mercredi 15 juillet 2015

James Taylor : « Before this world »



Aussi improbable que cela puisse paraître, James Taylor, songwriter cardinal des sixties et premier artiste signé (en 1968) sur Apple, le label des Beatles, n'avait pas sorti d'album original depuis « October road » en 2002. Autant dire que l'événement est d'importance tant le personnage compte. On se souvient avec émotion de sa participation (au banjo) à l'enregistrement d' « Harvest », le chef d'oeuvre signé Neil Young (1972) ou de « Sweet Baby James » son chef d'oeuvre à lui sorti en 1970. Avec un tel vécu, James Taylor n'est pas le genre d'artiste à se laisser influencer par les modes ni le temps qui passe et préfère faire confiance à sa plume. Bien lui en a pris. Son album est certes d'un classicisme absolu mais n'est pas, loin s'en faut, dénué de qualités. Sur la pochette James pose à l'arrière d'un truck vintage sur lequel on devine le reflet d'une fôret. Tout l'album est résumé là. Un album tranquille, laid back, au son naturel, enregistré au coin du feu dont les arpèges folk résonnent avec douceur à nos oreilles et dont les meilleurs moments, « Montana », « Snow time », « Before this world/Jolly Springtime » n'auraient pas dépareillé sur les classiques des années 1970. Parfois, James enrobe le tout d'une petite touche de country, « Today, today, today » , « Watchin'over me » et les fidèles de cette page savent à quel point nous sommes sensible à ce genre d'arguments. Enregistré en compagnie de fidèles (dont le batteur virtuose Steve Gadd) James Taylor accouche d'un classique instantané, fin et élégant. Et même si la chose ne brille pas par son originalité, c'est tout de même une sacrée bonne nouvelle !


mardi 14 juillet 2015

Tortured Soul : « Hot for your love tonight »



Originaire des Etats-Unis, le trio Tortured Soul a vécu un drame personnel, le décès de son clavier Ethan White, en mars dernier juste avant la sortie de ce troisième album. Pas encore marqué par la tragédie, le trio a livré un album particulièrement festif, dansant, à équidistance du funk 80s et des sonorités électro voire house plus modernes. Intitulée « Hot for your love tonight », la chose ne laisse que peu de place à l'ambiguité. Le track listing est ainsi particulièrement éloquent : « Dirty », « I don't need your love tonight », « Girl (take a break backstage) », « Take me to your house » et on en passe... On retiendra le chant plutôt soulful du chanteur (également batteur) John-Christian Urich Pour le reste, la musique est plutôt orientée club constituant la bande originale des petits cochons, prêts à chauffer, du samedi soir...


lundi 13 juillet 2015

Jay W. McGee : « Good Feeling »


Le revivalisme soul, dans la lignée des productions Daptone, à base de groove 60s, de percussions et de cuivres déchaînés n'a de cesse de faire des émules ces derniers temps. Jay W. McGee préfère lui se consacrer à une période plus tardive et méprisée, les années 1980, où la Great American Black Music se drapait d'atours dansants puisés dans le funk et la disco. Il faut dire que notre homme a de quoi tenir. Vétéran des années 1980, McGee a sorti deux albums en 1981 et 1988 avant de tomber dans l'oubli. Pour sa première sortie depuis 25 ans, Jay a donc repris les choses là où ils les avait laissées. Un funk dansant, entrainant, groovant en sourdine et justement dosé (c'est à dire pas trop) en synthés qui ne sonnent ni dâté ni kitsch (exploit!). Le tout se situant dans la lignée du Gap Band. S'adressant aussi bien à la tête qu'aux jambes de ses auditeurs, McGee n'oublie pas de faire passer quelques messages (« Danger ! »). Parmi les compositions les plus intéressantes citons le groove langoureux et sexy de « Make time for love » alors que « Do it right now » et « Look here in my heart » trahissent, basses slappées ou non, les racines soul, gospel et jazz de sa musique. Ce qui sied particulièrement bien à son grain de voix fragile et éraillé, toujours sur le fil de l'émotion.


dimanche 12 juillet 2015

The London Souls : « Here come the girls »



2012, un an après la sortie de leur premier album, The London Souls s'apprête à rentrer en studio lorsque le chanteur Tash Neal, victime d'un accident de la route, est laissé entre la vie et la mort. Après une longue convalescence, le leader remis sur pattes, sort enfin ce deuxième disque trois ans après les premiers enregistrements. Presque trois ans trop tard est-on tenté de penser, dans un premier temps, tant la formule du duo rock a fait des émules dans la foulée du succès délirant rencontré par The White Stripes puis The Black Keys. Mais cela serait aller trop vite en besogne que de résumer The London Souls à un succédané des groupes précités. Tout d'abord parce que même les titres les plus énervés du disque (« All tied down ») sont loin de dépasser les sommets de sauvagerie des premiers Black Keys. Suivant sa propre route, le duo préfère une approche plus distancié, plus pop. Ensuite, l'univers des London Souls est riche, très riche, on y entends du folk (« Hercules », « Isabel ») ou un rapprochement avec les musiques Noires, blues ("Honey"), soul et même jazz ("How can i get through") ! The London Souls, bien mal nommé puisque originaire de New York et autant Londonien que l'auteur de ces lignes, parsème le tout d'influences psychédéliques (« Alone ») avec une large palette d'arrangements dépassant de très loin le simple duo guitare/batterie. Mais qu'importe le style abordé, le cœur du groupe bat toujours suivant le rythme binaire du rock n'roll. Seulement ce dernier est suffisamment bien emballé pour empêcher The London Souls de tomber dans l'écueil de la sensation éphémère, livrant un album intemporel qui veillira certainement bien.


samedi 11 juillet 2015

Delaurentis



Un peu plus tôt dans l'année nous avait fait connaissance avec Cécile Delaurentis, jeune chanteuse recrutée par Marc Collin dans le cadre de son projet neo trip hop Bristol. Quelques semaines plus tard et la jeune musicienne est de retour avec un premier EP sous son nom propre. Six titres et Cécile s'impose comme un jeune talent à suivre. L'EP s'ouvre avec « Sparrow », plutôt orientée trip hop, rappelant que la jeune femme a probablement du retenir quelques leçons de sa collaboration avec Marc Collin. Bien loin de se cantonner à un seul style, Delaurentis ne tarde pas à naviguer ensuite vers d'autres rivages, l'acoustique « The Angel », dans un grand voyage musical maintenant le cap vers une mélancolie contagieuse. Un ep à l'atmosphère sombre mais douce, entre chien et loup, où le chant plaintif de Cécile nous prend par la main et nous guide.


