One Eared Boy n’a peut-être qu’une seule oreille mais, fort heureusement, deux mains qu’il utilise à fort bon escient pour jouer de la guitare, et magnifiquement bien ! A l’instar de son chant de gorge écorché, son jeu de guitare électrique (une Jazzmaster), abrasif dresse un portrait corosif du folk électrique, propre à transformer l’idiome en champ de mine musical. C’est lorsque le chanteur se saisit d’une guitare demi-caisse que la douceur des arpèges s’invite en douce dans le paysage. Alternant arpèges et attaque franche, le musicien livre une partition complète et riche en émotions.
Délaissant le parti-pris synthétique, eighties, de son dernier album, The Bones of J.R. Jones retrouve ses racines folk, americana et bien plus encore. Ainsi, débarquant en trio, avec basse et batterie, le musicien nous délivre d’entrée un uppercut électrique, proche d’un rock garage brutal, pour commencer le concert. Séché sur place, le spectateur ne l’avait pas vu venir ! En attendant, c’est euphorisant, quel pied ! Le reste du set fera place à plus de mesure, le banjo ou l’harmonica s’invitant également à la fête. Le synthé, assuré par le bassiste, restera discret dans ses interventions, voire le plus souvent, complètement muet. A noter pour finir une chouette et émouvante reprise de Springsteen (« My Hometown ») en solo acoustique intégral et une version dépouillé à l’os de « Savages », issue de son dernier disque. Très belle soirée.
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