Alors que la musique générée par une « intelligence » qui brille surtout par son artificialité, inonde les plateformes d’écoute, qu’il est bon de retrouver un véritable artiste ! Pour son deuxième album, après le remarquable « Social Kaleidoscope », Boris Maurussane se fait fort d’emmener la musique là où aucune intelligence artificielle ne serait capable d’aller : aux confins de la pop, du jazz et de la musique brésilienne. Un endroit bien improbable il est vrai. Et pourtant ! Les références s’y bousculent, qu’elles soient attendues (Robert Wyatt, Beach Boys) ou plus surprenantes (Antonio Carlos Jobim, Herbie Hancock ou Philipp Glass!) Une large palette sonore est déployée, bois et vents (cor, basson, hautbois), piano ou des synthés utilisés judicieusement qui apportent cette note extravagante, digne d’un film de SF des années 50, aux arrangements. N’ayant pas froid aux yeux (ni aux oreilles) Boris tente le tout pour le tout et c’est un véritable grain de folie qui s’empare des musiciens, lorsque ces derniers se lancent dans de folles improvisations (les sept minutes de « Christians from the lake » ou les huit de « Decipher ») donnant du corps à cette notion d’extravagance évoquée plus tôt. L’album sort sur l’excellent label Hot Puma Records, qui, après les sorties récentes d’Orwell, Reed Conservation Society, William Pears ou Discover, se trouve plutôt en verve sur ce créneau de la pop raffinée et élégante.
https://borismaurussane.bandcamp.com/

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire