lundi 23 novembre 2020

Dynah

 


Elle le chante, le clame haut et fort dès le premier titre : « C'est moi qui choisis » ! Une affirmation forte de la part de la musicienne, Melody Linhart de son vrai nom, qui après des débuts entre folk, soul et jazz s'exprime aujourd'hui sur un terrain pop/électro. Un changement d'orientation certain mais qui pour autant n'a pas gommé les qualités d'écriture d'écriture et la plume sensible de l'auteur, qui se dévoile peu à peu au fil des titres dans un registre émotif. Les syncopes funky qui secouent l'EP lui confèrent un cachet dansant et accrocheur, la touche de séduction finale pour emporter l'adhésion à cette courte livrée inaugurale.

https://www.dynah.fr/

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mercredi 18 novembre 2020

Burkingyouth : « Water »

 


Après le feu, l'eau ! Loin de prendre l'eau de toutes parts et de couler, au contraire, Burkingyouth flotte avec grâce sur l'océan de son inspiration. Ainsi, ce nouvel EP se veut inspiré par l'élément maritime et en propose la bande son idoine, contemplative à souhait, et au croisement de la pop et des constructions alambiquées du math rock (« In the water »). L'expérimentation reste toutefois assez douce et il se dégage une évidence de ces compositions parfois traversées d'un souffle tantôt épique (« Lighthouse ») ou délicatement envoûtant (« Down to the Ocean »). Un grand bol d'embruns musicaux, qui s'en plaindrait en période confinée ? D'autant que la chose est servie avec une magnifique pochette, propre à faire travailler l'imaginaire. A vous de rêver le voyage qui accompagnera l'écoute…

http://www.burkingyouth.com/

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mardi 17 novembre 2020

Shaken Soda

 


Question : que se passe-t-il lorsque l'on secoue une bouteille de soda ? Ça pétille, ça fait des bulles, de la mousse et, surtout, la manœuvre se révèle assez périlleuse et le risque est grand de voir la bouteille, et son liquide, vous exploser à la figure. Et bien, Shaken Soda, le groupe, c'est la même chose ! Un bouillonnement créatif assez unique en son genre où les guitares rock survoltées surplombent un disco beat véloce (« Complex Identity », on aurait pas dit mieux!) et des arrangements pop baroques (« My Barbarella ») et primesautiers ("Keep on Running"). En résumé un petit EP joyeux et énergique qui met de bonne humeur, on en a besoin en ce moment !

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lundi 16 novembre 2020

Cancre : « Face au vent »

 




Sur la pochette de ce premier EP du trio, Robin Millasseau met le doigt sur la bouche, en signe de silence. Un signe a prendre comme tel tant il est évident que ce nouveau projet des ex-Wicked a des choses à dire. Tout est parti de la découverte d'un recueil de poèmes signés, pendant la première guerre mondiale, de la plume de Marcel Millasseau, arrière grand-oncle des deux frères Robin et Mathias Millasseau, tout deux membres du groupe. Projetée dans une émouvante machine à remonter dans le temps, la fratrie décide aussitôt d'adapter les textes en musique, l'EP que l'on tient entre nos mains aujourd'hui. Au-delà de la qualité littéraire unique et sans commune mesure, le sujet, grave, imprime une ambiance cérémonieuse à l'ensemble, les compositions sont traversées d'un souffle grandiose et épique, contrecarré par des guitares puissantes et une batterie au cordeau (cf. l'instrumental « Rodez »). Sur ce plan là, les anciens Wicked n'ont pas changé. On ne se refait jamais tout à fait. 

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dimanche 15 novembre 2020

Yasmine Kyd : « Night Sailin' »

 


Chanteuse plus que précieuse, Yasmine Kyd s'affirme de plus en plus avec ce cinquième effort qu'elle a écrit et produit elle-même en quasi-totalité. Soul et jazz constituent les deux principales influences de la chanteuse qu'elle fait cohabiter ici dans un écrin organique de grande musicalité, le disque a été enregistré dans les conditions du live, faisant la part belle au dialogue entre musiciens. Ainsi, l'album regorge de ces moments précieux où les instruments se répondent (cf. le clavier Rhodes et la guitare sur le titre d'ouverture « On a mission ») tout en suivant la pulsation du swing délicat de la batterie, créant un tapis soyeux où la chanteuse pose son timbre onctueux et élégant, débordant d'un charme vénéneux unique. Intemporel et classique immédiat, le disque évoque une croisière nocturne (cf. le titre), le ciel étoilé et une mer d'huile apaisante. Pas le moindre des mérites de cet album particulièrement appréciable en période confinée. A noter pour finir une belle reprise du « Je suis venu te dire que je m'en vais » de Serge Gainsbourg, une occasion rare d'écouter la chanteuse s'exprimer en français.

