mercredi 30 septembre 2009
Concours Skip The Use
mardi 29 septembre 2009
The Heavy, Le Point Ephémère, 28 septembre 2009.

The Heavy, fameux quatuor soul-rock, britannique est de retour. Et pas n’importe où, au point éphémère, s’il vous plaît. C’est une bonne chose, car on adore aller au point éphémère, la terrasse sur le quai au bord du canal Saint-Martin, le resto, le bar, la galerie et la petite salle de concert. Siroter une bière au bord de l’eau, alors que le soleil se couche et que les lumières de la ville commencent à se refléter sur l’eau, c’est beau. Un vrai plaisir en tout cas. Presque autant que le concert lui-même. Lequel concert commence dans l’obscurité totale avec une musique de western en fond sonore. Le très réussi light show se réveille tout doucement annonçant l’entrée en scène de nos quatre musiciens qui enchaînent sur un titre, plutôt lent, extrait du nouvel album. C’est la seule limite de ce concert, ce nouvel album que personne ne connaît puisqu’il n’est pas encore sorti. C’est un petit peu gênant pour le public mais l’ambiance est bonne et un « Coleen » d’anthologie se charge de mettre tout le monde d’accord. Parmi les autres extraits de premier disque « That Kind of man » plein de soul, « Set me free », « Girl » mélangé avec « All day and all of the night » (The Kinks) et « Hello i love you » (The Doors). Les nouvelles compositions, quant à elles, nous emmènent sur un terrain plus métallique, justifiant le patronyme du groupe. Visiblement nos garçons ont beaucoup écouté Led Zeppelin ces derniers temps. La soul et le hip hop ne sont pas pour autant abandonnés grâce aux samples, notamment celui de « I put a spell on you » assez intelligemment utilisé sur un des nouveaux titres. Visiblement les quatre lascars sont en grande forme et prêt à en découdre sur les routes à la défense de ce nouveau disque, «The house that dirt built », dont on ne manquera pas de reparler très prochainement. Une excellente soirée au final, excepté ce petit incident résultant de la rencontre entre mon genou et un verre de bière !!!
http://www.theheavy.co.uk/
www.myspace.com/theheavy73
dimanche 27 septembre 2009
Skip The Use

Attention, petite bombe !!!! Les français de Skip the use ont pris le parti de mélanger punk et disco, un peu comme une sorte de Gossip, la chanteuse en moins. Et le résultat dépote. Beats disco, basses énormes et guitares tranchantes et acérées, dont le son a particulièrement été soigné, l’album balance avec la précision d’un chrono suisse. Mais la grande réussite de ce premier opus est de ne jamais tomber (du moins complètement) dans un punk bourrin. Certes cela envoie, mais il y a aussi du groove là-dedans. Les meilleurs morceaux de l’album, « Dr House », « Give Me » sont particulièrement dansants. C’est dans ces moments où ils arrivent à conjuguer l’énergie du punk et le groove des musiques blacks que Skip The Use nous fait toucher des oreilles le paradis. Parfois Skip The Use lorgne du côté du reggae, « Antislavery », « Hell Parade », et renoue avec les intros grandiloquentes typiques du hard rock des 70s. Ce n’est pas compliqué, c’est une claque à chaque morceau. Tout cela nous rappelle, à l’instar du premier album d’Electric 6, que l’urgence reste bien une valeur cardinale du rock n’roll. Belle découverte. Les concerts promettent d’être intenses…
www.myspace.com/skiptheuse
samedi 26 septembre 2009
Eric Bibb : Live à fip

