C’est très probablement à un acte de naissance que l’on a assisté en ce samedi soir sur la scène du théâtre Antoine Vitez d’Ivry. Masquée derrière un rideau blanc, en ombre chinoise, telle une présence mystérieuse, la chanteuse BlauBird (Laure Slabiak à l’état civil) lance son nouveau projet artistique. La chanteuse apparaît tardivement après une longue introduction instrumentale. Au sein d’un nouveau groupe où se mélangent figures habituelles : Nicolas Beck (tarhu) ou Rémi Fox (saxophone) ; d’autres plus épisodiques (son mari Olivier Slabiak au violon, à la présence scénique plus rare) voire carrément nouvelles (la batterie assurée par Bastian Pfefferli, une première) BlauBird lance la première étape d’un nouveau projet qui doit aboutir à un troisième album sur le thème général de la nuit (au sens propre comme au figuré). D’ici là, la chanteuse teste de nouvelles chansons, en rejoue quelques anciennes, tout en restant fidèle à l’univers qui a fait sa réputation. Les échos du chant lyrique apparaissent lorsque sa voix s’élève au-dessus des contingences, la musique classique (Bizet, Schoenberg) voire baroque (Marin Marais) s’amalgame aux chansons, les langues dialoguent entres elles (arabe, yiddish, français, anglais) dans un geste humaniste, la poésie toujours omniprésente. En ce sens, l’apport de la batterie s’avère fondamental, servant merveilleusement le propos lorsque l’ambiance s’orientalise, et constitue un point d’appui capital pour que la musique s’envole. Enfin, sachons rendre grâce à BlauBird pour ce geste hélas trop rare sur la scène française. Là où d’autres invectivent, vocifèrent, la chanteuse propose une autre voie, plus rare et ô combien précieuse : celle de la tempérance, du dialogue entre les cultures, de l’amitié entre les peuples, de l’acceptation mutuelle, nécessaire étape vers la paix. Qu’elle en soit ici remerciée.
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