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jeudi 5 janvier 2017

Mountain Men : « Black market flowers »



Le changement dans la continuité, tel semble être le cap que s'est fixé Mountain Men sur son quatrième album studio. Souvent synonyme de déception finale, la fameuse maxime est ici prometteuse de lendemain qui chantent. Globalement, on retrouve ici tout ce qui a fait le sel du groupe jusqu'ici, un son chatoyant mis au service d'un blues touchant (« Someone to talk to ») ou de compositions plus proche de la chanson française de qualité (« Passe dans cette vallée », « Et puis le son »), le péché mignon du chanteur Mr Mat. La nouveauté passe elle par une approche plus rock et un ton qui s'est globalement durci sous l'impulsion du batteur Denis Barthe (ex-Noir Désir, The Hyènes) enrôlé par le duo pour cette nouvelle aventure (« Still in the race », « Dog eye », « Work Song »). Car c'est désormais un groupe complet (basse, batterie, clavier et même violon et guitare additionnelle) qui accompagne le duo formé par Mr Mat (chant/guitare) et Barefoot Iano (harmonica). Et ça change tout ! C'est un horizon dégagé qui s'ouvre devant le groupe, plus varié que par le passé, mais toujours délivré avec une intensité et une puissance d'exécution, même dans les moments les plus apaisés (« One way left »), qui laisse rêveur. Encore une belle réussite à mettre au crédit du groupe.
En concert le 19/01 à Paris (Café de la danse)

vendredi 17 avril 2015

Mountain Men + Thomas Schoeffler Jr, Le café de la danse, 15 avril 2015.

Mountain Men (c) Vincent Assié

Mountain Men (c) Vincent Assié


On commence par un énorme coup de cœur pour le bluesman alsacien Thomas Schoeffler Jr, auquel il revient d'ouvrir les festivités. Charismatique, Thomas introduit chaque chanson avec un sens de l'humour sans pareil. Se présentant sur scène avec pour seuls arguments sa guitare, son harmonica et une impressionante capacité à battre le rythme du (ou des) pied(s), le Strasbourgeois nous embarque dans son univers entre blues acoustique et hillbilly. Surprenant d'aisance vocale l'Alsacien imite à la perfection le phrasé et les intonations country : c'est simple on se croirait en plein bayou poisseux ! A la guitare, Schoeffler maîtrise également son sujet, ses accélérations sont fulgurantes et son attaque nette et précise. Une petite discussion impromptue d'après concert nous apprends que Thomas s'est converti au Stoner depuis qu'il partage son studio de répétition avec Los Disidentes Del Sucio Motel. Est-ce de là que vient son attaque diabolique de la main droite ? Mystère... En attendant l'auteur de ces lignes est très content d'avoir trouvé un allié de poids dans sa croisade pour la réhabilitation de la country dans notre pays ! Un talent à suivre quoi qu'il en soit...

Il est environ 20h30 lorsque le duo Mountain Men prend possession de la scène et on s'apprête alors à vivre un grand moment de communion collective. Les Mountain Men sont donc deux, à droite de la scène, assis, se trouve Mat, chanteur et guitariste, frappant le rythme du pied avec autorité, très classe dans son costume. A gauche, on retrouve l'harmoniciste Iano, également en costume, pieds nus, faisant honneur à son surnom de Barefoot Iano. La première chose qui frappe avec ce duo c'est l'énorme complicité qui les unis, les regards se croisent, les instruments dialoguent entre eux, ces deux là se sont bien trouvés. Dans le duo, Mat incarne la force brute, sa voix porte, forte, ses mains attaquent les cordes avec un sens acéré du rythme. Iano, serait plutôt l'électron libre, qui tournicotte autour de son micro, danse en faisant l'idiot et amuse la galerie avec son humour à froid, un type loufoque, un peu perdu dans son monde. Les deux partagent un sens de l'humour imparable et n'ont aucun problème à se mettre le public dans la poche en vannant à tout va : « Il y a des chansons qui te donnent envie de faire du foot. Tout à l'heure on a écouté NRJ, wouah !». Leur univers musical est beaucoup plus riche qu'il n'y paraît de prime abord. Majoritairement acoustique, mais pas dépourvu d'électricité quand il le faut (« Spoonfed », « Hellhole »). Ancré dans le blues certes, mais un blues qui irait de Ray Charles (« Georgia on my mind ») à Nirvana (« Smells like teen spirit ») tout en reprenant « La valse bleue » en passant. Car chaque reprise est marquée du sceau Mountain Men, totalement réappropriée. C'est un grand groupe, pense-t-on, quittant la salle, le sourire jusqu'aux oreilles... Superbe programmation pour une chouette soirée.



mercredi 1 avril 2015

Mountain Men : « Against the wind »



Ce nouvel album des Mountain Men donne à écouter le groupe comme on ne l'avait jamais vraiment entendu auparavant. En effet, le duo montagnard a considérablement élargi son spectre musical intégrant des éléments rock dans son blues. « Moving Forward » et « Spoonfed » sont gorgées d'électricité et rageuses comme un volcan sur le point d'exploser. « 13 », quant à elle marque l'apparition d'une batterie, instrument dont ils avaient peu l'usage jusqu'ici. A bien des égards ce troisième effort studio du duo apparaît le disque de la maturité d'un groupe qui n'a pas peur de sortir de sa zone de confort. On connaissait depuis longtemps l'appétence du chanteur/guitariste Mr Mat pour la chanson française (cf. l'album de reprises de Brassens) mais pour la première fois le chanteur ose interpréter ses propres textes dans la langue de Molière (cf. « Comme si », « La nouvelle tare », « Le jour où il a plu dans ma chambre ») dévoilant un autre aspect de son art et une écriture plus intime et personnelle. Pour le reste on retrouve le duo tel qu'on l'a tant aimé par le passé maîtrisant l'idiome blues acoustique mieux que jamais avec toujours cette puissance émotionnelle qui devient leur marque de fabrique (« Never give up », « Ride it all the way »). Les interventions de Barefoot Iano à l'harmonica sont toujours à bonne escient (« Same old thing »). Cependant la magnifique reprise de « Georgia on my mind » (Ray Charles) marque un virage vers la soul music et ça c'est nouveau également. Dans le fond, la musique des Mountain Men est telle un ruisseau de leurs chères montagnes s'écoulant plus ou moins paisiblement et qui prendrait sa source dans le blues.
En concert le 15 avril à Paris (Café de la danse).
https://fr-fr.facebook.com/mountain.men.officiel