Bien connu des lecteurs de cette page, le bluesman Eric Bibb poursuit une carrière remarquable à laquelle vient de s’ajouter cette nouvelle pièce de choix. A l’invitation de la radio fip, Eric Bibb a donné deux concerts les 13 mars et 2 décembre 2008 dans les studios de Radio-France. A l’écoute de ce double album résultant de ces deux concerts, on ne peut que constater la chance qu’a eue la poignée de spectateurs privilégiés. Avec une passion et une ferveur jamais démenties, Eric Bibb égrène les titres phares de ses albums, en ce sens ce live est une espèce de best-of déguisé. Le premier cd (14 titres) le voit accompagné de son groupe, savoir : le batteur Larry Crockett, le bassiste Trevor Hutchinson et le guitariste Staffan Astner. C’est la face « groupe » qui est ici exposée, la plus conviviale, la plus entraînante aussi. Le deuxième cd (6 titres seulement) est plus intime. Eric y est en solo acoustique le plus souvent avec le renfort du guitariste Amar Sundy, sur trois titres, et du batteur Larry Crockett qui se contente ici de percussions et de quelques cymbales délicates. Il est impossible de parler d’Eric Bibb, que ce soit sur scène ou sur disque, sans mentionner l’émotion à fleur de peau qui se dégage de sa musique. Et sur ce deuxième cd on atteint des sommets. Eric y est en état de grâce. Comme sur le reste de l’album finalement. Soulignons encore une fois le travail du label Dixiefrog, remarquable, une fois de plus. Ce double album est un bel objet ; superbe packaging digipack, belles photos et en bonus une vidéo (sur le deuxième cd) à regarder sur ordinateur. Comme le proclame avec fierté le verso de la pochette, ce disque est un « true live record » sans réenregistrements. De quoi donner encore un peu plus de crédit à cet artiste magnifique.
http://www.ercibibb.com/
mercredi 23 septembre 2009
Seasick Steve : « I started out with nothing and i still got most of it left »

« J’ai commencé dans la vie avec rien et aujourd’hui il m’en reste encore la plupart ». Alors qu’il a la soixantaine (des doutes existent sur son véritable age) Steve Wold, aka Seasick Steve, Steve Mal de Mer, débute une vie de bluesman. Après des années et des années passées sur la route, en Europe comme aux Etats-Unis, dans l’anonymat de trains de marchandises, parcourant le pays de long en large, Seasick Steve enregistre deux albums de blues électriques d’une force brute fascinante qui connaissent un beau succès, aussi inattendu qu’inespéré. Pour son troisième opus Steve et son fidèle (et excellent) batteur Dan Magnusson s’envolent pour Londres, dans le confort d’un studio payé par la major Warner qui n’a pas manqué de leur tomber dessus. Alors évidemment, l’aspect crade et dur des albums précédents a disparu, l’ensemble est plus policé, civilisé serait même t-on tenté de dire. Mais sincèrement, cela n’altère en rien les qualités intrinsèques de Steve et de son talent de songwriter. Steve sait tout faire du boogie rageur « Thunderbird », « Chiggers » aux titres intimistes acoustiques « Walkin Man », « Fly by night » avec, toujours, cet art consommé du storytelling chevillé au manche de la guitare. Du blues lent « Just like a king » (avec Nick Cave) au blues rapide, c’est le plaisir de jouer du duo qui est ici prépondérant. C’est assez rare pour être souligné, mais, en l’espèce, n’a pas « pourri » l’artiste mais, au contraire, lui a donné les moyens de ses ambitions. Un excellent album d’un bout à l’autre.http://www.seasicksteve.com/
www.myspace.com/seasicksteve
mardi 22 septembre 2009
Elvis Perkins : « Dearland »

Elvis Perkins (voir mes posts des 12 novembre 2007 et 18 janvier 2008) a débarqué dans nos vies il y a trois ans de cela avec un premier album « Ash Wednesday » remarquable et bouleversant. Aujourd’hui notre homme Elvis est de retour et pratiquement rien n’a changé. Ce nouvel opus « Dearland » est la suite exacte du premier album. A ceci près qu’Elvis semble lorgner vers un son plus roots, toujours aussi folk, mais avec une touche country et une couleur créole héritée des fanfares de la Nouvelle-Orléans. De fait, sans l’effet de surprise du premier disque, qui a l’époque avait déboulé de nulle part, une petite déception se fait jour, comme un air de déjà entendu. Mais on réalise bien vite que l’on fait (trop) la fine bouche. Car Elvis Perkins est un songwriter classieux. Et ce « Dearland » est remarquablement écrit, joué et produit et, dans ses meilleurs moments, - le Dylanien « Send my fond regards to Lonelyville », le blues lent « I’ll be arriving », "Chains, Chains, Chains", « Doomsday » - aussi intense et émouvant qu’ « Ash Wednesday ».http://www.elvisperkinsindearland.com/
www.myspace.com/elvisperkins
lundi 21 septembre 2009
Gossip : Music for Men