vendredi 10 juillet 2015

Leo Bud Welch, La Maroquinerie, 8 juillet 2015

(c) Aubrey Edwards

Agé de 83 ans, Leo Bud Welch est l'un des derniers maîtres du Mississippi Blues encore parmi nous. Autant dire que sa venu dans la petite salle de la Maroquinerie a tout de l'événement immanquable. Il est environ 21h30 lorsque la silhouette voûtée par les années de Leo fait son apparition sur la gauche de la scène avant de rejoindre sa chaise posée au milieu de la scène, sa guitare Les Paul rose à paillette, décorée de stickers à son nom, sous le bras. D'emblée il apparaît que si Leo accuse le poids des ans, ces derniers n'ont aucune prise sur sa dextérité musicale. Son clair, Leo balance les notes et de suite, la maroquinerie prends des airs de juke joint, le public, composé en majorité de vieux hippies, réagit immédiatemment sifflant, criant, exhortant Leo à qui mieux-mieux. Ce dernier prie d'euphorie se lève alors de sa chaise pour une rare tentative de duck walk à la Chuck Berry. Leo balance ses accords avec une grande précision rythmique, c'est net, carré et surtout très puissant : quel swing dans la main droite ! Des vieilles scies mille fois entendues comme « sweet home Chicago » ou « Got my mojo working » en ressortent transfigurées, rajeunies, même si Welch semble parfois un peu esseulé. Une section rythmique pour dynamiter encore plus l'ensemble aurait été la bienvenue... Quant à la voix de Leo, profonde et érraillée, elle respire le vécu. Il ne fait aucun doute que son chant vient réellement de l'intérieur. Sur la fin de son deuxième set, Leo a été rejoint par ses invités à la deuxième guitare. On passera rapidement sur Faris, très décevant, pour s'attarder sur le jeune Marceau qui a fait des miracles à la six cordes. Ce dernier envoie ses notes avec beaucoup d'assurance et prends visiblement beaucoup de plaisir un énorme sourire barrant son visage. La connexion avec Welch prends sans peine, les deux musiciens se complétant parfaitement et esquiveront quelques pas de danse pris dans la chaleur du moment. C'est alors que notre voisine de la fosse sautera les fusibles, hurlant et sautant, avant de nous présenter ses plus plates excuses, désignant du doigt le jeune guitariste : « C'est mon fils ! ». Voilà une note guillerette et mignonne parfaite pour clotûrer cette chouette soirée.


jeudi 9 juillet 2015

Eurockéennes de Belfort 2015.


C'est devenu au fil du temps l'un de nos petits rituels de l'année, nous voilà de retour aux Eurockéennes de Belfort, pour la quatrième année consécutive. Un véritable plaisir de retrouver le superbe site du Malsaucy, sa plage, ses étangs, le bar du boulot dans le sous bois avec vue sur l'étang de la Veronne, le tout situé au pied des Vosges. Une édition caniculaire, aride, sèche et poussièreuse où la bouteille d'eau bien fraîche et la crème solaire ont été nos meilleurs alliées du week-end. Affolé par le thermomètre, qui régulièrement dépasse les 40°, on s'est d'abord demandé ce que l'on était venu faire dans cette galère. Les doutes se sont envolés dès notre entrée sur le site, le demon de la musique avait repris le dessus...

Vendredi 3 juillet 2015 : On se prend un petit coup de chaud d'entrée avec la soul vintage à souhait de St. Paul & The Broken Bones qui se place dans la droite lignée du meilleur des productions Daptone. Dynamique et plein de groove, cuivres rutilants, le groupe met bien en valeur la voix extraordinaire du chanteur Paul Janeway. Ce dernier, blanc comme un linge, growle comme James Brown : incroyable ! Sur les derniers titres la guitare prend plus de place délivrant quelques riffs biens sentis apportant une orientation garage rock pas désagréable du tout à la revue soul. Une belle découverte pour commencer le week end ! Direction ensuite la petite scène intime du club loggia où l'on retrouve la Française Laetitia Sheriff. Trio atypique (batterie et deux guitares) Laetitia et son groupe ravive la flamme d'un rock anglophile dans notre hexagone. Suivant les configuration on pense à Placebo (deux guitares bien énervées) ou à Pink Floyd grâce aux synthés vintage. Charismatique et pleine d'énergie, Laetitia possède de plus un joli grain de voix. Un jeune talent à suivre. On change drastiquement d'ambiance ensuite avec le Ghanéen King Asiyoba : la diversité c'est le grand plaisir de ces gros festivals d'été ! Armé de son kologo (une guitare traditionnelle à deux cordes) King Asiyoba délivre une musique essentiellement rythmique accompagné par une armée de percussionnistes, la transe n'est pas bien loin. C'est alors que déboule sur la grande scène la première tête d'affiche de cette année, Royal Blood, tout auréolé du succès remporté par son excellent premier album. On compare souvent les Anglais aux White Stripes et autres Black Keys sous prétexte qu'il s'agît d'un duo. Le raccourci est un peu facile car dans les faits Royal Blood délivre un rock, certes bluesy, mais beaucoup plus lourd que ses congénères Américains. Cela marche à la perfection sur le tube imparable « Figure it out » malheureusement le reste du répertoire manque parfois un peu d'impact dans sa transposition scènique. En outre le line up est étonnant puisque simplement constitué d'une basse et d'une batterie (heavy mais pleine de groove). L'utilisation de boucles dans le fond et d'une multitude d'effets sur la basse donne cependant l'illusion parfaite d'une guitare. Excellent groupe néanmoins auquel il faut juste laisser le temps de se construire un répertoire solide. On reste ensuite sur la grande scène pour retrouver Ben Harper. Après une petite escapade en compagnie du bluesman Charlie Musselwhite, Harper retrouve son groupe fétiche, les innoncent criminals. Situé au croisement de différentes musiques qui nous sont chères, blues, rock, folk et reggae, Harper nous plonge dans une ambiance langoureuse et séduisante au groove soyeux grâce aux percussions chaudes et à l'excellent bassiste aux interventions toujours judicieuses. Certains de ses plus vieux fans seront cependant déçus par l'aspect mécanique de sa prestation. Après vingt ans de carrière, Harper a perdu en intensité et en fraîcheur ce qu'il a gagné en professionnalisme (à l'américaine). Alors que la nuit tombe (mais pas la température) la scène du club loggia prends des allures de dancefloor déchaîné avec le quatuor bisontin Cotton Claw. Aligné derrière leur pupitre (une disposition qui rappelle C2C), chacun derrière son pad, les quatres membres de Cotton Claw balancent le son, entre électro et hip hop, tout en s'agitant en rythme, histoire d'assurer le show : dansant ! On termine cette première soirée en compagnie des français de The Do. Après des débuts plutôt marqués par le folk, le duo a effectué un spectaculaire virage électro pop sur son deuxième effort salué par la critique. Comme pour se débarrasser d'une formalité, le groupe entame directement avec son tube « on my shoulders » dans une version piano électrique/voix bien différente du reste de son set. Les trois musiciens de complément font ensuite leur apparition en arc de cercle derrière la chanteuse Olivia. L'utilisation d'une batterie électronique mêlée à la basse donne un son très mat, comme en sourdine, particulièrement attrayant, c'est la meilleure configuration pour ce groupe (du moins celle que l'on préfère). D'une manière générale, la pulsation rythmique tient un rôle capital dans cette nouvelle formule du do, chacun étant équipé de petits pads, en sus des claviers, complétant le beat binaire et bestial de la batterie électronique. La chanteuse Olivia rayonne de beauté et de charisme, la connexion avec le public est intense. Son grain de voix fragile et cristallin caresse les compositions. Un très beau set pour finir la soirée...