jeudi 8 janvier 2015

Mountain Men chante Georges Brassens



Sur l'album « Spring time coming » (sorti en 2009) le duo blues acoustique Mountain Men avait étonné avec une reprise des « Marquises » de Jacques Brel, dévoilant ainsi une appétance particulière pour la chanson française assez éloignée de la musique ternaire. Mais après-tout Mr Mat, pseudonyme du chanteur Mathieu Guillou, ne venait-il pas de cette scène typiquement française ? Aujourd'hui, le duo est de retour avec un nouvel album consacré à une autre figure légendaire de la chanson : Georges Brassens. Le projet est ambitieux, un double album, 20 reprises de Brassens dont 19 sont issus de l'enregistrement d'un concert donné sur Radio Sing Sing en octobre 2013. Le duo applique aux compositions du grand Georges ses recettes habituelles, transformant ces dernières en blues brûlants. La formule, appliquée à ce répertoire fait des merveilles : la voix de gorge, grave, de Mr Mat transforme chaque mot en émotion palpable, que l'on ressent également dans le jeu prenant de guitare folk. Et les interventions de l'Australien Barefoot Iano à l'harmonica sont toujours aussi judicieuses et empreintes d'un feeling blues profond. Enregistré en public, l'album retranscrit fidèlement l'ambiance conviviale du concert, refrains repris en cœur par la foule et applaudissements nourris, témoignant ainsi de l'universalité de ce répertoire (cf. « Chanson pour l'Auvergnat »). Un excellent disque qui ravira autant les fans de blues acoustique que de Georges Brassens.

vendredi 28 mai 2010

Mountain Men : « Spring Time Coming »


Les lecteurs réguliers de ce blog le savent bien, la scène blues française est particulièrement riche et fournie, même si elle largement ignorée du grand public, grâce à des artistes comme Jean-Jacques Milteau, Greg Zlap, le duo Mathieu Pesqué/Roll Pignault et les groupes Blues Power Band, Shake your hips, Yellow Dogs et de nombreux autres encore, la place manquant pour les énumérer tous… Cette scène s’enrichit un peu plus encore aujourd’hui d’une nouvelle pièce de choix avec l’album « Spring Time Coming » du groupe Mountain Men. Les « Montagnards » sont deux et viennent d’horizons divers : à la guitare et au chant on retrouve Mr Mat (Mathieu Guillou), venu de la chanson française. L’harmonica est tenu par l’australien Barefoot Iano (Ian Giddey, champion d’Australie d’harmonica en 1993 et 4ème au championnat du monde d’harmonica en 1993 et 1997 – et oui jouer de l’harmo c’est du sport !) dont le surnom vient de son goût pour les pieds nus. En 2006, le duo enregistre un premier album éponyme et les plus pointus se souviendront de leur participation à l’excellente bande dessinée de Frantz Duchazeau « Le rêve de Météor Slim » (publié par les éditions Sarbacane), ils avaient enregistré les chansons se trouvant sur le disque vinyle accompagnant l’édition collector du livre.

Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est leur nouvel album, « Spring time coming », qui sera réédité le 14 juin prochain avec des bonus live inédits. Dés les premières notes, cet opus nous transporte dans un monde quasi irréel. Le blues, tel que pratiqué par les Mountain Men, est rustique, d’essence acoustique, sans basse ni batterie. La guitare, très rarement électrifiée, est jouée en picking, se fait parfois nerveuse (« Time is Coming », « My Anger », « Rabbit ») ou lourde (« Hellhole »). L’harmonica donne l’impression de crier ou de pleurer c’est selon. Le tout est parfois complété par quelques notes de piano éparses. Le duo a de l’énergie à revendre et dès la première piste, « Time is coming », on est emporté dans un tourbillon sonore, une espèce de grand huit dont on ressort un peu sonné. Mais le plus incroyable dans l’affaire c’est la voix de Mr Mat, il faut se pincer pour se persuader que l’on a affaire à un chanteur Français. Fermez les yeux, vous êtes plongés en plein champ de coton bercé par le chant d’un Noir Américain inconnu dans nos contrées. Et bien non, le petit gars est Grenoblois ! A l’écoute du disque on sent, de façon presque charnelle, tout l’engagement des deux musiciens. Le climax émotionnel est atteint dans le titre « She Shines » où l’on se surprend à frissonner, assommé par tant d’émotion à fleur de peau. Dans un registre similaire « She loves me so much » fait son petit effet également… La nouvelle édition du disque offre en bonus deux titres lives, le poisseux à souhait « Wish i was in heaven sitting down » et « Le Peintre de nu », un des rares titre de leur répertoire chanté dans la langue de Molière. Indispensable, tout simplement…
http://www.mountain-men.fr/
http://www.myspace.com/mrmatmountainmen