samedi 28 mai 2016

Blood Ceremony : « Lord of misrule »



Tirant son nom d'un classique du cinéma d'épouvante espagnol (Ceremonia Sangrienta, 1972) Blood Ceremony fête son dixième anniversaire avec ce quatrième effort. Comme bien des signatures du catalogue Rise Above (Electric Wizard, Uncle Acid and the Dead Beats), le combo Canadien n'est pas sans rappeler un certain age d'or du métal « occulte », pré-gothique, genre dont la tête de pont serait l'indépassable Black Sabbath. C'est donc avec un certain panache que le groupe prend plaisir à tricoter des riffs énormes et millésimés. Les guitares sont en effet bien grasses et semblent comme tombées dans une faille temporelle (« The Devil's widow », « The Rogue's lot »), coincées quelque part en 1971. C'est convenu, on a déjà entendu ça mille fois, mais cette petite démangeaison rock n'roll n'en reste pas moins très plaisante, surtout lorsqu'elle exécutée avec une telle maestria (« Old Fires »). Blood Ceremony se distingue néanmoins de ses confrères en diversifiant ses sources d'inspiration, dégainant à l'occasion une flûte, sortie d'on ne sait où, instrument incongru s'il en est et relativement inédit dans le rock depuis les illustres Jethro Tull. Adepte par ailleurs des formats longs (neuf titres seulement) et des motifs répétitifs, Blood Ceremony n'est pas sans rappeler le rock progressif et vire psyché (« Half moon street », « The weird of Finistere »), au point de ressusciter Jefferson Airplane, lorsque le guitariste Sean Kennedy débranche son instrument pour privilégier l'acoustique (« Loreley »). Placée en fin de programme la comptine pop 60's, deux minutes dignes des Beatles, « Flower Phantoms » fait figure d'exception prenant l'exact contre-pied de tout ce que l'on a décrit auparavant ; comme une preuve ultime du savoir faire du groupe et de la diversité de son inspiration. Reprenant les codes et la durée d'un vinyle d'époque (45 minutes), voici un album propre à satisfaire toutes les nostalgies. Conseillé.

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