dimanche 21 février 2010

Rencontre avec Ben Mazué




Détendu et souriant, Ben Mazué enquille les interviews depuis ce midi. L’après-midi s’achève lorsque arrive notre tour. Le magnétophone est en place, allez Ben raconte nous ton histoire…

Pas trop fatigué ?
Ben Mazué : Non, non pas du tout fatigué. C’est sympa tu sais, parler de toi il y a quand même pire dans la vie (c’est vrai ! nda). Franchement ça va.

Quelle a été ta première émotion musicale ? Qu’est-ce qui a déclenché l’étincelle ?
B.M : Il y en a eu plusieurs des étincelles. La première, première (regard réfléchi). Je me souviens quand j’étais petit la chanson d’Europe, The final countdown (Ben chantonne). Pas très classe. Ensuite, je me souviens d’Otis Redding. Mon père avait acheté le « Greatest hits ». J’ai halluciné. Chaque titre était monstrueux et me faisait des frissons… Je devais avoir 10 ans.

Tu penses souvent à lui quand tu chantes ? C’est une influence pour toi ?
B.M : Tout ce qui m’apporte de l’émotion est une influence. Lui en l’occurrence m’a apporté beaucoup d’émotions. Surtout dans l’interprétation. Cette espèce de soul les pieds dans le béton. J’adore.

J’ai trouvé que l’EP avait une tonalité un peu soul, le final de « Tout recommencer » et sur « Quand je vous voie »…
B.M
: Complètement. C’est voulu. J’ai beaucoup écouté la musique noire américaine en général. De la soul au hip-hop en passant par le jazz et le blues. Ca intervient forcément sur la musique que j’écris. Je l’espère en tout cas, c’est là-dedans que j’aimerai bien m’inscrire.

Ou se situerait la France là-dedans ? Tu chantes en français avec des influences très marquées par l’Amérique ? Y-a-t-il des artistes français qui t’on influencé ?
B.M
: Tu ne sais jamais trop ce qui t’influence. A partir du moment où tu sais ce qui t’influence tu vas considérer que tu copies. Donc il faut se démarquer. Certains musiciens t’ouvrent des portes mais après ce que tu en fait deviens très différent. Tu t’éloignes. Certains artistes sont indispensables. Par exemple, je pense à NTM, Souchon, Renaud…

C’est vaste…
B.M : C’est assez vaste mais globalement ce sont des auteurs-compositeurs. Pas tellement les interprètes.

Et c’est dans cette tradition là que tu veux t’inscrire ? Comme auteur-compositeur ?
B.M
: Non. Musicalement je suis très influencé par la musique noire américaine mais le verbe me plaît en français. Du coup je chante en français sans m’inscrire dans une continuité de pop française. Maintenant la France bouge beaucoup : Anis, Féfé…

Beaucoup de groupes que j’interviewe m’avouent un certain blocage avec le français, tellement ils sont ancrés dans une tradition anglo-saxonne. Automatiquement après la musique les paroles leur viennent en anglais, pas en français. Comment abordes-tu l’écriture des textes ?
B.M
: Parfois les paroles qui m’arrivent sont en anglais. Tu vois « T’es trop près » ? C’est une chanson de Clément Simounet, mon guitariste. Quand il me l’a jouée, j’entendais des choses en anglais. Après je me dis que c’est toujours intéressant d’essayer en Français. Après si cela ne marche pas je laisse tomber. Il y aura des titres en anglais sur l’album.

Comment tu as rencontré Clément (NDA son guitariste) ?
B.M : C’est une rencontre musicale. On n’était pas amis au départ. Je cherchais un guitariste et on me l’a présenté. Au fur et à mesure, de répétitions, de la vie, on a trouvé une complicité musicale et artistique qui m’a permis de définir un style musical. Sans lui… Cet après-midi je n’arrête pas de faire des titres pour des sessions acoustiques (il regarde sa guitare posée à côté). Sans lui c’est nul ! Il m’apporte beaucoup sur le plan rythmique. Il vient du folk et du hip-hop. Il a des gimmicks de guitare hyper puissant. Je ne pourrais jamais jouer ce qu’il fait et chanter en même temps. Et puis il a plein d’idées, c’est un artiste à part entière.

Et est-ce que plus tard t’aurait éventuellement envie d’un big band, d’un batteur, de cuivres ?
B.M
: J’aurais envie de jouer avec d’autres musiciens. Je n’ai pas envie de jouer toute ma vie à deux. Un big band, ouais ça donne envie en soi c’est génial. Mais il faut avoir aussi le style et l’écriture qui va avec. Moi si demain je devais m’entourer je prendrais plus un dj et des choristes. Et garder Clément comme guitariste.

Quand as-tu commencé la guitare ?
B.M : Je joue depuis 10 ans. J’ai appris tout seul. En regardant les gens.

J’ai trouvé le maxi hyper ensoleillé, coloré, et après j’ai appris que tu étais né en Provence…
B.M
: On est très nomades dans ma famille. On est des voyageurs pour la plupart. J’ai une sœur qui vit en Chine, une autre au Niger. Mes parents vivent en Provence, mais ont vécus à Madagascar, en Côte d’Ivoire, aux Etats-Unis. Je suis arrivé à Paris à 10 ans et j’ai retrouvé cette multitude, cette diversité culturelle, ce métissage dont mes parents m’avait parlé. Et les influences culinaires aussi. On mange très épicé, très pimenté, du riz à tous les repas… Si je suis tombé amoureux de la ville (Paris nda), c’est aussi à cause de son métissage. Et ces gens qui venaient de partout. Et comme mes parents viennent de partout aussi, je me suis vite senti chez moi. Mais je ne suis pas parisien au sens musical du terme, sinon je ferai un truc plus électro-rock. Notre musique n’est pas parisienne mais urbaine dans son métissage. Et le côté ensoleillé vient de notre attitude positive.

J’ai toujours pensé que la musique était un voyage en soi. Qu’en penses-tu ?
B.M
: Exactement. L’écoute d’un disque, c’est un voyage. C’est d’ailleurs extraordinaire. Ce que la chanson te permet de ressentir… C’est un voyage émotif. Après quand on joue, c’est plus un partage qu’un voyage. Il y a un truc assez sensuel, sexuel même dans le fait de partager la musique. Tu communiques sans parler. Tu peux t’aimer autour de la musique…

Oui quand tu joues avec des gens et parfois tu sens qu’il se passe un truc…
B.M : (Ses yeux brillent) Ouais, exactement. Personne ne s’est parlé et tout le monde a ressenti quelque chose.

Et puisque l’on parle de voyage, où veux-tu emmener les gens qui t’écoutent ?
B.M : (pensif). Ca dépend des titres. Chaque fois que j’ai en face de moi des gens qui m’écoutent, j’ai envie d’aller les chercher, de les embarquer. Tant que je ne les ai pas embarqués, cela ne m’intéresse pas. Ca prend du temps. Parfois, c’est difficile. Mercredi on a joué avec Hocus Pocus, c’était très facile. Ils étaient « très très là ». L’idée c’est de leur ressentir l’émotion dont je parle dans la chanson. C’est un voyage vers des sensations, d’amour, de sourires.

J’ai senti cela dans le titre « quand je vous voie »…
B.M
: Oui, il y a beaucoup d’amour dans ce titre.

