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jeudi 7 décembre 2023

Bordelophone : « Noir Fluo »

 


Déjà repéré sur la foi d’un excellent premier album, Bordelophone fait une fois de plus honneur à son patronyme avec ce nouvel EP (en attendant le deuxième album), musicalement aussi paradoxal que son titre. En effet, Bordel (pour les intimes) synthétise à merveille l’art de sauter du coq à l’âne et, se faisant, d’abolir les frontières entre les genres. Aussi étonnant que cela puisse paraître la formation instrumentale vient du jazz et cela s’entend, notamment grâce à la trompette (cf. « Noir Fluo »), avant que les guitares ne viennent mettre le proverbial bordel sous-entendu semant le chaos en passant du gros rock (« Keep it hot ») au reggae où à la surf music (« Surfin in Bordelotown »). Le tout sans jamais se départir de leur virtuosité, normal attendu que la moitié du groupe enseigne au conservatoire. Excellent !

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samedi 16 novembre 2019

Bordelophone, Bateau El Alamein, 15/11/2019.


Il faut bien l'avouer, en cette saison les quais de la Seine sont assez ternes, bien moins animés qu'il y a quelques semaines encore alors que l'été brillait de ses derniers feux, voire franchement tristounets, désertiques dans la nuit balayée par la pluie et le vent glacial. Fort heureusement les joyeux drilles de Bordelophone vont, instruments en mains, se charger d'insuffler un peu de vie dans cette morne plaine, sur la scène du bateau El Alamein, une enclave au charme rétro et exotique, posée sur la Seine. A l'avenant du cadre sans âge qui les entoure, les quatre musiciens de Bordelophone nous transportent dans un voyage au cœur du son où se télescopent les genres (pèle mêle le métal, le funk, le reggae, le jazz-fusion) dans un joyeux bordel de façade mais mené de mains de maître, avec un sérieux sens du swing, par la section rythmique (Olivier Michel à la basse, l'extraordinaire batteur Francesco Marzetti). Car il faut un solide sens de la composition, et de la virtuosité, pour se faire cohabiter autant d'influences différentes dans des morceaux aux long cours, complexes, dépassant les dix minutes, empruntant de nombreuses passerelles entre les styles ; incarnés par la guitare (l'excellent Jonathan Baron) passant du gros son aux arpèges délicats. Le tout en gardant un esprit fun et enjoué qui ne prends jamais le pas sur la maîtrise affichée. En résumé, Bordelophone c'est un vent de fraîcheur qui souffle sur le rock. Un groupe créatif et original où les instruments traditionnels du rock (guitare, basse et batterie) cohabitent avec un trombone (tenu ce soir par Axel, un petit nouveau) ; un peu incongru dans le contexte mais qui amène définitivement le groupe vers de nouveaux rivages. Et avec tout ça, nous on a passé une excellente soirée. 



dimanche 28 octobre 2018

Bordelophone, Le Studio de l'Ermitage, 27 octobre 2018.

(c) RG

Sur la scène du studio de l'Ermitage, Bordelophone fête la sortie de son premier album en ce samedi soir. Bordelophone signe la rencontre entre une guitare rock (flirtant avec le métal) et une section rythmique transpirant le swing et le jazz par tous les pores. Un trombone, instrument assez inhabituel dans le rock s'il en est, assure la transition. Bordelophone sur scène c'est le grand huit assuré, d'une extrême à l'autre, entre swing (« 445 ») et guitare saturée, attaque frontale (citant Led Zeppelin ou Rage Against The Machine) saturée de décibels et envolées progressives délicates et pleines de grâce (cf. « Apollo 13 »). Le swing en ligne de mire surtout lorsque la contrebasse et de sortie et qu'un percussionniste vient se joindre aux agapes le temps d'un formidable duels de cogneurs avec la batterie. L'énergie circule ainsi telle un vers rampant s'incrustant dans des recoins inattendus, se nichant dans les accélérations fulgurantes de la guitare ou de la batterie. En dépit de son nom évocateur, l'affaire est parfaitement structurée et les musiciens, soudés, particulièrement inspirés, créatifs, offrant des versions lives sensiblement différentes de celle du disque ainsi que quelques nouveaux morceaux. Sur « Jambon de Bruxelles » le public est en délire et saute en rythme avec le trombone, signant ainsi une magnifique démonstration de rock groove qui, pour une fois, ne singe pas les années 70 mais les recycle avec habileté (cf. le riff de Led Zeppelin recrée avec inventivité). Quelle soirée ! 

