
samedi 7 novembre 2009
Seasick Steve : « Man from another time »


Infatigable Seasick « Mal de Mer » Steve. A peine a-t-on le temps de s’extasier sur cette nouvelle découverte (totalement inconnue il y a un an) qu’un nouvel album sort, le deuxième cette année. Il est vrai que si Steve n’est pas le perdreau de l’année, il est encore un jeune bluesman ce nouvel opus est seulement son quatrième. Ce « Man from another time » puisque c’est son titre, ce pourrait être Steve lui-même. Personnage iconoclaste qui a connu la route, a chanté dans le métro et a déménagé un nombre incalculable de fois avant de se poser en Norvège. Aujourd’hui encore, alors qu’il a signé sur une major, il refuse toute idée de confort n’ayant besoin que de ses vieilles guitares rafistolées à partir d’une boîte de cigares où à trois cordes pour enregistrer un album. Avec, quand même, l’aide précieuse de son fidèle batteur Dan Magnusson sur sept titres. Un disque enregistré selon les propres termes des intéressés « old fashion way ». Sur le plan musical, l’album ratisse large. Steve n’a pas un style en particulier mais maîtrise tout. Le blues rural acoustique, teinté de country « The banjo song », électrique façon Chicago « Never Go West » ou bien les boogies ravageurs « Seasick boogie ». Steve sait tout faire. On peut toutefois remarquer qu’il a tendance à envoyer le gros son quand il est accompagné de son batteur. C’est lui, l’excellent Dan, qui donne l’impulsion nécessaire pour faire démarrer le moteur. Mettez le disque en route, vous êtes partis pour une sacrée ballade.
http://www.seasicksteve.com/
www.myspace.com/seasicksteve
Seasick steve in a coffee shop
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vendredi 6 novembre 2009
Calvin Russell : Dawg eat Dawg

A l’instar d’un Elliott Murphy, d’une Demi Evans, d’un Seasick Steve ou bien encore de Paul Collins, Calvin Russell fait partie de cette catégorie de musiciens étasuniens, complètement ignorés sur leur sol natal et adulé en Europe ou bien souvent ils ont élu domicile. Quel autre pays peut se permettre de mettre de côté une telle collection de talents ? Si Calvin Russell ne vit pas dans l’Hexagone c’est bien en France qu’il fait carrière, depuis une bonne quinzaine d’années maintenant, et son nouvel album « Dawg eat dawg » a été enregistré avec des musiciens français et produit par Manu Lanvin (le fils de Gérard qui fait d’ailleurs une apparition sur l’album récitant « 5m2 »). Depuis toutes ces années, la recette, bien éprouvée maintenant, pourrait être définie comme un quatre-quarts musical : un quart blues, un quart rock, tendance gros son, un quart folk et un quart country. Voilà ce n’est pas compliqué et ça marche à merveille. Sur disque cela donne à peu près ceci une chanson acoustique suivi d’un morceau électrique. Un petit air de mandoline ici auquel répond en écho un énorme riff de guitare électrique gras et saignant à souhait un peu plus loin par là. Et c’est finalement la voix de Russell qui fait le lien entre tout ça touchante sur les ballades acoustiques, féroce sur les blues-rock électriques. Une variété d’ambiances et de climats comme autant d’étapes du voyage initiatique de Calvin Russell au-dessus de l’Atlantique…
www.myspace.com/calvinrussell
Note : Souhaitons un bon rétablissement à Calvin Russell contraint d’annuler sa tournée après des soucis de santé. Espérons qu’il nous revienne vite…
mercredi 4 novembre 2009
Raul Midon : « Synthesis »