Tu aimes être en tournée ?
B.M : J’adore, c’est mon kif. C’est une manière extraordinaire de voyager, de faire des rencontres, du tourisme. On vient te récupérer dans une gare, on te fait visiter la ville. C’est un rêve. Nous on est quatre sur la route : Clément, moi, l’ingé son et le mec qui fait la lumière. On n’est pas beaucoup. C’est incroyable ce que l’on peut partager. C’est très fort. En même temps c’est très dur. Parfois c’est très compliqué. C’est aussi beaucoup d’attente, beaucoup de trains…

Une anecdote en particulier ?
B.M : On a fait la première partie d’Oxmo Puccino à Reims. Le lendemain matin on devait repartir à Paris pour reprendre un train pour le Finistère. Et il se trouve qu’il y avait une grève. On avait dormi deux heures. On est arrivé à Paris avec une tête dans le cul monstrueuse. Le train que l’on devait prendre à neuf heures n’était pas là et il a fallu attendre 13 heures. En attendant, je suis allé chez moi, faire de la bouffe. On voulait faire un picnic énorme dans le train. J’ai fait une super salade. Je suis revenu à la gare avec mon picnic. Mon tourneur était là, on est allé prendre un café dans le train. Après je retourne dans le wagon. J’avais faim, je voulais goûter ma salade. Le guitariste était endormi. Et là, plus de bouffe, plus de manteau, plus rien. Je vais alors dans le wagon suivant et je vois une vieille dame, moitié folle-moitié sdf en train de bouffer la salade à pleines mains avec mon manteau sur les genoux pour faire nappe et mon écharpe autour du cou. Alors je lui dis : « Mais Madame, vous êtes en train de manger ma salade ! Elle me répond, oui mais j’avais trop faim et elle me rend la salade. Moi je récupère mon manteau. Je regarde la salade et je me dis que je ne peux pas manger ça, c’est dégueulasse, elle se gavait à pleines mains. Alors je lui redonne la salade. Et là elle n’en veut plus. Elle commence à se balader dans le train et propose de la salade aux voyageurs. C’était assez marrant.

Et pour finir, est-ce que tu aurais un message à faire passer ?
B.M : Le consensus n’est pas toujours un consensus mou. Moi je suis du côté du consensus dur. Modeste mais qui ne dit pas pardon.

Et c’est sur ses paroles énigmatiques que nous avons pris congé…
Propos recueillis le 19 février 2010.
http://www.benmazue.com/





Tennisoap + Welling Walrus, L’International, 20 février 2010.

L’international, un petit bar jeune et sympa, avec salle de concert installée dans la cave, a accueilli une belle soirée de rock n’roll samedi soir. Deux groupes sont au programme : Tennisoap, de retour après un premier passage en demi-teinte au Grand Palais, et le trio lyonnais Welling Walrus.

On commence donc avec le quatuor bisontin Tennisoap qui à l’International, une salle à l’esprit plutôt indé, a trouvé un cadre à sa mesure. Au vu de ce concert, il apparaît clairement que la musique de Tennisoap a ses racines dans le rock indépendant du début des années 90. Le son est carré et puissant. La batteuse cogne aussi bien voire même mieux que beaucoup de mecs que je connais. Cette base rythmique des plus solide, car dans le genre le bassiste n’est pas mal non plus, laisse le champ libre pour que les guitaristes s’en donnent à cœur joie. En particulier sur « Beach’s son » à la pédale wha-wha. Les Tennisoap nous gratifie d’un joli lâché de décibels. Sauts, grands écarts, guitares qui se balancent en l’air comme des raquettes (de tennis !!!), les Tennisoap apparaissent un peu à l’étroit sur la petite scène et on frôle l’accrochage à plusieurs reprises (Simon, le chanteur m’assurera du contraire après coup). Au chant et à la guitare rythmique, Simon est inspiré. Les yeux à demi-clos, il cherche l’état d’esprit approprié à chaque titre. Beaucoup de nouveaux morceaux furent joués, ce dont Simon s’excusera auprès du public : « d’habitude on est plus souriants mais là on est un peu nerveux, beaucoup de chansons sont jouées en concert pour la deuxième fois seulement ». « On a quasiment joué l’intégralité du deuxième disque » m’avouera Simon après coup. Le set se terminera avec un titre « long et sauvage » (Engine ?), dixit le chanteur, alternance entre arpège délicat et déferlante d’accords saturés. Tennisoap quitte alors la scène avec fracas, Simon balançant sa guitare. « Il ne faut pas y voir un geste de colère, me dit-il, c’est juste pour quitter la scène en faisant du bruit. Je sais exactement comment faire tomber la guitare sans la casser. Aucun risque ». Un bon petit concert en somme pour ce groupe attachant, vivement le deuxième disque.

Changement d’ambiance avec le groupe suivant Welling Walrus, un trio qui nous vient de Lyon. Est-ce le chapeau melon du chanteur, ou son faux accent cockney, mais il me semble que ce groupe dégage une excentricité typiquement britannique. Pas désagréable d’ailleurs. La pop de Welling Walrus, carrée et efficace, est servie par trois bons musiciens. A la classique formule guitare, basse et batterie, les Welling Walrus rajoute une touche baroque avec un orgue, joué alternativement par le guitariste et le bassiste. Musicalement, ce groupe n’a peur de rien, pas même de jouer une valse. Belle découverte. Et puis un groupe qui chante aussi bien « les loosers de la drague » ne peut que retenir notre attention. A suivre, leur premier album est en cours d’enregistrement…

www.myspace.com/tennisoap
www.myspace.com/wellingwalrus

lundi 15 février 2010

Serge Sauvion (1929-2010)


Pour beaucoup, c’était la voix de Colombo. Moi je me souviens de Serge Sauvion comme animateur radio. C’était sur Europe 1, tous les midis, après le journal et l’émission s’appelait « Crime Story ». Serge racontait des histoires policières de sa voix de stentor. Il possédait un timbre inoubliable : grave, profond, éraillé. Jouant avec brio des intonations. Maniant le rythme comme personne et se servant de ce dernier pour ménager le suspense. Intonation et rythme, soit autant de qualités requises pour chanter. J’étais à l’époque encore béotien en matière de musique. Mais il est plus que probable que ma fascination pour les voix ait commencé ici. « Crime Story » c’était plus qu’une émission, un véritable film sans images. L’imaginaire était libre, les images on les rêvait. Aujourd’hui encore, j’enrage de constater qu’aucun enregistrement de « Crime Story » ne soit disponible dans le commerce. Et tous les étés j’espère une hypothétique rediffusion estivale… Rest in Peace…

Jim Jones Review : Here to save your soul


Voilà une excellente nouvelle pour tout ceux qui, à l’instar de votre serviteur, avait, l’année dernière, été estomaqué par la fureur dégagée par le premier album des anglais de Jim Jones Review. En attendant un nouvel opus, ces derniers ont en effet décidé de sortir « Here to save your soul » compilation reprenant les singles du groupe. Pour les non-initiés, Jim Jones Review s’est mis en tête de jouer du rock n’roll et du rockabilly avec la même énergie que les punks. Où quand le swing jazzy, le groupe compte le pianiste Elliot Mortimer dans ses rangs, rencontre la puissance du garage punk. C’est fort, puissant et sauvage, pas forcément à mettre entre toutes les oreilles, mais quelle classe ! Et Jim Jones hurle aussi très bien. Ne rigolez pas, ce n’est pas aussi simple que cela d’hurler avec classe et conviction tout en respectant le tempo et la tonalité. Sur ce cd on retrouve donc « Rock n’roll psychosis », « Cement mixer », « Princess & the frog » (petit coup de cœur pour cette dernière) déjà présente sur l’album ainsi que les faces B. Parmi ces dernières citons les reprises, bien senties, de « Big Hunk o’love » et « Good golly Miss Molly » qui à elles seules expliquent la démarche du groupe bien mieux que n’importe quel long discours. Enfin le disque s’achève avec deux inédits « Burning your house down » et « Elemental ». Et voilà et maintenant on attend la suite de pied ferme…
http://www.jimjonesreview.co.uk/
www.myspace.com/thejimjonesreview
http://www.punkrockblues.co.uk/

dimanche 14 février 2010

Odessa Thornhill


Après plusieurs années consacrées à la danse au sein du cirque du soleil, la jeune (26 ans) canadienne Odessa Thornhill décide de se consacrer à la musique. Ce premier maxi a ses racines ancrées dans la soul music, soyeuse, sexy et enivrante. Tout en mélodies, à la fois folk et roots, cet EP met surtout en valeur la voix d’Odessa. Un timbre au charme fou, un instrument en soi. A noter la reprise du « Crazy » de Gnars Barkley, à laquelle s’était déjà frottée Alice Russell, plus lente que l’originale où accompagnée d’une simple guitare acoustique Odessa montre une classe folle. L’émotion accompagne ces cinq titres. Un disque au goût de trop peu. Il ne manque plus maintenant qu’un album pour valider ce talent en devenir, que l’on suppose très grand…
www.myspace.com/queenodessa

