dimanche 31 mai 2026

The Lords of Altamont + The Highmarts, La Maroquinerie, 16 mai 2025.

De The Bawdies (découverts aux Eurockéennes de Belfort) à Thee Michelle Gun Elephant en passant par Guitar Wolf et The 5.6.7.8’s, les Japonais ont maintes fois eu l’occasion de prouver leur savoir-faire en matière de rock’n’roll, inspirés par le punk, le rock garage et le rhythm’n’blues déjanté, une tradition entamée depuis les pionniers Flower Travellin’ Band en 1970. A ce florilège déjà bien fourni il convient d’ajouter The Highmarts, pour un très rare passage sur scène chez nous en première partie du soir. Parce qu’elles sont deux filles (à la batterie et à la basse/chant) sur trois (un garçon tient la guitare) il est facile de rapprocher The Highmarts de The 5.6.7.8’s (souvenez-vous « Kill Bill » de Tarantino). Le trio s’inscrit en tout cas dans la même lignée, joue vite et fort (et plutôt très bien) les reprises sont choisies avec soin (« Hound Dog » d’Elvis) et vitriolées avec cet inimitable grain de folie typiquement japonais. Ainsi le set se déroule comme une mayonnaise rondement menée, monte tranquillement les paliers de la folie électrique, pour finir dans un tonnerre d’applaudissements d’une foule totalement conquise. Belle découverte, nous espérons les revoir, il serait dommage que ce groupe ne finissent pas dans les limbes de notre mémoire.

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La salle chauffée à point et le terrain parfaitement balisé, comme on l’a vu précédemment, par le trio en première partie, nos Californiens préférés jouent sur du velours. On a déjà vu le groupe au look de bikers, tatouages, cuirs et lunettes noires, mettre l’audience à genoux, cette dernière finissant les concerts dans un état lamentable. La prestation du soir ne fera pas exception à la légende, l’excitation est à son summum à tel point qu’il devient dangereux de s’aventurer dans la fosse. Ca saute et slamme à tout va, le sol rendu luisant par la quantité de bière renversée. Loin d’être freiné par les soucis techniques, pied de micro et basse récalcitrante (il était dit que rien ne fonctionnerait correctement ce soir-là), le groupe s’en retrouve galvanisé, démarre son set le pied au plancher pour ne quasiment plus jamais le relever et enchaîne les morceaux sur un rythme effréné tel un gros cube lancé à fond sur l’autoroute. Quelques passages plus psychédéliques offrent cependant une respiration bienvenue. Quelle prestation ! On n’en finit plus de s’étonner que l’orgue survive au traitement de choc infligé par le chanteur Jake Cavaliere soir après soir…

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samedi 16 mai 2026

Romy Liz Rose : « I am June »

 


Venue des Pays-Bas, Romy Liz Rose (Romy Laarhoven à l’état civil) fait souffler un air nouveau sur l’Americana. Peut-être parce qu’elle n’est pas américaine elle-même, Romy contemple les grands espaces étasunien de loin. Dans sa musique, la chanteuse conserve cette attitude distante. Ainsi, c’est une boîte à rythme légère et discrète qui ouvre les débats (« The Remedy »). Le reste de l’album est à l’avenant. Si la guitare folk et la lap-steele inscrivent les chansons de Romy de l’autre côté de l’Atlantique, les arrangements ramènent l’ensemble du côté de l’indie pop trouvant l’interstice secret qui sépare Nada Surf des Cowboy Junkies ou des Great Lake Swimmers, dont elle a récemment assuré la première partie. L’album est portée par ces ambiances éthérées, parfaitement incarnées par la voix délicate et aérienne de la chanteuse. Un pied dans les deux mondes, quoi de plus indiqué pour un album ayant pour thèmes principaux, le changement et le passage à l’âge adulte ?





vendredi 15 mai 2026

The Lords Of Altamont : « DFFL »

 