Samedi 4 juillet : Un petit tour par la scène de la plage s'impose pour bien commencer l'après-midi en compagnie de Forever Pavot, formation à cheval entre le rock psyché et la musique de film, le tout exhalant un fort parfum des 60s. Emile groove derrière ses claviers vintage bien soutenu par une batterie et des percussions funky, excellent ! Le set à peine fini, alors que l'on déménage le matériel, le dj Jonathan Toubin débarque sur l'avant scène avec sa caisse de 45 tours sous le bras, histoire de ravir le public de quelques perles 60s bien senties. Un bon moment. Vint ensuite Grunge, trio au nom follement original, l'ancien projet de Guillaume Brière (The Shoes) et de Anthonin Ternant (The Bewitched Hands). Lookés 90s, affublés de casquettes portées à l'envers, le trio plagie allègrement Nirvana, mêmes plans, mêmes accords... Bien exécuté dans une veine nostalgique mais difficile de prendre tout ça au sérieux... Quelque temps après sur la grande scène déboule Seasick Steve, accompagné de son fidèle batteur et de sa collection de guitares bricolées. Toujours aussi efficace dans un style rock blues minimal mais bien envoyé. Dommage cependant que son set se renouvelle aussi peu. Profitant d'une collaboration avec le festival nippon summer sonic, c'est alors une tripotée de formations japonaises que l'on voit prendre d'assaut le site du Malsaucy. On commence par la révélation The Bawdies, quatuor vintage à mi-chemin du mersey beat et de la scène mod matiné de soul music (leur reprise de Ray Charles est pour le moins renversante). Bouillants d'énergies les quatre musiciens bondissent dans tous les sens, exhortant le public, c'est le plus gros pogo du week end ! Le chanteur hurle a qui mieux mieux, les influences anglaises et américaines sont parfaitement digérées pour un rendu original. The Bawdies, notre premier coup de cœur du week end ! Toujours sur la scène du club loggia vient ensuite les très intriguants Bo Ningen. La musique est difficile a décrire on y entends un peu de métal, des réminiscences post rock psychédéliques et autres joyeusetés punk. Les morceaux sont plutôt longs avec énormément d'échos sur les guitares, le chant est assuré en japonais. On n'est pas trop sur non plus de l'identité sexuelle des musiciens (à part le batteur qui arbore une barbe). Les cheveux longs, drapés dans des combinaisons de couleurs (rouge, bleue etc...) façon Bioman masquant les formes on ne sait pas trop si l'on a affaire à des hommes ou des femmes. Pas dénué de qualités cependant mais vraiment très bizarre. Une formation probablement plus appréciable dans un autre contexte. Un petit mot pour finir sur le concert d'Etienne Daho qui pour l'occasion a mis une dose de guitare rock et de synthés new wave dans sa musique. Les vieux tubes résonnent ainsi de manière fraîche et originale et c'est tout un pan de notre jeunesse qui défile devant nos oreilles. Tout de noir vêtu, Daho possède une façon bien à lui d'incarner différents styles allant jusqu'à la « Disco queen ». Et pourtant c'est toujours bien son style inimitable que l'on reconnaît d'emblée. Classique mais surtout classe et élégant.



Dimanche 5 juillet : Les gros festivals ont cet avantage, il y en a un peu pour tout les goûts les amateurs de gros son iront s'abreuver chez les Australiens hardcore de Parkway Drive puis des punks de Slaves. Pour notre part, d'humeur plutôt paresseuse on penchera plutôt pour le blues africain de Songhoy Blues et la soul de Sinkane. On commence donc avec les Maliens du quatuor Songhoy Blues passé sous les fourches caudines de Damon Albarn. Le cocktail est assez efficace : ce qu'il faut de musique ternaire mâtiné d'influences Africaines avec ce que cela suppose d'hypnotisme. Le public réagit plutôt bien et on a tôt fait d'être noyé dans un nuage de poussière soulevé par les pas de danse des spectateurs. On est comme dans un écran de fumée. Il se passe quelque chose d'intense avec le public qui reprend en cœur le refrain de « Petit Métier » alors que les musiciens quittent la scène. Emouvant. Direction ensuite le magnifique site de la plage pour la soul de Sinkane. Grâce à une formule à deux guitares, Sinkane traîne sa soul sur un terrain psychédélique ce n'est pas pour rien que les chanteur et batteur arborent des tee-shirts du Grateful Dead. Puis la musique prend un tour jazzy et funky voire même rock grâce aux interventions sauvages du guitariste au look de surfeur (plutôt approprié pour un musicien évoluant sur la plage). Pas mal du tout, on apprécie ce moment ! Il était temps ensuite de s'adonner aux joies du rock n'roll et en l'espèce on est plutôt bien servi par le garage/stoner des Eagles of Death Metal. Groupe venu du désert californien mené par l'extravagant Jessie Hughes, EODM joue un rock sauvage et violant évoquant ce qu'il faut de blues. Si les influences 70s font pleinement partie du patrimoine (cf. la reprise de « Stuck in the middle with you ») celles ci sont rendues avec une rage typique du 21ème siècle. Le set se termine par un duel de guitares, Flying V d'un côte, Gibson ES 335 blanche demi-caisse de l'autre, assez jouissif quoiqu'un peu longuet. On applaudie quoi qu'il en soit. Un petit quart d'heure de battement, soit le temps nécessaire pour traverser le site et retrouver notre plage chérie pour profiter des Alabama Shakes. Magnifique formation, que l'on avait découvert ici même il y a trois ans, menée par l'impressionnante chanteuse Brittany Howard, les Alabama Shakes trempent dans la tradition Blues, soul et rock typiquement sudiste. La section rythmique attaque le groove dans un genre particulier, tout en sourdine et au ralenti, où chaque note revêt une importance capitale, impressionnant ! Le terrain ainsi balisé laisse ainsi toute latitude au guitariste pour explorer différents idiomes du blues au punk en passant par la soul. Un orgue aussi discret que cardinal rajoute une petite couche de groove par dessus, l'affaire est emballée avec beaucoup de soin et on est conquis. A n'en point douter, avec son deuxième effort « Sound & Color » la troupe quitte le cercle des simples revivalistes 70s pour entrer dans celui, beaucoup plus fermé, des nouveaux classiques. Excellent. On termine enfin notre week end de marathoniens du son avec Electric Wizard. Ames sensibles s'abstenir. En vingt ans de carrière Electric Wizard est devenu une référence du doom métal. Soit un genre de métal, lourd, hypnothique, progressif et fondamentalement malsain, Black Sabbath constituant la référence ultime du genre. Pour mieux illustrer le propos, le quatuor anglais joue sous un écran géant sur lequel est diffusé des vidéos SM et de bondage vintage issus d'on ne sait quel film clandestin des 70s. Le groupe est célèbre pour n'utiliser que du matériel des années 1960 et 1970 et refuse tout apport technologique moderne : voilà une formation qui sait jouer ! Le martèlement sourd de la batterie et les riffs lourds nous vrillent le cerveau alors que dans la chaleur moîte de la nuit les premiers éclairs font leur apparition dans le ciel, ce qui ma foi semble tout indiqué pour illustrer le concert de ces chantres de l'apocalypse. C'est alors que le chanteur Justin Osborne salue la foule d'un définitif : « See you in hell » ! In hell, peut-être pas, mais l'année prochaine ça on l'espère !

mardi 7 juillet 2015

Leo Bud Welch le 8 juillet à la Maroquinerie


Le bluesman du Mississippi Leo Bud Welch, qui à 83 ans vient de sortir son deuxième album, sera à la Maroquinerie demain soir pour présenter ce nouvel effort. Faris, musicien touareg, assurera la première partie, bâtissant un pont imaginaire et musical entre le désert Africain et le delta du Mississippi. Le temps d'une soirée la Maroquinerie sera transformée en juke joint, la soirée s'annonce torride !


