mercredi 3 novembre 2010

Hurts : « Happiness »

Deux silhouettes côte à côte, en noir et blanc, impeccablement peignées et ultra-lookées, l’air sévère et un titre qui résonne, vu le contexte, comme un boutade : « Happiness » (joie). Cette pochette sépulcrale, c’est celle du premier album du duo mancunien Hurts (voir mon post du 22 septembre 2010). Le duo, composé de Theo Hutchcraft et d’Adam Anderson, cartonne déjà un peu partout en Europe, et fait revivre, avec un certain panache avouons-le, quelques mois après Lonelady, une certaine idée de la new-wave. Après tout ils ne sont pas originaires de Manchester, la ville de Joy Division, des Smiths et des Stone Roses pour rien. Ici point de riff de guitare ni même de break de batterie. De fait, Hurts baigne dans les années 80 et l’accompagnement est majoritairement synthétique. Le rapprochement est facile, mais on pense d’emblée beaucoup à Depeche Mode (c’est flagrant sur « Silver Lining » et « Wonderful Life »), un petit peu trop même et c’est un peu la limite de Hurts. Cependant le groupe réussi néanmoins à développer, tout au long de ces onze titres, une approche qui leur est propre, comme les velléités dance-floor de « Sunday » ou « Better than love » qui apportent un peu de couleur dans un univers plutôt sombre. Impeccablement produit, le son est ample et les compositions sont particulièrement ouvragées, avec beaucoup d’arrangements et de couches qui se superposent les unes aux autres. Enfin, l’album se termine avec « The Water », titre au piano plutôt sobre contrastant avec le reste du disque, où la (belle) voix de Theo Hutchcraft résonne sur un tapis de cordes. Peut-être bien la plus belle réussite de cet effort.

Sortie le 15 novembre 2010.

www.informationhurts.com

www.myspace.com/ithurts


Jeu-Concours Slow Joe And The Ginger Accident

Pour gagner un exemplaire du nouvel EP de Slow Joe And The Ginger Accident (chronique à venir) envoyez-moi un email à l'adresse suivante : myheadisajukebox@gmail.com

N'oubliez pas de préciser concours Slow Joe dans l'objet et de communiquer une adresse postale pour l'envoi du disque.

ATTENTION L'EP EST DISPONIBLE EN QUANTITE LIMITEE
MISE A JOUR : N'ECRIVEZ PLUS POUR PARTICIPER AU JEU !!! JE N'AI PLUS DE CDS DE DISPONIBLE, TOUT EST PARTI EN UNE DEMI-HEURE !!! DESOLE.

Interview Minitel Rose



1) Est-ce que vous pouvez vous présenter et résumer votre parcours ?

Nous sommes les Minitel Rose, Romain Raphael et Quentin. On se connait tous depuis l'enfance. On a quasiment toujours fait de la musique ensemble et puis il y a 4 ans on a décidé de faire quelque chose de différent de ce que l'on pouvait faire auparavant. On voulait faire un vrai groupe ensemble.

On fait une musique qui nous ressemble car elle réunie la plupart de nos influences. On a sorti il y'a 3 ans un premier mini Best of qui s'appelait "The French Machine". Et en juin dernier on a sorti notre premier vrai album "Atlantique", composé, enregistré, mixé et produit par nous mêmes.

2) Quelles sont vos ambitions musicales ?

La musique c'est un peu comme la quête du Graal, tu cherches toujours un idéal que tu n'arrives jamais à atteindre. Donc on continuera toujours de chercher c'est ça qui est excitant. On s'est toujours fixé comme règle de ne jamais faire des chansons qui se ressemblent, on aime se renouveler et on continuera dans cette direction. On a déjà des idées pour notre prochain disque qui sera forcément très différent.

3) Quelles sont vos influences ?

Beaucoup trop vastes pour être listées. On a énormément de disques de styles très différent. La musique qu'on a le plus écouté dans nos années ado c'était le hip hop c'est comme ça qu'on à commencer à faire de la musique ensemble alors forcément ça s'entend un peu. Le cinéma, les filles, nos vies, les voyages sont aussi important pour nous que des artistes en particulier. On à encore des imaginaires de gosses donc on aime bien s'embarquer dans des histoires et s'y laisser porter.

4) Est-ce que vous pouvez nous parler de votre label Futur et des groupes signés (Rhum for Pauline...) ?

En parallèle de Minitel Rose on a créée un label, car on a toujours eu la volonté de rester les maîtres nos projets.
Produire de la musique construire un univers graphique etc ça fait partie des choses qu'on aime faire. On a été très heureux de sortir le premier album de College et aujourd'hui on est très fier des Rhum For Pauline. Leur premier Ep est encore un peu jeune mais c'est tout ce qu'on aime. On espère qu'on continuera de travailler avec eux sur leur premier album. Et puis début 2011 on devrait sortir d'autres projets, Pegase devrait sortir quelque chose.

5) Le nom du groupe est assez évocateur, est-ce que vous pouvez nous en parler ? Comment l'avez vous choisi ?

Comme la plupart des décisions importantes, saoul dans un bar avec nos meilleurs amis.
Il n'y a pas grand choses à analyser. Ce nom est cool voilà tout.

