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lundi 21 septembre 2009

Gossip : Music for Men


Avec ce nouvel opus, pour la première fois, le trio Gossip travaille avec une major. Une major, c’est plus de moyen, un producteur de renom (Rick Rubin, celui, entre autres, des Red Hot Chili Peppers) mais aussi la fin d’une certaine idée que l’on se faisait de ce groupe. Gossip a perdu ce son âpre, ces guitares rêches qui jusqu’ici étaient sa marque de fabrique, la production, très propre, de Rubin a, quelque part, banalisé le groupe. Certes par moments « Heavy Cross », « 8th wonder », "spare me from the mold", ça envoie toujours, mais plus vraiment comme avant. Et puis il y a aussi ce parti pris, très années 80 dans le fond, de mélanger le son froid, désincarné, des vieux synthés au chant, toujours aussi impressionnant, de Beth Ditto sur « Pop goes the world », « four letter word » où « 2012 ». On s’en doutait un peu depuis leur passage parisien du mois d’août 2008, la soul est moins présente sur cet opus au profit d’un son plus électro. Tout n’est cependant pas à jeter sur ce « music for men », loin de là. Le premier titre du disque « Dimestore Diamond » est une tuerie et peut-être bien le meilleur titre de leur répertoire marqué par un chant possédé, comme toujours, de Beth Ditto et un numéro de grande classe de la, sacrée, batteuse Hannah. La percussion est complètement dingue, une lutte rythmique de tous les instants, où Hannah trouve encore le moyen de placer ces petits contretemps qui donnent toute sa valeur au morceau. Et enfin il y a la guitare efficace, malgré une entrée tardive dans le mix, de Brace. Le reste de l’album souffre un peu de la comparaison avec ce petit bijou. Néanmoins le groupe ne semble pas souffrir de cette nouvelle orientation, les trois dates au Bataclan se sont arrachées en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Aussi improbable que cela paraisse, bientôt, c’est au Zénith où à Bercy qu’il faudra se déplacer pour les voir en concert…
http://www.gossipyouth.com/

vendredi 29 août 2008

Gossip, Le casino de Paris, 25 Août 2008.


La soirée a commencée par une énorme ovation du public surexcité à l’idée de revoir sur scène l’explosif trio étasunien. Avant d’envoyer la sauce, la chanteuse Beth Ditto affirme qu’elle restera rousse jusqu’à la sortie d’un nouvel album et que, hélas, cela risque de se prolonger un petit peu avant de s’adresser, en français (on apprécie l’effort), au public : « bonsoir comment ça va ? ». Le trio a ensuite embrayé sur une nouvelle chanson, surprise aux tonalités électro sans guitare mais avec synthé. C’est assez surprenant, désarçonnant même, mais on reste malgré tout en terrain connu grâce à la formidable scansion de la batteuse Hannah. Nathan, qui s’est fait chambrer toute la soirée par Beth pour avoir commencé à fumer à 29 ans, a également évolué dans son jeu de guitare, instrument qu’il n’a pas oublié contrairement à ce que pourraient laisser penser les nouvelles chansons électro, ou il n’hésite plus à se lancer dans des trips noisy/psyché que ne renieraient pas My Bloody Valentine. Notons également que ce soir le groupe est de nouveau accompagné sur quelques morceaux par un excellent bassiste. Sinon, « Listen Up » (avec le refrain en français : « un, deux, trois, écoute-moi »), « Standing in the way of control », « Jealous girls » s’apparentent toujours à char d’assaut lancé à pleine vitesse qui défonce tout sur son passage, Beth est impressionnante et se donne à fond, sans réserve aucune. « Coal to diamonds » offre une respiration émouvante appréciable dans laquelle transpercent les inspirations soul du trio, je n’ai de cesse de le répéter, sans que personne ne me croie, mais, moi, j’entends de la soul chez Gossip. Mais pour moi le summum de l’émotion a été atteint avec la reprise d’Aaliyah, « are you that somebody ? ». Je ne l’ai réalisé que le lendemain, mais c’était ce jour même, le 25 août, le septième anniversaire de sa tragique disparition. Déjà sept ans qu’elle nous a quitté dans un accident d’avion, elle est partie beaucoup trop tôt et quelque part je suis heureux qu’elle ne soit pas complètement oubliée. Ou qu’elle soit, je pense qu’elle est fière de la prestation de Gossip.

www.myspace.com/gossipband
http://www.thegossipmusic.com/


Gossip : "Are you that somebody ?"


