En dépit de ses propres termes, l’artiste se décrit comme « confidentiel », la Maroquinerie est bien pleine, si ce n’est complète, en ce vendredi soir pour sa dernière prestation parisienne ; après l’annonce de l’arrêt de sa carrière musicale, programmée après la sortie d’un magnifique dernier album. L’émotion est donc forte et parcourt la salle, mais pas forcément la scène, Batlik affichant un certain détachement et aucune peur du vide. Le public quant à lui semble prêt à chavirer à chaque instant. Le fait est que Stéphane Batlik a mis les petits plats dans les grands pour cette dernière, accompagné d’un clavier, d’une batterie et de deux cuivres. C’est aussi une nouvelle ère pour le chanteur, l’absence d’Alice Animal à la deuxième guitare a incontestablement une influence et le rendu global est nettement moins rock. Cependant, la présence des deux cuivres apporte une touche envoûtante et hypnotique à la musique. Le jeu de guitare, si particulier, et son son très travaillé et assez bas dans les basses y joue pour beaucoup également. Est-ce parce que la fin est proche, mais sur scène, Batlik affiche un sens de l’humour imparable, notamment lorsque la guitare tombe en panne décrivant, en rigolant, une scène digne d’un cauchemar. Un tabac récompensé par deux rappels et un tonnerre d’applaudissement très émouvant. Il reste encore quelques occasions de le voir sur scène un peu partout en France d’ici le printemps, et vous seriez bien avisés de ne pas les louper !
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samedi 16 décembre 2023
jeudi 30 novembre 2023
Batlik : « Numéro 13 »
Au fil des treize albums sortis tout au long de son parcours, long de deux décennies, Batlik aura réussit à mettre au point une formule en tous points fascinante. Que d’échos résonnent dans ses guitares précieuses ! Tout d’abord il y a chez Batlik un amour des mots, sans érudition ostentatoire, une recherche de la formule juste, de la chanson qui plonge l’auditeur dans un abîme d’émotions. Un genre bien trop réducteur pour l’artiste qui se garde bien de rentrer dans une case en particulier. Une sorte de tension sous-jacente anime sa musique, perceptible dans chaque geste. Dans ses arpèges de guitares balancés avec minutie, dans la batterie dont le coup de fouet réveille l’auditeur, dans les cuivres parsemés ça et là qui nous transportent en plein désert, une poignée de sable sonore balancée à nos oreilles (« VV » ; « Baiser »). Chez Batlik on peut entendre, au choix, du folk, du blues, du rock ou de la chanson. Chaque genre est abordé par un prisme personnel, qui n’appartient qu’à lui. Le rendu est unique en son genre et atteint ce but rare, la musique au-delà du style et une ambiance qui finit par prendre à la gorge. Ce nouvel album est annoncé comme son dernier. Il va nous manquer.
En concert le 15/12 à La Maroquinerie.
https://www.facebook.com/batlikoff/
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