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| (c) Marina Viguier |
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| Kurt Vile (c) Emilie Bardalou |
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| The Black Keys (c) Olivier Hoffschir |
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| Wilco (c) Olivier Hoffschir |
La diversité de la programmation fait qu’il est tout à fait possible, pour tout à chacun d’assister à un festival différent, transformant le week-end de chacun en une expérience unique. Pour notre part, la journée du vendredi 28 Août a été placée sous le signe des musiques roots/americana. On débute ainsi notre week-end en compagnie de l’attachant songwriter Kurt Vile, une sorte de fils naturel de Neil Young ou de Bruce Springsteen, équipé d’une sacrée collection de guitare. Au fil du temps l’écriture de Vile a évolué vers un son plus « moelleux », enrobant l’auditeur, délaissant même la guitare au profit des claviers, pour atteindre un juste équilibre entre folk, rock et psychédélisme. Ses riffs de guitare en particulier tournant en boucle dans une sorte de répétition hypnotique entêtante. Les concert s’enchaînant les uns aux autres en cette première journée, c’est avec un petit quart d’heure de retard (le temps de traverser le site du festival de part en part) que l’on a retrouvé les Black Keys, en très grande forme. Il y a fort longtemps que le groupe ne se contente plus de la formule en duo batterie/guitare qui les a fait connaître pour apparaître sur scène comme un groupe complet avec percussion, claviers et tout le toutim. Une démarche qui a pour avantage d’étendre le son du groupe en fonction des nouveaux intervenants. Et surtout quand on compte dans ses rangs un certain Little Barrie (guitariste du groupe du même nom, fraîchement signé sur le label de Dan Auerbach, ceci expliquant cela) un véritable génie méconnu de la guitare et probablement le meilleur guitariste britannique à l’heure actuelle. En tout cas l’association fait des merveilles et le mélange des deux guitares offre des moments fabuleux en autant de soli ravageurs. A noter une très bonne reprise de « I wanna be your dog » des Stooges. On n’en revient toujours pas qu’un groupe autant épris de blues, de soul et de rock garage ait pu rencontrer un succès aussi massif. On termine cette première journée avec un petit événement, le concert de Wilco (avec toujours ce quart d’heure de retard qui nous fait rager), tant la formation de Jeff Tweedy se fait rare sur scène par chez nous. Autant dire que ça valait le coup d’être là tant la prestation du soir fût magnifique. Ancré dans le folk, le rock voire l’americana, Wilco réussit à aborder ces genres, codifiés à l’extrême, avec une véritable originalité et un angle expérimental qui peut dérouter, surtout quand la batterie prend toute la place. La qualité d’écriture et la justesse de l’interprétation nous fait passer un excellent et termine cette journée sur une note particulièrement plaisante.
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| Dynamite Shakers (c) Olivier Hoffschir |
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| Grandma's Ashes (c) Antoine Jaussaud |
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| Gwendoline et Futur Composé (c) Olivier Hoffschir |
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Jessica93 (c) Antoine Jaussaud
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Si le vendredi fût roots, le samedi fait place à la scène francophone. On débute avec un groupe que l’on apprécie tout particulièrement, les Vendéens de Dynamite Shakers qui viennent tout juste de sortir leur deuxième album qui devrait finir de placer définitivement le groupe sur orbite. Un peu moins obnubilés par les mods sixties, le quatuor hausse le ton, quasiment punk par moment, s’essaye au français, reprenant au passage les Rita Mitsouko, et fait tourner le micro, partageant le chant. Une mue plutôt réussit d’après la prestation énergique à laquelle nous avons assisté. Un autre groupe en pleine mutation est le trio féminin Grandma’s Ashes. Plus mélodique, tantôt d’inspiration grunge et tantôt emprunt d’atmosphère planante, la musique du trio reste séduisante. Le passé métal du groupe ressurgit parfois brutalement au détour d’une attaque sèche de guitare ou d’un phrasé guttural de la voix. Place ensuite à une création originale, suffisamment rare pour être souligné, scellant la rencontre du duo cold wave Gwendoline et des musiciens, souffrant d’autisme, de Futur Composé. Une bien belle rencontre, prenant aux tripes, qui offre des moments de liesse musicale, le public, assez chaud, répondant de belle manière à la proposition musicale, même lors des reprises de « Macumba » de Jean-Pierre Mader ou de « L’amour à la plage », marquée par l’envolée jazz du piano, de Niagara. Pour finir enfin, un petit retour sur la prestation de Jessica93. Souffrant d’un manque manifeste de moyens, ce dernier fait tout en solitaire, alternant basse et guitare, aidé dans sa besogne par un système de boucles. Loin de provoquer l’hallali, le dispositif souligne la démarche profondément originale du musicien. En effet, la répétition forcée des thèmes dégage quelque chose qui relève à la fois de l’hypnotique et de la cold-wave dark, une esthétique contrariée par les accents métalliques de la guitare. Beau et troublant à la fois.
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| Slowdive (c) Roxanemo |
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| Interpol |
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| The Cure (c) Roxanemo |
A chaque journée sa thématique, celle du dimanche, sera sous le signe du revival cold wave. On débute sur la grande scène avec les mythiques Slowdive, une institution de ce qu’on appelait autrefois, dans les années 1990, le shoegazing et que l’on désigne maintenant sous le terme de post-punk. Glacé, envoûtant, le groupe n’a rien perdu de son attrait au fil des années ! Magnifique. Cette année 2026 sera marquée par le renaissance d’un groupe sur lequel on ne misait plus un kopeck depuis longtemps, les New-Yorkais d’Interpol qui viennent de sortir un magnifique album, leur meilleur depuis au moins 20 ans ! Si les nouvelles chansons, lentes et éthérées, délaissant parfois la guitare pour le piano (instrument sur lequel le guitariste Daniel Kessler semble un peu gauche) ont plus de mal à passer le test de la scène, le groupe ressort ses vieux tubes (« Obstacle 1 », « Slow Hands », « NYC » etc.) pour notre plus grand plaisir ! Le mélange des deux approches crée un set assez équilibré, toujours marqué par la voix de stentor de Paul Banks (avec le guitariste Daniel Kessler il s’agît là des deux seuls membres originaux du groupe présent sur scène ce jour). Un retour en grâce. Place enfin pour finir à la pièce de choix de ce week-end, le groupe qui a lui seul a rempli le site du festival, The Cure pour la dernière date de sa tournée estivale. Une formation renforcée par la présence d’Eden Gallup (le fils de Simon) qui remplace le regretté Perry Bamonte (hélas décédé fin 2025) à la guitare et aux claviers. Un choix qui semble judicieux et qui, à l’oreille, renforce la cohérence sonore de l’ensemble. Le set ne présente pas de nouveau titres, mais réserve une surprise de taille aux fans : « Secrets » un titre ultra rare extrait de « Seventeen Seconds » ! Pour le reste, la collection de tubes reste impressionnante, comme d’habitude chez eux, et restera marquée par une image inédite, celle de Robert (qui a forci et s’est épaissi avec les années) et de Simon épaule contre épaule durant la magnifique « Burn » (extraite de la B.O. du film « The Crow »), offrant une rare image d’intimité entre les deux musiciens. Reeves Gabrels, l’ancien guitariste de Bowie, s’intègre de mieux en mieux au groupe et évite les dérives hard rock 80s qui marquaient ses prestations précédentes avec le groupe. Si on regrette l’absence totale de titres issus du chef d’œuvre « Pornography », l’ensemble reste de très haute volée, remémorant une foule de souvenirs qui suffisent à notre bonheur du soir.