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jeudi 12 mars 2009

Hugh Coltman, L’Alhambra, 11 mars 2009.


Ca marche de mieux en mieux et de plus en plus fort pour l’expatrié Hugh Coltman (voir mon message du 2 mars 2009), la salle comble de l’Alhambra est là pour le certifier. Entouré par un vrai groupe, et un sacrément bon à tel point que cela serait dommage de le dissoudre, Coltman a fait preuve de son savoir faire sur une scène. Savoir-faire patiemment poli au fil des concerts au Réservoir ou à la Flèche d’or. Hugh Coltman est particulièrement en voix ce soir, à plusieurs reprises, on a cru réentendre les envolées lyriques du regretté Jeff Buckley. Le concert enfile comme les perles les morceaux de l’album, un ange passe lors de « sixteen » jouée en solitaire au ukulélé et quasiment sans micro. L’émotion palpable traverse la salle avant le tonnerre d’applaudissement, sur scène Hugh exulte, dans un français très vernaculaire : « merci, putain, merci, yeah !!!!!!! ». Un concert riche en surprises quelques inédits, une excellente reprise du « Jealous guy » de John Lennon et une autre, rigolote, du « Summertime » de Mungo Jerry. Et puis il y a eu aussi quelques invités, les chanteuses Krystle Warren et la sublime Sandra Nkaké, quelle voix ! Ce fut d’ailleurs le climax à la toute fin du concert sur un blues très électrique que la belle Sandra a fait une apparition miraculeuse. A cette occasion, allongé sur le sol de la scène, Coltman a laissé apparaître un tempérament de feu assez surprenant comparé à la douceur du disque. A mon sens on a découvert un artiste et son univers ce soir, espérons toutefois qu’il a les épaules pour tenir toutes ces belles promesses…

Hugh Coltman : « Sixteen »


jeudi 14 mai 2026

Hugh Coltman + Natascha Rogers, L’Archipel, 13 mai 2026.



Pour sa nouvelle résidence à l’Archipel, Hugh Coltman a décidé d’inviter chaque soir un invité différent pour une collaboration voyant l’Anglais s’attaquer au répertoire de son invitée et inversement. Pour cette deuxième soirée Hugh a invité la chanteuse/pianiste/percussionniste Natascha Rogers. Un choix plutôt judicieux tant l’aspect « trippant » des compositions de la chanteuse s’accorde parfaitement au « voodoo » New Orleans qui préoccupe le Britannique, installé en France depuis de longues années, depuis quelque temps. L’instrumentation est classieuse et soignée, contrebasse, batterie et la fabuleuse guitare du génial Mathis Pascaud (la paire a déjà consacré un album au corpus de Dr John), Hugh prenant en charge la deuxième guitare et l’harmonica. Car Hugh Coltman a jusqu’ici eu un parcours sinueux, atypique et foncièrement passionnant qui l’a vu évoluer du rock au jazz en passant par le folk ou la pop. Dernièrement c’est le blues qui le préoccupe. Finalement Hugh Coltman ne rentre dans aucune case mais en remplit plusieurs à lui tout seul. Le concert du soir ressemble finalement un peu à tout ça et donnera lieu a de nombreux moments d’anthologie, l’alchimie entre Hugh et Natascha semblant naturelle. Peu à peu, c’est une véritable transe qui s’empare des protagonistes sur scène au point que le chanteur en perdra ses lunettes, envolée dans la ferveur du moment. Sublime soirée.

Hugh Coltman sera de retour à l’Archipel le 11 juin accompagné cette fois de Thomas de Pourquery

lundi 2 mars 2009

Hugh Coltman : « Stories from the safe house »

« Je n’ai plus 16 ans, chaque jour mon innocence se meurt peu à peu » c’est avec cette complainte traînante que commence « Stories from the safe house » le, très contemplatif, premier album d’Hugh Coltman. Après avoir fait ses premières armes, sans grand succès, au sein de groupes de blues dans sa Grande-Bretagne natale, Coltman s’est exilé en France, il parle paraît-il très bien le français, où il a chanté dans les cafés parisiens. Et c’est ainsi qu’est née cette collection de chansons. Si l’ensemble est plutôt acoustique à la guitare ou au ukulélé, l’album varie les ambiances et les plaisirs allant de surprises en surprises. Bossa nova, tango, reggae, blues, Coltman s’amuse entre différents styles qu’il adapte à sa façon sans pour autant commettre un disque patchwork décousu. Du lot, ressort surtout « Could you be trusted » qui renoue avec une certaine idée du rock seventies ; c’est la petite bombe du disque et de loin le morceau le plus électrique. En songwriter prolifique et inspiré, Cotlman nous propose un album qui s’écoute facilement, une petite ballade dans son univers personnel fait d’arpèges de guitare délicats. Et le plaisir de couler de source tout au long de ces douze plages, réconfortantes à la fin d’une harassante journée.

