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jeudi 16 octobre 2014

FM LAETI : « For the music »



Bien que la chanteuse Lætitia soit souvent mise en avant sur le matériel promotionnel du groupe, entre autres les pochettes de disques, FM LAETI est pourtant bel et bien un groupe formé du duo François-Marie Dru et Lætitia Bourgeois, dont le deuxième album sort ces jours-ci. FM LAETI donc nous avait estomaqué il y a trois ans avec un premier effort, savant alliage de soul music à l'ancienne mâtinée d'instrumentations africaines. Ce deuxième disque marque un changement de direction vers des sonorités synthétiques, héritage plus ou moins heureux des années 1980, et approche pop (« Ping Pong ») culminant avec la reprise, complètement inattendue de « Run run run », chipée chez Phoenix ! Rétrospectivement le morceau d'ouverture sonne ainsi comme une formidable déclaration d'intention : « Wanna dance » ! Pourtant malgré l'efficacité de l'ensemble et les rythmiques disco/funk endiablées, la révolution attendue n'a pas lieu. Il s'agirait plutôt d'une évolution. Appelons cela le changement dans la continuité. Le duo ayant trouvé le moyen de caser ces nouvelles orchestrations sans altérer leur imparable sens du groove (« The night has begun to call »). Le chant sensuel de Lætitia assurant par ailleurs le liant entre les deux disques. Ce nouvel effort réserve également quelques moments de soul tendre, « You inspire me », « Tell me a story », « We go slow », qui n'auraient pas dépareillées sur l'album précédent. Placée en clôture, « The Cove », son chant en langue vernaculaire et ses arrangement caribéens rappelle également le premier album (le duo « Coco »). Une pierre de plus dans une discographie qui commence à compter dans la soul hexagonale.
En concert le 24/11 à Paris (Nouveau Casino)


vendredi 20 juillet 2012

Interview FM LAETI




Auteur d’un superbe album mélangeant avec grâce soul américaine et sonorités africaines (chronique ici), FM Laeti, avenante et sympathique, prends quelques instants pour répondre à nos questions. L’occasion de quelques confidences d’avant concert, saisies au vol…

Ton album mélange les sonorités de la soul des années 70 avec celles des instruments africains, la fusion s’est-elle faîte facilement ?
Fm Laeti : Ce n’était pas nécessairement réfléchi au début. C’était un mélange entre expérimentations et des sons que l’on avait envie d’entendre. Ce n’est pas vraiment du calcul, on a joué en studio en se disant, tiens on va rajouter ça et puis ça.

Est-ce que tu as vécu cela comme un retour à la source, vers l’Afrique, là où tout à débuté finalement ?
F.L : Je l’ai vécu plus comme un coup de cœur pour le n’goni, un instrument que je découvrais. Tout est parti de Disco (le bassiste, ndlr) en fait. Son studio, c’est une sorte de caverne d’Ali Baba remplie d’instruments (sourire). On a essayé différentes choses. Il est venu avec sa camionnette, il a ramené une contrebasse, une harpe, un truc indien (rires)… On a mis le doigt sur les choses avec lesquelles on avait envie d’expérimenter. Du coup cela sonne comme un voyage à travers les deux côtés de l’Atlantique (sourires)…

Est-ce que ta musique évoque le métissage ?
FL : Oh oui forcément. Je suis née en Guadeloupe, j’ai écouté toutes sortes de musiques via mes parents, mes amis. François-Marie (FM, ndlr) avec qui j’ai écrit l’album aussi. Et les voyages se sont rajoutés par-dessus. Mon identité découle de mes expériences et mon vécu est assez métissé (rires).

Les voyages t’ont beaucoup enrichi musicalement parlant ?
FL : Oui, oui, oui ! Bon déjà j’étais bien accompagnée avec mes parents qui m’ont toujours encouragé dans une voie artistique. Pendant des années c’était grâce à eux que je découvrais. C’est encore le cas aujourd’hui, mon père ou mon beau-père m’envoient des liens ou des cds : ah tiens j’ai eu un coup de cœur pour ça ! Et puis les rencontres pendant les voyages, des amis qui vont te faire découvrir tel ou tel morceau… Et ça arrive encore, c’est cool (rires) !