83-Year-Old Mississippi Bluesman Leo "Bud" Welch from Foster Visuals on Vimeo.

jeudi 2 juillet 2015

Six Organs Of Admittance : « Hexadic »



Décidément, il était écrit que jamais Ben Chasny ne fera les choses comme tout le monde. Déjà, avec son autre groupe, une machine redoutable nommée les Comets on Fire, Chasny et co avaient réussi une fusion improbable, le trait d'union manquant entre Pink Floyd, Nirvana et Sonic Youth. Vous imaginez le truc ? Il n'est d'ailleurs pas interdit de penser que Avatar (2006), le dernier album en date des Comets on Fire fait partie des disques les plus importants de la décennie 2000. Ayant bien du mal à imaginer la suite, les Comets on Fire sont (pour l'instant) réduit au silence. Ce qui laisse toute latitude à Chasny pour s'occuper de son projet personnel : Six Organs of Admittance. Bien loin des canons habituels du rock, ce nouvel album Hexadic est complètement fou. D'inspiration free, la batterie bat la mesure dans son coin alors que la guitare explore des sons et des textures inusitées, le plus souvent suivant un mode instrumental et saturé. Au mieux expérimental, mais le plus souvent erratique, Hexadic est un objet bizarre, conceptuel, redéfinissant les frontières du rock noisy. Arrivé à ce niveau il n'est même plus question de chansons, couplets et refrains devenant des notions désuètes dans l'esprit torturé de Chasny. Album culte en devenir chez les amateurs de bizarreries avant-gardistes et de sensations fortes.




mercredi 1 juillet 2015

Kissinmas : « Definitely »



Après le remarqué « Regrets EP » (chronique ici) sorti il y a déjà quatre ans, Kissinmas est de retour avec un premier album en bonne et due forme. Biberonné au rock anglais depuis le début, Kissinmas trouve peu à peu sa signature sonore sur ce premier long entre guitares insicives et arrangements cold (« Your only love ») et new wave/pop aux claviers (« Old wave »). Remarquablement produit, le disque fourmille d'une impressionnante richesse sonore et d'arrangements nets et précis (« Love song », « Obsession »). Indéniablement, l'album possède une saveur, un goût fort en bouche et le groupe brille en délivrant de petites pépites pop dansantes que l'on retient facilement (« This shower ») riche en hooks mélodiques. Ainsi, le groupe évite l'écueil de la production datée ou kitsch propre aux groupes émulant les années 1980 réservant une place de choix aux guitares dans le mix. Cette classification années 80 serait trop réductrice pour le groupe par ailleurs amateur de rock n'roll et de guitares saturées. Si cette décennie constitue une influence certaine pour le groupe (« Say it »), ce dernier paie également son tribut aux Beatles (« Cliché ») et brille également dans un registre garage/Mersey beat (« Ocean beach break », « Can't you see ») qui ravira tous les amateurs de rock n'roll nerveux. C'est cette grande diversité d'ambiances qui fait le charme de l'album. Hélàs, un regret, le disque est trop long, 17 titres, c'est beaucoup. Pas évident en effet de garder l'attention de l'auditeur sur la longueur. Une mission dont s'acquitte imparfaitement l'album qui n'aurait pas souffert d'être plus court.


mardi 30 juin 2015

Le Zets : « Deadweight »



Suivant l'adage populaire, la pomme ne tombe jamais bien loin de l'arbre. A l'écoute du tout premier album de Le Zets, on peut affirmer sans prendre trop de risques que le talent non plus. Arrivé à ce point, une petite explication s'impose. Originaire de Phoenix (Arizona), le duo Le Zets est mené par la chanteuse Margo Swann qui n'est autre que la fille de Nicole Laurenne, l'hyperactive front woman des Love me nots, Zero Zero et autres Motobunny. Après avoir été nourrie de décibels et de gros son depuis l'enfance, la jeune Margo franchit le Rubicon à son tour et s'approprie l'héritage familial avec son style bien à elle. Situé dans un pré carré magique entre stoner, garage rock et même blues (à condition toutefois de bien tendre l'oreille) le Zets a tout pour faire saliver l'amateur de rock n'roll. La guitare de Richard Romero est un élément cardinal de la séduction exercée par le Zets. Inspiré et incisif (« Lovely eyes », « Little blue dress », « Burning Brides » aïe, aïe, aïe !!!), Mr Romero s'impose au fil des titres comme l'un des meilleurs guitaristes entendus ces derniers temps pouvant aussi bien tenir le tempo en sourdine d'une main de fer que lâcher les décibels dans une déchaînement infernal ou même partir en vrille (« Burning Brides »). Les claviers et autres orgues sont utilisés plus parcimonieusement que chez les groups précités, cependant leur apport, à la fois discret mais juste, suffisent pour insuffler ici un supplément de groove (« Show me some love ») ou une note étrange évoquant la bande originale d'un film de science fiction (« Red Death Mobile »). L'album est plutôt varié alternant les morceaux lourds et les explosions d'énergies, limite punk, dépassant à peine la minute trente toujours dans une ambiance assez marquée 70s. Quelque soit le contexte la jeune Margo assure au chant, même en acoustique (la très étonnante « LOBS »), voilà une jeune chanteuse au timbre très prometteur. Alors certes tout ceci n'a rien de fondamentalement original mais qu'importe, avec ce premier album très réussi Le Zets nous apporte notre dose d'adrénaline rock n'roll : on a trouvé notre disque de l'été !


lundi 29 juin 2015

King Ayisoba : « Wicked leaders »



Véritable star dans son Ghana natal, King Ayisoba, joueur de kologo (une guitare traditionnelle à deux cordes) sort son troisième album. Entièrement acoustique, le disque est une véritable fusion incandescente, un bouillonnement musical porté par des percussions endiablées, un chant choral où les voix se répondent (ce qui n'est pas sans rappeler le rap à plusieurs flows) et des arrangements baroques (flûtes, instruments traditionnels) à la limite du free jazz (« Akolbire »). Le kologo se révèle à l'occasion être un instrument particulièrement puissant et hypnotique (« Wicked leaders », « Mbhee », "Asa'ala Daandera"). Fait pour la danse, la transe, l'album est chaud comme la braise, au point que l'on sent le soleil sortir par les enceintes. Ce qui ne doit pas occulter l'engagement de l'artiste et, à ce titre, l'incompréhension des paroles relève d'une terrible frustration. Et pourtant c'est sur sa facette plus intime (« Yele Mengire Nbo Se'ena »), plus délicate, que le disque séduit véritablement comme si l'émotion transcendait les mots. A recommander à tous les auditeurs en mal d'exotisme.
En concert le 3 juillet aux Eurockéennes de Belfort.
https://www.facebook.com/kingayisobaofficial

dimanche 28 juin 2015

Outfit : « Slowness »




