Lorsqu’on l’interrogeait sur la question, Stéphane Grappelli, le grand violoniste, avait coutume de répondre : « La musique de Django : un jazz sans tambour ni trompette ». Lorsqu’il s’est agît pour Cecil L. Recchia de rendre hommage au corpus de Django Reinhardt, la chanteuse a décidé de faire exactement l’inverse, c’est à dire un album avec (en autres), tambour (comprendre batterie) et trompette (cf. la sublime « Mabel »). On peut également y entendre de la contrebasse et du piano et, surtout, la voix de Cecil qui porte sa patte sur ce répertoire en signant l’intégralité des textes. C’est une démarche plutôt maline de la part des musiciens qui permet de réinventer totalement la musique de Django en y insufflant un dose de blues (« Are you in the mood ? »), de hard bop (« Mabel » ; "Vette") ou un soupçon de swing New Orleans (« Blue Drag »). Sans la moindre note de guitare (ni de violon), le lien avec Django Reinhardt apparaît plus que ténu. Tant mieux ! Nul n’a besoin de relecture à l’identique, les multiples rééditions permettent de se replonger, avec délice, dans le jazz manouche du guitariste. Le présent album se présente plutôt en complément du répertoire original. Une démarche à la fois judicieuse, charmante et réussie.
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