Attention, tous aux abris, les Lords Of Altamont reviennent et ils vont martyriser vos enceintes et, accessoirement, vos oreilles ! Huitième album donc pour le groupe de Jake Cavaliere et, depuis 2002, la formation s’est imposée comme un classique du rock garage étasunien. Point de révolution copernicienne à attendre de ce nouvel opus, les groupe se concentre sur l’écriture de chansons et les délivre avec la justesse nécessaire. Car oui on peut voir les Lords of Altamont comme un groupe de gros durs en cuir noir, bardé de tatouages délivrant un rock’n’roll fou furieux. Il y a bien évidemment de cela, guitares abrasives et chant rugueux à l’appui. Mais il y a aussi dans ce groupe un orgue (joué par Jake en personne) ce qui ouvre considérablement le champ des perspectives, ajoute un soupçon de groove bienvenu (« Get Out Of My Head ») dans la musique (ainsi l’album est costaud mais jamais bourrin) et fait basculer l’ensemble dans le psychédélisme, musclé et saturé certes, ce qui se traduit ici en un « Rusty Guns » particulièrement réussi ou un « A Procession For A Gorehound » entêtant à souhait. Une réussite, habituelle, pour ce groupe qui déçoit rarement.

En concert le 16 mai à La Maroquinerie.

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jeudi 14 mai 2026

Hugh Coltman + Natascha Rogers, L’Archipel, 13 mai 2026.



Pour sa nouvelle résidence à l’Archipel, Hugh Coltman a décidé d’inviter chaque soir un invité différent pour une collaboration voyant l’Anglais s’attaquer au répertoire de son invitée et inversement. Pour cette deuxième soirée Hugh a invité la chanteuse/pianiste/percussionniste Natascha Rogers. Un choix plutôt judicieux tant l’aspect « trippant » des compositions de la chanteuse s’accorde parfaitement au « voodoo » New Orleans qui préoccupe le Britannique, installé en France depuis de longues années, depuis quelque temps. L’instrumentation est classieuse et soignée, contrebasse, batterie et la fabuleuse guitare du génial Mathis Pascaud (la paire a déjà consacré un album au corpus de Dr John), Hugh prenant en charge la deuxième guitare et l’harmonica. Car Hugh Coltman a jusqu’ici eu un parcours sinueux, atypique et foncièrement passionnant qui l’a vu évoluer du rock au jazz en passant par le folk ou la pop. Dernièrement c’est le blues qui le préoccupe. Finalement Hugh Coltman ne rentre dans aucune case mais en remplit plusieurs à lui tout seul. Le concert du soir ressemble finalement un peu à tout ça et donnera lieu a de nombreux moments d’anthologie, l’alchimie entre Hugh et Natascha semblant naturelle. Peu à peu, c’est une véritable transe qui s’empare des protagonistes sur scène au point que le chanteur en perdra ses lunettes, envolée dans la ferveur du moment. Sublime soirée.

Hugh Coltman sera de retour à l’Archipel le 11 juin accompagné cette fois de Thomas de Pourquery

samedi 9 mai 2026

Parlor Greens + Kendra Morris + Taylor Williams, New Morning, 5 mai 2026.




Précieux label de la scène soul actuelle, Colemine Records est à la fête en ce mardi soir sur la scène du New Morning avec pas moins de trois artistes à l’affiche.

On commence avec la plus récente signature, le chanteur Taylor Williams qui ne manque pas d’arguments. Joli grain de voix, un falsetto dans la lignée de Curtis Mayfield, habile à la guitare, le talent de Taylor Williams est réel mais, hélas, passe difficilement le cap de la scène dans cette configuration bien particulière du solo guitare/voix, avec par la suite le support de son ordinateur portable. Ce n’est lors que des derniers titres joués en groupe avec l’aide des musiciens de Kendra Morris et du guitariste Jimmy James que Taylor Williams emporte réellement l’adhésion et emballe l’affaire. Mais il s’agît assurément d’un talent en devenir, à suivre…

Place ensuite à la première vedette de la soirée, la new-yorkaise Kendra Morris, talent sûr de la soul actuelle dont on s’entonne qu’elle ne soit pas encore la superstar que son talent suppose. Chanteuse/guitariste, Kendra Morris est entourée d’un groupe resserré, guitare, basse et batterie, finalement assez rock dans l’esprit. Ainsi va le set de la soirée, tantôt charmeuse, tantôt intimiste, seule à la guitare, avant de finir en trombe avec les chansons les plus nerveuses et groovy (jolie démonstration hendrixienne du guitariste) de son répertoire, majoritairement issu de son récent album « Next », sorti à l’automne dernier.

