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dimanche 5 juillet 2009

Soul Power de Jeffrey Levy-Hinte



Le documentaire Soul Power, revient sur le fameux « Rumble in the Jungle », le combat de boxe, organisé en 1974 à Kinshasa, capitale de l’ancien Zaïre, entre Mohammed Ali et George Forman. Le sujet qui nous intéresse aujourd’hui c'est surtout le festival de musique avec entre autres James Brown (alors au sommet de son art) et B.B King, qui accompagnait le match de boxe, organisé par Don King. L'évènement avait déjà été traité par le cinéaste Leon Gast (que l’on voit d’ailleurs en plein tournage dans le film) dans « When we were kings », film hybride entre documentaire musical et sportif. Soul Power se concentre sur la partie musicale. La première moitié du film montre les préparatifs du show, le montage de la scène, les tracas administratifs divers (une blessure à l’œil de Foreman retardera le combat qui aura lieu trois semaines après le festival) avant de basculer dans sa deuxième moitié dans le registre plus usité du film-concert. Sauf qu’avec une affiche pareille c’est tout sauf ennuyeux ! On a même droit à des scènes backstage, toujours intéressantes, et a quelques redécouvertes d’artistes retombés dans l’oubli. Seul petit point négatif un seul morceau par artiste, c’est le tarif, à l’exception du soul brother number one qui a le droit à un peu de rab. Du coup ça défile à la queue leu leu, c’est un peu dommage mais il est vrai qu’il était impossible de tout montrer. Une question pour finir : Comment est-il possible que la sortie d’un film pareil ne soit pas accompagnée par une bande originale ??? Pour compenser il faudra rechercher la BO de « When we were kings » qui n’est plus disponible depuis quelques temps…






dimanche 24 février 2008

Festival Sons d’Hiver #2, Tamar-Kali + Black Rock Coalition Orchestra, Maison des Arts de Créteil, 23 février 2008.

Je me répète peut-être, mais je suis cette année encore, épaté par l’organisation du festival sons d’hiver, qui a, de nouveau, réussi un coup fumant pour cette soirée de clôture de l’édition 2008. La soirée new-yorkaise de samedi a tout simplement été exceptionnelle avec par ordre d’apparition la chanteuse Tamar-Kali puis The Black Rock Coalition Orchestra dans un concert « Salutes to James Brown ». Vraiment, réussir à attirer dans cette banlieue de Créteil des musiciens américains de classe internationale, cela relève de l’exploit. Exploit qui rend malgré tout, criant le manque d’actualité dans cette belle salle de la maison des arts le reste de l’année.

Donc, Tamar-Kali accompagnée de son groupe les « 5ive-Pieces » a assurée une première partie rageuse et franchement emballante. Chanteuse Noire, Tamar-Kali a une voix superbe soul. Ceci pour le fond. La forme, elle déroute, car son groupe est très rock voire même franchement métal. C’est assez étonnant, mais on accroche facilement, car les musiciens sont excellents. Ce mélange est issu d’un mouvement typiquement new-yorkais que l’on appelle l’afropunk. On pense aux BellRays (voir mes messages des 4 février et 4 juillet 2007) ou aux Noisettes (voir mes posts des 19 mars et 12 novembre 2007) mais en version encore plus rentre dedans. Pourtant, sous le déluge de décibels, c’est pourtant de la soul music que l’on entend, le batteur en particulier possède le sens du groove.


