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lundi 27 mars 2023

Moonlight Benjamin : « Wayo »

 


Toujours accompagnée du guitariste Matthis Pascaud, Moonlight Benjamin, une authentique prêtresse vaudou née à Haïti, est de retour avec un troisième album, « Wayo », une expression signifiant « cri de douleur » en créole haïtien. Une fois encore, l’association entre le chant puissant et expressif et les guitares abrasives, saturées, puisant à la source du rock’n’roll et du blues crée des merveilles ! Un magma hypnotique et enivrant porté par la transe rythmique des batteries et autres percussions (assurées par Raphaël Chassin) scellant la rencontre rêvée des Black Keys et de Dr John. C’est peu dire que l’album crée des étincelles ! Après des projets orientés jazz auprès de la chanteuse Marion Rampal ou à la tête de sa propre formation Clap Clap, et un hommage remarquable à Dr John en compagnie d’Hugh Coltman, le guitariste Matthis Pascaud fait montre une fois de plus de la largeur de sa palette et de son touché tout en feeling qui ne disparaît jamais en dépit de l’avalanche de décibels (cf. « Limiyè »). Et il fallait bien ça pour accompagner Moonlight Benjamin, chanteuse au coffre impressionnant qui déclame et scande avec aplomb. Finalement, preuve que la musique est universelle, c’est vers le blues africain que l’on trouverait une filiation probable, pour une question de répétition hypnotique. Pour en avoir été témoin, on sait que la chose fait des ravages équivalents à une tempête tropicale sur scène. On attend la tournée avec impatience !

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lundi 9 décembre 2019

Moonlight Benjamin : « Simido »



Haïtienne de naissance et authentique prêtresse vaudou, la chanteuse est installée en France depuis 2002. Après d'innombrables expériences musicales, du jazz à la chanson pour enfants, Moonlight Benjamin se consacre depuis deux ans à un projet plus personnel entre blues et garage rock, chanté en créole en compagnie du guitariste Matthis Pascaud (également auteur d'un excellent album en solo cette année). Suivant une trajectoire parallèle à celle du trio Delgres, Moonlight chante son île, son histoire comme sa détresse actuelle, dans sa langue vernaculaire, le créole haïtien. Cette dernière n'est pas le seul élément rattachant la musique de Moonlight à la créolité, la ferveur des rythmiques et la transe fiévreuse qui s'en dégagent procurent une sensation de tournis (cf. « Pale Pawol ») qui permet à la musique de s'élever bien au-delà du tout venant. Le tout est parfaitement incarné en voix par Moonlight, qui se révèle à la fois forte, profonde et féline. Son chant semble ainsi comme profondément ancré dans la terre. Musicalement il était difficile d'égaler le tourbillon de guitares du premier disque. Aussi ce nouvel album propose un pas de côté au profit d'une approche plus en retenue, lissée et pop, mais qui n'obère ni son esprit aventureux (les quasi sept minutes de « Salwe ») ni l'entregent des musiciens que l'on sent transpirer à grosses gouttes à chaque note jouée (« Tchoule »). Un disque moite et hypnotique. 

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samedi 31 mars 2018

Moonlight Benjamin + Dyna B, le Petit Bain, 28 mars 2018.



Barge flottante posée sur la scène, le Petit Bain porte fièrement son surnom d' « île dans la ville » en ce mercredi soir en nous proposant une soirée haïtienne. 

On commence avec la chanteuse Dyna B qui se produit en trio acoustique, guitare, piano et cajon. Sur scène la formation se fait forte d'aborder plusieurs genres, du jazz, de la soul, du blues sous un angle parfois assez original, du reggae au piano, c'est bien la première fois que l'on entends cela. Quelque soit le flacon, l'ivresse du swing, du groove est la même et le tout magnifiquement incarné en voix par la chanteuse. Une belle découverte. 

Changement radical d'ambiance ensuite avec la chanteuse haïtienne, mais installée en france depuis le début des années 2000, Moonlight Benjamin, dont l'album « Siltane » est sorti le 23 mars dernier. Présence électrique sur scène, la chanteuse n'a pas son pareil pour faire monter de plusieurs degrés la température tout au long du concert qui, peu à peu, se transforme en une sorte de pétage de plombs collectif du public. Il faut dire qu'elle donne de sa personne Moonlight. Authentique prêtresse vaudou, la chanteuse est totalement possédée par sa musique, laquelle n'est pas avare en groove, des percussions renforçant la batterie. Le reste de la formation est plus classique, guitare et basse, et navigue dans les eaux bouillonnantes du garage rock, et du blues heavy, la chanteuse incarnant la créolité de la démarche par le biais de son chant grave et puissant en créole vernaculaire. Les pieds nus, Moonlight ne semble jamais s'arrêter de danser alimentant la marmite en constante ébullition. Le sommeil va être difficile à trouver après un show pareil… 

Facebook Dyna B
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mardi 9 juin 2020

Moonlight Benjamin : "Immigrant Song"

Une release party annulée par deux fois, pour cause de grève puis de pandémie, fait qu'à ce jour on ignore toujours si Moonlight Benjamin réussira à fêter sur scène la sortie de "Simido" son lumineux deuxième album. En attendant, et en guise de consolation, la chanteuse haïtienne a trouvé le medium idéal dans le répertoire de Led Zeppelin pour son grain de voix puissant. Le résultat est envoûtant, rien de plus normal pour une prêtresse vaudou !


dimanche 23 février 2020

Moonlight Benjamin au Hasard Ludique, le 19/03


Moonlight Benjamin, la magnifique prêtresse vaudou blues/garage rock haïtienne sera en concert le 19 mars prochain dans le cadre étonnant et magnifique du Hasard Ludique (une ancienne gare réhabilitée). Immanquable !

samedi 11 février 2023

Matthis Pascaud & Hugh Coltman, Les Nuits de l’Alligator, La Maroquinerie, 9 février 2023.