http://www.yasminekyd.com/

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https://yasminekyd.bandcamp.com/





samedi 14 novembre 2020

Johnny Gallagher and The Boxty Band : « A 2020 Vision »

 


C'était à l'Olympia. Avril 2013. Afin de pallier la disparition soudaine d'Alvin Lee, l'ex-Ten Years After, une flopée de guitaristes avaient été invités pour entourer le regretté Johnny Winter. Inconnu parmi d'autres, un « Ogre irlandais », corpulent et à la pilosité totalement déraisonnable, s'échine sur scène. Gallagher, prénom Johnny. Si le patronyme est célèbre dans le petit landerneau du blues et du rock, lui est totalement inconnu au bataillon. Et pour cause : depuis ses débuts en 1997 et sa petite demi-dizaine d'albums, Johnny est resté totalement indépendant. Aucun de ses cinq disques n'a bénéficié d'une distribution ou d'une couverture à la hauteur de son talent. Retour à l'Olympia. Perdu au milieu de la fosse, dans le public, on reste scotché par le musicien et son univers. Sa voix rocailleuse aux effluves de whisky et ses guitares abrasives. Du blues forcément mais pas uniquement. Aussi à l'aise avec ou sans l'amplification, Johnny est à l'exact croisement de la country, du folk mais aussi du (hard) rock des années 1960 et 1970. Un déchaînement électrique mais qui n'est pas dénué de mélodies ou d'harmonies. Entouré de son Boxty Band, où se distinguent ses deux frères jumeaux James et Pauric Gallagher ainsi que le batteur Sean O'Reilly, Johnny accède enfin à un début de reconnaissance avec la sortie de cette compilation, 13 titres issus de ces dix dernières années. Et, on l'espère, un prélude à de belles choses à venir.

https://johnnygallagher.com/

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jeudi 12 novembre 2020

The Twin Souls : « II »

 


Dans la fratrie Marcos, la gémellité n'est pas un vain mot. Jumeaux, Martin et Guilhem le sont assurément ; connectés ça ne fait aucun doute à l'écoute de leur deuxième EP qui les voit régulièrement s'échanger les instruments sans que l'ensemble ne souffre d'un quelconque manque de cohérence. Car, en effet, il se dégage quelque chose d'évident à l'écoute du duo : du gros son, sale et saturé à point, transcendé par la puissance de la batterie et des riffs bien sentis, où transpirent les influences du rock seventies, et, par extension, du blues, voire de la soul, chargées d'adrénaline. En gros, un disque de facture classique, que l'on ne se lasse pas d'écouter, mais dans un habillage moderne comme en témoigne les arrangements suffisamment audacieux pour apporter un souffle original sans en trahir la nature intrinsèquement rock'n'roll (cf. « From the left to the right »). Un parcours sans faute pour le moment dont on attend la confirmation sur un format long. 

Sortie le 27 novembre.

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mercredi 11 novembre 2020

The Jacques : « The Four Five Three »

 


Nonobstant son patronyme à forte consonance française, The Jacques est bel et bien un quartet britannique dont le premier album, au titre à rebours, sort ces jours-ci. Si jeunes et déjà frappés par la tragédie depuis le décès de leur bassiste Will J. Hicks en mars 2019, avant même la sortie de leur premier effort, les membres du groupe accouchent d'un disque particulièrement mature où plane l'ombre du musicien disparu. Ainsi la teinte sombre et dense qui habille les compositions n'est pas ici une posture ou une pose nostalgique de la cold wave mais l'expression d'une nostalgie profonde que l'on ressent dans le chant lancinant, traînant et de gorge du chanteur Finn O'Brien (« Born Sore »), dans les éclairs fulgurants de la guitare ou les nappes mortifères des claviers qui enrobent ces chansons aux échos cold (« Swift Martin ») ou psychédéliques (« Kiss the Pharaoh »). Une réussite en forme d’ascenseur émotionnel (la primesautière « Do me for a fool »).







mardi 10 novembre 2020

AURUS

 