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On termine enfin avec Parlor Greens, un trio que nous n’avons jamais eu l’occasion d’évoquer sur cette page, mais dont les membres sont loin d’être des inconnus ! Pour son nouveau projet, le génial guitariste Jimmy James a gardé la configuration de son groupe précédent (Delvon Lamarr Organ Trio) à savoir un trio guitare/orgue/batterie, la proposition musicale de l’ensemble étant entièrement instrumentale. A la batterie, nous retrouvons Tim Carman (GA-20) et enfin derrière l’orgue se tient Adam Scone (Sugarman 3). Un sacré casting donc dont l’association tient à la fois du Delvon Lamarr Organ Trio et de The Sugarman 3 (la guitare à la place du saxophone) en y ajoutant l’habile guitare de Jimmy James, plus que jamais sous l’influence d’un autre Jimi (Hendrix). Entre groove jazz et puissance rock’n’roll le trio ensorcelle le public n’ayant pas peur des longues dérives instrumentales, solo à l’appui. La musique devient alors une puissance organique évoluant au fil des regards échangés par les musiciens. C’est à la fois beau, émouvant et diablement groovy !

https://parlorgreens.bandcamp.com/

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vendredi 8 mai 2026

Foo Fighters : « Your Favorite Toy »

 


Surmontant toutes les épreuves, le décès du batteur Taylor Hawkins, le recrutement raté de Josh Freese en remplacement du regretté batteur, le groupe mené par le vaillant Dave Grohl sort son douzième album ! Un album de résilience dont la porte d’entrée serait « Caught in the echo » titre inaugural qui ouvre les débats de manière classique avec ce riff de guitare saccadé typique du son du groupe. Mais une fois la porte d’entrée passée, l’horizon s’étoffe et l’ambiance de ce nouvel album prend de l’ampleur avec les assauts punks (« Of All People », « Spit Shine ») des années que les Foo Fighters n’avait pas déclenché un tel bazar dans les enceintes ! Il faut ensuite peu de temps pour tomber sur un tube, « Window », remarquable bonbon power-pop, qui s’attache aux oreilles aussi sûrement que le sparadrap du Capitaine Haddock, dans une veine quelque peu mélancolique. C’est d’ailleurs ce sentiment qui traverse en filigrane la totalité de l’album telle une constante fantôme. Un album résilient disait-on en ouverture de cette chronique. A qui Dave Grohl s’adresse-t-il lorsqu’il chante « Of all people you should be dead » (sur le titre « Of All People ») ? Confronté par deux fois aux décès (Kurt Cobain, Taylor Hawkins), dans des conditions dramatiques, dans le cadre de ses différents groupes (Nirvana, dont il fut le batteur, Foo Fighters) Dave Grohl, derrière ses allures de gai luron, semble marqué par les épreuves et en fait la synthèse sur un titre poignant « Asking For A Friend » en forme d’épitaphe qui ponctue le disque sur une note émouvante. L’album possède donc plusieurs dimensions et autant de lectures possibles, un vrai bon disque de rock, entre punk et power-pop, euphorisant et procurant un plaisir d’écoute immédiat, mais sous-tendu par une mélancolie persistante (« The clock is ticking » affirme-t-il sur « Unconditional »), signe des années qui passent : « If you only knew » (si seulement tu savais) chante Dave Grohl sur le titre du même nom…

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dimanche 3 mai 2026

Rodney Crowell + Bobbie, Le Café de la Danse, 30 avril 2026.