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samedi 29 septembre 2018

Bordelophone



Sur la, magnifique, pochette d'inspiration BD, de cet effort inaugural trône un monstre hybride fait d''enceintes et d'instruments crachant des notes comme un dragon cracherait du feu… Une manière de Godzilla musical, une perspective un tantinet effrayante, et gare aux intrépides qui y risquerait une oreille ! De fait à l'image de la créature présentée sur la pochette, Bordelophone ratisse tout sur son passage emportant tous les styles, du métal au reggae (« State of Emergency ») en passant par le prog spatial (cf. « Apollo 13 »), sur son passage dans un déluge de notes balancées avec une maestria peu commune. Un sacré bordel donc pour un groupe au patronyme particulièrement bien pensé. Mais, surtout, une belle démonstration de virtuosité car il ne fait aucun doute que nous avons affaire là, à un disque de musiciens (la moitié du groupe est issue du conservatoire), majoritairement instrumental (à l'exception de la participation de l'inénarrable Sanseverino qui prête sa voix râpeuse à « Jambon de Bruxelles, on s'en fout ») qui s'expriment le mieux sur le temps long (l'album dépasse l'heure) pour explorer au maximum les différentes possibilités mélodiques qu'offrent les compositions et pour mieux sauter d'un genre à l'autre dans un ping pong musical où la guitare répond au trombone, un instrument plutôt rare dans le rock. Une démarche qui s'apparente au jazz, qui reste très probablement le fond de l'affaire (cf. « African Lullaby », « Like a lemon tree », « Remember », « 445 ») dût-il cohabiter avec Led Zeppelin et la musique orientale (« Delpez »). Un peu à contre courant de notre époque de saturation à outrance d'informations, de sons et d'images de toutes sortes (surtout vides de sens), voici un disque à l'ancienne qui demande de l'écoute et de l'attention et dont on n'a pas fini de faire le tour… Enivrant ! 
Sortie le 26 octobre. 
En concert le 27 octobre à Paris (Studio de l'Ermitage)

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dimanche 15 avril 2018

Bordelophone, Muzik'Club, Créteil, 14 avril 2018.

Bordelophone (c) RG

Les membres de Bordelophone sont quatre, la moitié du groupe est composée de professeurs issus du conservatoire, de fines gâchettes donc, des pros… On y retrouve de la guitare, de la basse et de la batterie jusqu'ici du classique. L'originalité, l'élément perturbateur est incarné par le trombone. Quel était le dernier groupe à utiliser du trombone ? FFF ? En tout cas l'idée est originale et permet de brasser un large éventail de styles. Le concert commence sur les chapeaux de roues, gros son, l'attaque est à la limite du métal puis vient un pont plus doux, avec une guitare wha-wha délicieusement soul. En quelques minutes à peine, le groupe fait montre de l'étendue de son répertoire. La musique ressemble à une balle devenue folle rebondissant dans tous les coins, cochant les cases au passage, jazz, funk, rock, métal et on en oublie... De la fusion au sens propre du terme. La virtuosité, le mot n'est pas trop fort, des musiciens est mise au service d'une créativité débridée. Un joyeux bordel (ophone bien entendu) mais également aphone, le groupe se passant de vocaux privilégiant une approche instrumentale (enfin presque, le tromboniste beuglant dans le micro de son instrument par moments) passant du calme à la tempête et inversement prenant ses distances avec le songwriting classique, ce qui ne les empêche pas de citer « Kashmir » de Led Zeppelin le temps d'un clin d'oeil sympatique (cf. « Del Pez »). Un concert euphorisant et festif, une belle découverte dont le premier album sort « très bientôt ». On l'attend avec impatience. 

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