Aaliyah : "Are you that somebody ?"

jeudi 5 juin 2008

Can’t you hear me knocking ?

Avant de partir en vacances (bien méritées), je vous ai préparé une playlist, à mon humble avis, aux petits oignons ! En tout cas, voici les MP3 de mes vacances. Can’t you hear knocking on your window ?

1) Jill Scott : The Way (live)
Extrait de la bande originale du film/concert/documentaire Block Party (à voir d’urgence si ce n’est pas déjà fait) voici une version live du tube « The Way » de Jill Scott, à mon avis encore meilleure que celle figurant sur le récent album live de la miss. Jill Scott nous pose içi LA question : « Is this the way you love me, Baby ? ». Est c’est comme ça que tu m’aimes, Bébé ? Et je connais plus d’une fille, pas spécialement heureuses en la matière, qui se posent cette question quotidiennement. Evidemment, je pense très fort à elles. Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais moi je vous adore. Cette chanson est pour vous…

Jill Scott : "The Way"

2) Jill Scott : Golden (live)
Toujours extrait de la BO de Block Party, voici « Golden » le premier tube de Jill Scott et son extraordinaire revirement jazzy en plein milieu de la chanson. Jill est ici accompagnée (comme sur la chanson précédente) par The Roots. Alors autant vous dire les amis ça déchire !

Jill Scott : "Golden"


3) The Sweet Vandals : « I got you man ! »
Petite bombe soul-funk en provenance de Madrid. La dernière trouvaille du label Differ-ant (Nicole Willis). Une excellente chanteuse, Makya Edjole, accompagnée par un gang de teigneux prêts à se jeter corps et âmes comme la misère sur le monde. Un son assez sale, j’adore.

The Sweet Vandals : "I got you man"


4) The Sweet Vandals : « Runaway People »
Obscure reprise pour nos amis espagnols. Attention aux brûlures c’est chaud comme de la braise. Que Calor !

The Sweet Vandals : "Runaway People"


5) Wraygunn : « Don’t you know ?»
Restons sur la péninsule ibérique un instant. Les portugais, originaires de Coimbra, de Wraygunn sont l’un des groupes qui m’ont vraiment scotché ces dernières années. Tout un agrégat d’influences rock n’roll, soul, blues et gospel se mélangent ici avec une rare maestria, un son de guitares assez roots, des scratches, cet album au titre biblique « Ecclesiastes 1.11 », est un chef d’œuvre en puissance.

Wraygunn : "Don't you know"



6) Wraygunn : « There but for the grace of god go i »
Reprise, débordante de sensualité, du tube disco de Machine. La chanteuse Raquel Rahla est ici en état de grâce.

Wraygunn : "There but for the grace of god go i"


7) Little Barrie : « Just wanna play »
Le trio Little Barrie est l’un des groupes les plus cool à l’heure actuelle en Grande-Bretagne, bien plus en tout cas que toute cette bande d’ados montés en épingle grâce à myspace. Voici donc un mélange rock n’roll, groove et swing. Et un très bon batteur.


Little Barrie : "Just Wanna play"




8) The Noisettes : « Cannot even (Break free) »
Dans la lignée des BellRays, voici le trio anglais The Noisettes, mené par la chanteuse Shingai. Le morceau commence par un rythmique jazzy qu’ils se font ensuite un plaisir de lacérer à grands coups de guitare…


The Noisettes : "Cannot Even Break Free"


9) The Dirtbombs : « Livin’for the city »
Reprise du classique de Stevie Wonder par une bande de cintrés venus de Detroit. Vous êtes prévenus, ça arrache !

The Dirtbombs : "Livin for the city"


10) Shake your Hips ! : « High on the hog »
L’un des meilleurs groupes de blues en France, la guitare rythmique semble échappée de « Payback » de James Brown.


Shake Your Hips ! : "High on the hog"





11) Blues Power band
Titre éponyme d’un autre excellent groupe de blues hexagonal. Un son unique limite disco.