Avec ce nouvel opus, pour la première fois, le trio Gossip travaille avec une major. Une major, c’est plus de moyen, un producteur de renom (Rick Rubin, celui, entre autres, des Red Hot Chili Peppers) mais aussi la fin d’une certaine idée que l’on se faisait de ce groupe. Gossip a perdu ce son âpre, ces guitares rêches qui jusqu’ici étaient sa marque de fabrique, la production, très propre, de Rubin a, quelque part, banalisé le groupe. Certes par moments « Heavy Cross », « 8th wonder », "spare me from the mold", ça envoie toujours, mais plus vraiment comme avant. Et puis il y a aussi ce parti pris, très années 80 dans le fond, de mélanger le son froid, désincarné, des vieux synthés au chant, toujours aussi impressionnant, de Beth Ditto sur « Pop goes the world », « four letter word » où « 2012 ». On s’en doutait un peu depuis leur passage parisien du mois d’août 2008, la soul est moins présente sur cet opus au profit d’un son plus électro. Tout n’est cependant pas à jeter sur ce « music for men », loin de là. Le premier titre du disque « Dimestore Diamond » est une tuerie et peut-être bien le meilleur titre de leur répertoire marqué par un chant possédé, comme toujours, de Beth Ditto et un numéro de grande classe de la, sacrée, batteuse Hannah. La percussion est complètement dingue, une lutte rythmique de tous les instants, où Hannah trouve encore le moyen de placer ces petits contretemps qui donnent toute sa valeur au morceau. Et enfin il y a la guitare efficace, malgré une entrée tardive dans le mix, de Brace. Le reste de l’album souffre un peu de la comparaison avec ce petit bijou. Néanmoins le groupe ne semble pas souffrir de cette nouvelle orientation, les trois dates au Bataclan se sont arrachées en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Aussi improbable que cela paraisse, bientôt, c’est au Zénith où à Bercy qu’il faudra se déplacer pour les voir en concert…
http://www.gossipyouth.com/
dimanche 20 septembre 2009
SOMA

Si chaque moment de la journée possède sa propre musique, alors, incontestablement, le jeune quartet français SOMA nous propose, avec ce premier EP de cinq titres, un disque du matin. Le groupe, qui tire son nom d’une chanson des Smashing Pumpkins, profite du savoir-faire, derrière les manettes, du producteur Antoine Gaillet et de Dave Sardy (Oasis, Jet, Dandy Warhols) au mixage qui, pour la première fois, travaille avec un groupe français. Ces derniers leur ont concocté un écrin sur mesure pour les mélodies pop, le très Beatles « Vanity », et le gros son rock : « 20mn » ; « Get Down », qui n’aurait pas fait pâle figure sur le premier album des australiens de Jet. Ce premier EP, en guise d’apéritif avant l’album prévu pour janvier 2010, est à la fois frais, enlevé, énergique et énergisant. Tout indiqué de fait pour une écoute matinale ; on y trouve l’énergie pour affronter la dizaine d’heures à venir où on aura de cesse de se crasher sur ce mur infranchissable et liberticide que l’on appelle la réalité.
www.myspace.com/somafrance
samedi 19 septembre 2009
Ososphère 2009

L’édition 2009 du festival Ososphère se tiendra du 25 septembre au 3 octobre à Strasbourg. Basé sur les cultures numériques, la musique tiendra une place de choix dans la programmation 2009 avec plus de soixante concerts prévus. Pluridisciplinaire, le festival Osophère met en corrélation le travail sur l’ambiance, les climats et l’architecture de la ville de Strasbourg, transformée en lieu d’expérimentation artistique le temps du festival.
http://www.ososphere.org/
jeudi 17 septembre 2009
Jesus Sixto Rodriguez : « Coming from Reality »