Un nouvel album de Raul Midon, c’est l’occasion pour nos oreilles de retrouver une figure familière de cette page. Raul Midon, chanteur métis afro-latino et guitariste folk de talent sort donc un nouvel opus, son troisième, intitulé « synthesis ». Deux ans après « a world within a world » qui n’était qu’une moitié de chef d’œuvre, Midon revient donc cette fois pour nous faire la totale : aucun temps mort n’est a déplorer sur ce disque beaucoup mieux équilibré que le précédent. Si le registre est toujours peu ou prou le même, à savoir un soul matinée de folk, Raul prend cette fois ses distances avec l’image de « nouveau Stevie Wonder » qui lui colle aux basques depuis ses débuts. « Bonnie’s song » le voit plutôt flirter avec Nick Drake, « Everyone deserves a second chance » est une bossa brésilienne et « Invisible chains » un reggae. Soit autant de nouveaux territoires sonores que Midon ne se prive pas d’explorer. Autre nouveauté ce nouveau cd a été conçu écrit et enregistré en groupe. Seuls deux titres sont des compositions de Midon en solo. Mais le véritable petit trésor du disque est « Don’t take it that way » au groove percutant et efficace. Enfin il est impossible de finir cette chronique en passant sous silence sa reprise du « Blackbird » des Beatles. Les fab four, il est plus facile de se casser les dents dessus, les exemples sont légions, que de rendre véritablement hommage à la beauté éthérée de leurs compositions. Et c’est pourtant ce que réussi Raul Midon tout au long de ce « blackbird » aux arpèges de guitare acoustique en apesanteur. Un peu le résumé de ce bel album qui n’a pas fini de nous réchauffer le cœur cet hiver.
www.raulmidon.com
www.myspace.com/raulmidon
lundi 2 novembre 2009
Black Joe Lewis & The Honeybears : « Tell’em what your name is ! »

Sentiments un peu mitigés à l’écoute de « Tell’em what your name is ! » le premier album du texan (d’Austin) Black Joe Lewis. Sur la foi d’un excellent premier single, « sugarfoot » on promettait monts et merveilles à Black Joe Lewis qui tient ses promesses mais à moitié seulement. L’album n’est pas mauvais, loin de là mais Lewis est tellement obnubilé par ses idoles qu’il en vient à les plagier. Les cuivres « hit me » à la James Brown, c’est bien mais à la longue ça devient un peu lassant et, surtout, cela manque d’originalité. Au fil de l’album, on en vient un peu à s’ennuyer et au final à se sentir coupable. Par ce que Black Joe Lewis semble sincèrement épris de soul music, de blues et de rock n’roll. Et aussi par ce que son groupe, The Honeybears, sait faire preuve d’efficacité. A ce titre d’ailleurs, les concerts s’annoncent intenses et passionnants. Maintenant ne reste plus qu’à mettre ce feu intérieur qui les anime au service de bonnes chansons. Une simple question de maturation sans doute. Black Joe Lewis n’a probablement pas, espérons-le, dit son dernier mot…www.blackjoelewis.com
www.myspace.com/blackjoelewis
dimanche 1 novembre 2009
Mayer Hawthorne : « A Strange Arrangement »

A l’écoute du premier album du jeune Mayer Hawthorne, un constat s’impose à vos oreilles : la grande révélation soul de cette année 2009, c’est lui ! Doté d’un joli filet de voix de tête, un peu fluette, Hawthorne pratique une soul élégante et raffinée sous inspiration Motown. Les arrangements des cordes et des cuivres sont somptueux, le tout confère à créer un climat délicat et cela fait des merveilles sur « Just ain’t gonne work out », qui n’est pas sans rappeler Lou Courtney, où sur « Maybe so, maybe no ». Four Tops (« Your easy lovin’ ain’t pleasin nothin’ »), Temptations (« I wish it would rain ») ou bien encore Marvin Gaye sont d’autres références que Mayer se plait à citer. Auteur, compositeur et producteur de son propre album, Mayer Hawthorne a sans doute un bel avenir devant lui. Ce premier opus a en tout cas suffisamment de qualités pour s’imposer auprès du grand public, ce qui serait entièrement mérité.www.myspace.com/mayerhawthorne
Mayer Hawthorne - Just Ain't Gonna Work Out
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samedi 31 octobre 2009
Nathaniel Mayer : « Why won’t you let me be Black »

En 2007, le regretté soulman de Detroit Nathaniel Mayer, auteur du tube « Village of love » en 1962, effectuait un impressionnant retour discographique avec l’album « Why don’t you give it to me ? » enregistré en deux jours et deux nuits d’été avec l’aide du guitariste Dan Auerbach (Black Keys) et du bassiste Troy Gregory (Dirtbombs). Cet album magnifique ouvrait une brèche entre soul, rock garage et blues qui a relancé sa carrière et lui a donné l’occasion de venir chanter en Europe, à la Maroquinerie en particulier où il a gratifié le public d’un concert d’anthologie. Hélas Mayer décédait en novembre 2008 au terme d’une vie d’excès et en ayant flirté d’un peu trop près avec l’alcool, les drogues, la prison et les femmes. Aujourd’hui sort, à titre posthume, un second volume compilant les chutes de studio de 2007 en compagnie des mêmes protagonistes. Si le résultat, assez similaire, est toujours aussi bon, il est malgré tout moins marquant. Les meilleurs morceaux de la session ont servi à alimenter l’album « Why don’t you give it to me ? », c’est aux restes que l’on a droit. Mais quels restes ! Le plus impressionnant c’est toujours la voix de Mayer qui semble, plus que jamais, venir d’outre tombeau. Et toujours cet aspect jam interminable et psychédélique qui a permis d’accoucher de chansons comme les blues « She’s bad » et « The Puddle ». Les sept chutes de studio sont complétées par deux titres acoustiques, enregistré avec le seul Matthew Smith à la guitare folk au cours d’une interview radio. Il s’agit là des deux seuls titres « unplugged » connus de toute la carrière de Nathaniel Mayer. La chanson inaugurale de l’opus s’intitule « Dreams come true ». Espérons qu’avec ce disque Nate a réalisé un rêve. L’un de ceux qu’il faisait lors de son passage sur cette Terre. RIP Brother.
vendredi 30 octobre 2009
Noisettes, Le Trabendo, 29 octobre 2009.

La soirée commence avec une version à l’intro très lente de « Wild Young Heart », la voix de la chanteuse Shingai s’élève depuis les backstages avant que cette dernière, superbe dans son ensemble noir décoré de paillettes et de roses, ne fasse son entrée en scène sous un feu nourri d’applaudissements. Et oui, les Noisettes sont de retour ce soir avec un certain succès puisque le Trabendo est plein comme un œuf. Le groupe est renforcé ce soir par deux choristes et un roadie qui joue de la basse quand Shingai est trop occupée à danser. Le premier titre terminé, ils enchaînent directement avec leur single « Don’t upset the ryhthm ». Shingai passe aux choses sérieuses et enlève derechef ses talons pour pouvoir « danser confortablement ». Ah sacrée Shingai, qui a assuré à elle seule, une bonne partie du show en passant la moitié du concert en soutien-gorge (assorti avec sa jupe). Shingai debout sur la grosse caisse. Shingai dans le public, hélas pas en soutien-gorge mais, double hélas, accompagnée par deux molosses chargés de la sécurité. Shingai chantant debout sur la console. Shingai allongée, telle une effeuilleuse, sur les balustrades du Trabendo… Si j’ai un regret, c’est que seulement deux titres du premier opus ont été jouées : « Sister Rosetta » et « Don’t give up ». On a été particulièrement gâtés sur ce dernier avec un solo du guitariste Dan Smith avec les dents à la Hendrix et un final de feu du batteur Jamie Morrisson qui agite avec frénésie son impressionnante coupe afro de gauche à droite entre deux cymbales. Parmi les autres chouettes chansons citons la très motown « Never forget you » et « 24 hours », une chanson pour les « lovers », donc plus vraiment faîte pour moi en ce moment… La soirée se termine avec une reprise dans laquelle je crois reconnaître une compo de T-Rex (je pense qu’il faut que je révise mes classiques !) et l’occasion pour Shingai de refaire un petit tour de la fosse sur les épaules d’un spectateur. Un pur batteur, un guitariste très doué et une chanteuse qui possède une voix à se damner, les Noisettes sont décidément un excellent groupe en dépit d’un second album un peu fade et palot…
www.myspace.com/noisettesuk
http://www.noisettes.co.uk/
mercredi 28 octobre 2009
The Heavy : The House that dirt built