Nous retrouvons en première partie une vieille connaissance, la chanteuse Bobbie, dont le premier album nous avait bluffé. Seule avec sa guitare folk, la chanteuse égrène les chansons dudit album et profite de l’occasion pour présenter quelques nouveaux titres. Dans un registre folk, teinté d’Americana mélancolique, Bobbie charme : son grain de voix s’éraille légèrement sous l’émotion et peut aussi descendre dans les graves. Dans ce genre bien spécifique, difficile de trouver mieux à l’heure actuelle en France ! Bobbie aura même l’honneur d’un duo avec Rodney Crowell un peu plus tard dans la soirée.

https://www.facebook.com/bobbiemusicofficial


Soixante-dix ans passés, une carrière débutée dans les années 1970, Rodney Crowell est un légende, une vraie, de la musique américaine, bien trop méconnue par chez nous, il s’agît seulement de son deuxième passage sur une scène française. Chemise à carreaux et jeans fatigués, utilisant une seule guitare folk durant tout le set, le chanteur, qui n’a jamais joui d’une telle exposition en France auparavant, n’est pas là pour prendre la pose et préfère laisser parler les chansons. He’s the real deal dit-on en anglais ! En trio, accompagné d’une pianiste et d’un violoniste (également à la mandoline de temps à autres) le chanteur impressionne par sa présence rythmique et sa capacité à créer du groove en dépit de la formule limitée, là où tant d’autres alignent les performance monolithiques. Parfaitement placé rythmiquement le trio alterne morceaux enlevés et passages lents et mélancoliques. Le chanteur prend également le temps d’expliquer comment lui viennent les chansons, avec humour souvent, d’expériences, de rêves, de cauchemar (comme cet adultère cauchemardé) et, surtout, des rencontres. Des destins compliqués, voire brisés, que le chanteur évoque avant de conclure souvent par la même formule : « He deserved a song » (il méritait que je lui écrive une chanson). Cette humanité est ce qui nous a le plus touché chez le chanteur, le concert fût sublime !

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samedi 2 mai 2026

The Animeros + Marco Ferreira, L’Archipel, 29 avril 2026.




En première partie, nous avons pu découvrir Marco Ferreira, jeune talent, l’air un peu geek avec son tee-shirt X-Men, qui, seul avec sa guitare, nous a fait voyager entre ses deux pays, la France et le Portugal. Loin de se contenter du chant, bilingue sur quelques titres, son jeu de guitare semble également imprégné de cette double culture, empreint d’influences latines venues du fado. Précis et délicat, ses doigts arpègent les cordes de sa guitare avec un raffinement soigné, à l’instar de son chant. Lorsqu’il se saisit de sa guitare électrique, sur un titre seulement, sa musique change d’aspect et emprunte des voies plus aventureuses, sans saturation électrique excessive, mais avec toujours la même délicatesse. Belle découverte.

Les politiciens peuvent bien construire tous les murs possibles et imaginables, il n’en reste pas moins que les cultures, (musiques, cuisines etc...) restent, et c’est heureux, poreuses. En ce sens, le cas des Animeros, est bien symptomatique. Venu du Texas, le quintet est imprégné de cette culture latine venue de l’autre côté de la frontière. Pour résumer, The Animeros c’est un groupe de rock, garage et psychédélique, qui aurait remplacé la batterie par des percussions latines, des congas notamment. Menée tambour battant, pulsant le groove et le soleil à plein, la musique emprunte à plusieurs idiomes, du blues (un peu), une pédale wha-wha à réveiller le fantôme de Jimi, un orgue psyché et des percussions soul inspirées par Curtis Mayfield ou les Dap-Kings de Sharon Jones. Quelque part entre Los Lobos et Xixa (sans le côté goth) la proposition musicale des Animeros est, en majorité, instrumentale, et les quelques chœurs qui agrémentent les compostions sont, bien évidemment en espagnol. Le groupe présente un avantage considérable, celui de rendre joyeux et de bonne humeur ! Quel concert ! Pour sa toute première européenne, The Animeros (dont le premier album sortira à la fin de l’été) a choisi Paris. Qu’ils en soient ici remerciés !

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vendredi 1 mai 2026

Cat Clyde + Valentine Lambert, Supersonic Records, 28 avril 2026.