Tout auréolé du succès d'estime rencontré par son premier effort, le quintet est de retour. C'est l'heure tant redoutée du toujours « difficile deuxième album ». Intitulé « Slowness », ce dernier annonce la couleur sans ambages. Ce disque sera l'apologie de la lenteur, composé en grande partie de ballades. Et de fait, le gang de Liverpool a mis les petits plats dans les grands, soignant chaque composante de l'album, fait d'arrangements luxuriants. On se jette donc dans l'album en confiance, les titres passent, on attends l'étincelle qui ne viendra finalement jamais. Apprêté, l'album est fait d'ambiances langoureuses, plongeant l'auditeur dans cet entre-deux bizarre, trop lisse, sans aspérité, manquant cruellement de piquant. Feutrée, la musique étouffe. Alors certes, le piano sonne magnifiquement bien, Andrew PM Hunt chante avec la classe d'un crooner mais les synthés rutilants finissent par franchement agacer : « Boy », "Genderless", « New Air » qui a le malheur d'ouvrir les débats.
https://www.facebook.com/outfitoutfitoutfit

samedi 27 juin 2015

Tedmo Festival : « Theatrum Mundi »



Le moins que l'on puisse dire, c'est que Tedmo Festival porte plutôt bien son nom. En effet, le premier effort du sextet Strasbourgeois est un véritable festival de musique pour les oreilles de l'auditeur. Pratiquant le mélange des genres avec brio, Tedmo Festival emporte l'auditeur dans son univers bien particulier où les guitares métalliques croisent le fer avec des cuivres (trompette et saxophone) plutôt jazz/ska. Un peu de piano par ici, des compositions échevélées par là et l'auditeur est transporté en plein barnum. C'est le big bazar ! Le fait que l'on n'est jamais au bout de ses surprises à l'écoute de cet album tant au niveau musical, qui piochent allégrement dans différents genres quitte à prendre des chemins détournés, que des paroles au sens de l'humour potache (« Daubestep ») pratiqué dans la langue de Molière (« Bal des Cannibales »). A n'en point douter, le sens de la fête du groupe doit prendre toute son ampleur sur scène. A découvrir...


jeudi 25 juin 2015

Red Money : « Chase Me »


Il est de ces disques qui, parfois, réveillent de bons souvenirs aux oreilles de l'auditeur dès que les premières notes s'échappent des enceintes. Incontestablement, « Chase Me », l'effort inaugural du duo Red Money fait partie de ce lot choisi. Le regard fixé au-delà de l'Atlantique, Red Money revisite quelques idiomes bien aimés entre douceur folk aérienne (« New Orleans », « Sweet Joe ») et rock puissant et musclé aux relents de blues (« 24-7 ») et de garage « sale » (« Waker », « Chase Me »). L'utilisation, parcimonieuse, d'une boîte à rythme donne également une couleur inédite à la musique, rapprochant le groupe de la scène punk à synthés du début des années 1980. Le duo s'est trouvé une excellente chanteuse en la personne de Laure Laferrerie, son timbre chaud, profond et séduisant - écoutez là sussurer sur « Poison » ou « 24-7 » - incarne à la perfection l'ambiance nocturne de l'album. Les images se bousculent dans le subconscient de l'auditeur : clubs minuscules, enfumés, des murs de briques rouges... Ce premier disque constitue des débuts plus qu'honorables. A découvrir...


mercredi 24 juin 2015

M. Poupard : « Canaux »



Pianiste, guitariste et chanteur de formation classique, Matthieu Poupard sort son premier EP sous son nom. Situé au croisement de différentes cultures, la chanson française, le folk anglo-saxon, M. Poupard est adepte d'une démarche peu commune où se croisent acoustique pure et liberté musicale. Liberté est bien le maître mot ici. Tout au long de ces quatre titres, Poupard tente, le plus souvent avec succès, de s'éloigner autant que possible des canons habituels de la chanson refrain/couplet. Point de structures alambiquées ici, il s'agit de laisser la musique respirer : « Sort de ton palais des glaces » ainsi que Matthieu le chante sur le morceau éponyme. Autour d'un noyau dur composé d'une batterie ferme mais légère, du piano et de la guitare (souvent acoustique) Matthieu redessine ainsi les contours des chansons et peint un joli tableau de poésie musicale où la façon de déclamer les mots compte autant que les notes. Plus dure, « Carnaval Cannibale », est la seule à se rapprocher des structures rock(abilly) que l'on aime tant sur cette page. Quatre titres, comme suspendus, au dessus desquels plane l'ombre du Van Morrisson époque Astral Weeks.
matthieupoupard.bandcamp.com


jeudi 18 juin 2015

Close Talker : « Flux »



Avec son deuxième album, le quatuor Canadien renoue avec un genre d'indie pop faisant la part belle aux ambiances et aux climats. La précision rythmique (de la batterie en particulier) qui caractérise le groupe est mise au service de compositions amples où guitares et nappes synthétiques s'entremêlent dans un ensemble harmonieux. A mi chemin entre le math rock et le songwriting pop. Privilégiant ainsi les chemins de traverses, tortueux si possible, et les ruelles de la pop, Close Talker accouche d'un album aux multiples surprises. Cinématographique, la musique semble tout indiquée pour illustrer les photos illustrant l'album : des paysages infinis, des lacs, des forêts et la montagne en arrière plan. Plutôt agréable même si l'ensemble manque parfois un peu de nerfs.
https://www.facebook.com/closetalkerband

mercredi 17 juin 2015

Lux



Formé autour de la chanteuse Américaine, française d'adoption, Angela Randall et du guitariste Sylvain Laforge, Lux nous arrive avec ce premier ep de cinq titres. Contrairement à bon nombre de groupes contemporains, Lux ne s'est pas lancé dans une quête désespérée du son « vintage » ou « seventies ». Lux se contente d'écrire de bonnes petites chansons, intemporelles et rien que ça, c'est déjà énorme. Situé dans un crossroad bien particulier, Lux laisse transparaitre ça et là des influences venues de la pop, du rock, du blues (« Radio Static ») ou du folk (« Winter in New York », « Gare Saint-Lazare »). Du classique, du solide. L'écriture et simple et limpide, de la pop/folk song de bonne facture que Sylvain s'amuse sciemment à « salir » de sons et soli de guitares bien sentis (« In the end »). Au dessus de cette mélée savamment produite et agencée, plane la voix, ronde, chaude, haut perchée quand cela est nécessaire, d'Angela qui n'est pas sans rappeler les grandes chanteuses des années 1970 Stevie Nicks et autres Joni Mitchell. Le tout manque peut être un peu de surprise ou de folie mais il n'empêche, ce disque inaugural est rudement bien foutu et procure un réel plaisir d'écoute. Attachant et à suivre.

Ron Sexsmith, le new morning, 15 juin 2015.