Il y a deux ans, les anglais de The Heavy nous avaient estomaqué avec leur premier album, subtil mélange de rock, de soul et de hip hop. Simple duo au départ, The Heavy est devenu un véritable groupe, un quatuor, et nous revient avec nouvelle petite bombe. Passé l’intro instrumentale, un constat s’impose dès le premier titre « Oh No ! Not you Again !! », le ton s’est durci, les guitares se font plus lourdes, plus « zeppelinesque ». La voix, fluette, de Kelvin, un vrai crooner, nous rappelle cependant l’ancrage blues (« Long way from Home ») et soul (« Short Change Hero ») de The Heavy. Le premier single « Sixteen » force encore un peu plus le trait avec un sample, gonflé car ultra-connu mais efficace, du « I put a spell on you » de Scramin’ Jay Hawkins. L’album passe ainsi du rock heavy, hard rock comme on disait dans les seventies, à une soul, plus groove et légère, sur laquelle se greffe un martèlement hip-hop (« Cause for Alarm », "Love like that"). L’album, bref, s’écoute d’une seule traite sans que l’on s’ennuie une seule seconde. Excellent.www.myspace.com/theheavy73
www.theheavy.co.uk
lundi 26 octobre 2009
The Nuances

L’ennui. C’est l’ennui, ce terrible ennui, qui un jour a poussé Christelle, Yann, Nico, Julien et Yann F à rêver puis à créer leur propre groupe, The Nuances. C’était en 2005. Quatre ans plus tard, The Nuances sort son tout premier EP de quatre titres. Même si il est encore un peu tôt pour décerner leur véritable identité musicale, que peut-être ils ne connaissent pas eux-mêmes, ce premier EP est plutôt rondement mené, efficace et bien produit. Les guitares sont claires et accrochent bien à l’oreille. Le tout passerait bien à la radio, les mélodies, entre pop, rock et une légère pointe de métal, sont faciles d’accès et se retiennent facilement. Sur ce cd, le groupe a reçu l’aide de Manu, l’ancienne chanteuse de feu Dolly, qui a signé les deux textes en français (les deux autres étant chantés en anglais). Enfin le tout nous prouve que pour rester créatif il est essentiel de vivre dans un endroit où, fondamentalement, on s’emmerde, une ville comme Gueugnon (Bourgogne) par exemple, d’où ils sont originaires. A l’heure où ces lignes sont écrites, les quatre Nuances sont en studio pour terminer leur premier album. Souhaitons leur bonne chance pour la suite et à bientôt.
http://www.the-nuances.com/
www.myspace.com/thenuances
dimanche 25 octobre 2009
Lhasa