Cela fait un petit moment que ces deux là tournent autour du répertoire de Dr John. A droite, Hugh Coltman, naguère chanteur folk, et son album « Who’s Happy » (2018) enregistré à la Nouvelle-Orléans. A gauche, Matthis Pascaud, (Moonlight Benjamin, Marion Rampal) fin guitariste, dont la collaboration avec la chanteuse haïtienne Moonlight Benjamin entretient un évident lien de créolité avec la cité du croissant. De leur collaboration est né un album hommage à ce bon vieux docteur sorti l’été dernier. Un album de reprises pour le moins surprenantes mais qui a le mérite de proposer une approche personnelle du corpus de Mac Rebennack. On pourrait en dire tout autant de l’euphorisante déclinaison scénique du projet, aussi moite que le bayou, qui a électrisé La Maroquinerie et le festival des Nuits de l’Alligator ! Point de piano donc mais un set enluminé par le charisme du chanteur Hugh Coltman, qui a ressorti sa guitare folk le temps de quelques morceaux, et le jeu de guitare fin au feeling lumineux de Matthis Pascaud, aussi à l’aise au médiator qu’au doigt. Un set allant de la transe percussive (la section rythmique traditionnelle basse et batterie est renforcée de percussions) à la divagation contemplative quasi psychédélique. Un large spectre d’émotions qui a ravi le public, tonnerre d’applaudissements mérités à l’appui.





jeudi 28 novembre 2019

Matthis Pascaud : « Clap Clap »



Guitariste talentueux et collaborateur recherché, on avait pour notre part pu apprécier sa présence aux côtés de Moonlight Benjamin, Matthis Pascaud continue son escapade en solitaire avec ce deuxième album solo. Entièrement instrumental, l'album se situe aux confins du jazz, là où la musique mute sous les coups de boutoirs électriques de sa six cordes inspiré par le contact avec d'autres musiques. Il n'est plus question dès lors de jurer fidélité absolue à un idiome mais de laisser la créativité voguer librement, le swing en ligne de mire (« Bayou »). Afin d'incarner la musique et de palier à l'absence de chant, ce sont les instrumentistes qui récupèrent la mise à force soli, sans jamais abasourdir l'auditeur de virtuosité déplacée. Au contraire, les instruments dialoguent, improvisent renouant ainsi avec une dimension progressive et labyrinthique à la limite de l'expérimentation (les interludes « Clap » qui parsèment le disque). Puissance rock et feeling jazz sont ainsi les deux pôles guidant la musique, transformant cette dernière en matière libre et mouvante. C'est beau. 

En concert le 02/12 à Paris (Studio de l'Ermitage)
http://matthislouis.wixsite.com/matthispascaud
https://www.facebook.com/MatthisSquareOne/
https://twitter.com/matthispascaud

dimanche 17 juillet 2022

Marion Rampal : « Tissé »

 


S’il est une chose que Marion Rampal déteste, c’est bien les boîtes, rangements et autres compartiments dans lesquels sont classés les artistes. Repérée dans un premier temps aux côtés du saxophoniste Raphaël Imbert, on aurait pu attendre de la chanteuse un album de jazz. Encore une boîte que l’artiste a décidé d’éviter, avec talent. Accompagnée du guitariste Matthis Pascaud (Moonlight Benjamin), la chanteuse livre un album varié où le groove et le swing apparaissent comme une idée aux contours vagues plutôt qu’un concept à suivre stricto-sensu. Le rythme occupe ici une place essentielle des chansons folk (« Reminder » ; « Still a Bird » aux accents blues) aux ritournelles aux accents créoles (« L’île aux chants mêlés » ; « A volé » ; « D’autres soleils »), une façon d’aborder la musique en suivant la pulsion, toujours différente mais toujours présente. Une diversité d’ambiances que la chanteuse aborde à bras le corps, modulant sa voix suave à l’envi, en s’adaptant aux contours des chansons, mots écrits et choisis avec soin et chantés avec classe et élégance. Signalons enfin la participation bouleversante de la voix cassée d’Archie Shepp en fin d’album.

En concert le 21 juillet au Parc Floral (Paris Jazz Festival)

http://www.marionrampal.com/

https://www.facebook.com/pagemarionrampal




mercredi 4 mars 2020

Tangled Tape : « Back & Forth »



Prenant le contre-pied de la scène soul dominante de l'époque, celle célébrant le son vintage, les Toulousains justifient et leur patronyme et le titre de leur album tout au long de cette livraison inaugurale de 13 titres. Tangled Tape, donc, que l'on pourrait traduire comme cassette (audio) abîmée ou enchevêtrée. L'album s'intitule « Back & Forth » soit aller-retour. Tout est ainsi dit et ce dès les étranges premières notes évoquant le bruit d'une cassette coincée dans un lecteur. Ce premier effort voit le groupe entremêler les styles, dans un aller-retour constant entre soul, reggae/dub, R’n’B ou hip hop, plaçant le groove feutré au cœur de ses préoccupations ; débordant de feeling. Orchestrée brillamment, l'album est un savant et harmonieux dosage de sonorités organiques, de synthés analogiques et de beatmaking incarné avec grâce par la voix suave de la chanteuse Ornella Mesplé-Somps. Une réussite ! 

En concert le 19/03 à Paris (Le Hasard Ludique, première partie de Moonlight Benjamin)
https://fr-fr.facebook.com/tangledtape/