Propos recueillis par email le 2 novembre 2011.

lundi 1 novembre 2010

Starfucker


Voici un groupe au nom provocateur qui n’a pas fini de déclencher la polémique, si jamais celui-ci arrive à trouver son chemin vers le haut des charts. Ce qui ne devrait pas trop poser de problème. Entre électro et rock progressif, Starfucker trouve en effet un compromis assez séduisant. Les compositions sont à base de nappes synthétiques typées eighties, les voix trafiquées rappellent plutôt Electric Light Orchestra. Le son est aussi ample que chez Depeche Mode, on oserait même le mot symphonique. Un peu kitsch mais un charme planant indéniable.

http://www.myspace.com/strfkrmusic

Japandroids


A deux, un guitariste et un batteur, le duo Japandroids réussi à tisser une toile sonore assez impressionnante. Surfant sur des nappes de guitares hypnotiques, My Bloody Valentine n’est jamais bien loin, les Japandroïds naviguent entre rock progressif, psychédélique et noisy. Le martèlement de la batterie est assez martial, les vocaux sont mi-hurlés, mi-éthérés. Le résultat est certes assez singulier, mais suffisamment expérimental pour attiser la curiosité.

www.myspace.com/japandroids

www.japandroids.com

Deerhoof : « The Merry Barracks »

Formé à San Francisco en 1994, Deerhoof sera de retour en janvier prochain avec un nouvel effort intitulé « Deerhoof vs evil ». En attendant de savoir qui gagnera ce match particulièrement prometteur le lien suivant permet d’écouter le premier single intitulé « The Merry Barracks ». On y retrouve un groupe au son particulièrement original, la composition commençant comme un rock tendance dure avant de dériver vers une sorte de pop psychédélique. Le traitement des batteries et des guitares est également assez inhabituel. Enfin le tout est parsemé de petits bruitages pour le moins étonnants. Affaire à suivre…

www.myspace.com/deerhoof


Ray Davies, L’Olympia, 31 octobre 2010.


Le retour d’une légende, en cette soirée d’Halloween, sur la scène de l’Olympia. Premier passage dans la capitale depuis des lustres pour Ray Davies, l’ex-leader des Kinks, qui sort également un nouvel album dans les jours à venir. Le concert commence plutôt calmement en duo acoustique. Ils sont deux sur scène assis sur des tabourets, Ray ayant à ses pieds un cube avec ses initiales. Son acolyte, un coup à la guitare folk, un coup à la Gretsh rouge demi-caisse, se trouve être un excellent accompagnateur. Ambiance calme et détendue donc, le dépouillement mettant en valeur le talent de songwriter de Mr Davies. Le public applaudit à tout rompre à chaque classique des Kinks, reprenant les refrains en cœur comme sur « Dedicated follower of fashion ». Les choses sérieuses commencent vraiment alors que le groupe au grand complet rejoint le duo sur scène. Un bassiste, un pianiste et un batteur, qui s’en donne à cœur joie, complètent le line-up, Mr Davies assurant les parties rythmiques à la guitare acoustique. En plus des éternels classiques des Kinks on a droit à quelques raretés extraites de ses albums en solo ou de la BO de l’ami américain, film réalisé par Wim Wenders. Le groupe se révèle excellent mais dominé par deux individualités le batteur et le guitariste. C’est un grand plaisir d’entendre en live les classiques tels que « I’m not like everybody else » ; « Lola », avec une partie de guitare wha-wha très réussie, l’acoustique « Sunny afternoon ». Bien évidemment, l’applaudimètre a explosé avec « You really got me », c’était prévisible, ce qui l’était moins par contre c’est l’intro très bluesy du morceau, très réussie au demeurant. Pour ma part mon grand plaisir est venu pendant les rappels avec « All day and all of the night », titre par lequel j’ai découvert les Kinks durant mon adolescence.

dimanche 31 octobre 2010

Charles Pasi : « Uncaged EP »


Jeune chanteur et harmoniciste de 27 ans, Charles Pasi est déjà l’auteur d’un premier album « Mainly Blue ». Ce nouvel EP de quatre titres est le premier avant goût de son deuxième opus « Uncaged » à paraître début 2011. Lequel, au vu des premiers extraits, promet d’être extrêmement riche. En effet, Charles est bien loin de se contenter du seul blues, ce pourquoi il est déjà très bon. La reprise du « Dream a little dream of me » ou « Farewell my love » (feat Archi Shepp, excusez du peu) voient Charles se transformer en crooner jazzy à la voix charmeuse et légèrement éraillée. De l’émotion, de l’énergie, car son blues est plutôt tendance groove, c’est un véritable festival qui s’annonce pour nos oreilles…

www.charlespasi.com


The Dukes : « Resilient Lovers » EP


Voici le premier maxi d’un groupe qui logiquement devrait faire beaucoup de bruit. Composé du guitariste Shanka, du batteur Greg Jacks (tous deux ont été de l’aventure No one is innocent), du chanteur guitariste Gaspard Murphy, dont on a déjà pu admirer le talent sur scène au côté de son papa Elliott, et enfin du bassiste Stephen Galtera. Puissant et musclé, ce premier EP de quatre titres nous ramène du côté des années 90 et rappelle aussi bien la power pop de Weezer, des Dandy Warhols que le rock des Foo Fighters. Décibels, gros son et énergie punk répondent présents. Quatre titres furieusement rock en attendant le premier album pour 2011.
www.thedukesmusic.com