Rêvé, attendu, espéré, l’évènement est enfin arrivé, la réédition pour la première fois en cd du second album de Jesus Sixto Rodriguez, l’enfant maudit des sixties. La résurrection continue. Originaire de Detroit, chanteur d’obédience plutôt folk, même si cette dernière image est plutôt réductrice, Jesus Sixto Rodriguez a publié deux albums à l’orée des années 70 qui n’ont rencontré aucun succès. Tombé dans l’oubli, ses albums, ont été sortis de l’oubli par on ne sait quel miracle et depuis deux ans, en partie grâce à la toile, nombreux sont ceux à crier leur amour, aussi soudain qu’inattendu, pour la musique de ce bon vieux Sixto. Il est vrai que cette dernière ne manque pas d’arguments de charme. Pour ce deuxième opus, enregistré à Londres en 1970, Rodriguez est bien entouré, Chris Spedding est aux guitares. Le talent de songwriter de Rodriguez fait le reste et est aussi à l’aise sur les morceaux enlevés « Heikki’s Suburbia bus tour », bon rock bien mis en valeur par les guitares du sir Spedding, que sur les morceaux plus doux « Sandrevan lullaby – lifestyles » charmante lullaby aux arrangements de cordes soyeux. Sur cet opus Sixto Rodriguez fait des miracles. Bien qu’il soit souvent équipé de sa guitare acoustique, Rodriguez peint des paysages sonores très riches et assez éloignés de l’aridité du folk. Des petites touches pop psychédéliques, c’était l’époque, un piano jazzy, un peu de rock et de soul, toutes ces influences se font jour au fil de l’écoute de cet album qu’il est ultra conseillé de posséder.
www.sugarman.org
www.myspace.com/rodriguezsugarman
mercredi 16 septembre 2009
Jazz Record Center


http://www.jazzrecordcenter.com/

vendredi 14 août 2009
Cortex : Troupeau Bleu

Le retour d’un groupe culte. Cortex, formation jazz fusion française, a longtemps fait figure d’étalon. La redécouverte de l’album « troupeau bleu » (sorti en 1975), via cette réédition, permet de mieux comprendre pourquoi. Cortex évolue entre la pop, la chanson française et le jazz. Alain Gandolfi et Jean Grevet, respectivement batteur et bassiste, sont impressionnants de swing, écoutez « Mary et Jeff »… Les mélodies sont dominées par les claviers d’Alain Mion, qui évoquent par moments Stevie Wonder, aujourd’hui Air et consorts tueraient pour avoir un son pareil. Le saxophoniste Alain Labib apporte l’indispensable touche free jazz. Et pour finir la chanteuse Mireille Dalbray est toute sauf une chanteuse de jazz classique. Ses vocaux sont légers comme l’air, on pourrait même dire qu’elle manque de coffre mais dans ce contexte c’est impeccable, sa voix s’envole au dessus des mélodies (déjà) planantes. Les notes de la pochette nous apprennent que l’album a été enregistré en deux jours seulement les 15 et 16 juillet 1975, c’est fort ! Longtemps cet album a été disponible dans une version cd, copiée d’après le vinyle, honnie des vrais amateurs. Le 33 tours d’époque était ainsi devenu une pièce de collection assez recherchée. Cette nouvelle réédition est la première d’après les bandes masters originales, cela change tout le son n’a plus rien à voir. Enfin Cortex a le cd que son talent méritait depuis longtemps. On a enfin le loisir d’apprécier cette musique d’un temps révolu, celle où dans la lignée d’un « Melody Nelson » de Gainsbourg (auquel on pense parfois à l’écoute de Troupeau bleu), la France savait oser avec classe et élégance. Enfin, puisqu’une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la sortie de ce cd coïncide avec la reformation du groupe sans Mireille Dalbray et Jean Grevet, hélas décédés.
jeudi 13 août 2009
Candi Staton : « Who’s hurting now ?»