Avec la régularité d'un chronomètre Suisse, le Canadien Ron Sexsmith enchaîne les albums depuis 1995, douze à ce jour. Sans jamais vraiment percer auprès du grand public, Ron a acquis avec le temps un certain niveau de respectabilité chez ses confrères auteurs-compositeurs, Paul McCartney, John Hiatt ou Elvis Costello. Sa notoriété, assez confidentielle, fait qu'à ce jour Ron se produit encore dans des salles à dimension humaine, comme le new morning que le natif de Toronto et son groupe de quatre musiciens (guitare, basse, batterie et piano) investissent ce soir. Plutôt gauche et emprunté Sexsmith fait montre d'un sens de l'humour assez particulier : « Cette chanson s'appelle « Sneaking out the back door » (prendre la fuite par la porte de derrière), c'était ma philosophie de vie pendant quelques années ! ». Entre ballades folks un tantinet mélancoliques et morceaux plus rocks et enlevés de son dernier effort, l'excellent Carousel One (Ah "Getaway car" !!), Sexsmith revisite sa discographie et offre la bande son rêvée pour une ballade automobile sur une route d'Amérique du Nord. Juste avant un passage acoustique en solo, le légendaire Steve Nieve (pianiste historique des Attractions d'Elvis Costello) est venu faire un petit tour derrière le clavier le temps d'une relecture de « Everyday i write the book », son jeu de piano, virtuose, est toujours aussi aérien, un pur moment de grâce musicale, comme suspendu. Une bien belle soirée et une ambiance chaleureuse en dépit d'un public un peu clairsemé.
http://www.ronsexsmith.com/
https://www.facebook.com/ronsexsmith

lundi 15 juin 2015

Tahiti 80 : « Coldest summer remix EP »



Dans la foulée de leur excellent album Ballroom, Tahiti 80 sort pour l'été un EP de remix de  Coldest Summer. On attend généralement peu de ce genre d'entreprise, qui ressemble fort à un truc de monomaniaques. S'enfiler cinq fois de suite le même morceau, dans des versions différentes certes... Cependant, l'EP nous donne à entendre des choses intéressantes. Vue par le prisme de Reflex, Coldest summer prend des allures groovy et sacrément funky. Dans un monde parfait, c'est la bombe dancefloor de l'été. Les excellents Dorian Pimpernel ont choisi une option différente, retravaillant le morceau en profondeur ajoutant de nouvelles parties de leurs chers claviers vintage. Coldest summer prends alors des atours de rock psychédélique made in Canterbury à la fin des années 1960. On en attendait pas moins de Dorian Pimpernel mais ça fait du bien quand même. On termine enfin par la version de My Tiger Side qui fait de Coldest Summer un morceau ambiant abstrait servi par une voix fantomatique digne du Madchester de la fin des années 1980, psyché façon Stone Roses. Cinq versions différentes pour autant de pistes d'écoutes, c'est amusant de constater le nombre d'incarnations de la même chanson. Ca reste quand même un truc de monomaniaque.
http://tahiti80.com/

dimanche 14 juin 2015

Bosco Rogers : « French Kiss EP »



Puisant sa source dans le rock n'roll et le garage des années 1960, le duo Bosco Rogers accouche de quatre titres furieux sur son deuxième EP. Le ton est donné dès le « Banana Socks », d'ouverture qui scelle la rencontre entre Bo Diddley et la scène psychédélique. Fort. On monte encore d'un cran dans l'intensité avec « Buttercup », une petite décharge d'adrénaline d'à peine une minute quarante. Le MC5 version express. « French Kiss » explore une autre source d'inspiration pour le groupe, le rock psychédélique, chant d'imprécateur éthéré, orgues tombés de l'espace et guitares fuzz, tout y est pour le grand délire hallucinogène collectif. « Shelter » clôture cette nouvelle livrée sur une note plus douce et planante. Un atterissage en douceur pour l'auditeur passé par toutes les couleurs à l'écoute du disque. Vivement l'album.


vendredi 12 juin 2015

Alexis and the Brainbow : « A young gun »



Sur la pochette du disque, une bulle de chewing gum remplaçe le projectile s'éjectant de l'arme. Un peu à l'image de la musique d'Alexis and the Brainbow qui entre pop psyché et électro se crée une brèche originale. Un savant alliage de sonorités entre chant éthéré, nappes synthétiques planantes et répétitives et rythmes dansants (mention spéciale à la basse très élastique). Les compositions sont complexes et partent souvent dans des directions inattendues avec de brusques changements de cadence, la basse toujours, ajoutant à l'occasion un soupçon de rock dans l'équation (« Flow »). Assez surprenant, l'ep se révèle tellement riche que plusieurs écoutes sont nécessaires pour en faire le tour. Enivrant.

En concert le 22 juin à Paris (les trois baudets)

jeudi 11 juin 2015

Jesse Malin : « New York Before The War »




N'importe qui l'ayant vu en concert ne peut que garder un souvenir énamouré du personnage. Charismatique, régalant le public de vannes et autres petites anecdotes respirant le vécu, Jesse Malin, performer né, fait le bonheur des spectateurs dans les (petites) salles du monde entier. Aussi, c'est avec une joie non feinte que l'on découvre son nouvel effort, après cinq longues années de silence. Comme l'indique le titre dudit album « New York before the war », Jesse est installé dans la grosse pomme et son parcours musical l'a mené du punk (son groupe s'appelait D Generation) au songwriting folk. Le nouveau disque est à son image et on y retrouve, pêle-mêle, du punk sonique (« Turn up the mains »), des ballades sombres et tourmentées au piano (« The Dreamers », « She's so dangerous ») et des petites merveilles de rock classique d'inspiration seventies, « Addicted », « Bent Up » et « The year I was born » (d'inspiration Byrds), les bijoux de cette nouvelle livrée. Sa carrière entammée au début des années 1990 l'a vu collaborer avec quelques grands noms comme Bruce Springsteen ou Ryan Adams. Jesse en a gardé un carnet d'adresses bien garni que l'on retrouve sur le roster convoqué pour l'enregistrement entre autres Wayne Kramer (le MC5 quoi!!) auteur du solo de « Freeway » et Peter Buck (REM) à la guitare sur « I would do it for you ». Un effort solide œuvre d'un songwriter talentueux et méconnu. A (re)découvrir.
http://www.jessemalin.com/
https://www.facebook.com/jessemalin

mardi 9 juin 2015

Natalie Prass



Premier album pour cette jeune artiste Américaine. Ce disque représente d'ailleurs la première sortie d'importance pour Spacebomb, le label fondé par Matthew E. White (hormis les disques du boss bien entendu). Entre soul music et pop, l'univers musical de Natalie Prass n'est pas sans convoquer certains fantômes du passé. Si le créneau de la soul vintage est bien encombré ces temps-ci, Natalie retrouve une certaine fraîcheur sur ce disque, bien éloigné des canons du revivalisme brut de décoffrage, façon Daptone. Là où les thuriféraires de Brooklyn dressent la puissance d'exécution en vertue cardinale, Matthew E. White préfère tisser une toile élégante très richement arrangée en cuivres et en cordes. Un écrin soyeux pour la voix plutôt typée pop de Natalie qui n'a pas, soyons honnêtes, le coffre d'une Sharon Jones et dont les racines seraient plutôt du côté de Dusty Springfield. Les recettes ainsi appliquées ne sont pas sans rappeler les propres albums de Matthew E. White, les magnifiques Big Inner et Fresh Blood. De qualité au moins égale, le présente effort oscille entre groove délicat (« Bird of Prey ») et mélancolie symphonique (« Christy »). Elégant et délicat à l'image de son interprète.
En concert à Paris le 18 juin (Maroquinerie) et le 30 Août (Rock en Seine)

lundi 8 juin 2015

PihPoh : « Toi »