www.hugh-coltman.com

dimanche 8 avril 2018

Hugh Coltman : « Who's Happy ? »



Depuis qu'il a accepté, un soir de 2012, de remplacer la chanteuse Krystle Warren (par ailleurs présente sur ce disque) aux côtés de l'excellent pianiste Eric Legnini, la carrière de Hugh Coltman a pris une tournure aussi inattendue qu'une improvisation jazz. Jusqu'ici le Britannique de Montreuil s'était fait connaître dans un registre pop folk assez éloigné du jazz. Puis il y a eu le disque de reprises de Nat King Cole, un franc succès et une Victoire du Jazz en 2017 à la clé (Voix de l'année). Et voilà Hugh lancé sur le chemin du swing. La suite de l'histoire s'est écrite à la Nouvelle-Orléans où Hugh a posé ses valises le temps d'enregistrer ce nouvel album en compagnie de quelques fidèles, le guitariste Freddy Koella (un français exilé depuis des années), le batteur Raphaël Chassin et quelques pointures locales. L'amalgame entre la culture européenne et louisianaise fonctionne à plein régime. Hugh s'est totalement fondu dans le paysage et a créé l'écrin parfait pour mettre sa voix en valeur, tantôt crooner de charme au timbre séducteur et mélodique (« Sugar Coated Pill », « Ladybird ») ; tantôt félin sur un registre plus rageur (la magnifique « It's Your Voodoo Working »). Car c'est une idée de génie qui se cache derrière ce disque adapter le son de la Nouvelle-Orléans, cet étrange état entre groove joyeux et profondeur des sentiment, à sa personnalité et à son vécu («All Slips Away » sur la maladie de son père, « Little Big Man » pour son fils). Hugh atteint ici une note très émouvante, tant les musiciens neo-orléanais savent transformer les peines en swing positif (cf. « Resignation Letter », superbe). Who's Happy ? nous demande Hugh Coltman. L'auditeur évidemment à l'écoute de cet album entre chien et loup. Excellent. 

En concert le 12/04 à Paris (Bataclan)

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samedi 11 février 2023

Matthis Pascaud & Hugh Coltman, Les Nuits de l’Alligator, La Maroquinerie, 9 février 2023.

Cela fait un petit moment que ces deux là tournent autour du répertoire de Dr John. A droite, Hugh Coltman, naguère chanteur folk, et son album « Who’s Happy » (2018) enregistré à la Nouvelle-Orléans. A gauche, Matthis Pascaud, (Moonlight Benjamin, Marion Rampal) fin guitariste, dont la collaboration avec la chanteuse haïtienne Moonlight Benjamin entretient un évident lien de créolité avec la cité du croissant. De leur collaboration est né un album hommage à ce bon vieux docteur sorti l’été dernier. Un album de reprises pour le moins surprenantes mais qui a le mérite de proposer une approche personnelle du corpus de Mac Rebennack. On pourrait en dire tout autant de l’euphorisante déclinaison scénique du projet, aussi moite que le bayou, qui a électrisé La Maroquinerie et le festival des Nuits de l’Alligator ! Point de piano donc mais un set enluminé par le charisme du chanteur Hugh Coltman, qui a ressorti sa guitare folk le temps de quelques morceaux, et le jeu de guitare fin au feeling lumineux de Matthis Pascaud, aussi à l’aise au médiator qu’au doigt. Un set allant de la transe percussive (la section rythmique traditionnelle basse et batterie est renforcée de percussions) à la divagation contemplative quasi psychédélique. Un large spectre d’émotions qui a ravi le public, tonnerre d’applaudissements mérités à l’appui.





dimanche 31 mars 2013

Eric Legnini : « Sing twice ! »