La petite scène du Supersonic Records prend des airs de hootenanny avec une soirée placée sous le signe des guitares et des chanteuses. On commence avec Valentine Lambert qui, derrière son patronyme bien de chez nous, cache une artiste grandement influencée par le folk et l’americana. Le tout dans la langue de Molière ! Malheureusement gênée aux entournures par une guitare récalcitrante, la chanteuse égrène des accords arpégées avec talent et délicatesse, à l’instar de son chant velouté, et des textes inspirés par sa vie quotidienne, les rencontres, le tout constituant une sorte de fuite en avant, vers un imaginaire musical (« La tête ailleurs » chante-t-elle) magnifié. Une manière d’embellir la vie de tous les jours, d’enluminer le quotidien, comme un rayon de soleil mélodique. Belle découverte.

https://valentinelambertmusic.fr/

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On monte dans les tours, en intensité, les amplis chauffent dans le rouge, attention la tornade Cat Clyde arrive sur scène ! Méconnue dans nos contrées, en dépit d’un parcours discographique déjà conséquent, la Canadienne nous avait soufflé avec son dernier album au titre prophétique « Mud Blood Bone » soit, dans l’ordre, de la boue, du sang et des os. C’est, à peu de choses près, le programme de la soirée. De la boue, la chanteuse se situant dans une forme de ruralité musicale, le folk, la country, le blues et, forcément, du rock’n’roll, en tête de gondole de ses préoccupations musicales. Le concert fut absolument formidable, d’une énergie euphorisante (le sang et les os du titre) emprunt de feeling, et traversé de moments émouvants lorsque le pied se relève de l’accélérateur. Quelque soit le contexte la chanteuse adapte son chant aux accents country bien aidée dans sa tâche par un groupe (guitare, basse et batterie) aux petits oignons. On en redemande !

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samedi 25 avril 2026

Cat Clyde : « Mud Blood Bone »

 


Attention talent ! D’aucuns, et ils sont nombreux, n’ont jamais entendu parler de Cat Clyde. Active depuis 2017, la Canadienne en est à son sixième album et quel album ! Partant d’un canevas classique de folk, de blues et d’Américana, la musicienne imprime sa marque personnelle avec un disque débordant de feeling, flirtant avec la soul (« Dark Back »). L’album, à peine inséré dans le lecteur, électrise l’auditeur dès lors que rugit la guitare survoltée (« Where is my love » ; « Wanna Ride » quasiment garage). Quelque titres plus avant la donne change totalement alors que résonne le piano mélancolique d’« Hold my hand », titre minimaliste où la chanteuse donne la pleine mesure de son talent vocal. Une approche intimiste prolongée par « I am now » déroulant un tapis de cordes dont le bruissement évoque la tombée des feuilles mortes en automne. Couvrant un large spectre d’émotions, d’une extrême à l’autre, l’album évoque des milliers d’émotions ressenties lors de la découverte de Karen Dalton, Cat Power ou les grandes prêtresses country Patsy Cline et Bobbie Gentry. On achève l’écoute avec le sentiment d’une découverte majeure. Un classique instantané.

En concert au Supersonic Records le 28 avril.

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jeudi 23 avril 2026

Emerald Moon : « The Sky’s The Limit »

 


Né, entre autres, sur les cendres du projet United Guitars, une série de compilations rassemblant la fine fleur des guitaristes français dans le but de promouvoir l’instrument, voici venu Emerald Moon, nouveau groupe classic rock. Évidemment, avec un pedigree pareil : Michaal Benjelloun (Gaëlle Buswel ; United Guitars) et Fabrice Dutour (Back Roads ; United Guitars), Emerald Moon fait vibrer la membrane des amplis, multipliant les riffs et autres solis, dans la lignée de Led Zeppelin, soit cette fibre particulière à la fois heavy, psychédélique et blues, voire folk (« Shriking Violet » qui sonne comme un inédit du troisième album de Led Zep). Le chant puissant de Vanessa Di Mauro apporte quant-à-lui un feeling plutôt soul et rentre-dedans qui rappelle plutôt, pour citer un exemple plus récent, Blues Pills (« Devil Woman » titre en forme de clin d’œil au groupe suédois). La section rythmique est composée du bassiste François C. Delacoudre (un autre ex du projet United Guitars) et du batteur Laurent Falso et pratique parfaitement ce groove puissant, façon rouleau compresseur, tantôt ravageur, tantôt compact (« Show me your colours ») fin et raffiné. Vous l’avez certainement compris avec un tel casting Emerald Moon plane très très haut au-dessus de la sphère du rock français. Mais au-delà de la virtuosité affichée par les uns et les autres, le groupe trouve sa note personnelle dans cette volonté de remettre au goût du jour ce son 70s en l’émulant tout en le modernisant. Un classique instantané certes mais à la personnalité bien affirmée et qui vaut bien plus que l’addition de toutes ses influences.

