lundi 23 mars 2026

MÔ’TI TËI : « Ant 1 : The Scam Of The Mystical Cicadas »

 


Déjà auteur d’un premier album remarqué en 2021, Mô’ti tëi nous revient avec un deuxième effort toujours aussi émouvant mais où le folk se pare de nouveaux atours tout en gagnant en profondeur. Dès la première plage, « My Deaf Friend », nous sommes saisis par l’ampleur sonore de la musique, sa profondeur et le soin apporté aux arrangements (cf. « Decline » au raffinement swing déglingué avant la grande tornade électrique). La contrebasse, le banjo, la guitare électrique (sublime solo sur « The Best Songs I Write », tirant la musique vers le blues ; « The Point » étonnamment funky dans son intro) sont autant d’éléments apportant une grande diversité d’ambiances tout en diffusant une émotion palpable (cf. « A Second ») du début à la fin du disque. La voix élastique du chanteur, qui nous prends aux tripes, y est également pour beaucoup, n’hésitant pas à s’aventurer dans les aigus à des hauteurs rarement fréquentées, portant l’émotion à un nouveau sommet à chaque titre. Au fil des écoutes, l’album réussit ce petit exploit de créer une véritable intimité avec l’auditeur, comme si ce dernier était invité aux agapes. Une belle réussite.

En concert le 4 juin à la Dame de Canton.

https://www.motitei.com/

https://www.facebook.com/motiteimusic




jeudi 19 mars 2026

Malted Milk : « Time Out »

 


Chez Malted Milk on ne se contente pas d’écrire des chansons et de les enregistrer par la suite pour produire des disques. Non, chez les Nantais, le blues et la soul sont un véritable mode de vie, et ce depuis 1999 ! Ce nouvel album, le huitième, ne nous contrediras pas. Ce qui compte pour Arnaud Fradin et son groupe, c’est la rencontre, l’ouverture vers de nouvelles sonorités, la collaboration avec de nouveaux artistes. Ainsi ce nouveau disque ressemble à une collection de moments de vie, captés sur le vif, et voit le groupe poursuivre une collaboration, entamée sur l’album précédent, avec Marco Cinelli (Cinelli Brothers) tout en ouvrant le micro à Ben l’Oncle Soul ou au collectif Le BIM (Benin International Musical) pour un résultat entre soul, funk et afrobeat tout à fait inédit et qui démange sacrément les oreilles. Et c’est ainsi que, tout en restant fidèle à ses passions premières, le groupe continue d’évoluer, creusant toujours un peu plus profondément le sillon du groove, langoureux ou puissant (au choix), proposant, à chaque fois, un disque différent, mais toujours d’égale qualité. D’albums en albums, c’est un corpus attachant qui se dessine, se prolonge, et c’est l’un des plus précieux de la soul à la française. « Time Out » ne déroge pas à la règle : il ne déçoit pas !

En concert le 26 mars à Paris (La Cigale)

https://www.malted-milk.com/

https://www.facebook.com/maltedmilkofficiel




jeudi 12 mars 2026

Discover : « California Suite »

 


C’est une sensation assez rare finalement, celle de tomber sur un album dont la pochette, tant elle évoque un imaginaire puissant, semble nous exhorter : « Ecoute-moi ! » Une voiture vintage, une route en forme de ligne droite infinie, un couché de soleil, la skyline de Los Angeles qui se profile au loin à l’horizon et un titre évocateur au possible, « California Suite », posent le décor. Pour son (miraculeux) deuxième album, le duo Discover affiche ses influences. Enfin presque. Plutôt que de parler d’influences, le terme « ambiance » semble plus approprié. Discover fait de la pop estivale, de plage, de la sunshine pop au sens premier du terme, dans la mesure où les chansons semblent gorgées de soleil. Délicats arpèges de guitare folk, bruits de vagues dans le fond et harmonies vocales à tomber par terre, le tableau est parfait, relaxant, apaisant. Il faut dire que derrière l’alias Discover se cache un artisan pop à la musicalité imparable : Olivier Albert Brion. Faisant fi des moyens limités mis à sa disposition et faisant de cette économie de moyens forcée une force, Olivier bâtit, une composition après l’autre, un écrin précieux et idéal pour la sublime voix de la chanteuse Nova. A la fois sensuel et éthéré le chant de cette dernière ajoute une légère intonation soul aux compositions des plus séduisantes. Après un premier album sorti il y a 20 ans, et un peu tombé dans l’oubli depuis, cette renaissance inattendue de Discover relève du miracle. Et loin d’être un coup d’épée dans l’eau, puisque un troisième album est d’ores et déjà annoncé pour ce printemps.

En concert le 3 avril au Truskel

https://www.facebook.com/groupdiscovermusic

https://hotpumarecords.bandcamp.com/album/california-suite





vendredi 6 mars 2026

Julii Sharp : « Burning Line »

 


Au début était Julii Sharp, chanteuse évanescente de balades cotonneuses. Puis est arrivé ce premier album, conçu et enregistré, dans les conditions du live, comme celui d’un véritable groupe (et non plus comme un ensemble de musiciens accompagnant la chanteuse). Un véritable effort collectif donc, apportant relief et profondeur aux compositions de Julii qui a désormais adopté l’anglais. Un choix qui convient plutôt bien à l’univers de l’album, à la fois emprunt de délicatesse folk (« Phantom »), d’ambiances vaporeuses aux moult effets sonores sur les guitares (« Balconies ») mais aussi de poussées de fièvre rock’n’roll (« AB November » ; « Rainbow » ; « Chrysalis »), les amplis qui crépitent et les aiguilles dans le rouge. D’une extrême à l’autre, le chant de Julii plane au-dessus de la mêlée toujours emprunt de douceur, que cette dernière soit à l’avenant de la musique ou, au contraire, en contrepoint des guitares hurlantes, sans pourtant nuire à la cohérence de l’ensemble. Un album qui s’écoute comme un rêve éveillé, comme un écho lointain aux turbulences qui agitent Big Thief de l’autre côté de l’Atlantique.

https://juliisharp1.bandcamp.com/album/burning-line

https://www.facebook.com/juliisharpmusic#