Ben Mazué


Pas toujours évident, lorsque l’on est artiste d’échapper à la catégorisation. Avec son premier EP, le jeune Ben Mazué fait voler en éclat toutes les chapelles qui bien souvent étouffent les musiciens. Est-ce de la chanson, du hip-hop, du slam, de la soul ? C’est en fait un peu de tout à la fois et c’est ce qui fait le charme de ces sept titres (cinq enregistrés en studio et deux en live). Si ce maxi est exclusivement enregistré dans la langue de Molière, Ben Mazué a l’esprit tourné outre-Atlantique où se trouve l’essentiel de son inspiration. Du titre d’ouverture « Obama » à la très rigolote « Confession d’un rap addict », Ben voyage en rimes d’East en West Coast, l'amitié (« L’homme modeste » ; « Quand je vous vois ») et l'amour (« Tout recommencer » ; « T’es trop près ») sont les moteurs de ce disque, érigées en valeurs partagées. Accompagné de son guitariste, Clément Simounet, Ben Mazué nous offre ce premier maxi couleur acoustique aussi chaud que sa Provence natale.
http://www.benmazué.com/

samedi 13 février 2010

Anvil ! de Sacha Gervasi




Réalisé par Sacha Gervasi un fan de la première heure devenu cinéaste (et également scénariste du « Terminal » de Steven Spielberg), Anvil documente le énième come-back du groupe du même nom. C’est également le portrait de deux loosers magnifiques. Jugez plutôt : amis depuis l’enfance le batteur Robb Reiner et le guitariste Steve Kudlow (aka Lips) forment Anvil (enclume) à la fin des années 70. De l’aveu même de leur pairs (Slash le guitariste de Guns n’roses ; Lars Ullrich le batteur de Metallica), ces musiciens sont doués. Pourtant leur succès ne dépasse pas la fameuse estime, en partie pour des raisons liées au business. Entre 1983 et 1987 le groupe sera sans maison de disques, cette dernière refusant de libérer les droits pour les Etats-Unis, le berceau du heavy metal, où les albums du groupe sont introuvables. De quoi plomber n’importe quelle carrière. Pourtant les gars ne lâchent pas l’affaire, en 1984 ils sont à l’affiche d’un gros festival au Japon avec les autres poids lourds de l’époque, Bon Jovi et consorts… On suit le film avec un regard mi-nostalgique, mi-amusé et parfois atterré. Nous sommes en effet en plein hair metal, coupes de cheveux à l’avenant, très classe les bracelets cloutés, les tenus SM et les solos de guitare joués au gode. Pourtant il se passe comme un petit miracle. Il faut voir les deux potes, le film illustre aussi l’amitié d’une vie, avec des étoiles dans les yeux quand ils parlent de leur première chanson. Quand le film commence ils sont tombés bien bas, l’un est ouvrier sur les chantiers et est surtout virtuose du marteau piqueur ; l’autre travaille dans une cantine scolaire. La loose est totale quand arrive un email leur proposant de tourner en Europe. Poissards jusqu’au bout, cette tournée virera au cauchemar, les voilà réduits à dormir à même le sol d’une gare, comme des clodos, après avoir raté leur train (l’avion n’est pas dans leurs moyens). Le climax est atteint à Prague où, après un concert le patron d’un pub/cave sombre refuse de les payer, l’histoire finira en baston… Et pourtant ils y croient encore, et à l’issue de la tournée se lancent dans quête éperdue de cash pour financer un nouvel album. Leur enthousiasme est exemplaire et si il y a bien une chose que diffuse ce film, c’est la passion, l’amour même de la musique. Et rien que pour cela il faut le voir… Pour finir il semblerait qu’Anvil suive un destin à la Brian Jonestown Massacre (complètement inconnus avant le film Dig !). Depuis le tournage, ils ont tourner au Japon et assuré la première partie d’AC/DC. Rock on !

Pour voir la bande annonce cliquez ici.




vendredi 12 février 2010

Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar




Les avis sont très tranchés sur le « Gainsbourg, vie héroïque » réalisé par le dessinateur de bande dessinée Joann Sfar qui fait ici ses premiers pas au cinéma. D’aucuns s’empressent de trouver le film « nul et chiant », d’autres l’adorent… La première erreur est de considérer ce métrage comme un film, le générique et l’affiche nous donne une idée claire des intentions de l’auteur, « Gainsbourg » est un conte. Un conte dans lequel il faut rentrer et par lequel il faut se laisser porter. « Gainsbourg » n’est pas un biopic, Sfar a tenté, tant bien que mal, de livrer sa vision de l’artiste dont il est visiblement un grand fan. Il en résulte ce conte aux visions oniriques, cette étrange créature au nez et mains proéminentes qui poursuit Serge partout et que ce dernier appelle « ma gueule ». La première partie est la plus réussie et le Paris des clubs jazzy enfumés est parfaitement reproduit. Malheureusement, Sfar, réalisateur débutant, n’a pas eu les coudées franches pour réaliser « son Gainsbourg » et on touche là aux limites du projet qui a vite fait de retomber dans un certain académisme. Le film, pardon le conte, est en fait une succession de sketchs illustrant les différentes périodes de la vie de Gainsbourg. On retrouve le cliché selon lequel ce dernier est un « génie ». Eduqué à la musique à la dure (un coup de ceinture à la première fausse note), Gainsbourg avait en fait développé une certaine aversion pour le piano et rêvait plutôt de peinture. Pianiste médiocre, il ne jouait jamais sur scène ni sur disque. C’était, du moins à mon avis, surtout un homme de lettres, un parolier de génie se jouant des doubles sens et des sonorités, qui a réussi dans la chanson en étant extrêmement bien entouré. Les arrangeurs Jean-Claude Vannier (entre autres sur le chef-d’œuvre Melody Nelson) et Michel Colombier ont eu une influence considérable sur la partie musicale de son œuvre et n’apparaissent jamais dans le film. L’autre réserve que j’entretiens vis-à-vis de « Gainsbourg, vie héroïque » concerne la B.O, franchement pas terrible vu le sujet. Il faut préciser que Sfar n’a pas utilisé les versions originales, pourtant d’authentiques bijoux de la chanson française, mais a en fait constitué une sorte d’album hommage, composé de reprises. Reste les acteurs, excellents, Eric Elmosnino et Laetitia Casta, surprenants de mimétisme et la regrettée Lucy Gordon (décédée après le tournage). Mon conseil, allez voir « Gainsbourg » ne serait-ce que pour l’hommage rendu à ce grand artiste et aussi par ce que ce conte a une véritable ambition artistique. Mais surtout replongez-vous dans les disques, ces bijoux que sont « Melody Nelson », « Confidentiel » ou bien l’album avec Jane Birkin. On aimerait aujourd’hui retrouver un tel culot dans cette chanson pop française aseptisée…






mercredi 10 février 2010

Buffy Sainte-Marie, l’Alhambra, 8 février 2010



Première visite française depuis des lustres pour la chanteuse canadienne Buffy Sainte-Marie, pionnière de la folk music depuis la fin des années 60. L’affluence n’a pas été celle des grands soirs, la capacité de la salle, pourtant petite, de l’Alhambra a été réduite et seule la fosse du bas est ouverte au public. Musicalement on patauge un peu entre folk, musique indienne et hard rock. Les chants amérindiens nous rappellent que Buffy Sainte-Marie s’impose comme une source d’inspiration pour une artiste telle que Pura Fe. Les passages a cappella mettent en valeur sa voix, qu’elle a fort jolie. Le gros rock électrique n’est pas le genre qui lui sied le mieux, cependant étant exécuté par des musiciens compétents (au look de bikers), cela passe malgré tout. Par contre, on décroche complètement à l’écoute de cet horrible synthé Roland aux sonorités ancrées dans le pire des années 80. Fort heureusement ledit synthé restera muet un temps. C’est finalement avec sa gratte acoustique que Buffy Sainte-Marie est le plus à l’aise. Buffy a introduit le titre « Soldier Blue » comme inconnu de tous puisque extrait de la bande originale d’un film jamais sorti, c’est pourtant, ironiquement, le seul de la playlist connu de l’auteur de ces lignes car il figure sur l’album « She used to wanna be a Ballerina » sorti en 1971. Attendu depuis des lustres, ce concert laisse au final une impression mitigée…
www.myspace.com/buffysaintemarie

dimanche 7 février 2010

Black Dynamite de Scott Sanders


Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, j’ai maintenant l’honneur de vous présenter Black Dynamite, votre nouvel héros blaxploitation. Bête de sexe (cinq filles en même temps !!), expert en arts martiaux et virtuose du nunchaku : ce mec est trop fort. Petit hommage rendu à la Blaxploitation, Black Dynamite concentre toutes les qualités et défauts du genre, entre autre un scénario épais comme une feuille à rouler. Néanmoins rigolo, le film vous replonge dans la série B des années 70 : décadrages, micro apparaissant dans le champ, faux raccords. Les seventies sont reproduites à l’identique, on peine à croire que le film date de 2009. Y compris l’excellente bande originale (raison même de ce post à vrai dire) œuvre du jeune Adrian Younge sous influence Isaac Hayes, Willie Hutch, Curtis Mayfield, Roy Ayers… A voir et aussi à écouter…