Le prolifique et talentueux pianiste belge est de retour avec un nouvel album, « Sing Twice ! », le troisième en autant d’années. Après son dernier effort instrumental, ce disque marque le retour d’Eric Legnini vers un jazz vocal grâce aux collaborations avec le chanteur Hugh Coltman (sur trois titres) et les chanteuses Namani Keita (deux titres) et Emi Meyer (un titre). Chaque voix marque ce disque de son empreinte, qui s’il reste foncièrement jazz prend parfois des atours pop. Dans cette optique, les trois titres chantés par Hugh Coltman sont clairement pop et Hugh, dans un registre nouveau pour lui, joue l’atout charme du crooner. Namani Keita incarnerait plutôt l’Afrique et le retour aux sources, dans la lignée du travail entamé par le pianiste sur l’album « The vox ». Enfin, « Winter Heron », titre né de la collaboration avec l’Americano-Japonaise Emi Meyer, abat une carte folk et acoustique. Si la formule en trio (piano, contrebasse, batterie) reste le cœur de la musique d’Eric Legnini, ce dernier ne s’interdit pas quelques écarts, histoire de varier un peu les plaisirs. L’utilisation de cuivres, de claviers vintage (fender rhodes) et d’une guitare électrique apporte une note plus funky, plus marquée par les années 1970, rappelant Stevie Wonder. Enfin, la session est complétée par quatre compositions instrumentales, notamment la très belle « Cinecittà », double hommage d’Eric à l’Italie originelle mais aussi à l’art cinématographique. Une réussite supplémentaire dans la carrière de cet artiste talentueux et attachant.  

dimanche 23 juin 2024

Tribute to Calvin Russell

 


Comme tant d’autres, c’est en Europe, plus particulièrement en France, que le regretté Calvin Russell a trouvé un refuge pour sa musique, un fameux quatre-quarts terrien respectant à la lettre les quantités : un quart de blues, un quart de country, un quart de folk et un dernier quart de rock’n’roll. Auteur d’une grosse dizaine d’album qui ont su conquérir le cœur des fans d’americana d’ici, Calvin Russell s’est éteint des suites d’une longue maladie en 2011. Avant cela, le Texan avait eu le temps de sortir un dernier album « Dawg eat dawg » (2009) sur le label XIII Bis (également disparu corps et biens depuis), la maladie de Calvin révélée peu après la sortie du disque aura empêché ce dernier de le défendre sur scène, en compagnie de Manu Lanvin. C’est ce même Manu Lanvin que l’on retrouve aujourd’hui à la manœuvre sur ce disque hommage. Il s’en explique dans le dossier de presse, tous deux dans le creux de la vague en 2009 cet album leur avait permis de se relancer, une solide amitié à la clé. Un Manu omniprésent comme artiste solo (« Wild wild west »), comme accompagnateur (« Ain’t leaving your love » avec Haylen ; « 5m2 » en compagnie de son père Gérard comme sur l’originale extraite de « Dawg eat dawg ») ou comme guitariste sur la quasi-totalité des titres. De très haute tenue musicale, réservant de nombreux moments très émouvants, l’album dispose d’un casting hétéroclite, impossible de les citer tous, des nouveaux venus s’acquittant parfaitement de la tâche (Théo Charaf qui retrouve beaucoup de son parcours personnel dans « Nothin’ can save me »), d’autres exilés venus d’Angleterre (Hugh Coltman) ou des Etats-Unis (Neal Black ou Beverly Jo Scott par deux fois). Un absent de marque toutefois, Paul Personne qui a souvent croisé ses six cordes avec celles de Calvin (les chanceux qui en ont été témoins sur scène s’en souviennent!). Mais le plus émouvant reste de retrouver la voix granuleuse de Calvin, planquée entre les titres, sur des extraits d’interviews ponctuant l’album. De quoi faire de ce disque un objet que l’on va chérir longtemps.

Concerts hommage le 30 juin (Bronx festival 69), 5 juillet (Cognac Blues Passion) et 19 juillet (Le Havre (Nuits Suspendues).






mercredi 4 décembre 2019

Matthis Pascaud, Studio de l'Ermitage, 02/12/2019.