L’énigmatique Lhasa est de retour avec un nouvel album éponyme. Toujours aussi peu prolixe, cette sortie est seulement sa troisième en une grosse dizaine d’années. Un petit regret pour commencer, ce nouvel album est entièrement anglophone ce qui est à la fois réducteur et assez peu représentatif de la richesse culturelle qui est la sienne. Lhasa a eue une jeunesse itinérante est a grandi entre le sud des Etats-Unis et le Mexique avant d’emménager à Montréal, elle aurait aussi vécu en France à Paris et à Marseille et s’exprime couramment en français, anglais et espagnol. Aussi, c’est un peu rageant de l’entendre s’exprimer uniquement en anglais, un peu trop unidimensionnel. Ceci étant, ce choix s’explique aussi par sa nouvelle orientation musicale plus jazzy et finalement assez proche d’une Madeleine Peyroux par exemple mélangé avec une légère couleur baroque à la Tom Waits. Le disque s’ouvre avec une jolie comptine « Is anything wrong », Y a-t-il quelque chose qui cloche ? La plus belle réussite est certainement la jazzy acoustique « Love came here ». Le reste de l’album s’écoule suivant un tempo lent, hiératique, comme marqué par un cérémonial. L’univers décrit est assez sombre. Et c’est en creusant au fond de cette noirceur que Lhasa trouve un rai de lumière, l’espoir peut-être, qu’elle éclaire de sa voix plaintive et contemplative.
www.lhasadesela.com
www.myspace.com/lhasadeselamusic
Communiqué du label : Les concerts de Lhasa prévus à Paris (Olympia le 19/10), Marseille (Dock des Suds le 26/11) et Genève (Victoria Hall le 03/12) sont annulés.
"Lhasa ainsi que son management et ses musiciens annoncent à regret l'annulation des tournées européennes et la plupart des autres dates prévues à partir de l'automne. Lhasa fait face à un sérieux souci de santé depuis plus d'un an et grâce à une gestion rigoureuse de son énergie et à un suivi médical efficace, nous avons été confiants qu'elle pourrait remonter sur scène à partir de l'automne. Ses récents déplacements en Angleterre, France et en Islande nous ont démontrés que son niveau d'énergie n'était peut-être pas encore suffisant pour lui permettre d'affronter les voyages et les tournées qui venaient. Nous avons donc choisi de remettre ces tournées à plus tard par mesure de précaution. "
Souhaitons lui bon rétablissement en espérant la revoir au plus vite.
samedi 24 octobre 2009
Sandra Nkaké : Mansaadi

Depuis ses débuts au mitan des années 90 dans l’éphémère groupe Ollano, on avait un peu perdu de vue Sandra Nkaké. Cette dernière nous est revenue l’année dernière avec un premier album en solo, « Mansaadi ». Bien qu’ayant quasiment une année de retard sur ce coup, il était impossible de passer sous silence cet opus, tant les sorties soul de cette qualité se font rares dans l’hexagone. D’origine camerounaise, pays bilingue à l’image du Canada, Sandra maîtrise parfaitement l’anglais ; sa superbe et chaude voix de gorge en fait une chanteuse soul à laquelle il est difficile de résister… Le début de son album rend hommage à ses origines, le premier titre « The way you walk » est une évocation de l’Afrique ; la deuxième plage « Happy » avec son intro à l’accordéon ouvre une brèche originale entre soul et guinguette. Cette dichotomie est le thème central de l’album, Sandra version française : « la mauvaise réputation » (reprise de Brassens), « Souffles ». Sandra l’Africaine : « I miss my land », « Mansaadi ». Musicalement, l’album est assez diversifié et puise son inspiration aussi bien dans la soul classique, le jazz (« Time Healed Me »), le reggae (« Stay True ») que dans des sons plus modernes, plus hip hop « Yayaya ». Le temps d’une syncope funky sur « Fairy Tales » Sandra passe derrière le kit et se transforme en batteuse, faisant montre d’un talent multicarte. Et au terme des quatorze titres, l’auditeur a fait un beau voyage dans « Mansaadi », contrée de rêve, de rythme, de vie et d’amour « en dièse ». Une épopée à laquelle vous auriez tord de rester sourd.
www.sandrankake.com
www.myspace.com/sandrankake
mercredi 21 octobre 2009
Pixies, Le Zénith, 16 octobre 2009.