Découvertes pour partie lors du concert de l’Alhambra, en avril dernier, les nouvelles compositions de Candi Staton sont désormais disponibles sur ce nouvel album « Who’s hurting now ? ». Autant le dire de suite, l’état de grâce de Candi Staton, commencé avec la superbe compilation des enregistrements Fame, se poursuit avec ce nouveau disque et c’est amplement mérité vu que cette véritable Madame en a bavé pour en arriver là. Pour le blogueur, la chronique du disque s’avère être un exercice délicat, comment trouver les mots pour décrire avec justesse la sérénité et la beauté qui se dégage de cet enregistrement ? L’album se situe à peine un cran au dessous de l’age d’or « fame » (à la fin des années 60) et, comme « his hands », le disque précédent, continue d’explorer cette veine country/soul typiquement sudiste. Candi chante admirablement bien avec cette sensibilité, cette petite fêlure au fond de la gorge. L’accompagnement est à la hauteur des cordes mélancoliques aux cuivres tranchants. Le morceau titre « Who’s hurting now ? » répond en écho au « Best thing you’ve ever had » des années 60. La tonalité d’ensemble est plutôt calme et posée, on a connu Candi plus funky, mais qu’importe après tout c’est un disque de coucher de soleil. J’aimerais cependant finir cette chronique avec un léger regret qui n’intéressera personne à l’heure où la musique se dématérialise et s’écoute en MP3. La pochette rouge/orange est hideuse et, assurément, Candi méritait mieux…
http://www.candi-staton.com/
www.myspace.com/candistaton
mercredi 12 août 2009
Noisettes : Wild Young Hearts
La métamorphose ! Quand nous avions quittés les Noisettes, ces derniers étaient un trio pratiquant un mélange furieux entre punk et soul dans la lignée des Bellrays. C’était en 2007. Aujourd’hui ils nous reviennent avec ce nouvel album « Wild Young Hearts », et, ne serait-ce que pour la toujours aussi jolie voix de la chanteuse Shingai, on doit se pincer les oreilles pour se persuader que l’on a toujours affaire au même groupe. Là où le premier disque débutait dans un déluge de décibels, ce nouvel opus commence avec « Sometimes », une jolie lullaby acoustique. Faut-il s’en réjouir ? En tout cas ce que le groupe perd en puissance brute il le regagne en groove, cf. le discoïde premier single « Don’t upset the rythm ». Le jazzy swinguant « Wild young heart » se charge de nous rappeler que les Noisettes savent toujours faire du bruit même si cela paraît bien léger rapport aux enregistrements précédents. Les très new-wave « 24 hours » et « beat of my heart » laissent par contre légèrement perplexe, un peu à l’image du disque dans son ensemble finalement. Tout cela est très charmant mais sans aspérités. Et si finalement ce nouvel album était tout simplement trop « clean » pour être honnête ?http://www.noisettes.co.uk/
lundi 10 août 2009
Willy de Ville (1953-2009)

C’est avec beaucoup d’émotion que l’on a appris vendredi soir le décès de Willy de Ville emporté par une maladie aussi grave que foudroyante à quelques jours seulement de son 56ème anniversaire. Au départ chanteur de Mink de Ville, groupe apparu dans les remous de la scène punk new-yorkaise, Willy, d’origine portoricaine, avait parfaitement réussi son intégration à la Nouvelle-Orléans, dont il était devenu l’un des fleurons. Le 13 juillet 2006, dans le cadre de festival Jazz à Vienne il avait donné un concert magnifique en trio accompagné d’un pianiste et d’un contrebassiste. Ce concert était une petite partie d’une soirée consacrée à la Nouvelle-Orléans, donnée en soutien à la ville après le cyclone Katrina, avec notamment Dr John et Eddie Bo, un autre grand disparu de l’année qui nous a quitté le 18 mars dernier. Il y a à peine un peu plus d’un an, le 8 juillet 2008, Willy a arpenté pour la dernière fois une scène parisienne, celle de la Cigale, pour un dernier concert avec un nouveau groupe (cliquez ici pour lire le compte-rendu). Le grand public se souviendra de lui pour son étonnante reprise du Hey Joe d’Hendrix en version mariachi. RIP.
dimanche 9 août 2009
Yodelice : Tree of Life


www.myspace.com/yodelice
http://www.yodelice.skyrock.com/
samedi 8 août 2009
Chris Isaak