Groove, le mot est lâché et la transition toute trouvée pour évoquer la suite de la soirée et le concert hommage au soul brother number one. Derrière son clavier, Gene Williams donne le ton : « Nous sommes tous là pour la même raison, on adore James Brown ». Collectif à géométrie variable fondé en 1985 par Vernon Reid (le guitariste de Fishbone, absent ce soir) The Black Rock Coalition Orchestra est en mission pour remettre le rock n’roll à la place qui lui revient de droit, au sein de la communauté Noire, car sans le peuple Noir, il n’y aurait pas de rock n’roll aujourd’hui. Après avoir rendu hommage à Jimi Hendrix, Sly Stone et Stevie Wonder, le nouveau projet de la Coalition est consacré à James Brown. Et c’est un véritable big band qui a fait le déplacement jusqu’à Créteil. Trompette (Wayne Cobham), saxophone (Roger Byam), batterie (Fred Alias, à la frappe aussi impressionnante que celle de Buddy Miles), clavier, basse (Ron Munroe) et deux guitares. Bien évidemment, pour n’importe quel chanteur, il n’est pas aisé de se glisser dans les mocassins de Mr Dynamite. En sus des deux guitaristes (Michael Hill et Kelvyn Bell), il seront deux (Manchild Black et George Thomas O’Bryant aka GTO) plus une chanteuse (Queen Aminah) a tenter de relever le défi à tour de rôle. Des cinq vocalistes que l’on a entendu, GTO, qui possède une voix qui rugit autant que le moteur de la voiture du même nom, a le timbre qui se rapproche le plus de celui de James. Il est également le plus expansif sur scène et paye de sa personne pour assurer le show : roulades, grands écarts, sprints dans le public, l’athlète a probablement fini la soirée sur les rotules. Queen Aminah est la plus jolie du lot, talons haut et petites robes sexy comme tout, elle est aussi une chanteuse remarquable. Manchild Black a lui eu la faveur de la gente féminine, sa voix évolue plus dans un registre crooner, très émouvante par exemple sur « Try Me ». Musicalement le rendu brownien est impeccable, funky et rageur, aussi bon que les concerts de Fred Wesley (voir mes messages des 14 mai et 1er septembre 2007) auxquels j’ai assisté. J’ai particulièrement aimé « Payback », « Cold Sweat », « It’s a man’s world » (dans une version à tirer les larmes), « I feel good », « Get on the good foot »… Il ne faut cependant pas croire que l’on a assisté à un simple copié/collé. Le groupe s’est vraiment approprié la musique de James et s’est lancé dans des jams impressionnantes, chaque musicien aura ainsi droit à son solo. Cette impressionnante prestation s’est terminée dans la liesse avec « Sex Machine ». Plus personne n’est assis, le concert se termine à cappella et même le batteur s’est emparé du micro, avec pour seul accompagnement les battements de mains du public. Ouah, quelle soirée…

lundi 14 mai 2007

Fred Wesley, la maroquinerie, 11 mai 2007.


Un autre week-end, un autre concert et cette fois c’est avec une légende que nous avons rendez-vous, Monsieur Fred Wesley, ancien membre des JB’s. Fred, le tromboniste fut bien plus qu’un musicien pour James Brown (voir mon post du 7 janvier). En effet ce son sur les albums « The Payback » ou « Get on the good foot », ces guitares qui arrachent et ces cuivres qui mettent KO, c’est à lui, le directeur musical, qu’on les doit.

La première partie est assurée par Rad, une chanteuse d’Oakland que je ne connaissais pas. J’ai beaucoup apprécié sa voix et son jeu au fender rhodes. Renseignement pris, elle est accompagnée par des musiciens intéressants, notamment Billy Johnson l’ancien batteur de Maze, celui la même qui jouait sur le « live at New Orleans » il y a 25 ans, et un ancien bassiste de Tower of Power (connexion Bay Area oblige).

Après cette première partie des plus intéressante, les « Big Guys » font leur entrée en scène. Ils sont sept, basse, batterie, guitare, clavier et les cuivres : trompette, Fred au trombone et Pee Wee Ellis (autre ancien membre éminent des JB’s) au saxophone. Il y a quelque chose de très impressionnant chez ces soul/blues/jazz men (j’ai eu la chance d’en voir quelques uns sur scène) old school. Comme l’impression que chaque mouvement, chaque note jouée ou chantée vient des tripes, du fond du cœur. De fait, ces concerts relèvent à chaque fois d’un niveau d’engagement physique absent dans la plupart des autres musiques (qui ont aussi leurs qualités). La première partie du set est plutôt jazz, on pense particulièrement à Miles Davis période électrique à l’album « Bitches brew ». Puis les choses prennent une tournure funk prévisible. La maroquinerie est complètement retournée, pas un spectateur ne reste immobile, impossible de résister à la tornade. Fred Wesley c’est plus fort que toi ! On est en plein dedans, le pied à fond sur l’accélérateur. Il ne manque plus que lui le soul brother number one. Il doit être fier de là haut. C’est le concert funk ultime, qu’est-ce que tu veux aller voir après ça ? Tout paraît bien fade. Comme le disait une spectatrice croisée à la sortie : « de ma vie, je ne me suis jamais pris une telle tranche de funk ». Moi non plus.

Je ne verrai jamais James Brown en concert mais ce soir je me suis approché au plus près de la légende. Respect Messieurs.

dimanche 7 janvier 2007

James Brown (1928/1933-2006)



Début des années 1990, un jeune adolescent se présente à la caisse de la FNAC du centre commercial Créteil Soleil. Le jeune homme se passionne de plus en plus pour la musique et achète un de ses premiers disques (en fait autres temps, autres moeurs, il s'agissait d'une cassette audio). Ce jeune c'était moi et le disque (enfin la cassette) c'était une compilation de James Brown intitulée (assez bêtement d'ailleurs) "dance machine". La soul, le rythme & blues, le funk, voilà ce que le jeune candide s'apprête à découvrir alors qu'il insère l'auguste cassette dans le lecteur. Le coeur et la sueur. Voilà c'était ça James Brown, pas besoin d'aller chercher plus loin. RIP Soul Brother number one. And do the popcorn.

James Brown (1928/1933-2006)