The Wackness de Jonathan Levine


Disponible en DVD sous un titre idiot « La Loose », « The Wackness » (le bordel), réalisé par Jonathan Levine est un petit film tout ce qu’il y a de plus attachant. Une histoire de frustration sexuelle adolescente, dans laquelle il est facile de se reconnaître, prenant place dans le New York de 1994 en plein été. Surtout, le film offre un rôle intéressant à la musique (et un hommage aux cassettes audio, les mixtapes) comme en témoigne la séquence d’ouverture ou le héros Luke Shapiro rêvasse dans le métro le volume à plein tube dans le casque en imaginant les filles faisant du pole dancing dans le wagon. Un moment d’anthologie. Mais plus encore, la musique définit les personnages, d’un côté le Dr Squires, interprété par Ben Kingsley, aux goûts classiques encrés dans les sixties : Donovan, Mott The Hopple, Lou Reed. En face, son patient, et dealer occasionnel à la petite semaine, Luke Shapiro (Josh Peck) résolument hip-hop. A la fin du film, Luke voit la vie différemment et glisse dans son walkman une cassette de Mott The Hopple. Malheuresement, la bande originale ne traduit pas cette richesse. Mais reste une excellente compilation hip-hop rendant hommage au « golden age » de cette musique entre la fin des années 80 et la première moitié de la décennie suivante.
www.thewackness.com
www.myspace.com/thewacknesssoundtrack




samedi 6 février 2010

Menahan Street Band featuring Charles Bradley + Lee Fields & The Expressions, New Morning, 4 février 2010.

Plus qu’un concert c’est une véritable soul revue à l’ancienne que nous a proposé les poulains de l’écurie daptone au new morning jeudi soir. A défaut de réaliser mon rêve de voir Sharon Jones en concert, j’ai au moins pu admirer ses musiciens. Il y a des soirs comme cela ou tout se passe bien, le « daptone super soul super store », le stand de tee shirts et disques, installé sur un coin de banquette à tout de la caverne d’Ali Baba et même le sandwich de chez subway était meilleur. On commence donc avec le Menahan Street Band, groupe soul jazzy instrumental, composé de sept membres : guitare, basse, batterie, orgue farfisa, vibraphone, trompette et saxophone. Musiciens lookés, costume et chemise, ils égrènent les composition de leur premier album « Make the road by walking ». Un détail nous frappe, malgré la ferveur du public très chaud, la soirée est sold out, les cris et les mains qui se balancent en l’air, les musiciens restent de marbre. A tout le moins placides. En particulier le bassiste Thomas Brenneck et le redoutable batteur Homer Steinwess à deux doigts de tirer la gueule. Un constat s’impose, ces mecs bossent. Travaillent. Consciencieusement. Concentrés sur leur sujet, les membres du groupe s’appliquent et distillent un groove terrible « made in Brooklyn ». C’est alors que fait son apparition le premier chanteur, Charles Bradley, un émule, très digne cependant, de James Brown. Ce dernier met le public dans sa poche grâce à ses pas de danse et à son tombé du genou. « Paris I love you » hurle-t-il dans le micro en ondulant des hanches, la foule est conquise. Un petit tour et puis s’en va après quatre titres Monsieur Bradley se retire, les bras en croix, sous les vivas du public. Alors que le vibraphoniste T-Bone échange sa place avec l’organiste, le groupe change de nom, sans que personne ne s’en rende compte, et devient The Expressions, la formation qui accompagne le cultissime Lee Fields. Pas de pause, après un nouvel intermède instrumental Monsieur Fields déboule sur scène. Peu connu du public, Lee Fields est un vétéran de la soul music qui a commencé sa carrière au début des années 60. Il se retire au milieu des années 80 avant de faire son retour au début des années 90. Aujourd’hui, la majorité de ses enregistrements est introuvable. Ses 33 et 45 tours s’échangent à prix d’or. Raison de plus pour ne pas bouder son dernier album « My World » sorti l’été dernier (et on en reparle très bientôt, c’est promis). A l’instar de son collègue Charles Bradley, Lee Fields, très classe dans son costard lamé, possède une Voix. Eraillée par des années de pratique. Une vraie voix soul. C’est dire si le concert atteint des sommets, d’autant que derrière, les musiciens assurent comme des bêtes. Ca pulse. Et sur les morceaux plus lents, l’émotion transcendée par le son traverse la fosse. Je vous l’avais dit en commençant cette chronique, il y a des soirées idylliques comme celle-ci ou tout se déroule comme dans un rêve (funky)…
http://www.daptonerecords.com/

jeudi 4 février 2010

Yellow Dogs




Il ne faut surtout pas minorer l’apport de groupes à priori « modestes ». Prenez le trio Grenoblois Yellow Dogs. Trois membres, guitare, basse et batterie, à priori rien de bien exceptionnel et pas de révolution en vue. Pourtant, simplifier à l’extrême la formule, permet aux Yellow Dogs d’atteindre des sommets. Pas de déchets, pas de détours alambiqués, les Yellow Dogs touchent en plein cœur. De bonnes compositions, trois excellents musiciens et une énorme envie de jouer, voilà il n’y a guère besoin de plus pour réussir un excellent disque. Le pari est largement tenu sur « Step on the gas », premier album autoproduit du groupe. 13 titres entre pub-rock et blues, on pense souvent à Dr Feelgood. Et puis la relative simplicité de la formule n’empêche pas les Yellow Dogs de varier les plaisirs : du tempo lent et bluesy de « Living in a crowd » au plus enlevé et nerveux « Black Car Boogie » ; de l’acoustique « Don’t play your music too loud » au boogie qui ouvre l’album « Cheap beer & shuffle » en passant par le groovy « I can’t stand your cookin’ », il y en a pour à peu près tout les goûts pour peu que l’on aime les guitares. Laissez vous porter par les six cordes magiques et découvrez tout au long de ces treize titres une certaine idée du bonheur…

Pour être tout à fait complet sur l’actualité du groupe, précisons que les Yellow Dogs travaillent actuellement sur un nouvel album. Quatre titres viennent d’être présentés en avant première dans le maxi « Unleash the dogs » et à l’écoute de ce dernier on peut penser que ce nouvel effort sera réussi… A suivre en tout état de cause…
http://www.yellow-dogs.fr/

jeudi 28 janvier 2010

Art Nouveau au Musée d’Orsay




Apparu entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle, l’Art Nouveau s’était fixé comme but la rénovation des modes de vie via l’architecture, aussi bien d’intérieur que d’extérieur. Tombé dans l’oubli, vilipendé, l’Art Nouveau renaîtra régulièrement de ses cendres au cours des années 30, 50, 60 et 70. Les Hippies en particulier trouveront dans l’Art Nouveau l’expression d’un mode de vie contestataire et alternatif. Le musée d’Orsay propose ces jours-ci une exposition « Art Nouveau Revival » regroupant tableaux et meubles design, fauteuils, bureaux, tables, miroirs… La visite de l’exposition s’apparente à une ballade entre le Barcelone du père fondateur, l’architecte Antoni Gaudi, et le San Francisco psychédélique. Les amateurs de musique seront particulièrement intéressés par la salle n°3 où sont exposés affiches de concert et pochettes de 33 tours des années 60 avec illustration sonore ad-hoc (The Doors, Jefferson Airplane, Jimi Hendrix, Velvet Underground…). On y retrouve ce graphisme si particulier de l’époque basé sur de jeux de courbes et de contre-courbes dynamiques, d’arabesques infinies, de déformation du texte, de typographies « molles » et de couleurs chaudes. Dépéchez-vous, l’exposition vit actuellement ses derniers jours et se termine le 4 février prochain…
http://www.musee-orsay.fr/

dimanche 24 janvier 2010

Pascal Bizet : Sans Doute

Aujourd'hui, coup de projecteur sur un jeune talent en devenir de la pop francophone, Pascal Bizet originaire de Nîmes. "Sans doute" est une petite comptine pop charmante à la poésie naïve qui ne pourra que réveiller des souvenirs douloureux à quiconque s'est un jour fait plaquer. Piano, basse et batterie sont au programme. Ainsi que ce film, réalisé par l'artiste lui-même, en super 8, au charme désuet...

