française (quelques bribes de chant en anglais quand même sur le titre éponyme) d’expression classique, piano et cordes, rencontre un registre légèrement teinté de jazz («Far Away ») voire, éventuellement, de blues (« Le poisson d’or » ; l’intro de « Kamikaze A »). Séduisant en tout point, l’EP évoque, sans que l’on sache vraiment pourquoi, des ambiances entre cirque et cabaret. Peut-être est-ce les rythmes, swinguants, très travaillés et très arrangés, grâce à l’utilisation de multiples percussions (« Cortège ») ? Un projet qui s’annonce assez excitant en live, vu l’enthousiasme du chant et l’ambiance plutôt festive de l’ensemble. Il est parfois bon de s’éloigner un peu du rock…

Sophie Maurin - Far Away (clip) par sophiemaurin

jeudi 3 janvier 2013

Rawdog




Révolutionnaire il y a douze ans quand sont apparus les pionniers White Stripes et Black Keys, la formule duo guitare/batterie fait aujourd’hui figure de cliché dans le petit monde du rock. En l’espace de quelques mois sont ainsi apparus dans notre paysage Klink Clock (excellent au demeurant), The Blackfeet Revolution (très bon aussi) et voici maintenant Rawdog, duo composé de Mike et Drey. Groupes qui eux-mêmes arrivaient après les belges de Black Box Revelation et les américains de She Keeps Bees. Dieu sait si on aime le garage rock mais à la fin tout finit par se ressembler (J’en profite pour glisser une petite dédicace à mon pote Jacques, prof de basse en manque d’élèves). Pourtant, même plus ou moins noyés dans la masse, Rawdog trouve quand même une pointe d’originalité grâce au chant à deux voix, garçon/fille, et à quelques bribes de textes en français. Autre point à mettre au crédit du groupe, une approche plus policée, moins brute de décoffrage, en un mot plus pop (« Happy ») et des titres acoustiques tout en finesse (« Even sun is going blind » ; « Tell me ») regroupés en fin d’EP. Voie dans laquelle on ne peut que les encourager afin de se distinguer. Ne soyons pas trop durs de toute façon, Rawdog est un projet encore en gestation dont les contours ne sont pas encore bien définis.
raw-dog.bandcamp.com
@WeAreRawDog
www.facebook.com/lookingfor.rawdog 
EN CONCERT LE 26 JANVIER AU NOUVEAU CASINO

mercredi 2 janvier 2013

Saturday Looks Good To Me : Sunglasses




Après quatre années de silence, Saturday Looks Good To Me, groupe originaire du Michigan, revient sur le devant de la scène avec un nouveau single. Etonnant single que ce « Sunglasses », entre pop, new wave et Motown, mélangeant saxophones, guitares, batteries, boîte à rythme et claviers. Comme une réinterprétation miniature du mur du son cher à Phil Spector. Le tout servi à merveille par la voix Carol Catherine, la nouvelle chanteuse du groupe. Le résultat est assez frais et sympa. En face B on trouve un titre exclusif, l'aérien « Give me your hands », dépassant à peine la minute et axé sur l’orgue. Le groupe fera son grand retour en 2013, avec un nouvel album, « One kiss ends it all », son cinquième.

mardi 1 janvier 2013

Melody’s Echo Chamber




Derrière le nom Melody’s Echo Chamber se cache en fait Melody Prochet, qui comme son nom l’indique, est une petite française bien de chez nous et la girlfriend de Kevin Parker, aka Tame Impala, qui produit son nouvel album. Alors bien évidemment vu le succès phénoménal rencontré par le groupe de son petit ami depuis fin 2012, les comparaisons avec Melody sont difficilement évitables, d’autant plus que les deux albums ont été enregistrés un peu dans les mêmes conditions, en phalanstère, avec peu d’aide venue de l’extérieur. Incontestablement le disque porte la marque de son producteur, dont on retrouve ici l’appétence pour les claviers parfois un peu kitsch. Pourtant, l’album est bien celui de Melody, qui signe d’ailleurs de sa plume tous les titres. Un disque de rock psychédélique, éthéré et féminin, porté par la voix, blanche, de la chanteuse. Moins obsédé par les Beatles, on penserait plutôt à une Françoise Hardy psyché, peut-être un peu plus rock et riche en guitares aussi. Qui porte un soin particulier, non seulement à l’écriture mais aussi à la texture sonore. Mais le plus important ne change pas, cette capacité à emporter l’auditeur le temps de quelques titres lumineux : « Bisou magique », « You won’t be missing that part of me », « Some time alone, alone », « Endless shore » et bien d’autres encore… Mesdames, Messieurs, bienvenue dans la chambre d’écho de Melody. Entrez, entrez, il s’en passe de belles choses à l’intérieur…
 https://www.facebook.com/MelodysEchoChamber
https://twitter.com/MdyEchoChamber

Tame Impala : « Lonerism »




Un peu méconnu jusqu’alors, le groupe Australien Tame Impala a fait forte impression fin 2012. Il y a de quoi en effet être impressionné à l’écoute de ce nouvel effort, le deuxième, intitulé « Lonerism ». Lonerism, terme inventé, inspiré de loner (solitaire) que l’on pourrait tenter de traduire par un hasardeux « solitairisme ». De fait, l’ancien trio se résume maintenant au seul Kevin Parker, qui a quasiment tout joué tout seul, à l’exception de « Apocalypse dream » enregistré avec l’aide du clavier Jay Watson. Le son Tame Impala a évolué et est aujourd’hui beaucoup plus orienté sur les claviers, parfois un petit peu kitsch mais restant dans les limites du bon goût, qui partent dans de longues nappes comme autant d’envolées pour l’auditeur. Pourtant, Tame Impala n’est pas, uniquement du moins, cet objet expérimental abstrait et reste un groupe pop, capable de fulgurances mélodiques dignes des Beatles époque Sgt Pepper : « Feels like we only go backwards », « Apocalypse Dreams » ou de trips psychédéliques hallucinants : les magnifiques « Endors-toi », « Music to walk home by » ou « Mind Mischief ». Si il reste ancré dans un son influencé par les années 1960, Tame Impala n’essaye pas, contrairement à d’autres, de recréer une époque par tous les moyens possibles. Au contraire, Kevin Parker se sert du passé comme d’une rampe de lancement afin de propulser le rock psychédélique vers d’autres horizons. Que l’on espère radieux. Un équilibre subtil entre passé et futur. Un album très riche, qui nécessite plusieurs écoutes afin de bien en saisir toutes les nuances et elles sont nombreuses. Assurément un grand disque, dont on attend tout de même de voir comment il vieillira, avant de crier au chef d’œuvre.
En concert à Paris (Olympia) le 26 juin 2013.