Séverin : « En noir et blanc EP »


Un petit coup d’œil sur la pochette pointe la passion que Séverin porte à la new wave et à la scène française de la fin des années 70 et début des années 80. « Voici le disque d’un ex-fan des eighties » pense-t-on alors. L’impression première est vite confirmée par l’écoute des trois chansons de ce « noir et blanc EP », prélude à son premier album à venir pour le printemps 2011. Chanté dans la langue de Molière, ce premier effort décrit les peines de cœur et les étés au bord de la piscine mais sur un mode rafraîchissant. Musicalement si Séverin semble très porté sur les synthés vintage, sa guitare est assez discrète, ses compositions ménagent pourtant un peu d’espace pour une énergie très rock sur « En noir et blanc » où « Comment pourquoi ». On pense beaucoup à l’Etienne Daho de l’époque « Epaule Tattoo ». Un petit disque sympa qui fait « oh oh oh oh oh» et souffle un air frais sur la pop à la française.

www.myspace.com/iciseverin

www.facebook.com/iciseverin




Séverin - En Noir et Blanc
envoyé par CInq7. - Regardez plus de clips, en HD !

samedi 30 octobre 2010

Le Coup du Parapluie : « Philosophie, Bien-être et Crimes passionnels »


Trio belge, le Coup du Parapluie pratique une sorte de rock indépendant, carré et puissant, baignant dans une ambiance de polar (cf. la superbe pochette d’inspiration BD du disque). En guise d’armes, le trio sort les guitares et batteries, et dégaine à tout va. Flingage tout au long des dix titres et tuerie à l’arrivée. Pour ce faire, le trio s’appuie sur une rythmique à tout épreuve, les prises de batteries sont très soignées, la basse est à l’avenant. Les guitares sont parfois d’inspiration power-pop, et vont jusqu’à se baigner dans de troubles eaux métalliques. Tout au long du disque on oscille entre déflagrations sonores, et passages plus atmosphériques à base d’arpèges et de nappes ambient. Il y a en revanche une constante tout au long de ces dix titres. Que le groupe lâche les chevaux ou joue sur la retenue, la tension ne retombe jamais. Toujours sur la brèche, la nervosité du trio est latente distillant une sorte de malaise insidieux. Loin des territoires balisés et des chemins tout tracés, le Coup du Parapluie s’aventure dans les ruelles obscures, là où les parapluies ne protègent pas mais n’attendent que votre dos pour s’y enfoncer…

www.lecoupduparapluie.com

vendredi 29 octobre 2010

Slow Joe And The Ginger Accident interview (version française)

C’est dans les loges des voûtes que l’on a rencontré Joe et le guitariste du Ginger Accident Cédric (voir mes messages des 1er et 17 octobre 2010). Une loge minuscule aux murs noirs où règne un joyeux désordre entre costumes de scène suspendus, bouteilles et paquets de gâteaux vides. Joe, un personnage vraiment étonnant, « que l’on a déjà perdu trois fois depuis que l’on est arrivé en ville » (dixit l’équipe de Caravelle) et qui se nourrit « de mélanges bizarres » (d’après le cuisinier de l’endroit) mais charismatique et qui attire immédiatement la sympathie. Et qui semble tout le temps comme projeté d’un autre monde, d’une autre époque, un peu perdu aussi. Les deux musiciens semblent très liés et avouent un attachement sincère et profond à la musique. Assis sur notre chaise en ferraille, l’entretien peut commencer…

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Cédric : On s’est rencontrés par hasard sur une plage à Goa (Inde). J’étais en vacances avec ma copine et Joe nous avait trouvé une chambre. Il nous avait déposé dans un hôtel plutôt sympa. On l’aimait bien, il nous aimait bien aussi. On ne devait rester que deux jours à Goa. On est resté finalement beaucoup plus longtemps. L’histoire a continué…

Joe, qu’est-ce que tu as pensé la première fois que tu as vu Cédric ?

Slow Joe : La première fois que j’ai vu Cédric il jouait de la guitare à la plage. Une petite guitare à quatre cordes. J’adore la musique et tout de suite j’ai adoré le son de cette guitare. Il avait le sens du rythme, du beat. Et puis il ne se contentait pas de jouer, il chantait également. En fait, j’allais boire un thé et continuer ma journée. Je l’ai vu, il y avait sa femme à côté, une très très belle fille. Je me suis assis, j’étais fasciné par cette guitare. Une petite guitare à quatre cordes, je n’en avais jamais vu avant. Je suis resté assis. Quand il a terminé, je suis allé le voir et je me suis présenté. On s’est rencontré comme ça.

Cédric, qu’est que tu as pensé, la première que tu as entendu Joe chanter ?

Cédric : C’était à la plage, il y avait ma copine à côté et je lui ai dis : « Merde, il a une belle voix » ! (fou rire général). Il a pris ma guitare, mais il ne savait pas en jouer. Il tapait dessus comme sur un tambourin (il mime le geste). Il ne touchait pas aux cordes. J’ai pensé, merde, il chante bien !!