Originaire de la Réunion, Aurus (aka Bastien Picot) se fait fort avec ce premier EP de marier les contraires, de se faire rejoindre les opposés. Pop et orchestrale, arrangée avec grand soin et beaucoup de cuivres (mellophone, trombone, trompette) la musique d'Aurus ne manque ni d'ambition ni d'ampleur, et s'impose telle une chape de plomb surplombant l'auditeur dans une ambiance pesante et cérémonieuse (« The Abettors »). Une portée sombre transpercée par les percussions, (cf. « Scalp ») rappelant le maloya, ce dérivé de la soul typique de sa chère île natale. Un angle percussif qui apporte une chaleur et une lumière aussi douce que le soleil de La Réunion. Ailleurs, la musique se drape d'atours très émouvants (« Mean World Syndrome »). Enfin la présence sur un titre (« The Abettors ») de la merveilleuse chanteuse Sandra Nkaké renforce ce lien consanguin et naturel entre soul et maloya. Seul petit regret, mais qui sera peut-être corrigé sur un futur album, on aura aimé quelques vers en créole pour densifier encore un peu plus le contraste et prolonger le voyage que représente l'écoute d'un tel disque. Pour le reste, « mi aim a ou » comme on dit chez lui.

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https://aurusmusic.com/





lundi 9 novembre 2020

Julien Appalache : « C'est comme ça »



Premier EP pour ce jeune impétrant qui, contrairement à ce que laisse imaginer la pochette, n'est pas que batteur, mais multi-instrumentiste. Ayant fait le choix de chanter dans la langue de Molière, Julien se retrouve de fait à mi-chemin de la chanson et de la pop ; dans un genre assez indéfinissable piochant aussi bien dans les musiques latines (« Le Sommeil » notre préférée) et le jazz oriental à la limite de l'abstraction expérimentale (« RDV à Téhéran », en duo avec Alec Spiegelman). Un univers coloré et débordant de charme, d'ondes positives qui font du bien ("Suis ton cœur") ; bricolé avec ingéniosité et beaucoup de passion. 

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vendredi 6 novembre 2020

Dalhia : « Hide my face »



La chanteuse Rachel Geffroy a, nous apprends le dossier de presse, débuté dans le rock psychédélique. Influence dont il ne reste plus grand-chose dans ce nouvel EP aux sonorités froides et électroniques, entre électro et cold wave. Presque rien, sauf un petit reste psyché, dans l'hypnotisme qui se dégage de ces compositions aux contours noirs et glacés, et dans les arrangements vaguement orientaux du premier titre « Your bitch is my target ». Un peu de hip hop aussi dans la façon de déclamer les textes, le meilleur moyen pour la chanteuse de marteler son message féministe aux atours horrifiques (cf. « Hide my face » sur le thème de la violence conjugale). 

https://www.facebook.com/Dalhia999






jeudi 5 novembre 2020

Simone : « 01/02 »

 


Et dans tout ce bordel, il y aura au moins une belle histoire : celle du duo Simone ! C'est au mois de mars 2020 que le duo espagnol s'est rendu en France pour enregistrer quelques titres avant de se retrouver coincé, confinement oblige, en studio pour au final accoucher d'une dizaine de pistes. Ce premier EP nous en présente les quatre premières, en une forme de prélude avant la suite. Nous sommes immédiatement enveloppés par la bulle cotonneuse downtempo que nous propose le groupe, entre chant féminin éthéré et électro évanescente, hypnotique et délicate. Le créneau aux confins de la dream pop électronique et du trip hop restait à occuper, c'est désormais chose faîte avec cet EP charmant et propice à la rêverie.

http://www.simoneworld.com/site

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mercredi 4 novembre 2020

Amazone : « Épisodes »


Tout commence par un battement, évoquant un cœur, suivant une pulsation vaguement jazzy. Très vite, Amazone (au féminin c'est important par les temps qui courent) désarçonne et intrigue sur la petite scène de la pop psychédélique. Déjà parce qu'ils chantent dans la langue de Molière, des voix aériennes et éthérées, ou les genres, masculin, féminin, se fondent dans un grand tout universel. Ensuite, parce que, si le fantôme des années 1970 rôde par là, au détour d'un son de basse rond par exemple, l'age d'or du passé ne semble pas être une obsession ou une priorité pour le quartet. Bien au contraire, les nappes synthétiques et autres guitares cristallines nous orientent vers un ailleurs inconnu entre électronica, post-rock voire un soupçon de shoegaze, urgent et calme à la fois. Un art de marier les contraires qui fait tout le sel de cet EP. 