Blues Power Band





12) Gossip : « Dark lines »
Et si au cœur de la tornade disco/punk/soul Gossip, il y avait tout simplement des « Mangled Hearts » (des cœurs estropiés), des âmes en souffrance comme en témoigne ce poignant « Dark Lines »…


Gossip : "Dark Lines"




13) Silent : « Poison »
Le duo électro s’attaque ici au funk, scratches à l’appui. Et une batterie en filiation directe avec les Meters. Ca vaut le coup d’être écouté…

Silent : "Poison"





14) Pamela Hute : « Parachute »
Une petite sucrerie pop pour la française Pamela Hute, qui est en ce moment en plein enregistrement de son premier album
Pamela Hute : "Parachute"

15) Stevans : « Monday’s wedding »
Et pour finir une dernière petite gourmandise pop acoustique, signée du trio Suisse Stevans.








Stevans : "Monday's Wedding"
Remerciements : Pamela Hute, Yvan (Stevans), Frank et Nico (Silent), Hervé (Blues Power Band), Jean-Marc (Shake Your Hips !)

mercredi 14 mai 2008

Gossip : « live in Liverpool »




Si ils ont quitté leur Arkansas natal pour la ville d’Olympia (sur la côte nord ouest des Etats-Unis), le trio Gossip (voir mes messages des 24 septembre et 20 mars) s’est surtout trouvé un nouveau chez-soi en Angleterre. Le groupe est immensément populaire en Grande-Bretagne, bien plus que sur son sol natal où son succès est limité à la communauté gay. Le choix d’un album live enregistré à la Liverpool Carling Academy est donc calculé. Le public y est déchaîné et l’infection se propage sur les membres du groupe eux-mêmes qui donnent le concert de leur vie. La pulsation de la batterie d’Hannah Blilie frise la tachycardie, la guitare de Brace Paine arrache tout sur son passage quant à la chanteuse Beth Ditto, elle va puiser la puissance de son chant très loin au fond d’elle-même. Pour l’anecdote, notons la reprise du « Careless whisper » de George Michael dans une version beaucoup plus amusante que l’originale. Autre reprise sur ce disque « Are you that somebody ? » d’Aaliyah, le genre de cover qui vous classe un groupe. Et qui prouve que quelque part dans l’œil du cyclone Gossip, se trouve de la soul et du groove.
http://www.gossipyouth.com/

Gossip : "Coal to diamonds" (Live from Liverpool)


Gossip : "Yr Mangled Heart" (Live from Liverpool)

jeudi 20 mars 2008

La musicale en tournée : Pete & The Pirates + The Blakes + The Kills + Gossip, L’Olympia, 18 mars 2008.


L’émission La Musicale de Canal + s’exporte ces jours-ci sur nos routes, après avoir modifié le concept de la version télé pour se rapprocher de celui du festival des Inrockuptibles, chaque groupe se succédant sur scène avec entre chaque set un entracte de vingt minutes. On commence donc avec la nouvelle révélation anglaise Pete and The Pirates, dont j’avais déjà entendu le plus grand bien. Pour faire simple, c’est sympa mais bon pas franchement de quoi sauter au plafond non plus. Serais-je blasé ? Autre révélation, le trio américain The Blakes, là on attaque dans le vif. Superbe découverte que ce trio qui nous a délivré une prestation fougueuse, rock n’rollesque à l’extrême. Plutôt qu’un long discours, je vous propose de les découvrir dans une version live de "two times", ça se passe de commentaires :



Pourquoi, diable, pourquoi, tout le monde crie au génie à l’évocation de The Kills ? Quelqu’un pourrait-il m’expliquer ? Non, sérieusement parce que je n’arrive pas à comprendre. Certes je leur trouve quelques qualités à ce duo, une chanteuse classe, un son garage rock que j’affectionne, un certain charme lo-fi. Mais, pour une raison que j’ignore la sauce ne prend pas vraiment avec moi. Je ne saisi pas « le truc ». Je trouve la boîte à rythme vraiment trop « cheap » et cela leur donne un côté par trop monolithique pour mon goût personnel. Il n’y a guère que sur le dernier titre, joué en duo à deux guitares que le groupe retrouve un peu de la magie du Velvet Underground mais à part ça… Je les avais déjà vu il y a quelques années au festival des Inrockuptibles et je n’en garde pas un souvenir impérissable. Et ce n’est pas leur prestation de ce soir qui risque de me réconcilier avec eux mais bon puisque tous les goûts sont dans la nature…