Découvert aux Eurockéennes en 2013, le jeune rappeur Belfortain, Pihpoh est de retour avec un nouveau maxi de trois titres. Et c'est un tout nouveau jour pour l'artiste. Une nouvelle approche musicale tout d'abord, beaucoup plus live, à l'image de la sublime « Toi », flirtant avec le jazz, on pense à Oxmo Puccino ou de « Mec branché », titre beaucoup plus énervé qui évoque, un peu, la scène néo-métal française du début des années 2000. Mais surtout ces trois morceaux mettent en lumière une plume pleine d'humanité et de bienveillance toujours prête à s'émouvoir. Une approche finalement pas si éloignée que ça d'une certaine idée, noble, de la chanson française. Spécialiste des textes à double tiroirs, Pihpoh, aborde par des chemins détournés grands sujets de société - « Mec branché » évoquant l'euthanasie sans avoir l'air d'y toucher – ou les petits tracas du quotidien comme l'inspiration (« Toi ») et la routine (« Laisse moi »). Ces trois titres passent trop vite, on a hâte d'écouter plus longuement le Pihpoh nouveau.

vendredi 5 juin 2015

Kate Miller-Heidke : « O Vertigo ! »



Après trois albums soutenus par la major Sony, l'Australienne Kate Miller-Heidke a dû plonger dans les méandres du financement participatif afin de sortir son nouveau disque. Il s'en dégage un album porté par un fort plaisir du jeu, un véritable effort de pop moderne. Ancienne chanteuse d'opéra, pianiste émérite devenue pop star, le parcours de l'Australienne a de quoi dérouter. Même musicalement, il est parfois difficile de deviner où va nous mener la facétieuse Kate tellement son disque est varié et riche de différents styles. L'atout de Kate serait plutôt sa voix, on fond littéralement à l'écoute de « Rock this baby to sleep ». Merveilleuse interprète, cette dernière place ses cordes vocales au centre de tout, les sceptiques devraient écouter ses vocalises sur le morceau titre. Pour le reste, Kate accouche d'un album richement produit, picorant l'inspiration au fil de l'eau passant de l'électro mélancolique (la magnifique « Yours was the body ») à des morceaux pop légèrement surannés tendance 80s (« Share your air »), en passant une petite couche de rock et de hip hop par dessus (l'entraînante « Drama » en duo avec le rapper Drapht). Arrivé à mi-parcours, Kate Miller-Heidke nous étonne encore en mettant la pédale douce : « Jimmy », « Sing to me » classiquement pop/rock, « What was i to you ? », « Lose my shit » pop dépouillée au piano, sans gros effets de production. Une artiste inclassable, insaisissable mais qui possède la faculté rare de nous transporter par la grâce de ses seules capacités vocales.


mercredi 3 juin 2015

Le A : « Pale Echo »



Le A, derrière le mystérieux patronyme se cache une formation bordelaise composé de trois filles et un garçon officiant derrière les fûts. Entre pop psychédélique et rock shoegaze, le A n'a pas son pareil pour composer une toile mystérieuse. La musique du A ressemble à un paysage variant selon les saisons. Une vaste plaine tantôt apaisée sous un soleil radieux parfois traversée d'éclairs lorsque le temps vire à l'orage. Tout au long des cinq titres (dont un "Louise" chanté en français) composant cet EP, le quintet varie les ambiances toujours entre ces deux pôles : le calme et la tempête, le chaud et le froid. Des nappes synthétiques planantes et rêveuses avant un tonnerre de guitares. Les voix féminines et éthérées jouent un rôle prépondérant dans cette ambiance faussement sereine. A l'écoute, les émotions se bousculent chez l'auditeur entre douceur et puissance mais toujours à fleur de peau.
http://www.le-a-music.fr/



Quelques anciens clips :

mardi 2 juin 2015

Tony Guerrero y El Diablitos : « Come hell or high water »


Entre plage et désert, le guitariste Tony Guerrero et son groupe El Diablitos (Don Griswold à la batterie, Brett Edelen à la basse) invente la bande son d'un film sans image. Et oui, aujourd'hui, il est question de musique instrumentale. Dans le petit panthéon personnel du guitariste, le rock n'roll et la surf music occupent une place de choix. Influences premières qu'il mélange au gré de ses inspirations avec des sonorités latino/mexicaines ou western. Il en résulte un album tantôt nerveux tantôt apaisé mais toujours ensoleillé évoquant pèle mèle chez l'auditeur la chaleur, les cactus, le soleil, la poussière et les vagues. La bande original d'un road-movie de Tarantino ou de Robert Rodriguez restant à tourner. Chez Tony Guerrero, quelques notes suffisent à évoquer un climat, une image (« Undertow »). L'absence de mots (à l'exception de quelques vocalises sur le dernier titre) interpelle l'imaginaire de l'auditeur. Fermez les yeux, écoutez et imaginez la suite... C'est beau.
http://eldiablitos.com/

lundi 1 juin 2015

Alex Winston : « Careless »

Après un premier album sorti en 2012, Alex Winston est de retour avec ce nouveau clip. L'univers musical d'Alex évolue pas à pas, et s'affirme encore un peu plus avec « Careless », dans une lignée pop synthétique digne de Kate Bush. Efficace et addictif dès la première écoute, la chanson se déroule suivant un tempo euphorisant avec en prime de jolies harmonies vocales. Si le reste de l'album est de ce niveau, Alex est partie pour la gloire.

https://www.facebook.com/AlexWinstonOfficial


Great Lake Swimmers : « A forest of arms »



Groupe nomade par excellence, les Great Lake Swimmers ont, une fois de plus, beaucoup voyagé dans leur Canada natal pour enregistrer ce nouvel album (le sixième), visitant des lieux insolites tels que la grotte et la caverne de Tyendinaga (Ontario) ou le chalet studio perdu dans les collines et les chemins sinueux près des rives du lac Ontario. Une transhumance qui convient bien à leur folk pastoral, naturel et empreint de considérations écologiques. La nature, véritable partie prenante de leur musique, transparaît au fil des plages composant ce disque serein et apaisé. La bande son idéale pour voyager sans quitter son canapé ! Très richement orchestré avec force violons et banjo, l'album se révèle délicat à l'écoute (« Don't leave me hanging ») sans jamais être lénifiant, le quintet montant le son à l'occasion (« One more charge at the red cape »). Doux mais dynamique, très soigneusement produit, c'est une belle réussite.


dimanche 31 mai 2015

The Madcaps LP


(c) Virginie Strauss


Formé en 2013 à Rennes, les Madcaps s'installent peu à peu dans le garage hexagonal. Après un premier EP très marqué par le rockabilly, le quatuor change, très légèrement, de route. Toujours aussi rock n'roll, les Madcaps tentent sur ce premier album en bonne et due forme de concilier leur puissance électrique rock avec une sensibilité mélodique pop héritée des années 1960. Une démarche qui n'est pas sans rappeler leur collègues de label, Volage. Et cela donne des choses étonnantes à l'image de cette flûte qui orne « I knew it all » (le titre d'ouverture). Sans jamais baisser le volume des guitares (l'amateur du rock pur et dur sera servi), le groupe s'amuse avec les codes du psychédélisme (« Emily Vandelay ») pour mieux faire bouger les lignes. Outre les guitares rêches, le disque est riche d'harmonies vocales à la Beach Boys et de petites trouvailles insolites et baroques (claviers, guitares acoustiques, percussions etc...) qui ajoutent autant de couleurs à la palette. Mené sur un tempo infernal, l'album dure une petite demie heure, The Madcaps jouent la carte de l'efficacité maximum. Tout cet arsenal est mis au services de chansons qui, sans déborder d'originalité, sont bien écrites et riches en fausses pistes et en hooks mélodiques aisément mémorisables (« Too good to be true », "Moon Night"). Loin de se contenter du revivalisme de circonstance, les Madcaps donnent une nouvelle jeunesse à ce genre de rock très daté grâce à une production moderne et dynamique. Une belle réussite. Et si la France tenait là ces Allah Las ?