Le tout premier concert du Ginger Accident, c’était aux transmusicales de Rennes ?

Cédric : Faux ! On a fait deux chansons sur France Culture. Sur la route de Rennes, on s’est arrêté à Paris pour enregistrer dans les studios de la radio. Rennes est arrivé juste après.

Et à Rennes, 3000 personnes étaient dans le public…

Cédric : On a fait trois concerts. Le premier était à l’UBU, une salle de 300 places. Le deuxième concert a eu lieu dans un théâtre. Enfin le dernier concert était sur la scène principale, une grande salle de 3000 personnes.

Joe, tu avais déjà chanté en public avant (il a 67 ans) ?

Joe (laconique) : Oui.

Et comment c’était de chanter devant une telle foule ?

Joe (imperturbable) : Pour moi cela ne change rien. Principalement par ce que je chante avant tout pour moi. Enfin, ne me méprends pas, j’adore les gens qui viennent nous voir en concert. Mais je m’en fous qu’il y 5 ou 5000 personnes.

Joe, tu as chanté toute ta vie ?

Joe : Oui.

Tu as des chanteurs préférés ?

Joe : Elvis Presley ! C’est mon préféré depuis que je suis tout petit. Ray Charles, Frank Sinatra, Sammy Davis Jr, Ella Fitzegerald, Peggy Lee. Il y en a beaucoup en fait. C’est dur de faire des choix. Je ne peux pas choisir entre Presley et Ray Charles. Les deux chantent différemment et les deux sont fantastiques.

Cédric, comment tu as formé le Ginger Accident ?

Cédric : Au début, beaucoup de mes amis sont venus jouer sur la première démo que j’ai faite. J’ai aussi rencontré pas mal de monde qui est venu ensuite jouer sur l’EP, comme Lucas par exemple, le premier pianiste du groupe. Ensuite on a rencontré Chris, du studio 109 à Lyon qui nous a invité à enregistrer au studio. Le problème ensuite, c’est que beaucoup de gens se sont pointés. On ne savait plus qui choisir pour faire partie du groupe ! On a parlé à tout le monde, beaucoup d’entre eux étaient de bons amis et sont devenus d’encore meilleurs amis après ça. Mais bon, le groupe n’existait pas avant la toute première démo que j’ai faite chez moi.

Et dès le début, l’idée était de jouer du rock sixties ?

Cédric : C’était la première idée en effet. Par ce que Joe a connu cette époque. C’est un dinosaure (rires) ! Et comme on adore les dinosaures, on était heureux. On écoute tous Aretha Franklin et James Brown. On adore ces groupes psychédéliques et garage des années 60. C’est cette musique là qu’on voulait jouer. Mais c’est Joe qui nous a décidé pour de bon. Dans le groupe, tout le monde chante, tout le monde écrit, mais Joe incarne tellement bien cette période ! C’est du réel ! Il n’y a aucun intérêt pour nous les jeunes de chanter et jouer comme dans les années 60, ce n’est pas notre époque. Mais avec Joe, ça prend tout son sens, je suis tellement heureux de jouer ce style avec lui ! Quand nos chemins se sépareront, je ne jouerai plus de ce son, là…

Joe : J’ai joué avec beaucoup de groupes à Bombay. Beaucoup, beaucoup de groupes. Je connais de très bons musiciens, d’excellents professionnels. J’ai chanté avec eux. Ils m’aimaient bien aussi. Mais quand j’ai rencontré Cédric, quand je l’ai entendu joué sur la plage la première fois, et après quand j’ai connu les autres garçons, Alexis à la basse, Jocelyn à la batterie, Lucas qui était très bon aux claviers et qui a quitté le groupe et ensuite Denis qui l’a remplacé ; depuis ce jour, je sais une chose : je chante beaucoup mieux avec eux qu’avec aucun autre groupe que j’ai connu avant. C’est la vérité. Je ne chante pas aussi bien sans le Ginger Accident. Ces gars, Cédric et le Ginger Accident, c’est un don de Dieu pour moi. J’adore la musique, Cédric adore la musique. Jamais je n’aurai cru que j’aurai un jour des musiciens comme eux. C’est profond, je le sens jusque dans mes os (ils tombent dans les bras l’un de l’autre).

C’est la rencontre d’une vie ?

Joe : On peut dire ça, oui…

Cédric : Bien sur…

Alors Joe, tu dois être heureux de la façon dont sonne le Ginger Accident ?

Joe : Plus qu’heureux mec !!! Je plane !!! Très haut !!!

Joe, après avoir chanté pendant autant d’années, avant le Ginger Accident, arrivé à un certain point, as-tu déjà songé à tout laisser tomber ?

Joe (il s’emporte) : De quoi tu parles au juste ??? Explique-moi comment est-il possible pour moi de ne pas chanter ??? Hein !!! C’est impossible !!!! IM-PO-SSI-BLE !!!! C’est quoi cette question ??? (rires)

Cédric : Il faut comprendre un truc. La grosse différence entre Joe et d’autres musiciens, c’est que Joe n’a jamais attendu l’assentiment de quelqu’un. Jamais ! Il ne s’est jamais posé de questions sur sa voix ou sa façon de chanter. Il se contrefout de l’avis des autres. Il chante, c’est tout ! Il adore ça. Il n’a jamais voulu être une rock star. Il aurait pu. Mais c’est un branleur qui préfère traîner dans la rue. La carrière, il s’en fout ! Et le plus beau de l’histoire, c’est que maintenant il devient un musicien professionnel. Et il veut bien faire.