Live in Australia
On commence donc avec ce « Live in Australia » qui est le premier témoignage live de la carrière de Chris Isaak. Lorsque j’ai eu la chance de le découvrir en « vrai », il y avait un passage vraiment marquant, un long interlude acoustique ou tous les musiciens étaient assis en ligne au bord de la scène. Un véritable régal pour les yeux et désormais aussi pour les oreilles puisque l’on retrouve un passage semblable dans ce cd très précisément entre les plages 10 et 14. C’est là, en plein cœur du disque, que se niche le véritable trésor. Pour le reste, les versions très sages et très proches du studio, peinent à faire autre chose de cet album qu’un best of de plus, en version live, et ce malgré un Chris Isaak plutôt en verve et assez drôle dans ses interventions auprès du public. Notons toutefois les reprises « I’ll go crazy » (James Brown) et « Only the lonely » (Roy Orbinson). Les fans y trouveront toutefois leur compte.

Mr Lucky
On continue ensuite avec « Mr Lucky », le nouvel album studio tant attendu et le véritable évènement de cette double sortie. De plus en plus, Chris Isaak s’apparente à un cuisinier qui sert chaque nouvel album comme on sert un plat. C’est à chaque fois différent, mais comme les ingrédients sont les mêmes et on a l’impression de toujours manger la même chose. Certes « Mr Lucky » ne manque pas de charme, ne serait-ce que par ce Chris Isaak s’y entends toujours autant en matière de songwriting : « Mr Lonely Man » est un rock n’roll efficace, «We’ve got tomorrow » est joliment teintée de country « Best i ever had », « summer holiday », "take my heart", le jazzy "big wonderful world". Cependant la production est vraiment trop propre et tends à lisser le son qui, de fait, manque de personnalité. Chris, tu devrais écouter le récent album de Kitty Daisy & Lewis. L’album est homogène mais aucun titre ne se détache vraiment, à l'exception du blues poisseux "very pretty girl". Les chansons sont bonnes mais pas vraiment mises en valeur, le son n’est pas assez « roots » et ces arrangements de claviers à l’arrière plan ne lui vont vraiment pas. Alors oui le disque est agréable, mais bon il n’y a rien là-dedans que Chris Isaak n’ait jamais fait avant et en mieux. Même remarque donc que pour l’album précédent les fans y trouveront leur compte mais il y a fort à craindre que malheureusement ils soient les seuls…
http://www.chrisisaak.com/
vendredi 7 août 2009
Cadillac Records de Darnell Martin

Réalisé par la jeune réalisatrice Darnell Martin, « Cadillac Records » a pour toile de fonds la scène blues de Chicago après-guerre et en particulier sur le label Chess. La sortie française du film en salle a été purement et simplement annulée mais grâce à mon super pote Mister J, qui a toujours un œil qui traîne sur les écrans outre-Atlantique, j’ai pu voir le film malgré tout. Le film a des qualités cinématographiques certaines, les acteurs sont attachants et la musique n’y est, ma foi, pas si mauvaise que cela même si tout cela est bien en dessous de l’intensité dramatique qui se dégageait de Black Snake Moan (de Craig Brewer). Ainsi servi avec le plateau télé, Cadillac Records nous a permis de passer une soirée sympa. Le défaut principal du film c’est son genre cinématographique : le docudrame. Ce n’est ni une fiction, ni un biopic mais un peu les deux à la fois. La recette est simple, on prend des personnages réels, des situations fictives et on mélange le tout jusqu’à obtenir un espèce de grand n’importe quoi en guise de résultat. Pratiquement tout ce que raconte le film est pure fiction : de l’absence de Phil Chess (le cofondateur du label avec son frère Leonard) aux relations ultra-tendues entre Howlin Wolf et Muddy Waters en passant par la mort de Leonard Chess et à l’amourette entre ce dernier et Etta James, le film enchaîne les libertés avec la véritable histoire et sert le tout comme des faits avérés. Tout cela prend de telles proportions que Marshall Chess se réserverait, paraît-il, le droit de porter l’affaire devant les tribunaux et Etta James (décrite ici comme une prostituée avec une belle voix) et Chuck Berry seraient absolument furieux. Etta James aurait promis de botter les fesses de Beyoncé (qui l’interprète dans le film) et Chuck Berry aurait « chargé son fusil »… Quoi qu’il en soit, après Dreamgirls, voici un nouveau ratage : un film divertissant mais incapable de saisir le véritable esprit du Blues. Décidément, Hollywood, et ses coupes de champagne rosé bues au bord de la piscine, sied bien mal au blues… jeudi 6 août 2009
Anthony Joseph, le Cabaret Sauvage, 3 Août 2009.