Guitariste émérite, Matthis Pascaud nous a gratifié d'une sublime performance aux confins des genres sur la scène intime du Studio de l'Ermitage. Entouré de son groupe (un saxophone usé d'allure steampunk, batterie et basse), le guitariste nous a livré un concert sur le fil, très doué pour s'approprier à la perfection les codes traditionnels du jazz et du blues (notamment lorsqu'il fût rejoint par le chanteur Hugh Coltman), notamment ceux de la Nouvelle-Orléans qui guident son projet actuel, mais qui n'a pas son pareil pour s'en éloigner également, entraînant la musique vers des rivages progressifs et expérimentaux. Sa guitare se fait alors joueuse détournant le son pour s'éloigner au point de trouver des sonorités originales hors des sentiers battus. Mais comme le prouve la fin du set Matthis sait aussi se jouer du gros son saturé flirtant avec le rock garage. Un talent protéiforme, également au lap-steel (sauf quand ce dernier tombe en panne, c'est ça le blues), donc qu'il convient de suivre avec attention. 

http://matthislouis.wixsite.com/matthispascaud
https://www.facebook.com/MatthisSquareOne/
https://twitter.com/matthispascaud

lundi 27 mars 2023

Moonlight Benjamin : « Wayo »

 


Toujours accompagnée du guitariste Matthis Pascaud, Moonlight Benjamin, une authentique prêtresse vaudou née à Haïti, est de retour avec un troisième album, « Wayo », une expression signifiant « cri de douleur » en créole haïtien. Une fois encore, l’association entre le chant puissant et expressif et les guitares abrasives, saturées, puisant à la source du rock’n’roll et du blues crée des merveilles ! Un magma hypnotique et enivrant porté par la transe rythmique des batteries et autres percussions (assurées par Raphaël Chassin) scellant la rencontre rêvée des Black Keys et de Dr John. C’est peu dire que l’album crée des étincelles ! Après des projets orientés jazz auprès de la chanteuse Marion Rampal ou à la tête de sa propre formation Clap Clap, et un hommage remarquable à Dr John en compagnie d’Hugh Coltman, le guitariste Matthis Pascaud fait montre une fois de plus de la largeur de sa palette et de son touché tout en feeling qui ne disparaît jamais en dépit de l’avalanche de décibels (cf. « Limiyè »). Et il fallait bien ça pour accompagner Moonlight Benjamin, chanteuse au coffre impressionnant qui déclame et scande avec aplomb. Finalement, preuve que la musique est universelle, c’est vers le blues africain que l’on trouverait une filiation probable, pour une question de répétition hypnotique. Pour en avoir été témoin, on sait que la chose fait des ravages équivalents à une tempête tropicale sur scène. On attend la tournée avec impatience !

https://moonlightbenjamin.com/

https://www.facebook.com/moonlightbenjamin




lundi 30 janvier 2023

Les Nuits de l'Alligator #17

 


Nous sommes particulièrement heureux du retour de l'un de nos festivals préférés à la programmation pointue du rock garage à la soul en passant par le blues et la country. A ne pas manquer cette année, la renaissance inattendue de The Staples Jr Singers, l'hommage à Dr John par Matthis Pascaud et Hugh Coltman, la diva turque Gaye Su Akyol, ainsi que nos talents locaux, Cory Seznec, Des Lions pour des Lions et Vicious Steel... Que de belles soirées en perspective !

https://www.nuitsdelalligator.com/

Billetterie


lundi 26 décembre 2016

Jazz loves Disney




Quiconque à un jour vu « Fantasia » (1940) connaît les liens étroits entre la musique et l’œuvre de Walt Disney. La présente compilation voit le producteur Jay Newland réunir une kyrielle de superstars du jazz vocal (China Moses, Hugh Coltman, Stacey Kent, Anne Sila etc...) se réapproprier le répertoire issu des bandes originales des films Disney. Le résultat est assez harmonieux quoiqu'un peu sage. Ce qui n'empêche pas les excellentes surprises. Gregory Porter se révèle une fois de plus un vocaliste d'exception sur la reprise de « When you wish upon a star » (Pinocchio), Jamie Cullum réinvente le thème des « Aristochats » (« Everybody wants to be a cat ») avec un petit grain de folie rythmique bienvenu qui fait trop souvent défaut sur cet album. Enfin seule (« He's a tramp » - La belle et le clochard) ou accompagnée par la classe latine de Rafael Gualazzi (« The Bare Necessities » - Le livre de la jungle) Melody Gardot révèle une sensualité vocale digne d'une femme fatale. La seule à pouvoir rivaliser dans le registre est, peut-être, China Moses (« Why don't you do right » - Qui veut la peau de Roger Rabbit). Pour finir, signalons la reprise, en français s'il vous plaît, de « Un jour mon prince viendra » par Nikki Yanofsky. Classique, l'écoute de l'album se révèle néanmoins agréable en dépit d'un manque d'éclat. La bande son idéale pour les fêtes de fin d'année.