Et on termine enfin avec la grosse affaire de la soirée le set de Gossip (voir mon message du 24 septembre 2007). Depuis le début des années 90, Gossip végétait dans une sorte de garage rock sympa, certes, mais assez anecdotique. L’arrivée de la nouvelle batteuse Hannah a complètement changé la donne, Gossip ne boxe plus dans la même catégorie. Quelle est la grande qualité d’un batteur ? Cette faculté de se mettre au service des chansons. La batterie n’est pas un instrument mélodique, bien savoir s’en servir, c’est savoir soutenir les autres musiciens sans tirer la couverture à soi. Et c’est exactement ce que fait Hannah, la batteuse de Gossip. Son jeu n’a rien de superflu, de spectaculaire ni de technique. Mais c’est exactement ce dont a besoin ce groupe. Dans ce contexte, elle est super efficace, booste les deux autres. Ca colle parfaitement et c’est ce que j’adore chez elle. Depuis ce changement, Gossip a littéralement explosé. Beth Ditto, l’incroyable chanteuse, lesbienne assumée et revendiquée est depuis devenu une icône gay. Elle aussi est impressionnante, malgré sa corpulence, 1m60 et une centaine de kilos, elle saute dans tous les sens. Et puis il y a cette voix… Pourtant, j’ai quand même été un peu déçu par le trio, accompagné ce soir par un renfort bassiste sur certains morceaux, qui, à mon avis, n’a pas joué la setlist que son immense talent mérite, piochant beaucoup trop dans son vieux répertoire. Il y a eu quand même de longs moments de flottement. Bon je dis ça mais en même temps je fais la fine bouche, « Yr mangled heart » et « Jealousy » sont rageurs. « Coal to diamonds » apporte une touche plus émotionnelle, qu’à mon avis ils devraient explorer plus avant. Et puis ils ont fini par retourner complètement la salle avec un « listen up » explosif. La scène est alors envahie par le public et transformée en dancefloor, la sécurité est complètement débordée. Et il y eu enfin ce « Standing in the way of control », joué en rappel, d’anthologie électrique. Le public est alors complètement survolté. Beth est alors revenue seule sur scène pour entonner l’air de « la vie en rose », il est vrai que l’on est à l’Olympia, histoire de calmer un peu l’audience… Encore une belle soirée malgré tout, et un réveil difficile ce matin et des tasses de café noir pour se réveiller…

Gossip : Listen Up (live big weekend 2007) :

Gossip : Standing in the way of control (live eurockéenes 2006)

lundi 24 septembre 2007

Gossip : Standing in the way of control


Il est de ces disques qui en trente secondes vous redonnent une fois inébranlable dans le rock n’roll et son avenir. Ainsi est le nouvel des américains de Gossip, trio qui ne s’embarrasse pas de fioritures. Le membre le plus marquant du groupe est certainement sa chanteuse, Beth Ditto, 1 mètre 60 et une centaine de kilos, partie en guerre contre les préjugés et l’industrie de la mode qui en imposant ses canons réduit, selon elle, les femmes à l’état de poupées barbies. Beth Ditto, lesbienne revendiquée, est également une chanteuse dotée d’une voix exceptionnelle, fabuleuse. C’est un véritable appel à la liberté qu’elle nous lance. Le groupe doit également une fière chandelle à sa batteuse Hannah qui à elle seule a complètement transfiguré le groupe. En appliquant ses tempos disco, Hannah a transformé Gossip en une formidable machine à danser. Une boule disco en feu, qui fait les délices des remixeurs électro (mais hélas pas forcément ceux de mes oreilles) de par le monde. Enfin, last but not least, dernier membre du groupe, Brace, Nathan de son vrai nom, qui joue tantôt de la guitare, tantôt de la basse. Musicalement l’album se place dans une étrange mouvance entre rock garage et disco. La guitare (ou la basse) ultra efficace se greffe sur des tempos implacables. Et puis il y a cette voix, digne d’une diva blues/soul. Ils ont beau avoir déménagés à Olympia (banlieue de Portland dans le nord-ouest des Etats-Unis) et détester leur patelin natal du vieux sud (Searcy, dans l’Arkansas) ils en ont gardé quelques bonnes choses. Notamment ce blues, cette soul, si souvent entendue sur les radios locales de leur enfance. C’est même probablement là que « Standing in the way of Control » séduit le plus. Au-delà de la puissance sonore brute, c’est lorsqu’ils baissent les watts, sur « Coal to Diamonds » et « Dark Lines » par exemple, que Gossip touche droit au cœur. Et c’est là que se niche l’avenir de Gossip.

http://www.gossipyouth.co.uk/
www.myspace.com/gossipband