Pascal Bizet // Sans doute from Popopop on Vimeo

www.myspace.com/pascalbizet

Katy Carr : Coquette


Encore peu connue dans nos contrées, la britannique Katy Carr et son groupe The Aviators nous propose avec « Coquette » un album qui porte bien son nom, plein de charme et délicieusement rétro. D’emblée, Katy Carr, se pose comme une chanteuse dans la lignée d’une Kate Bush. La musique est un hommage aux années 30, ambiance cabaret avec une touche planante moderne. Passée l’intro « Star Song », « Sparkle » nous plonge dans un monde propice à la rêverie. « Erotic Days », peut-être la meilleure plage de l’opus, nous ramène au cabaret, Moulin Rouge, sexy à souhait, la voix de Katy fait des ravages. Basée sur des arrangements de cordes soyeux « Butterfly » est douce et délicate et encore une fois Katy nous charme avec sa voix. Katy nous gratifie même avec « Violetta » d’une chanson en français. Un album au swing léger, parfait pour la détente à la fin de la journée, idéal pour une écoute nocturne, alors que la douceur et la volupté sont au programme. Un petit mot pour finir sur la pochette, signée de l’artiste Susan Burghart, sublime et à l’esprit très art nouveau.
Et un grand merci à Saab pour la découverte.
http://www.katycarr.com/
www.myspace.com/katycarrmusic

samedi 23 janvier 2010

Florence + The Machine : « Lungs »


Depuis son apparition sur la scène musicale en 2009, la plantureuse Florence Welch fait sensation et déclenche une belle hype. Musicalement, son premier album « Lungs » (Poumons) surprend par son ampleur. Arrangements, son, tout est très soigné, un petit peu trop même. Aurait-on découvert une nouvelle Kate Bush, mal dégrossie ? Nous en sommes à ces considérations quand l’album bascule, précisément à la cinquième plage « Kiss with a fist », où la musique prend un tout nettement plus rock. Guitare au son gras et blues, voix majestueuse, on se prend à aimer « Girl with one eye ». Ainsi navigue cet opus entre pop, rock et une pincée de soul (l’album se termine sur une reprise de Candi Staton « You’ve got the love ») ; sans que l’on saisisse très bien la finalité de la chose. Incontestablement, Florence est une artiste en devenir et une voix prometteuse. « Lungs » est un premier album avec les défauts que cela suppose et de surcroît un tantinet surproduit. Les promesses ne seront totalement tenues que lorsqu’elle aura décidé une bonne fois pour toutes de la direction à suivre. Ce qui lui fait cruellement défaut à ce jour…
http://www.florenceandthemachine.net/




vendredi 22 janvier 2010

Depeche Mode, Palais Omnisport Paris Bercy, 20 janvier 2010.


Après un premier passage en juin dernier au stade de France, Depeche Mode est de retour dans le cadre, pratiquement intimiste en comparaison, du vieux (25 ans cette année) Palais Omnisport de Bercy où ils ont leurs habitudes. C’est debout depuis la fosse que nous avons assisté à ce concert. Comme d’habitude, quand on n’a pas la chance de dépasser tout le monde d’une tête, on aperçoit plus le groupe par intermittence, entre deux cous, qu’on ne le voit. Cependant, une allée traversant la fosse permet de voir Dave et Martin, d’un peu plus près de temps en temps. En même temps être dans la fosse, submergé dans un océan de bras qui se soulèvent et au milieu des spectateurs qui chantent en coeur, c’est une expérience assez différente que depuis les gradins, où la position assise implique une certaine passivité. Mais, bref, passons sur ces considérations… La scène est surplombée par un globe, assez similaire à celui qui orne la pochette verso du dernier album. L’arrière de la scène est occupé par un immense mur d’images où défile, en alternance, images du groupe, clips colorés psychédéliques et images, retravaillées, du concert en cours. Lequel commence avec trois titres du dernier disque, « In Chains », le single « Wrong » et « Hole to feed ». Le trio est ce soir augmenté d’un batteur et d’un clavier supplémentaire. Dave Gahan est en forme et ruisselle de transpiration, mais restera vêtu quasiment jusqu’à la fin. Andrew Fletcher, fidèle à son habitude, applaudit derrière de son clavier. Et Martin Gore exhibe sa collection de guitares. Après la présentation des nouveaux titres, à laquelle il faut ajouter « Come back », DM a joué sa grande collection de tubes : « It’s no good », « Policy of truth », « Enjoy the silence », l’énorme « I feel you », « World in my eyes » (avec final inédit et funky à la guitare), «Question of time », le dantesque «Never let me down »… Ce qui n’a pas empêché le groupe de nous réserver quelques surprises : « Behind the wheel », « Stripped », qui, il me semble, ne sont pas jouées très souvent. Ensuite il y a eu l’intermède acoustique, assuré par Martin, « Free Love » dans une version guitare (superbe Gretsh demi-caisse) / piano / voix et « Home » version piano / voix où le public a chanté le solo de guitare pendant de longues minutes après la fin de la chanson. Quel plaisir de redécouvrir ce répertoire, notamment « Precious », excellent morceau, un peu oublié, de l’avant dernier album « Playing the angel ». Le morceau de bravoure du concert fut « Personal Jesus » dans une version nouvelle. L’intro, guitare /voix, jouée sur un tempo ralenti comparé au disque donne un accent blues. La révélation, 20 ans après, « Personal Jesus » est un blues. Après cette exceptionnelle intro, la chanson retombe sur ses pattes mais est agrémentée de solos de guitare rockabilly du meilleur effet. Depeche Mode est un immense groupe des années 80 et l’empreinte laissée par ce concert est durable. De quoi redonner la gourmandise de se replonger dans les vieux albums du groupe. De quoi aussi passer la journée du lendemain dans une espèce de bulle semi-comateuse, entre pieds douloureux, manque de sommeil, difficulté de retrouver la dure réalité quotidienne et nostalgie des 80’s.
http://www.depechemode.com/


lundi 18 janvier 2010

The Bob Cats

Les Bob Cats étaient un big band de jazz dixieland des années 1930. Cette vidéo les montre en action en formation réduite. Soit la section rythmique contrebasse et batterie. Les amateurs apprécieront leur sens du groove absolument terrible et le tour de force du batteur. Attention, ce morceau est particulièrement addictif...