vendredi 29 avril 2016

Autour de Chet




Épitomé du cool, symbole à lui seul du jazz west-coast, belle gueule d'amour, ChetBaker incarne une certaine idée du glamour sous les palmiers, et, par extension, la Californie. Et pourtant, le personnage porte en lui une part d'ombre, magnifiée par le réalisateur Bruce Weber dans son magnifique « Let's get lost », jusqu'à sa fin tragique, après une chute à travers une fenêtre dont on ne saura jamais si elle fut volontaire ou non… Trente ans après sa disparition, Baker charrie toujours autant de fantasmes autour de sa personne et sa musique n'a aucunement perdu de son pouvoir de séduction. Musicien réputé, trompettiste mais également chanteur, ce nouveau disque rend hommage à sa musique en associant vocalistes issus de la nouvelle scène pop (Rosemary Standley, Hugh Coltman), soul (le magnifique duo Ibeyi, Sandra Nkaké) ou jazz/blues (Charles Pasi, José James) et trompettistes réputés. Le tout autour de quelques musiciens fines gâchettes du jazz (le pianiste Bojan Z, Cyril Atef...), qui étaient déjà au générique d' « Autour de Nina » sorti en 2015. Plutôt de haute tenue, cette nouvelle compilation rend hommage avec talent à la musique de Chet. Certains titres, bien que de facture assez classique, laissent entrapercevoir une émotion à fleur de peau (cf. « The Thrill is gone » par Camelia Jordana et Erik Truffaz, « But not for me » par Elodie Frégé et Alex Tassel), la palme revenant à la relecture de « Let's get lost » par Rosemary Standley et Stéphane Belmondo (qui a bien connu Chet à ses débuts). Mais le disque fascine également par son aspect frondeur, ces reprises prenant des chemins détournés, trahissant la forme pour mieux en respecter le fond. C'est le cas de la reprise blues, tout en charme, de « It could happen to you » (sans trompette) par Charles Pasi ou du duo soul latin Ibeyi qui réinvente et se réapproprie totalement « Moon & Sand » accompagné par l'inattendu Benjamin Biolay à la trompette. Voici une excellente occasion de (re)découvrir le répertoire de Chet Baker sous un angle nouveau, comme une manière d'en perpétuer l'esprit et l'héritage...

jeudi 17 février 2011

Eric Legnini & The Afro Jazz Beat : « The Vox »


Pilier des jazz clubs parisiens, le pianiste d’origine belge Eric Legnini est un acteur important de la scène musicale que cela soit au travers de ses propres albums ou de ses diverses collaborations comme simple sideman, arrangeur, compositeur ou producteur. Diverses casquettes qu’il enfile toutes à la fois pour ce nouvel effort en compagnie de son groupe The Afro Jazz Beat intitulé « The Vox ». La voix en question c’est celle de la new yorkaise, vue près de Hugh Coltman, Krystle Warren au profil plutôt orienté folk, qui ici évolue dans un registre entre la jazz et soul woman. Son timbre, à la fois cassé et éraillé, est magnifique et ne cesse de faire des merveilles sur une bonne moitié de l’album. Car contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, l’album alterne morceaux instrumentaux (5) et chansons (6), offrant au passage à Krystle une escapade en solo le temps de « Canyon Lady ». Musicalement l’album se situe dans la lignée des enregistrements du début des années 70. Roots. S’appuyant sur une rythmique à toute épreuve (Frank Agulhon à la batterie et Thomas Bramerie à la contrebasse) et pleine de sensualité swing, Eric Legnini a toute lattitude pour développer de longs solis, au piano, au fender rhodes ou à l’orgue hammond B3, dans un esprit free. Deux guitares, des percussions et une section de cuivres, très efficace sur le funky « Black President », complètent ce paysage volontairement rétro, auquel la pochette fait également référence. Limitant le nombre des intervenants, Legnini et sa bande installent tout au long de ce superbe album un sentiment d’intimité. De la belle ouvrage à l’ancienne, soigné, classieux et au charme finalement intemporel.

www.myspace.com/ericlegnini

SORTIE LE 28 FEVRIER 2011.