Alors que le beau monde se prélasse au soleil sur des plages brûlantes, je continue d’arpenter les couloirs du métro à la recherche du son. Recherche qui me mènera ce soir aux confins du parc de la Villette dans le superbe chapiteau de bois du Cabaret Sauvage où nous attends la « Science of Poetry / Voodoo funk technology » from Trinidad d’Anthony Joseph. Et même si ces derniers temps il semble impossible d’avoir deux jours de beau temps de suite, qu’importe parce qu’Anthony Joseph et ses percussions latino-africaines se charge bien de nous donner de bons coups de soleil. Gros coup de chaleur, grosse insolation, pendant toute la soirée. Et une sacrée dose d’énergie en prime. Comparativement à la prestation de février dernier, dans le cadre du festival sons d’hiver, le Spasm band est amputé du tromboniste Joe Bowie, réduisant la section de cuivres au seul saxophone, assez free dans le jeu. Pour le reste le rendu est toujours aussi intense et exaltant, Anthony Joseph n’est d’ailleurs pas le dernier à payer de sa personne et enchaîne les sauts et autres contorsions. Le guitariste me paraît particulièrement bien inspiré, la pédale wha-wha groove et certains passages au gros son saturé donne une orientation plus rock inattendue et plutôt bienvenue. Et puis il y a le reste cette section rythmique la basse (super solo sur un « Cutlass » d’anthologie) et les trois percussions. C’est tout simplement irrésistible et c’est très dur de tenir en place. D’ailleurs Anthony a fait un tabac devant un public qui ne le connaissait pas très bien encore. Une petite précision pour finir, Anthony, Cutlass en français cela se dit « machette », « ma chatte », c’est autre chose et c’est assez différent !!!
http://www.anthonyjoseph.co.uk/
www.myspace.com/adjoseph
dimanche 2 août 2009
Demis

Voici l’album improbable de l’an 2009, le disque d’un artiste dont personne n’attendait plus rien, le nouvel opus de Demis Roussos. Oui, oui, Demis Roussos, jamais je n’aurai imaginé chroniquer un album de Demis Roussos, si on m’avait dit cela au moment où j’ai commencé ce blog, je serai certainement parti dans un fou rire. Et j’aurai été vraiment con, tellement ce disque est une excellente et inattendue surprise. La démarche n’est pas sans rappeler celle du regretté Nathaniel Mayer sur son ultime album : pour se relancer Demis a fait appel à la relève du rock britannique avec notamment l’excellent Lewis Wharton (le bassiste de Little Barrie) et le guitariste Sébastien Martel. Pour la musique Roussos revient aux fondamentaux, le blues, la soul et les chœurs gospel. Les guitares sont grasses et les mélodies, avec cuivres en renfort sur quelques titres, sont bien écrites et se retiennent sans difficulté dès la première écoute. Et voilà, le tour est joué, l’affaire est faîte, le disque enchaîne les perles pendant une grosse demi-heure sans temps mort ni filler avec la précision d’un chrono suisse. Demis s’amuse et y prend du plaisir, c’est communicatif et cela s’entend. Et en plus cela va comme un gant à la voix éraillée de Demis Roussos, je crois bien que je ne l’avais jamais entendu chanter comme cela, en fait son grand modèle s’appelle Otis Redding. Et un dernier conseil avant de vous quitter, ne ratez pas la tournée puisqu’il sera, paraît-il, accompagné par Little Barrie au grand complet (et j’en profite pour appeler de mes tous mes vœux un nouvel album de ce groupe).
http://www.demisroussos.net/
www.myspace.com/demisroussosmusic