Joe : C’est lui le « man ». C’est mon gourou ! En Inde, le gourou c’est le maître. L’homme qui enseigne. Et pour tout ce qui est de la musique, c’est mon gourou !!!

Le tout premier disque du Ginger Accident est un 45 tours…

(en cœur) : OUAIS !!!!

OUAIS !!!! (rires) C’était un désir profond, de graver votre tout premier disque sur du vinyle ?

Cédric : Oui, ça nourrissait le projet. Et on avait besoin d’avoir quelque chose à vendre après les concerts. On s’est dit on s’en fout, on fait un 45 tours…

Joe : On avait rien à perdre…

Le premier album est en route ?

Cédric : Oui mais ne me demande pas quand… Mars, avril, mai… L’année prochaine…

Vous avez beaucoup de chansons de prêtes ?

Cédric : Pas mal ouais. Beaucoup de chansons, beaucoup d’influences aussi. Nos instruments sonneront comme dans les années 50 et 60. Mais on utilise les outils d’aujourd’hui, pro-tools, l’informatique… C’est merveilleux de bâtir un album comme ça. On aime les vieux sons, on n’est pas vieux pour autant. On est raccord avec notre époque.

Joe, qu’est-ce que tu connaissais de la France avant d’arriver ?

Joe : Napoléon Bonaparte ! J’ai rencontré des Français et je les ai trouvé très sympas. Il y a beaucoup d’humanité ici. Les Français ne sont pas comme tout le monde. J’aime bien…

Cédric : Tu connaissais aussi Alexandre Dumas.

Joe : Oui, Cyrano de Bergerac.

Cédric : Nous, on n’en connaît pas autant sur l’Inde…

Joe, si un jeune aspirant musicien venait te voir après un concert, que lui dirait-tu ?

Joe : Il serait le bienvenu. En fait tout dépend du gamin, de son expérience vis-à-vis des autres. En fait je devrais le connaître avant de lui dire quelque chose.

Cédric : Vas-y fais le !!!

Joe : Oui va voir chaque label, chaque maison de disque. Tu te pointes sans rendez-vous et tu leur dis. C’est ça que je veux faire. Allez, vas-y, fais le et au revoir !

Cédric, tu as été professeur ?

Cédric : Je le suis encore. Mais je ne donne plus que des cours privés. Pas plus. Comme ça, j’ai du temps pour le groupe.

Joe, tu as une vie et un parcours incroyable, quelle la plus grande leçon que la vie t’a apprise ?

Joe (il me regarde droit dans les yeux et lève le doigt, très solennel) : N’abandonnes jamais ! Si tu tombes sur un pont demandes-toi : « Ok, comment je traverse ? ». Traverse-le ce putain de truc ! Ne retourne pas sur tes pas. Ne recommence pas tout à zero. N’ABANDONNES JAMAIS dans la vie (il insiste). Quoi qu’il arrive. La vie n’est pas facile. La vie est dure, difficile. Mais ne pas abandonner te donne la force de prendre la vie comme elle vient et pas comme tu voudrais qu’elle soit. Tu vas y arriver !!!!

Propos recueillis le 14 octobre 2010.

Un grand merci à Joe et à Cédric pour leur patience et leur disponibilité, un grand merci également à tout l’équipe de Caravelle.

www.slow-joe.com

www.myspace.com/slowjoethegingeraccident

Slow Joe and The Ginger Accident interview (english version)

How did the two of you met ?

Cédric : We met accidently on the beach in Goa, India. Joe just found a room for me and my girlfriend. He dropped us to a nice hotel. We liked him and he liked us. We were supposed to stay just two days in Goa. We wind up spending more and more days. The rest went on…

Joe, how did you felt the first time you met Cédric ?

Slow Joe : When i saw him he was playing the guitar. A three feet, four strings guitar. I love music. I loved the way the guitar sounded. He had the rhythm, he had the beat. Not only he was playing well, he was singing also. Actually i was going to have a cup of tea and go on. I saw him and he had his wife next to him, a very, very, nice girl. I sat down, i was fascinated by that guitar. Three feet, four strings, i never saw one before. I just sat there. When he was done, I walked towards him and introduce myself. That’s how we met.

Cédric, how did you felt the first time you heard Joe singing ?

C. : On the beach, i was next to my girlfriend and i told her : « Shit, he’s got a good voice ! » (Everybody is laughing out loud). He took the guitar, but he didn’t know how to play. He was hitting it (he’s miming). He was drumming on it, like on a table, not touching the strings. I thought, shit he sings well.

The first gig the ginger accident ever played, was at the Transmusicales de Rennes (a french festival in Britanny) ?

C. : Wrong ! It was on the France Culture radio. We did two tracks. On the way to Rennes, we stopped in the Paris studio and did two songs for the radio. Rennes came just after that.

And 3000 people were in the audience, in Rennes…

C. : We did three shows. The first show was at the UBU, a 300, 400 people venue. The second one was on a theatre. The last one was on the main stage, which is actually a big hall, 3000 people.