https://www.facebook.com/amazoneamplifiee
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mardi 3 novembre 2020

Martha Fields : "Bad Boy"

Sortie forte opportune, en ce jour d'élection, de cette nouvelle chanson de Martha Fields, où il est question d'un "mauvais garçon" et de ses "jouets de riche", qui "ne porte pas de masque et se prétend un bon homme d'affaires". Mais de qui s'agît-il ? Suivez-mon regard... Le tout dans un geste musical classe et élégant, entre country et swing, joué par des musiciens français puisque la chanteuse est installée dans l'Hexagone. En espérant que, comme le prophétise Martha, un de ces jours on sabre le champagne.

https://texasmartha.com/home

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dimanche 1 novembre 2020

The Hollywood Stars : « Live on The Sunset Strip – july 18, 2019 »



Chroniquer un album live en 2020, alors que cette même année nous pousse dans des retranchements que l'on n'aurait jamais osé imaginer, n'est forcément pas anodin. Encore moins quand notre chronique a pour objet The Hollywood Stars, formation plus qu'estimable de la scène glam rock des années 1970, tombée dans l'oubli et récemment redécouverte et que l'événement a pour cadre le Whisky A Go Go, lieu mythique s'il en est, et lieu de résidence régulier du groupe entre 1973 et 1977. Et finalement, pris d'un sentiment de nostalgie prégnant, 2019 nous paraît soudainement aussi lointaine que les années 1970 tant il s'est passé de choses depuis le début de l'année… Ainsi l'écoute de l'album revêt une importance particulière, tant les souvenirs et la mélancolie affluent. Un groupe, une scène, du public, des watts et des décibels, autant de reliques du temps jadis. Rien qu'un bon disque de rock, groove imparable et guitares chargées en électricité, c'est commun et énorme à la fois, vu le contexte actuel. On notera toutefois qu'à l'exception du guitariste Chezz Monroe tous les musiciens étaient déjà parties prenantes dans les seventies et que les deux premiers titres « King of the night time world » et « Escape » ne sont pas, comme on l'aurait cru, des reprises de Kiss ou Alice Cooper, puisque les Hollywood Stars ont bien été les premiers à les enregistrer. Une pépite méconnue que nostalgies de tout bords, de glam rock ou, plus généralement des années 1970, seraient bien avisés de redécouvrir. 

https://www.thehollywoodstarsband.com/
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samedi 31 octobre 2020

Fred Chapellier : « 25 years on the road – Best Of »



Fine gâchette à six cordes du blues d'ici, Fred Chapellier avait surpris son monde en annonçant l'abandon de sa carrière sous son nom pour se consacrer à un rôle de guitariste accompagnateur, qu'il a très bien tenu par ailleurs en parallèle. Ainsi, ce copieux best of en deux temps, un cd studio de 18 titres et un autre live de 16 pistes, intervient à un moment charnière alors que Fred s'éloigne du micro. A l'exception de ses premiers essais francophones en début de carrière, cette copieuse collection, agrémentée de deux inédits « Beyond the moon – part II » pour la partie studio et « I'm a ram » pour la partie live, présente un panorama exhaustif de son parcours jusqu'ici. On y retrouve également quelques titres où le chant est tenu par Billy Price ou Dale Blade, mettant en valeur son touché de guitare, soulful, fin et délicat, mettant sa virtuosité discrète et sans effets superfétatoires, au service de la chanson avant toute chose. Tout ce qui a fait le sel de sa musique est ici présenté, cet équilibre délicat entre blues et soul parfois teinté de climat jazzy où sa voix, quoi qu'il en pense, a fait des merveilles dans un registre nuancé et émotif. Un double album sonnant comme un au-revoir à sa carrière de chanteur (mais pas de musicien) qui nous confirme que, décidément, le confinement passe beaucoup plus vite avec des types comme lui. 

https://www.fredchapellier.fr/
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vendredi 30 octobre 2020

Berling Berlin : « 2 »




Déjà de retour après un premier EP sorti en début d'année, Berling Berlin affine son approche musicale sur ces quatre nouveaux titres. Marqué par la cold wave des années 1980 mais aussi sa descendance plus récente (Interpol, Editors) le groupe enveloppe l'auditeur dans une bulle cotonneuse, marquée par les nombreux effets sur la guitare procurant une étrange sensation. Dans ce contexte, le chant en espagnol apporte une touche originale et colorée à l'avenant de la basse sautillante (« 47 ») ou du festif et dansant « Haçienda », évocation nostalgique de l'époque madchester. 