Les Pixies fêtent les 20 ans de l’album Doolittle avec une tournée qui s’est arrêtée vendredi dernier au Zénith. Et franchement on pourrait être furieux que nos Pixies, chéris depuis tant d’années, condescendent à une telle mascarade qui tient plus du plan foireux pour remplir les caisses (où vider votre porte-monnaie c’est selon) que du projet artistique. Ajoutez à cela le fait que le concert se tient dans ce frigo sans âme du Zénith et il y a de quoi décourager les meilleures volontés. Enfin bon c’est les Pixies et il y a des choses qui dans la vie ne se discutent tout simplement pas. Et puis les Pixies en live un vendredi soir, il y a de pires façons de commencer le week-end.
La soirée commence par la projection, en split screen, d’un film muet en noir et blanc sur l’écran géant au fond de la scène avant que nos quatre musiciens rentrent en scène salués par une belle clameur. Pourtant au début la mayonnaise à du mal à prendre, ils ont décidés de jouer l’intégralité de Doolittle y compris les faces B, avec lesquelles ils entament la play-list, inconnues de la grande majorité du public. D’où un début de concert un peu froid. C’est lorsque raisonnent les premières notes de la ligne de basse de « Debaser » que le public réagit chaudement. Le reste du show est plus convenu puisque les Pixies jouent l’intégralité de l’album en respectant l’ordre des titres. Il est vrai qu’ils ne pouvaient pas plus mal tomber, « Doolittle » est une vraie machine à tubes. « Tame » nous donne l’occasion de vérifier qu’hurler avec classe est tout un art en soi. « Here comes your man » est toujours aussi sympa et « Hey » est une véritable redécouverte. Ils ont tout de même pris un petit coup de vieux, le guitariste Joey Santiago, chauve comme un œuf, aborde un bouc et le batteur David Lovering est plus que dégarni, ignominie qu’il couvre à l’aide d’une casquette. Mais le savoir-faire est toujours là, toujours habiles nos Pixies. J’en étais à ces considérations quand le tubesque « Monkey gone to heaven » a résonné et un véritable nuage blanc de fumigène a recouvert la salle pendant « Into the white ». Ils poussent même le vice jusqu’à jouer les deux versions de « Wave of mutilation », la première le pied a fond sur l’accélérateur et la deuxième avec le frein à main avant d’attaquer les rappels avec « Planet of Sound ».
Bon et au final que penser de tout cela ? Que les Pixies transcendent tout y compris les concepts foireux. Super concert, super soirée, putain de groupe ! De quoi donner l’envie de se replonger dans les albums avec gourmandise !
www.myspace.com/pixies
lundi 19 octobre 2009
Michael Powers : « Bluesiana Breeze 1976-2007 »

Comme les temps ont l’air difficile pour les bluesmen underground. Demandez donc au new-yorkais Michael Powers ce qu’il en pense… Disponible uniquement sur son site internet, ce nouvel album a été réalisé en grande partie en solo et en acoustique, probablement par manque de moyens. Soutenu par aucune maison de disques, c’est avec surprise que l’on retrouve dans le colis postal un simple CD-R avec des photocopies couleur en guise de pochette. Du travail artisanal. Tout comme la musique qui se trouve sur ledit cd. Le disque s’ouvre avec une version « électrique » de son titre Istanbul. Surpris et en panique, l’auditeur est sous le choc : boîte à rythme, synthés années 80 il n’y a guère que la guitare, fluide, de Powers pour rassurer l’auditeur. C’est bien le même Michael Powers, là ? C’est difficile à dire, mais la première plage est affligeante tellement elle sonne cheap. Ca débute mal, mais heureusement ça s’arrange tout de suite dès le deuxième titre « Rock n’roll sweater » : guitare acoustique mais accrocheuse et le grain de voix éraillé de Powers, Michael est de retour. Les meilleurs titres du disque sont d’ailleurs ceux qui sont chantés, en particulier les versions acoustiques de « Succesful son », déjà présente sur un des ses albums précédents, et d’ « american youth ». L’album souffre d’être trop long, 15 titres et plus d’une heure de musique avec beaucoup de plages folk instrumentales. Michael Powers joue extrêmement bien, c’est doux et reposant mais à la longue on s’ennuie un peu, Michael peine à tenir la distance. L’album est complété par quelques titres live en groupe (dont l’excellent « bluesiana ») et des reprises en solo. Un disque patchwork qui laisse mi-figue / mi-raisin tellement il alterne l’excellence et le banal. Cependant son achat permet de soutenir Michael Powers, authentique talent qui manque cruellement de ce soutien qui lui permettrait d’exploiter pleinement son potentiel…
http://www.michaelpowers.com/
www.myspace.com/powersblues
dimanche 11 octobre 2009
Skip The Use, le nouveau casino, 10 octobre 2009.