Joe, did you ever sang in public before that (he’s 67) ?

S.J : Yes.

And how was it to sing in front of such a big crowd ?

S.J : For me that’s the same. Because, mainly i sing for myself. I mean, i love the people who came to our shows, don’t get me wrong. But it doesn’t matter if 5 or 5000 people are actually there.

Joe, did you sang your whole life (he’s 67) ?

S.J : Yes i did.

And do you have any favourites singers ?

S.J : Yes i have. Elvis Presley, and he’s still my favourite one since i was young. Ray Charles, Frank Sinatra, Sammy Davis Jr, Ella Fitzegerald, Peggy Lee. A lot of them. It’s very difficult to say i like this one better than that one. I can’t choose between Presley and Ray Charles. They sings differently, each of one has his own style and both are fantastic.

Cedric, how did you formed the Ginger Accident ?

C. :In the beginning, many of my friends came to play on the home made recording i did. I also met a lot of people who came and play on the EP, like the first guy who played keyboards with us, Lucas. I never met him before, he just came. When we met Chris, from the studio 109 in Lyon, he said let’s record something in the studio. The problem was that many people showed up. So, who are we choosing ? We talked to everybody about it, many of them were good friends and became better friends after that. But the band didn’t exists before the first home made record we did in my place.

And right from the start, the idea was to play some kind of vintage 60s rock n’roll ?

C. : Yeah it was the first idea, because Joe comes from this time period. He’s a dinosaur (laughs). And we love dinosaurs so we were happy. We all listen to this Aretha Franklin, James Brown sound. We love all this garage bands and psychedelic bands from the sixties. We wanted to play that music. But Joe is the one who made us play this music for real. We all sings, we all write but Joe personified it so well. This is real music. There is no use for use, young people, to sing and play like they used to in the sixties, we don’t come from there. But i’m so happy to play this kind of music with Joe. As soon as we stop playing together, i won’t play anymore vintage sixties music.

S.J : I have sang with many bands, in Bombay. Many, many bands. I know very good musicians, very good professionals, i have sang with them. And they also liked me. But when i met Cédric, when i heard him playing the first time on the beach, and afterwards the others boys Alexis on bass, Jocelyn on drums, Lucas who was very good on the keyboards and left the band and now the new guy, Denis who is also very good. Since then, i know one thing, i can sing much better with them than with any band i have sang before. This is the truth. I can’t sing as well when The Ginger Accident is not with me. This guys Cédric and The Ginger Accident is a gift from God to me. I love music, Cedric loves music, but i never thought that one day, i would get musicians like him. Right so deep, i can feel it in my bones.

Is it like the meeting of a lifetime ?

S.J : Yes, you can say that.

C. : Of course.

So Joe, i believe that you are quite happy with the way The Ginger Accident sounds ?

S.J : Yeah, yeah, i’m more than happy, man ! I’m flying high.

Joe, singing for so many years, before the ginger accident, at some point have you ever gave up on singing ?

S.J : What are you talking about ? Tell me how is it possible for me not to sing ? It’s impossible !!! Impossible !!! What kind of a question is this ?

C. : You need to understand one thing. The big difference between Joe and other musicians is that Joe never asked or waited for anybody’s approval. Never. He never questionned himself about what other people may think about his voice. He just sings. He just loves that. He never wanted to be a rock star or whatever. He could have been. But he’s a wanker and likes to spend his time on the street. He never gave a shit about a carreer and all. And the beautiful part of the whole thing is that now he is becoming a professional musician. He wants to do it well.

S.J : He’s the guy. He’s my guru ! In India, we say that guru means the master. The man who teaches. And as far as music is concern, he is my guru.

The first record ever from The Ginger Accident is a 45 RPM...

C : Yeah !

Yeah ! (laughs) That was a real desire from you guys to have your first record ever on vinyl ?

C. : Yes, it was feeding the project. We needed something to sell, after the shows. We thought fuck it, let’s do a 45 RPM.

S.J : We had nothing to loose.

The first album is on its way ?

C. : Yes but don’t ask me when… March, april, may (2011), who knows…

Do you have a lot of songs ready ?

C. : Yes, lot of songs, lot of influences… Our instruments will always sounds that 50s/60s way. But we are using nowadays tools, pro-tools, computer… It’s wonderful to build an album with it. We may love the vintage sound, that doesn’t make us vintage guys. We are living in our time, nowadays time.

Joe, did you knew anything french before coming here ?

S.J : I knew about Napoleon Bonaparte. I have met french people and i found them very nice. There’s a lot of humanity here. They’re not like many other people. I like them.

C. : You knew also Alexandre Dumas.

S.J : Yes, Cyrano de Bergerac.

C. : We don’t know that much about India.

Joe if some young kid, trying to make it in the music business, come to see you after the show, what would you say to him ?

S.J : He would be most welcomed. But that depends on the kid. Depending on what experience he has about people. I have to know him before telling him anything.

C. : Just do it !

S.J : Go to every record company without an apointment and tell them !!! Go ahead do It ! Bye !

Cédric, you used to be a teacher ?

C. : I am still one. I give only private lessons. Not much anymore. That way i can manage to be in the band.

Joe, you had an amazing journey through life so far, what’s the biggest lesson you’ve ever learned from life ?