En attendant Les Femmes s'en mêlent #13


dimanche 17 janvier 2010

Fredo Viola : « The Turn »




Avec cette première sortie, l’américain Fredo Viola nous propose bien plus qu’un simple album. Au-delà de la musique, le disque est une plongée dans un univers extrêmement personnel. Les notes ne disent-elles pas autre chose quand elle précise : « The Turn : An album of songs and visuals by Fredo Viola ». Avant la musique, Fredo Viola a travaillé dans la publicité où est né son intérêt pour l’aspect visuel. Les huit vidéos figurant sur le DVD accompagnant le CD ont été réalisées par ses propres soins. Fredo Viola a commencé le chant à l’Eglise, cela s’entend encore un peu aujourd’hui son chant étant lyrique au possible. « Diva au masculin » est l’expression qui vient à l’esprit à l’écoute du disque. Une voix douce, apaisante. Cela tombe bien, la voix est l’instrument principal, Fredo chante et contre chante. Certains morceaux du disque ont été enregistrés en solo, Fredo entourant son organe de bidouillages électro. Sinon, l’accompagnement est acoustique, un peu de guitare, de contrebasse, de piano. Une batterie légère. Et surtout des orgues, des cordes. Le tout permettant de créer cette ambiance onirique, propice à la rêverie. L’auditeur peut, au début, être perplexe. Est-ce du rock ? Non absolument, pas. De la pop, alors ? Un peu mais pas vraiment. Du Folk ? Non. Du classique ? Peut-être mais c’est loin d’être sur… Mais c’est quoi alors ??? Et bien justement, on n’en sait rien. Depuis Sigur Ros, on n’avait rien entendu de tel. Pourtant au fil des écoutes l’album grandit, prend de l’ampleur. L’oreille découvre des tas de petits détails. A la fin, on ne peut plus s’en passer. Un peu comme si Fredo nous susurrait dans le creux de l’oreille avant de nous prendre par la main pour nous promener dans son jardin des merveilles. Laissez-vous guider. Le maître des lieux vous accueillera certainement avec grand plaisir.
http://www.fredoviola.com/
www.myspace.com/fredoviola

samedi 16 janvier 2010

Them Crooked Vultures




Définition d’un « supergroupe » : plusieurs membres de formations à succès décident d’associer leurs forces et de jouer ensemble. Souvent le résultat est décevant et ne fait que confirmer l’adage selon lequel la somme est (bien) supérieure à l’addition des parties. Le cas de Them Crooked Vultures est différent et change la donne. Prenez Dave Grohl, l’ancien batteur de Nirvana de retour aux baguettes après 15 ans de guitare chez les Foo Fighters, le bassiste John Paul Jones (ex Led Zeppelin) et le chanteur/guitariste Josh Homme (Queens of the stone age). Le résultat : autant faire simple, c’est tout simplement énorme. Depuis leur apparition, fin 2009, la presse verse dans la dithyrambe et de parler de « monstre lâché dans la nature » (The Times). Josh Homme lui préfère évoquer le cinéma porno (in Rolling Stone, janvier 2010, page 48) : « Les acteurs ne se sont jamais rencontrés et pourtant ils passent à l’acte. Et nous aussi, nous allons passer à l’acte ». Petite précision, inutile mais quand-même, on parle ici de musique et nos musiciens restent habillés !! Alors évidemment avec trois lascars pareils, on s’attend à du gros son. Pas de problème on est servi. Mais pas seulement, et c’est là que réside tout le charme de la chose. Dave Grohl, sans perdre l’impressionnante force de frappe qui était la sienne, à maintenant un jeu plus nuancé, plus groove avec plus de feeling et moins de force brute. Il se rapproche de plus en plus de son modèle John Bonham (Led Zeppelin). Et puisque l’on parle de Led Zeppelin, évoquons son bassiste John Paul Jones qui a parfaitement trouvé ses marques avec Grohl, l’association marche à merveille. Quant au troisième larron Joshua Homme, il détient les clefs du mystère : le gros son. Ses riffs de guitare sont puissants et racés. Ca envoie et, boosté par la rythmique, il trouve le moyen de rendre chaque chanson inoubliable. Jones apporte sa touche blues en plus. On pense beaucoup à Led Zeppelin à l’écoute du disque. Et je ne vous parle même pas de ces longues dérives psychédéliques (« Interlude with ludes » ; le morceau de bravoure « Warsaw ») dans lesquelles se lance le trio infernal. Ecoutez « Scumbag blues », rares ont été les morceaux aussi puissants cette année. Arrivé à la fin du disque, une seule envie : play it again ! Le second coup de cœur de l’hiver. Une tournée, et un autre album, please !!!!
http://www.themcrookedvultures.com/
www.myspace.com/crookedvultures

vendredi 15 janvier 2010

Foo Fighters Greatest Hits





1994-2009 quinze ans de rock, quinze ans dans la vie Dave Grohl. En 1994, ce dernier est batteur de Nirvana jusqu’à l’issue tragique que l’on sait. Pour son prochain projet, Dave décide de tout changer et passe à la guitare et au chant. L’excellent premier album des Foo Fighters est l’œuvre du seul Dave Grohl qui joue de tous les instruments (à l’exception d’un solo de guitare, œuvre de Greg Dulli). Alors que Dave Grohl s’attaque maintenant à un nouveau chapitre de sa carrière (à moins qu’il s’agisse d’une récréation), ce « Greatest Hits » arrive comme un bilan de la dernière décennie et demi. Le tracklisting mélange les époques et les albums. De ce fait, on ne retrace plus très bien la progression des Foo Fighters du punk-rock des débuts au titres plus pop et autres tentatives acoustiques des derniers albums. Même s’ils ne seront jamais aussi culte que Nirvana, les Foo Fighters ont été un des groupes les plus excitant en live qu’il ait été donné de voir à l’auteur de ces lignes. C’est un souvenir ému que l’on garde de leur prestation au Bataclan le mardi 29 août 1995, la première à Paris. Leur discographie est sans tache, quelques albums sont plus moyens que d’autres mais aucun désastre n’est à déplorer. En 1999, alors que le rock pur était annoncé comme mort, terrassé par l’électro et la vague neo-métal, ils étaient les seuls à y croire encore. Tout ceci pour dire que les Foo Fighters sont attachants à défaut d’avoir révolutionné le rock.


Ce disque est un « Greatest Hits » et c’est bien comme tel qu’il faut le prendre, sont ici regroupées les chansons ayant marché le mieux auprès du public. Les vrais fans, connaissant déjà les albums par cœur, ne trouveront pas grand-chose de neuf à se mettre entre les oreilles. Deux vrais inédits de bonne facture : « Wheels » et « Word Forward » et deux autres déjà connus, « Everlong » en version acoustique (l’électrique est aussi au programme) et « Skin and Bones » vue en live sur le DVD du même nom. Un DVD bonus regroupant l’intégralité des vidéos clips (y compris celui de « low » qui avait été censuré en son temps par MTV aux Etats-Unis) et quelques versions lives. Le tout est regroupé dans un beau digilivre bien illustré. Pour ceux qui veulent en entendre plus, les albums « The Colour and the shape » (peut-être bien le meilleur) et le double (un cd électrique et un autre acoustique) « In your Honor » sont ceux que je recommande. Les Foo Fighters sont pour l’heure en hiatus, sera-t-il définitif, telle est la question. En attendant, cela laisse le temps à Dave Grohl de se lancer dans de nouvelles aventures, dont on parlera demain, qui s’annoncent passionnantes…







http://www.foofighters.com/
www.myspace.com/foofighters

mercredi 13 janvier 2010

Jacques Dutronc, Le Zénith, 12 janvier 2010.


Le Dandy est de retour ! Un retour à l’image du personnage, c'est-à-dire avec humour et détachement. Dès le début, une voix off se fait entendre, celle de Dutronc lui-même : « Vous êtes en direct depuis ma douche ! Je ne suis pas encore prêt ! ». S’en suit la première partie assurée par un trio venu de Corse. Puis vint Dutronc, et encore pas tout a fait. C’est d’abord le groupe, cinq membres : deux guitares, piano, basse et batterie, qui a commencé seul, avec un court instrumental plutôt rock et assez lourd. Puis le Play-boy arrive sur scène, s’installe dans son fauteuil, tranquille, salut la foule et regarde sa montre. Une belle clameur vient du public, la dernière fois que Jacques Dutronc a foulé une scène, c’était en 1993, il y a 17 ans déjà… Et finalement le premier titre : « et moi, et moi, et moi » en l’occurrence émoi, émoi, émoi. L’homme n’a pas chanté sur scène depuis longtemps et ça se voit. Il a un peu de mal à placer sa voix, pas toujours dans le tempo ni dans le temps. Mais il s’agit là de la première date parisienne, tout cela va s’arranger, cette tournée compte cinquante dates. Le groupe, constitué de requins de studios, manque un peu de chaleur mais, néanmoins, le boulot est fait proprement. C’est énorme. Parmi eux on reconnaît le bassiste Jannick Top, dans le genre c’est une super-star qui a joué derrière tout le gratin, et le guitariste Fred Chappelier, auteur en solo d’excellent albums de blues. Un peu plus tard est arrivé le premier invité, Etienne Daho, qui a chanté « Tous les goûts sont dans ma nature » (extrait de l’album « Brèves rencontres »). Et là le guitariste, Fred Chappelier, a assuré. Alors qu’arrive son solo et que tous les projecteurs sont braqués sur lui, là à cet instant précis, devant 7500 personnes précisons-le, donc à ce moment, paf : panne de guitare ! Et là Monsieur Chappelier ne se démonte pas, trafiquote ses boutons de volume, son jack et assure alors que le son est revenu vers la fin du titre. Chapeau, grand professionnel et aguerri ! Jacques nous a fait le numéro du chanteur de charme : «J’aime les filles ! » : « Si vous êtes comme ça, téléphonez-moi » (commentaire de la gente féminine : allo Jacques ! » ; « Comment elles dorment » (ma préférée) ; « les playboys ». Et puis le roi de l’onomatopée : « crac boum uh ! » ; « caca poum ». Et aussi le chroniqueur social : « L’opportuniste » : « toujours d’actualité quarante après, c’est dramatique ». En tout cas quel plaisir de redécouvrir ce répertoire servi avec une classe et une élégance qui fait bien défaut à la chanson française d’aujourd’hui…