Alors que le métro aérien file dans le ciel orangé de cette fin de journée automnale, je pense justement à l’automne et aux feuilles mortes dans lesquelles je suis né, c’était mon anniversaire mardi dernier, et puis je pense aussi à toi, mais je n’ai pas envie d’en parler… Le disco-punk, euphorisant, de Skip The Use aura vite fait de me changer les idées… Skip The Use, donc. Extrait du dossier de presse : « De l’énergie brute et une grosse claque en pleine face à chaque concert »… Tous les soirs, ça je ne sais pas, mais je peux vous parler de la soirée d’hier et vous dire que pour le coup, une fois n’est pas coutume, c’était plutôt agréable de se faire frapper. Déjà une précision : ces mecs savent jouer. Concert carré, propre, précis. On sent les heures de répète. On peut être couvert de tatouages, ça ne veut pas dire pour autant que l’on est une feignasse. Ensuite, j’aimerai vous parler de musicalité du groupe. Ayant quelques invitations à disposition, j’avais invité plusieurs personnes qui ont poliment refusé trouvant le groupe « trop violent ». Vous faîtes erreur chers amis. Certes le groupe envoie, on n’est pas là pour admirer les pâquerettes après tout. Mais vous auriez dû entendre la voix de Mathieu, le chanteur, quand il a attaqué « She’s my lady » à cappella. Mathieu, t’es looké comme Flavor Flav avec tes lunettes et ta casquette mais je crois que dans le fond t’es un soul man. Vous auriez adoré écouter le medley acoustique, en rappel, « My Generation/Paint it black » (des Rolling Stones). Et puis il y a ce groove lancinant, caché derrière le mur de guitare bâti par Yann le guitariste, le côté dansant, disco funk, assez musclé du groupe perceptible, entre autres, dans « Off Me » et dans le reggae « Antislavery ». Un grand merci à la section rythmique : le batteur, Maxime, malgré une impression visuelle assez « raide », swingue juste comme il faut et bien accompagné dans son labeur par le bassiste François. Les claviers de Lionel se chargeant d’injecter ce qu’il faut de groove dans le cocktail. Un des bons moment de ce concert fût le voyage dans les souvenirs, les reprises de « Song 2 » (Blur), « Breed » (Nirvana) et « Paint it black » (Les Rolling Stones), des trucs avec lesquels on a tous grandi. Pour ce qui est du rock pur et dur, on a été servi aussi, la salle s’est littéralement soulevée pendant « Bastard Song » et tous les bras disponibles sont en l’air. Alors que le show se termine, le public applaudit à tout rompre et réclame un dernier rappel. Le groupe, de son propre aveu, à court de chansons décide de reprendre un titre déjà joué précédemment, généreux avec le public avec ça…
www.myspace.com/skiptheuse
vendredi 9 octobre 2009
Jet : Shaka rock

C’était en 2002, Jet déboulait de son Australie natale avec sous le bras un premier album « Get Born », aussi basique que jouissif. Cela faisait belle lurette que l’on avait plus entendu un groupe jouant un rock n’roll aussi électrique que groovy, souvenez-vous de la ligne de basse d’ « Are you gonna be my girl »… Depuis la trajectoire du groupe s’est un peu brouillée, le deuxième album « Shine on », pas mauvais mais moins immédiat, a été difficile à achever, son enregistrement endeuillé par le décès du père des, respectivement, chanteur et batteur Nic et Chris Cester. Trois ans se sont écoulés et Jet revient avec son troisième album « Shaka rock » bien décidé à reprendre la trajectoire supersonique suggérée par son patronyme. Et pour se faire le groupe dispose de quelques arguments. Certes Jet n’a pas inventé la poudre et sa musique consiste avant tout en une vaste entreprise de recyclage, un peu de Clash (Beat on repeat), avec un soupçon de reggae ; « She’s a genius » et une intro pratiquement pompée note après note sur « My Sharona » (The Knack) et les obsessions habituelles pour les Beatles et AC/DC (« Start the Show »). Plus funky, le pont de « Black hearts (on fire) » sonne, pour le meilleur et le pire, comme du INXS. Bien évidemment, une musique aussi référencée ne peut qu’attirer les critiques. Mais qu’importe après tout, car ce que l’on aime par-dessus tout chez eux c’est cette faculté à distiller, à travers le filtre des grosses guitares, ce feel good propre au rock n’roll. Sentiment que l’on retrouve avec plaisir tout le long des 44 minutes que dure « Shaka rock », paradigme du party record.
http://www.jettheband.com/
www.myspace.com/jet
lundi 5 octobre 2009
Hôtel Woodstock d’Ang Lee