S.J : NEVER GIVE UP ! If you came across a bridge ask yourself « ok how am i gonna cross this ? » Cross the damn thing man ! Don’t go back home and start all over again. Never give up in life. No matter what it is. Life is not easy. Life is also tough, difficult. But when you don’t give you have the strenght to take life as it comes not as you wanted it to come. You’re gonna make it !

Thank you !

www.slow-joe.com

www.myspace.com/slowjoethegingeraccident

mercredi 27 octobre 2010

Coldsight : « Until your last breath »


Coldsight, nouveau venu sur la galaxie métal originaire de Toulon, sort son premier album intitulé « Until your last breath ». Excellent album répondant à tous les codes du genre qu’ils soient rythmiques ou guitaristiques. Le gros son est donc au programme, mais pas seulement le côté brutal n’empêche pas les mélodies d’exister par ailleurs. Dans le même ordre d’idée, la voix de gorge, un autre code du genre, ne se contente pas d’éructer, certains passages sont réellement chantés. Le tout s’appuie sur des rythmiques en béton et des guitares fulgurantes. Il ne faut certes pas avoir peur du métal ou du gros son, mais même les oreilles non initiées peuvent y trouver leur compte grâce à la qualité des compositions et à la production nickel de la chose. Un seul bémol, mais il est de taille, l’album souffre de ce côté répétitif qui donne l’impression d’écouter tout le temps le même morceau et ce en dépit de l’excellent niveau des musiciens (et il en faut du niveau pour jouer du métal). Enfin tout ceci est vrai jusqu’à la piste n°6 où une guitare acoustique (ou du moins non saturée) et même des cordes (si, si) font une apparition, quasi-miraculeuse vu le contexte, offrant un interlude instrumental bienvenu au milieu d’un univers chaotique en fusion qui reprend d’ailleurs de plus belle dès la piste suivante. Bienvenue en enfer, bébé !

www.myspace.com/thecoldsight

Opération Bikini Pour Mass Hysteria

Le 9 décembre prochain, à l'occasion d'un concert au Bikini de Toulouse, Mass Hysteria enregistrera son tout premier dvd live. Pour permettre au plus grand nombre de fans de partager ce moment historique des départs en direction de Toulouse sont organisés depuis les quatre coins de la France. Les villes concernées sont :
RENNES - NANTES
PARIS - ORLEANS
LIEGE - BRUXELLES
LILLE
STRASBOURG - NANCY - DIJON
LYON - VALENCE
NIMES - MONTPELLIER
CLERMONT FERRAND
LIMOGES
BORDEAUX

jeudi 21 octobre 2010

Music and You


Anciennement connu sous la dénomination « Salon de la musique et du son » la nouvelle édition du « Music and you » fait peau neuve et place désormais la pratique musicale au cœur de sa problématique. Le visiteur devient également acteur déambulant entre les animations interactives des quelques 200 exposants et 700 marques annoncés. Master Class, animations jeunesse et plus de 50 concerts sont prévus. Et pour les visiteurs venus de province, un partenariat « Trains de la musique » est mis en place.

A la grande halle de la villette du 19 au 22 novembre

www.facebook.com/musicandyou

www.myspace.com/salondelamusiqueetduson

mercredi 20 octobre 2010

Gifts from Enola


Un bruit sourd qui monte en intensité avec une explosion de guitare saturée, c’est ainsi que commence le troisième effort des Gifts from Enola, quartet originaire d’Harrissonburg, en Virginie. Un album à la brièveté salvatrice, cinq titres seulement, à l’heure où tant de groupes abusent des longs formats offerts par le cd (74 minutes rappelons-le) sans avoir le talent nécessaire pour remplir autant d’espace. Un opus entre post-rock et métal, car le groupe est très porté sur les guitares, majoritairement instrumental. Dans les rares passages chantés, la voix est comme étouffée, là-bas dans le fond enfouie sous une muraille sonore. Tout au long de ces trente sept minutes, le groupe fait preuve d’une dextérité à toute épreuve. Tout est extrêmement bien mis en place, pensé et calculé, entre calmes, tempêtes et accélérations subites. Amateurs de sensations fortes, n’ayant pas froids aux yeux, et paré pour un tour de grand huit au pays du son, cet album vous tend les bras…

www.myspace.com/giftsfromenola


lundi 18 octobre 2010

Oxmo Puccino vous fait un cadeau


Pour télécharger gratuitement "Alias Jon Smoke" le premier extrait du nouvel album live d'Oxmo Puccino (sortie le 15 novembre), cliquez ici.

Alain Mion & Cortex, Le New Morning, 15 octobre 2010.


