Sur la pochette de ce nouvel album, au-loin, semble figurer une manière d’île désertique. Un fantasme de paradis perdu, celui de la mélodie intemporelle, sur lequel Olivier Rocabois règne en prince. Ce n’est pas ce nouvel album, le cinquième, qui nous contredira. Olivier est ambitieux, ce nouvel effort convoque (enfin du moins en apparence) les grands moyens, quitte à en paraître suranné (le pianoforte), classique (les cordes) ou exotique (les marimbas). Un décorum riche et à propos, le tout au service de l’obsession de l’artiste : la mélodie. Celle qui reste en tête, cette matière rare qui s’attache autant aux oreilles qu’à la platine, qu’elle refuse obstinément de quitter. Comme chez les Beatles ou les Beach Boys, pour citer deux influences assez évidentes, Olivier n’a pas peur d’emprunter des chemins de traverses. Sans peur ni du dénivelé, ni de l’escarpement desdits sentiers, l’artiste s’autorise quelques sorties de pistes, salutaires. Ses mélodies serpentent, se permettent quelques détours surprenants (« Consolation Row » ; « I See Her Everywhere ») ; le musicien finit par atterrir sur un terrain sur lequel on ne l’attendait pas (« Mutual Admiration Society » ; « March 12th – We Are the Krill »). Toujours à la recherche d’un âge d’or perdu qu’il tente de rattraper, inspiré par le vingtième siècle, Olivier Rocabois sait être épique sans être grandiloquent, jamais passéiste mais toujours intemporel.
Sortie le 6/11
En concert le 13/12 au Petit Bain
https://allif.bandcamp.com/album/mutual-admiration-society
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