lundi 11 janvier 2010

Les Chats Persans de Bahman Ghobadi


Deux jeunes, une fille et un garçon, sortent de prison. Leur crime : jouer de la musique dans un pays où l’on ne joue pas : L’Iran. Dès lors nos deux héros, Negar et Ashkan, n’auront de cesse d’organiser un grand concert et d’utiliser les profits pour s’installer à Londres et vivre de leur passion. Il s’en suit alors une plongée dans le cœur de la scène musicale underground, tous styles confondus, de Téhéran afin de trouver des musiciens et de décrocher, au marché noir, les précieux visas, sésames pour sortir du pays. Ce qui est frappant, c’est de voir ces jeunes du bout du monde citer en référence des groupes comme Tool ou The Strokes et d’avoir comme rêve de les voir en concert ou bien de posséder la même guitare qu’untel. Eu égard à l’actualité, ce film prend une résonance particulière. Malgré quelques baisses de tension et une certaine tendance à la répétition, ce documentaire, semi pirate tourné à l’arrache, est un cri de liberté et nous rappelle une vérité fondamentale, il y a toujours quelque part dans le monde, à l’heure même où on parle, le plus précieux des trésors, une chanson qui attend d’être jouée.






dimanche 10 janvier 2010

Le Soliste de Joe Wright.


Nathaniel Ayers (Jamie Foxx) est un jeune musicien, doué et prometteur. Atteint de schizophrénie, il échoue dans les rues de Los Angeles et devient SDF. Le journaliste Steve Lopez (Robert Downey Junior) est quant à lui dans une impasse. Séparé, il vit seul et n’a pas plus vraiment la même passion pour son métier qu’à ses débuts. Un jour, alors qu’il est en panne de sujet, et pendant sa pause déjeuner, un air de musique l’interpelle. C’est Nathaniel qui joue sur un violon de récupération. Steve vient de trouver son sujet. Une amitié, compliquée du fait de la maladie de Nathaniel, vient également de naître. Outre quelques jolis moments de musique classique, le film nous offre une plongée dans les bas fonds de Los Angeles au milieu des sans abris. Mais, plus important, le métrage illustre l’adage selon lequel « la musique adoucit les mœurs » et offre une pause dans le tourbillon de la vie des grandes métropoles modernes…

Pour voir la bande annonce cliquez ici

samedi 9 janvier 2010

Je vous écris de mon camion, un film de Jean-Pierre Armanet et Vincent Verrier



Que ce soit celle empruntée par le musicien en route vers le prochain concert ou celle que suivra le simple spectateur pour aller assister au spectacle, la route est indissociable de la musique. Qui n’a jamais goûté au plaisir simple d’écouter de la musique en voiture, bercé par les sons et le paysage qui défile ? Ecouter de la musique en roulant c’est, à peu de choses près, le quotidien de Sandra Doyon, jeune québécoise chauffeur routier de son état. Jusqu’à présent, Sandra consignait ses pensées dans son excellent blog. Deux réalisateurs français, Jean-Pierre Armanet et Vincent Verrier l’ont suivi le long d’un interminable convoyage entre Montréal (le port d’attache de Sandra) et Los Angeles, à l’autre bout du continent nord-américain, qui donne naissance à un documentaire « Je vous écris de mon camion ». La musique rythme le voyage entre Seasick Steve, Norah Jones, Norman Greenbaum et Ariane Moffatt (entre autres) le film dispose d’une bande son de qualité. Mais pas seulement, le film dit également le bonheur de Sandra de faire des rencontres dans des « parking lot » géants perdus au milieu de nulle part, son plaisir de connaître des gens différents voire sa fierté d’appartenir à une même famille. Et cela ne m’étonne qu’à moitié. Un jour, Sandra m’a dit (où écrit plutôt) « le vrai bonheur est dans le partage », l’échange. Malgré quelques baisses de rythme, après tout la route peut être lassante et le voyage monotone à la longue, le résultat est attachant. Tout au long du métrage Sandra fait montre d’une belle plume, tous les textes lue en voix off sont écrits de sa main. Et sa personnalité attachante irradie le film. Sandra, bonne route à toi. Que ces mots et les notes de musique distillées dans ce blog t’accompagnent le long de ton autoroute. Prends bien soin de toi…













Las Vegas, clip de tournage, "Je vous écris de mon camion" from camionneuse on Vimeo.

The Stone Roses






Petit voyage dans le passé. Nous sommes en 1989. Un insupportable chanteur de variété se « casse la voix » (si seulement cela pouvait être pour de bon !) sur toute la bande FM et la France fête le bicentenaire de se révolution. De l’autre côté de la Manche, une autre révolution est en marche, elle est musicale et a pour épicentre Manchester, dans le nord du pays. En ville, tout tourne autour de l’Hacienda, la boîte hype (détruite depuis) du coin, les Dj s’y succèdent, la fête bat son plein. Les inscriptions à l’université de Manchester explosent. C’est la naissance des mouvements rave et dance. Incontestablement, en ces 80s qui se meurent, Manchester est « the place to be ». Cependant, grâce à Joy Division et aux Smiths, Manchester est aussi une place forte du rock britannique. Nous ne sommes également qu’à quelques encablures de Liverpool qui depuis les Beatles se pose en capitale du rock anglais. Aussi, ce n’est pas très étonnant, mais le rock réussira à occuper un petit bout du dance floor de l’Hacienda. Parmi les groupes, un seul marquera vraiment l’époque, ils sont quatre et se nomment The Stone Roses. Depuis le milieu de la décennie, ils galèrent et cherchent le succès, balbutiant un rock d’obédience gothique. L’agitation régnant en ville leur donne la clef du problème, c’est en mélangeant le groove de la dance au feeling pop mélancolique typiquement anglais que les Stone Roses forceront la porte du succès. Leur premier album éponyme, récemment réédité pour fêter son vingtième anniversaire, est une petite merveille. Et n’ayons pas peur des mots, très probablement un des meilleurs premiers albums de tout les temps. Songwriting classieux, musiciens excellents, le guitariste John Squire gagnera ici sa place au panthéon des guitaristes britanniques. La section rythmique, Reni et Mani, respectivement batteur et bassiste donne ce fameux groove. Il ne manque plus que la voix de Ian Brown pour que le tableau soit complet. 20 ans après les faits l’album sonne toujours aussi bien, il y a des signes qui ne trompent pas. La présente réédition est assez luxueuse mais si les fans purs et durs regretteront l’absence de vrais bonus. Le DVD reprend le concert de Blackpool, qui existe déjà en DVD, le deuxième cd compile les démos du groupe, le tracklisting est déjà connu, en gros les chansons de l’album plus quelques faces b (qui étaient déjà disponibles en cd) et le son est de piètre qualité. Un seul inédit est au programme « pearl bastard », titre qui ne restera de toute façon pas dans les annales. Reste le principal, l’album, remasterisé pour l’occasion, au son nickel avec en bonus le fabuleux « fools gold », présenté ici dans sa version intégrale (contrairement à la version figurant sur l’édition originale du disque) de près de dix minutes. Le packaging est très soigné, le livret copieux avec de nombreuses photos inédites et des contributions des membres du groupe, à l’exception (étonnante) de John Squire. Un petit mot pour finir sur la superbe pochette de l’album réalisée par le guitariste John Squire selon la technique de l’ « action painting » inventée par Jackson Pollock. Depuis la dissolution du groupe, et entre deux albums en solo, John Squire est devenu un artiste à temps partiel et son œuvre (peintures, collages et photographies) a fait l’objet d’expositions à Londres et à New York. Ian Brown a continué la musique sortant de nombreux albums en solo, Mani le bassiste a rejoint Primal Scream, seul le batteur Reni, pourtant excellent, a disparu de la circulation.
http://www.thestoneroses.co.uk/
www.myspace.com/thestoneroses

Stone Roses - Fools Gold (short version)

Lori MySpace Vidéo

vendredi 8 janvier 2010

The Parisians

Très belle vidéo et excellent son, vivement la suite...