Pour son nouveau film, le réalisateur taïwanais Ang Lee choisit de nous raconter la petite histoire qui se cache derrière la grande. Où comment, Elliot Teichberg, artiste peintre fauché, en refourguant le petit hôtel délabré tenu par ses parents, se retrouve pris, un peu par hasard, en pleine tourmente hippie du festival de Woodstock. Ang Lee prend le parti de poser sa caméra au milieu du public et non de la scène, la musique n’est qu’un vague écho lointain et le film ne comporte pas une seule extraite image du fameux festival. De ce point de vue, le métrage bénéficie d’un travail de reconstruction minutieux et d’une bande originale soignée, même si la musique n’est qu’accessoire. Malheureusement, les personnages manquent de charisme et les scènes s’étirent en longueur. A l’exception d’une séquence de LSD arty et rigolote, on s’ennuie un peu. Trop, en tout cas, pour faire de cet « Hôtel Woodstock » poussif autre chose qu’un rendez-vous raté.dimanche 4 octobre 2009
Carmen Maria Vega

Avec cet album, Carmen Maria Vega fait souffler un vent de fraîcheur sur la morne plaine de la chanson française. L’élément le plus marquant de cet opus est bien la voix de Carmen elle-même qui chante autant qu’elle interprète, telle une actrice, les personnages décrits dans ses chansons comme autant de petites saynètes jouées. Jouant des intonations et des tempos, Carmen place sa voix avec gouaille et bagou. Quasiment a cappella « Mia » est un petit tour de force vocal assez impressionnant qui vous classe une chanteuse. Musicalement parlant le disque se place sur le terrain d’un jazz acoustique et manouche au swing bienvenu. « Hiérarchie » et "Bozotomie" apportent un éclairage plus rock sur la musique de Carmen également très à l’aise sur ce terrain. « En attendant » et « Dessous les toits » possèdent une touche plus mélancolique au milieu d’un album plutôt frais doté de textes assez caustiques. A découvrir…
http://www.carmenmariavega.com/
www.myspace.com/carmenmariavega
samedi 3 octobre 2009
The Dodoz


Originaires de Toulouse, le tout jeune quatuor The Dodoz déboule avec son premier album éponyme précédé d’une réputation flatteuse. Repéré sur une compile des inrockuptibles par le producteur écossais Peter Murray, tout s’est enchaîné très vite pour les, à l’époque, encore lycéens. En effet, ce premier album a du être enregistré, dans les Landes au Studio du Manoir, avec autorisation parentale, les membres du groupe étant encore mineurs. Les connexions de Peter Murray leur a ouvert les ondes, pourtant cadenassés à triple tour, de la BBC qui a diffusé leur premier single « Do you like boys ? » avec concerts à Londres et Manchester à la clé. Sacré performance, tant il est difficile pour les artistes français de traverser la Manche. Portés par la vague, et la fougue de leur jeunesse, rien ne semble pouvoir arrêter The Dodoz, lancés sur l’autoroute de la gloire. Leur premier album est à leur image, énergique et électrique rempli de tubes en puissance grâce au savoir-faire de Peter Murray. Ce disque, assez court pour ne pas tomber dans la lassitude, s’écoute d’une seule traite. Et le tout est suffisamment bien troussé pour que chacun y trouve son compte et ce même si on a quitté le lycée depuis belle lurette. Reste à savoir combien de temps ils tiendront à ce rythme….
www.myspace.com/thedodoz
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