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mercredi 22 avril 2026

Dirty Sound Magnet, La Maroquinerie, 21 avril 2026.

Le trio suisse, francophone, creuse peu à peu son sillon dans l’Hexagone et, pour leur deuxième passage à Paris seulement, ont l’honneur d’une Maroquinerie pleine à craquer et toute entière conquise d’avance. Un étrange trou de serrure géant et illuminé orne le mur du fond de la salle, derrière la scène, et rappelle le visuel de leur album « Dreaming in Dystopia ». Le groupe impose d’emblée un volume impressionnant le public est chaud bouillant. Derrière la guitare Stavros, aux allures de Cillian Murphy jeune, fait montre d’une chorégraphie étrange, saccadée, et son corps se raidit au fur et à mesure qu’il dévale le manche de sa guitare à une vitesse folle, comme si le musicien entamait un sprint imaginaire avec le regretté Alvin Lee (Ten Years After), lui aussi virtuose d’une célérité peu commune. Comme le disait le guitariste/chanteur, le présent concert est un voyage où le public en a vu de toutes les couleurs (on ne fait pas seulement référence au light show). La musique du trio tient sur un équilibre fragile entre puissance sonore, divagations sonores planantes progressives, influences orientales ou africaines et blues (des Alpes comme le précise Stavros!) Quelque-part entre Led Zeppelin pour le hard-rock blues psychédélique et Jimi Hendrix pour les coups de wha-wha bien sentis. Chaque musicien à droit à son solo et il faut savoir gré au trio de remettre à l’honneur les solos de basse (Marco Mottolini) et de batterie (Maxime Cosandey, déjà une petite star sur la place de Paris). Les deux heures de concert ont laissées le public exsangue. On espère les revoir très vite et nous attendons la suite de leurs aventures avec impatience.

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mardi 21 avril 2026

B.R.E.T.O.N.S : « D.A.O.U »

 


Le collectif (14 musiciens crédités sur l’album!) breton hausse le ton et le prouve en attaquant son deuxième disque avec une reprise, aussi musclée que l’originale, du « Shipping Up To Boston » des Dropkick Murphys, voilà qui commence fort ! Le reste de l’album se révèle à peine moins punk, mais toujours aussi rock (« An Holl A Gevret »), les guitares saturées contrastant avec les cornemuses, bombardes et autres samples pour la note moderne. Mais surtout l’album vise large, au-delà de son pré-carré celte, incluant plusieurs passages plus rappés que chantés. Le choix des reprises (3 au total sur l’album), élargit également le périmètre, du « Sally MacLennane » des Pogues au « Brest » de Miossec, dans un grand mouvement d’unification celte de l’Irlande à la Bretagne en passant par l’Ecosse ; chanté en anglais, français et langue bretonne. Engagé (« Jamais Assez » ; « Penn Sardin ») survolté et saturé d’électricité !

En concert le 25/04 au Café de la Danse.

https://bretons-legroupe.com/

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lundi 20 avril 2026

Natacha Tertone : « La Patience n’existe pas »

 


La patience n’existe pas, nous affirme Natacha Tertone et s’il y a bien une artiste qui peut nous parler de patience c’est bien Natacha qui a attendu 26 ans pour sortir son deuxième album. Il s’en est, en effet, passé bien des choses depuis l’an 2000 qui avait vu apparaître la comète Natacha Tertone et son album « Le Grand Déballage ». Mais que s’est-il passé ? La question sous-tend la totalité du disque, comme un fil invisible reliant les chansons les unes aux autres (« Ne jamais dire jamais » ; « L’attente » ; « La Patience » ; « Laisse » ; « La Valse de 25 ans »). Au milieu de tout ça se trouve « Quand tu fais le mort » seul titre rescapé de ce qui aurait dû être le deuxième album de Natacha, en 2001, et dont l’enregistrement est resté inachevé. Ainsi le temps qui passe, la résilience, les opportunités, perdues ou miraculeuses, sont les thèmes au cœur de ce nouveau disque. Les chansons sont comme autant de polaroids décrivant, en creux, le portrait, émouvant forcément, de l’artiste et de ses doutes et questionnements. Sur le plan musical, le présent album marque une évolution significative de l’artiste qui n’a pas oublié en cours de route les guitares du premier album (« Ne Jamais dire jamais » ; « 1 2 3 Soleil » une autre réflexion sur le temps) mais trouve une note bien particulière dans ce curieux mélange de synthwave dark (« Là »), de groove (la batterie de l’excellent Bruno Mathieu) et de chansons électro. Un disque aussi touchant qu’émouvant.