The Parisians - Time For Nothing More from THE PARISIANS on Vimeo.

Expatriate : In the midst of this


Formé autour du chanteur et guitariste Ben King, le quatuor australien Expatriate tire son nom de l’enfance d’expatriés vécue par Ben et le batteur Chris Kollias. Encore peu connu dans nos contrées, mais déjà repéré en première partie de Placebo, le groupe peut se targuer d’être déjà très connu dans son Australie natale. Leur album « In the midst of this » a été enregistré aux studios Robert Lang de Seattle, là ou Nirvana et les Foo Fighters ont eu leurs habitudes, par John Goodmanson, qui a précédemment œuvré auprès de Death Cab For Cutie et Nada Surf. Oeuvrant dans une new-wave à guitares, Expatriate étonne par la qualité cinématographique de ses compositions. Le son est ample, large, les chansons fourmillent d’arrangements de claviers ou de guitares. En écoutant « In the midst of this » c’est, véritablement, face à un mur du son que l’auditeur se retrouve. Mais un mur solide, comme ceux d’antan. Sculpté, ouvragé, travaillé. Tout est affaire de climat et d’ambiance dans cet opus. Les mélodies, les nombreuses trouvailles à la guitare, et le talent des guitaristes Ben et Damian aussi, tendent à rendre quasiment toutes les chansons inoubliables et facilement mémorisables dès la première écoute : « Air », « Shooting Star », « The space between ». Le côté monumental de la chose n’est pas sans rappeler le meilleur des années 80 quand les guitares de U2 (on évitera toutefois de leur souhaiter de finir comme eux) rencontrent les nappes synthétiques de Depeche Mode. L’opus se termine avec un monumental « Are you awake ? », qui n’est pas sans rappeler les Cure, le mimétisme se retrouvant même jusque dans la voix de Ben King aussi lyrique que celle de Robert Smith. Un premier album très mature.
www.myspace.com/expatriateband


mardi 5 janvier 2010

Lhasa (1972 - 2010)


Les récentes annulations de concerts laissaient augurer du pire... Et le pire est effectivement arrivé, la chanteuse américano-mexicaine Lhasa de Sela, plus connue sous son seul prénom, s'est éteinte le 1er janvier à Montréal où elle vivait depuis ses 19 ans, après s'être battue pendant plus de 20 mois contre un cancer du sein.

Durant sa courte carrière, Lhasa n'aura enregistré que trois albums, "La llorona" (1997), un superbe album acoustique entièrement enregistré en espagnol ; "The Living Road" enregistré en français, anglais et espagnol et en partie écrit à Marseille et enfin un dernier opus éponyme sorti au printemps dernier.

Lhasa avait une voix puissante, héritée de son apprentissage à la rude école des bars où il faut avoir du coffre pour s'imposer au public. Sur son dernier disque, sa voix avait changée, son chant devenait plus léger. Sur scène, elle était très touchante, timide et dégageait une fragilité à fleur de peau. Très sensible au point d'en devenir attachante.

Son enfance itinérante entre le Mexique de son père et les Etats-Unis, la patrie de sa mère, où elle est née (à Big Indian, un hameau perdu dans les montagnes Catskill au nord de l'état de New York) à profondément marqué son parcours artistique. Sa musique était un voyage. Un univers de sons évoquant pêle mêle, la chaleur, le soleil, la route et la poussière. La pluie, la nuit et la noirceur aussi. Le froid et la neige. Depuis son départ, il a neigé pendant plus de quarante heures à Montréal...

Sa disparition jette un froid et laisse un vide énorme. A un tel point que, sous le choc, il m'est pour l'instant impossible de réécouter les disques, trop-plein émotionnel oblige...

Elle avait 37 ans. RIP.
http://www.lhasadesela.com/

lundi 4 janvier 2010

Weezer : Raditude



Il fut un temps où Rivers Cuomo était mal dans sa peau et frustré. A la tête de Weezer, son groupe, il lui arrivait aussi de publier des albums brillants, les quatre premiers de son combo. Aujourd’hui Rivers Cuomo est marié, père de famille et converti à la méditation. Visiblement, l’homme est heureux. Ce qui sera nettement moins le cas de ses fans, qui auront bien des raisons de fulminer à l’écoute de ce nouvel opus. Foirés, les deux précédents albums de Weezer « Make Believe » et le « Red album » l’étaient déjà. Mais au moins le temps d’un « Troublemaker », d’un « Beverly Hills » ou d’un « Pork and beans », soit autant de singles inspirés, le groupe arrivait à sauver la face. Ce qui n’est même plus le cas ici. Voilà, ça fait mal de se l’avouer mais Weezer est devenu un groupe de skateurs bas du front. Le fond du fond semble être atteint avec ce « Can’t stop partying », qui réveille à lui seul le pire des années 80 (qui une bonne fois pour toutes n’étaient pas si cool que cela). Comment le public de « Hash pipe » peut-il se reconnaître là-dedans ? Faut-il encore croire en ce groupe ? Si vous le pouvez, offrez-vous l’édition deluxe de l’album, car c’est encore parmi les bonus que se trouvent les meilleures pièces…
http://www.weezer.com/
www.iheartradio.com/weezer

dimanche 27 décembre 2009

The xx



Originaires de Londres, les quatre membres de The xx oeuvrent un peu à contre courant dans une Angleterre qui n’a de cesse de se trouver des nouveaux Beatles. Ici, c’est plutôt à Young Marble Giants que l’on pense. Il n'y a dans ce groupe point de guitare sauvage, de larsen échevelé ou même de break de batterie furieux (et pour cause, il n’y a pas de batteur). The xx pratique plutôt une pop, tendance new-wave, minimaliste et atmosphérique. Tout, dans The xx, n’est que rêverie et lenteur. Chantée à deux voix, celle féminine de la guitariste Romy Madly Croft qui se mélange harmonieusement avec le timbre grave du bassiste Oliver Sim. La guitariste/clavieriste Baria Qureshi (qui depuis aurait quitté le groupe) et le Dj Jamie Smith, s’occupant pour sa part des beats, complètent le line-up. C’est un sentiment étrange et agréable que procure la musique des double x. Au fur et à mesure de l’écoute, l’album grandit un peu plus et révèle une foultitude de petits détails qui font la différence au point d’atteindre une sorte d’hypnose contagieuse. Il y a, intrinsèquement, quelque chose dans la musique de The xx de fondamentalement britannique. Une certaine idée du spleen peut-être. C’est reposant. Le premier coup de cœur de cet hiver.
www.myspace.com/thexx
www.thexx.info










samedi 26 décembre 2009

Placebo : « Battle for the sun »



Placebo, groupe qui, soi-disant, revient de loin et de retour avec un nouvel album et on se demande bien pourquoi. Bon, ok, sans être un super groupe Placebo a quand même réussi quelques chouettes choses depuis une bonne dizaine d’années. Mais là on a un peu l’impression d’être arrivé au bout de l’histoire. L’album n’est pas mauvais, mais cela ne veut pas dire que cet opus est bon non plus. On s’ennuie tout simplement. Pas très inspiré, Placebo propose ici des compositions plutôt insipides et oubliables. Il n’y a rien que l’on n’a pas déjà entendu auparavant et en mieux. Ce disque à néanmoins le mérite de bien porter son titre, car, effectivement, il faut se battre pour y trouver un peu de lumière…
http://www.placeboworld.co.uk/