https://www.facebook.com/BerlingBerlinBand
https://berling-berlin.fr/



mardi 27 octobre 2020

Lux Bas-Fonds : « Amnésie Internationale »




Time to rock'n'roll ! On a souvent, sur cette page, discouru sur l'importance du roll dans le rock. Ce nouvel EP du groupe formé en 2012 vient apporter, en cinq titres et autant d'arguments, de l'eau à notre moulin. En un sens, Lux Bas-Fonds incarne l'épitomé du style : nerveux, tendu et sans fioritures inutiles. La formation pratique un son à la fois sec et sauvage, non dénoué de groove, composante essentielle s'il en est, et incarné par la voix gutturale d'un chanteur à qui on ne la fait plus, dans un râle rauque émouvant (« Coté Cuir »). Tournant en spirale hypnotique et malsaine (« Celui du jour »), dopé par de sérieux coups de trique de la fée électricité (« Amnésie Internationale ») Lux Bas-Fonds renoue, dans ses textes, avec un certain idéal libertaire révolté. Et ça fait du bien ! 
Sortie le 16/11

https://fr-fr.facebook.com/geraudbastarluxbasfonds/
https://luxbasfonds.bandcamp.com/




lundi 26 octobre 2020

Bonbon Noir




On s'était émus, l'été dernier alors que l'on découvrait la musique de Bonbon Noir, de l'absence de support physique concrétisait un projet pluri disciplinaire (EP vinyle, livre et sérigraphies) aussi ambitieux. Bonne nouvelle, le financement participatif ayant abouti, Bonbon Noir est enfin disponible en version physique et il y a la matière à ce réjouir, tant le résultat est enthousiasmant. De quoi nous mettre un peu de baume au cœur en cette période plus que morose qui se prolonge et empire un peu plus chaque semaine… 

Le pack Bonbon Noir comprend donc un magnifique vinyle doré (voir la chronique de la musique par ici), une série de sept illustrations superbes et un ouvrage du même nom écrit par L. Erwan Kern, également chanteur et parolier du groupe. Le disque constitue la bande son de l'histoire, entre conte et roman, nous contant le destin tourmenté d'Anita Black, du Paris de la fin du 19ème siècle à l'Irlande des années 1960 en passant par les maisons closes New-yorkaises. A partir de chapitres relativement courts l'auteur brosse toute une galerie de personnages attachants ou répugnants, c'est selon, de situations dramatiques en une série de descriptions très cinématographiques, transportant le lecteur, où se mêlent sexe, musique, arts, littérature et folles soirées décadentes. Mais, en fait, quel est donc ce fameux Bonbon Noir donnant son titre à toute cette affaire ? Vous le saurez en dévorant les 247 pages de l'ouvrage… 

https://www.bonbon-noir.com/
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jeudi 22 octobre 2020

SKÁLD : « Viking Memories »



Justine Galmiche (chant) et Pierrick Valence (chant, instrument) composent ce projet, pour le moins atypique, visant à rendre hommage à la culture viking du grand nord, et ce, en dépit des patronymes des deux impétrants, plus français que franchement nordiques... Mais qu'importe le flacon du moment que l'on a l'ivresse ! Chanté en vieux-norrois, une langue du grand nord tombée en désuétude (on se gardera bien au passage de tenter de reproduire les titres des chansons) la proposition artistique provoque une sidération immédiate et une sensation d'ailleurs fort prégnante. Le dossier de presse nous apprend qu'il s'agit là de neofolk. Et il y a évidemment de cela dans toute la gamme hétéroclite d'instruments à cordes (nyckelharpa, skáldharpa) et à vents utilisés ici. Au-delà du folklore ancien, SKÁLD se joue des contrastes entre les voix, celle éthérée et aérienne de Justine et nettement plus gutturale dans le cas de Pierrick. Une dichotomie qui se retrouve dans la musique du groupe d'apparence mélancolique, délicate et d'une acoustique délicieusement arpégée et pourtant mue par une force de frappe percussive d'une impressionnante lourdeur et une effrayante tension sous-jacente. Neofolk ou non, c'est bien au métal que l'on pense. Et c'est certainement tout sauf un hasard si le duo s'est retrouvé sur la scène du Hellfest. A découvrir donc et ce, bien au-delà du cercle des amateurs de curiosités exotiques. 

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