En concert le 21 avril au Zèbre de Belleville








dimanche 19 avril 2026

Emma Sand Group + The Reed Conservation Society, QG Oberkampf, 16 avril 2026.



C’est une superbe affiche réunie en ce jeudi soir, au Quartier Général Oberkampf, un bar disposant d’une scène curieusement coupée en deux par un poteau fort mal placé.

On débute nos retrouvailles avec The Reed Conservation Society en quatuor qui commence son set avec quatre nouvelles chansons, issues d’un nouvel album à sortir ce printemps. Quatre titres absolument magnifiques ! Renouant avec le chant en anglais le quatuor retrouve la quintessence de sa musique entre folk britannique et pop californienne ensoleillée. Dans ce contexte la trompette assurée par Mathieu (quand il n’est pas à la guitare, assez souvent agrémentée d’une pédale wha-wha) s’avère fondamentale et un atout de choix pour créer ce feeling propre au groupe, cet écrin soyeux qui le caractérise. On note également l’apparition d’un clavier qui permet également d’épaissir le propos pop du groupe. Le début de fièvre n’a pas altéré, ou si peu, le chant, émouvant, de Stéphane ni son jeu de guitare acoustique, incarnant l’aspect folk de la formation, raffiné et délicat. La section rythmique est aussi au sommet et la souplesse du batteur apporte à la fois du groove mais aussi de la puissance, si nécessaire, pour établir ce fragile équilibre de la musique entre folk, pop et rock. La prestation du soir a un goût de trop peu et donne envie d’écouter la nouvel épisode de leurs aventures. Vivement la suite !

https://www.facebook.com/TRCSfrenchband


Nous poursuivons la soirée avec un autre précieux quatuor de notre paysage musicale, beaucoup plus rock et électrique dans ses intentions, celui menée par la chanteuse Emma Sand. Ce groupe a ceci de fabuleux qu’il révèle, au fil du temps, des nuances, des aplats et des déliés, une finesse dans l’approche musicale que l’on ne perçoit pas vraiment au premier abord, emporté par la tornade de Frank, son formidable guitariste. Le quatuor sait bastonner si nécessaire, tout en détournant les codes du folk et du blues qui ont probablement du les nourrir quelque part au long du chemin, pour faire sien ce paysage d’americana et lui apporter une touche personnelle et française unique (même si le chant est en anglais). La section rythmique est solide, le chant est ample et expressif, la guitare est souple, déborde de feeling et découvre des émotions insoupçonnées dans tous les recoins du manche. La formation profite de l’occasion pour dévoiler quelques nouveaux titres et invite Mathieu à l’accompagner à la trompette le temps d’une reprise de « Ring of Fire » de Johnny Cash. Ce fut un excellent moment !

https://www.facebook.com/EmmaSandBand/

https://emmasand.bandcamp.com/


vendredi 17 avril 2026

Ramon Pipin Band, Le Café de la Danse, 11 avril 2026.