samedi 30 mai 2015

Super Furry Animals : « Mwng » (Réédition)



15 ans après les faits, on se demande encore quelle mouche a bien pu piquer la bande de Gruff Rhys. Petit rappel des faits. En l'an 2000 les Super Furry Animals ont sortis trois albums qui ont dans l'ensemble plutôt bien marchés, au point d'en faire de serieux outsiders sur la scène britannique. C'est alors que sort « Mwng » disque qui a la particularité d'être chanté dans leur langue maternelle : le gallois (pour la petite histoire, il s'agît d'ailleurs de la meilleure vente de tous les temps pour un album chanté dans cette langue). Un sacré risque pris par le groupe, celui de se couper de son public qui, dans sa grande majorité, ne comprends pas un traitre mot à ce qui se trame ici : Ymaelodi A'r Ymylon ! Et pourtant, petit miracle comme seule la musique peut nous en procurer, la magie opère. Réalisé avec les moyens du bord et un budget dérisoire, le groupe mené par Gruff Rhys se concentre sur l'essentiel : les chansons. Il y a, en effet, comme une évidence mélodique qui de se dégage de cette effort, très riche et très varié sur le plan musical. « Drygioni » ouvre les débat de manière assez nerveuse, une attaque punk, toute guitares dehors qui ne dépasse pas la minute trente. On tape tout de suite dans le dur avant de prendre le contrepied total avec la jolie comptine folk « Ymaelodi A'r Ymylon » et ses harmonies vocales digne des Beach Boys. L'enchaînement qui arrive touche au sublime : « Y Gwyned lau », sorte de torch song nocturne agrémentée d'une trompette jazzy du plus bel effet : magnifique ! C'est ensuite que déboule le joyau caché de l'album « Dacw hi », superbe chanson power pop portée par un riff de guitare inoubliable, le groupe s'élève alors au niveau de Big Star, c'est dire ! Bien loin d'être une tentative celtique hasardeuse, « Mwng » est au contraire une occasion rêvée pour les Super Furry Animals de rendre hommage aux groupes solaires et lumineux qui ont écrit l'histoire de la pop. Peu importe que l'on ne comprenne pas un mot cela n'empêche nullement d'en saisir les nuances et les émotions. « Mwng » est la preuve éclatante que la musique est un langage universel.




vendredi 29 mai 2015

Kamchatka : « Long road made of gold »



Kamchatka. Derrière le nom, un peu barbare il faut bien l'avouer, se cache un redoutable trio Suédois qui jusqu'ici nous avait un peu échappé alors que le groupe sort son sixième effort. Il est facile de remonter les racines de Kamchatka qui se situent dans les formations reines des années 1960 et 1970. Loin de se contenter du simple revivalisme, le trio pousse le bouchon (et les potards des amplis) assez loin. La dynamique et la production sont tout ce qu'il y a de plus moderne. Le son est ample et énorme à la fois, normal, il a été concocté par Russ Russell (un producteur habitué des groupes de métal extrême genre Napalm Death). Kamchatka séduit par son opiniatreté à trouver de l'originalité sans pour autant franchement dévier de sa route. On pense au banjo de « Take me back home », le titre d'ouverture, qui prends des allures country, ou aux influences blues qui fleurissent dans le jeu de guitare de Thomas Andersson (« Long Road »). Les Black Crowes ne sont pas très loin. Ailleurs, le groupe est adepte d'un rock puissant et musclé (« Made of Gold », « Dynamo », « Slowly drifting away ») mais avec un réel savoir faire. Loin de se contenter des formules toutes faites, le trio joue les têtes brûlées avec ses compositions, partant dans des expérimentations heavy/psychédéliques à base de guitares barrées sur un beat surpuissant (« Mirror »). Quant à « Rain », le morceau explose la pop de l'intérieur. Fort. Voici un groupe tout à fait à même de réconcilier les nostalgiques avec le rock d'aujourd'hui.


jeudi 28 mai 2015

58 Shots : « You don't mess with the Lion »



Gare aux coups de griffes ! Avec son premier album « You don't mess with the Lion », le quatuor Belfortain 58 Shots remet au goût du jour un rock racé et puissant situé dans la droite lignée des groupes des années 1960/1970 qui ont écrit la légende de cette musique. 58 Shots c'est tout d'abord une science du riff de guitare imparable et un sens du risque calculé, Cédric (le guitariste) n'hésitant pas à partir dans des directions parfois assez inattendues. Gros son, sens de l'attaque et du timing, le disque enfile les riffs et autres soli de six cordes comme autant de perles. Classique rock, heavy ou infusé d'influences blues grasses à souhait, quiconque aime la guitare se doit d'aimer ce disque ! Evidemment un tel déchaînement de notes ne tient la route que si la section rythmique tient la baraque ce qui est le cas en l'espèce (cf. « She's a chick with a dick », « No need to call me back », le funk groovy de « You won't drive me insane »). La basse bourdonne dans son coin alors que la batterie collectionne les breaks : ça dépote sec ! Un petit mot pour finir sur Arthur, le chanteur, qui vocalise puissament dans les aigus avec Robert Plant (Led Zeppelin) et Brian Johnson (AC/DC) pour modèles. Pas foncièrement original, certes, mais exécuté avec maestria, le disque se révèle une bonne surprise (de plus) en provenance de l'est de la France. A découvrir.


mercredi 27 mai 2015

William Elliott Whitmore : « Radium Death »


(c) Chloe Millward Whitmore


Issu d'une famille de fermiers de l'Iowa, William Elliott Whitmore, a d'abord découvert la musique par le prisme de la country dont il reste des traces dans son jeu de guitare (cf. « Trouble in your heart ») ou dans son utilisation du banjo (cf. la magnifique « Civilizations »). Plus tard, la découverte de la scène punk des années 1980 jouera un rôle déterminant dans l'évolution musicale de William qui peu à peu cède au charme des sirènes électriques bien aidé dans sa tâche par son cousin Luc Tweedy, producteur et propriétaire des Flat Black Studios sis à Iowa City. Au fil de l'écoute de son nouvel effort, le septième déjà après douze ans de carrière, William s'impose comme une sorte de Neil Young avec ou sans Crazy Horse à lui tout seul. Capable de rêverie acoustiques sentant la paille à plein nez et évoquant des champs à perte de vue (« Can't go back ») comme de fulgurantes attaques chargées d'électricité à en perdre haleine (« A Thousand Deaths », « Don't strike me down »). Sa voix de gorge profonde et éraillée, sentant le vécu, la terre, tout ça, le classe d'emblée dans la lignée des grands songwriters et rappelle parfois Steve Earle. Situé au croisement de différentes cultures, entre tradition rurale folk country et irrévérence punk rock, William Elliott Whitmore ravira aussi bien les fans de Seasick Steve ou les nostalgiques de Calvin Russell. Excellent.