Cortex, groupe français culte des années 70, pratiquant une fusion jazz-funk digne d’Herbie Hancock, a fait son grand retour sur la scène du New Morning vendredi dernier. De la formation initiale ne subsiste plus que le pianiste Alain Mion, d’où la nouvelle appellation du projet, Alain Mion & Cortex. C’est donc un tout nouveau sextet que l’on retrouve sur scène autour d’Alain : le contrebassiste Patrick Boman, le batteur Michael Kersting, la chanteuse Adeline de Lépinay et les trois saxophonistes : Greg Deletang, Loïc Soulat et Philippe Brohet. Entre grèves, embouteillages et pénurie d’essence, différentes complications ont différées le début du concert qui n’a finalement commencé qu’à 21h30, la salle ayant bien du mal à se remplir. Cependant le public présent n’a pas eu à se plaindre et l’on peut affirmer que cela valait le coup d’attendre. Alain Mion entre piano et Fender Rhodes (acheté en 1972, au tout début de Cortex, un instrument plus vieux que votre serviteur !) a fait montre toute la soirée d’un enthousiasme communicatif, chantonnant tout en jouant, et d’un sacré sens du swing dans les poignets. Swing toujours, et à toute épreuve s’il vous plait, au menu de la section rythmique composée d’excellents musiciens. A ce titre, le dialogue est passionnant entre la contrebasse et le piano. Plus effacée, ne chantant que sur quelques titres, Adeline de Lépinay, également préposée aux claviers additionnels et aux percussions, est installée au fond de la scène. Elle a toutefois prouvée qu’elle est une digne héritière de la regrettée Mireille Dalbray, retrouvant certaines de ses intonations et ayant une voix assez ressemblante. Elle est de plus mimi comme tout. Grande différence avec les enregistrements studios, la présence d’une vraie section de cuivres composée de trois saxes (contre un seul joué par Alain Labib sur l’album Troupeau Bleu) apporte de la valeur ajoutée. Plus de swing, plus de possibilités de soli, et un véritable dialogue entre les musiciens. Ils ne s’en privent d’ailleurs pas lors des rappels à la fin, Loïc Soulat et Greg Deletang faisant un vrai festival sur le devant de la scène partant dans des improvisations questions/réponses absolument pas prévues au programme. C’est en même temps quand les choses déraillent un peu qu’elles deviennent le plus intéressantes. Généreux avec le public mais hélas à court de titres, le groupe reprendra une seconde fois « Mary and Jeff » et « La Rue », n’hésitant pas à revenir par plusieurs fois sur scène. « Excellente soirée » est dès lors le commentaire qui s’impose en guise de conclusion.

www.myspace.com/alainmioncortex

dimanche 17 octobre 2010

Slow Joe and The Ginger Accident, Les Voûtes, 14 octobre 2010.


Au beau milieu du treizième arrondissement, perdu dans un dédale d’immeubles froids, impersonnels aux façades vitrées, se trouve un château, une ancienne usine désaffectée en vérité, dont on se demande par quel miracle elle tient encore debout. Graffitée, taguée de partout, on pense de prime abord qu’il s’agit d’un squat. L’endroit s’appelle les Voûtes et est en fait une maison d’artistes abritant, entre autres, potiers, peintres, lithographes, facteurs de pianos, costumiers de théâtre… Et aussi une petite salle de concert. Le moins que l’on puisse dire, c’est cette activité de blogueur m’entraîne dans des endroits insolites. La salle de concert se trouve au bout d’une cour pavée, pleine de verdure. Un petit jardin situé en contrebas de la rue, étrangement calme alors que l’agitation bât son plein juste à côté. Et comme le réseau des téléphones portables ne passe pas ici, on a l’impression d’être dans une capsule, à l’abri. « On est bien ici, on n’a pas envie de repartir » me confie l’équipe de Caravelle. Depuis le début de la semaine, ils sont en résidence ici, aux petits soin pour le crooner Slow Joe que l’on hâte de découvrir pour la première fois sur scène ce soir. La venue de Slow Joe est aussi le prétexte à une expo photo, dans le bar restaurant à côté de la salle, et un écran géant installé dans le fond diffuse le clip rigolo de « When you are coming home » où notre héros Joe rencontre Elvis. La salle de concert proprement dite est magnifique. De forme rectangulaire, un peu comme un long couloir, les murs sont en pierres apparentes et le plafond est voûté, d’où son nom. Seul défaut, la scène est très peu surélevée et la visibilité est très limitée pour peu que l’on soit éloigné de la scène. Avec sa jauge à 160, l’endroit est intime. Le Ginger Accident débarque en premier sur scène. Cédric est à la guitare, Alexis à la basse, Josselin à la batterie. Tout nouveau membre du groupe, Denis est installé derrière son clavier. Comme de coutume dans les concerts soul, le groupe commence seul pour faire monter l’ambiance. Après un titre instrumental, Joe arrive à son tour, classe comme tout, sapé comme un bluesman old school, costume anthracite, chemise blanche, chapeau et cravate ficelle noire. Ce qui s’est passé ensuite nourrira pendant longtemps notre imaginaire. Entouré par un groupe de musiciens, certes jeunes mais excellents, Joe donne, fort bien, de la voix. Rock, blues, soul, le tout baigne dans des influences sixties psychédéliques. La voix de Joe porte, comme on a pu le constater sur le titre à cappella ou Joe s’accompagne de percussions (on pense à la Janis de « Mercedes Benz »). Le concert s’achève malheureusement assez vite, le groupe, encore jeune, étant rapidement à court de compositions. Mais l’ovation est telle qu’ils ne peuvent se résoudre à quitter la scène et reviennent à plusieurs reprises contenter un public, bien entendu ravi. Cette soirée là, on n’est pas près de l’oublier.

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