C’est dans son antre habituel, la salle du Café de la Danse (récemment endeuillée par la perte de son propriétaire, le bienveillant et regretté Loic Berrouk) que Ramon Pipin, entouré de son groupe enrichi, que Ramon Pipin a retrouvé la scène. A la suite de la sortie de son nouvel effort, le concert se déroule également en deux parties, la première, colorée, consacrée à son répertoire humoristique (les oreilles d’Indochine ont du siffler) où contrepèteries, blaguounettes ou jeux de mots se succèdent, dont ses fameux « twongs » (contraction de tweet et de song), sorte de haïkus humoristique (le meilleur : « Tu fais toujours des salades pour savoir si je suis fidèle mais laitue »!) Mais s’il y a bien un sujet sur lequel Ramon n’est pas un rigolo, c’est bien la musique! Entouré par un groupe top (dont le fabuleux guitariste Brice Delage ou la merveilleuse chanteuse/guitariste folk Inès Damaris et son acolyte Audrey aux chœurs, impossible de les citer tous, désolé) enrichi d’un quatuor à cordes et d’une section de cuivres, les petits plats sont mis dans les grands pour faire rayonner le répertoire de Ramon, lui-même assez varié entre riffs de guitare énormes, dans la lignée de ses idoles les Rolling Stones, et électronique vintage. En deuxième partie, le ton se veut plus grave, sérieux, sans pour autant se départir de sa bonne humeur. L’émotion, palpable, s’invite sur scène le temps d’un « Dans le tiroir du bas » en duo avec Inès ou la très personnelle « Pitchipoi » en duo avec Sarah. Une très bonne soirée.

https://www.ramonpipin.fr/


samedi 11 avril 2026

Great Lake Swimmers le 12 mai au Supersonic Records

 


Le magnifique groupe folk canadien sera au Supersonic Records le 12 mai prochain au Supersonic Records !

BILLETERIE




Rodney Crowell le 30 avril au Café de la Danse

 


Attention événement ! Le vénérable Rodney Crowell, foulera, pour la première fois de sa carrière, le sol français ! Ca se passera le 30 avril au Café de la Danse et vous pourrez dire : "J'y étais" !

BILLETERIE




vendredi 10 avril 2026

The Celtic Social Club : « You Should Know »

 


Et dire que tout a débuté comme un projet éphémère, une création, pour participer au festival des Vieilles Charrues ! Dix ans plus tard, le Celtic Social Club est toujours actif après maintes et maintes péripéties et de nombreux changements de chanteurs. D’ailleurs, c’est un nouveau venu, l’Irlandais Taylor Byrne (venu de Dublin) qui tient le micro sur ce cinquième effort. Cinquième album donc pour le groupe qui s’ouvre à de nouveaux horizons. C’est sur la recommandation de leur producteur, l’Anglais Nick Davis, que le groupe s’est lancé dans cet enregistrement sans filet de protection. En prise directe, tous ensemble dans le studio, à l’ancienne. Il en résulte un album brut, s’éloignant parfois du carcan du rock celtique pour se rapprocher des sonorités indés (« I Know who you are » ; « I will go » ; « Never get enough ») tout en restant fidèle à ces dernières («Yes, I am ») mais avec une approche abstraite et éthérée (la très curieuse « Imbolc »). The Celtic Social Club incarne une sorte d’incongruité sur la scène française, étant le plus british des groupes hexagonaux. Ce nouvel album nous donne à écouter un folk/rock (« Winter’s nearly done »), brut et puissant, d’excellente facture mais ça, you should know, vous devriez le savoir !

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lundi 6 avril 2026

Cecil L. Recchia : « Sings Django Reinhardt »

 


Lorsqu’on l’interrogeait sur la question, Stéphane Grappelli, le grand violoniste, avait coutume de répondre : « La musique de Django : un jazz sans tambour ni trompette ». Lorsqu’il s’est agît pour Cecil L. Recchia de rendre hommage au corpus de Django Reinhardt, la chanteuse a décidé de faire exactement l’inverse, c’est à dire un album avec (en autres), tambour (comprendre batterie) et trompette (cf. la sublime « Mabel »). On peut également y entendre de la contrebasse et du piano et, surtout, la voix de Cecil qui porte sa patte sur ce répertoire en signant l’intégralité des textes. C’est une démarche plutôt maline de la part des musiciens qui permet de réinventer totalement la musique de Django en y insufflant un dose de blues (« Are you in the mood ? »), de hard bop (« Mabel » ; "Vette") ou un soupçon de swing New Orleans (« Blue Drag »). Sans la moindre note de guitare (ni de violon), le lien avec Django Reinhardt apparaît plus que ténu. Tant mieux ! Nul n’a besoin de relecture à l’identique, les multiples rééditions permettent de se replonger, avec délice, dans le jazz manouche du guitariste. Le présent album se présente plutôt en complément du répertoire original. Une démarche à la fois judicieuse, charmante et réussie.

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