Est-ce que tu peux nous dire quelques mots sur « Coco », que tu chantes en duo avec Fatou Diawara ? Chacune chante dans sa langue vernaculaire et j’ai trouvé ça très fort, comme si deux personnes qui ne parlent pas la même langue pouvaient se comprendre à travers la musique…
FL : C’est un mélange Créole/Wassoulou (région d’Afrique de l’Ouest entre la Guinée, le Mali et la Côte d’Ivoire, ndlr). La chanson parle du fait de naître quelque part puis de grandir ailleurs, de voyager et de se créer son identité à partir de différentes cultures. Mais il y a aussi ce sentiment qui veut que tu gardes toujours dans ton cœur l’endroit de ta naissance. Tu le portes en toi. C’est l’endroit premier, l’identité forte. Même si on part on n’aime pas moins d’où on vient et on n’est pas moins qui on est en voyageant. On découvre en accueillant de nouvelles cultures dans notre identité.

Pigalle, c’est un quartier qui compte pour toi ?
FL : Oui et d’ailleurs j’y habite ! Pour la petite histoire mon père traînait beaucoup à Pigalle en tant que musicien et ensuite j’ai fait beaucoup de bœufs dans ce coin là avec des amis dans des caves… On a fait aussi beaucoup de concerts dans ce coin là Pigalle, Montmartre, toute une série de rencontres… Je m’y suis attachée…

Ton premier album, c’est l’aboutissement d’années de pratique ou le début d’une histoire ou bien les deux ?
FL : C’est le début de l’histoire. C’est aussi le résultat d’une belle rencontre avec FM. On était chacun en auto-production sur nos projets respectifs. On s’est rencontré pendant une émission de radio qui s’est terminée en bœuf. Il y a eu un coup de cœur général et dès la semaine d’après on s’est retrouvé. On a ramené chacun des idées de notre côté. Ca c’est super bien passé dès les premières notes. On se complète assez bien. On s’apprend des choses mutuellement. Chacun met son grain de sel dans les projets de l’autre. C’est cool comme ça… On crée ensemble. FM est rarement avec nous sur scène, c’est un peu un électron libre, il bosse sur d’autres trucs. Il fait différentes choses et n’a pas forcément envie d’être tenu par un contrat… Mais bon de temps en temps il est avec nous sur scène. FM Laeti ça peut être une, deux, trois, cinq, huit membres… Ca dépend. C’est une belle tribu (rires).

On est entre les deux tours de l’élection présidentielle. Que penses-tu des résultats du premier tour et du FN à 18 % ?
FL : C’est une réalité. J’avoue que j’aurai préféré avoir d’autres personnes en troisième position. Vraiment. J’aurai préféré qu’elles soient à zéro. Sincèrement. Certains sont déçus par la gauche et par la droite et pensent trouver une solution là. Si jamais un jour leur choix devenait une réalité, alors là ils verraient qu’ils se sont bien fait entuber (rires) ! Je crois que tout est parti du vote d’ouvriers qui ont été déçus et par la gauche et par la droite et c’est dommage. J’ai été marquée par les résultats, ça m’a frappé ! Est-ce que ça me surprend ? Je ne sais pas. Les gens viennent, ils votent, la réalité elle est là. 18 % c’est chaud quand même !

Que chanterait-tu à tous ces déçus ?
FL : Qu’ils ont peut-être l’impression d’avoir été pris pour des cons par d’autres partis mais que je ne pense pas que le FN arrangera les choses. Mais bon chacun son choix après tout on est dans une démocratie. Mais les mouvements extrêmes puisent chez les gens en difficulté en mettant le blâme sur l’immigration par exemple alors que l’immigration ramène plus qu’elle ne coûte (sourire).

En concert le 14 novembre à la Cigale.


Propos recueillis le 4 mai 2012.


samedi 5 mai 2012

FM LAETI, Théâtre Traversière, 4 mai 2012.




Séduisante prestation de FM Laeti, déjà auteur d’un excellent premier album, vendredi soir sur la scène du théâtre traversière. Entourée d’un groupe solide, basse batterie guitare et claviers, Laeti œuvre avec classe une soul soyeuse dans la droite lignée de la great american black music des années 70. Il suffi pourtant que le bassiste Christophe « Disco » Minck, change d’instrument pour se saisir d’un n’goni (une guitare africaine) pour que le groupe bascule dans une autre dimension où la soul retrouve ses racines africaines. C’est beau et émouvant. Le groupe n’est pas manchot lorsqu’il s’agit de swing jazzy (« It’s out of my hands ») ou de rythmes binaires plus rock (surprenante reprise de Phoenix, « I don’t know why i love you » de Stevie Wonder), Disco distillant un groove puissant de ses cordes de basses. Sur scène, Laeti se révèle être une artiste particulièrement attachante communiquant les ondes positives par milliers. Elle irradie littéralement, sourit en permanence en esquissant des petits pas de danse. Elle possède de plus une belle voix, très légèrement éraillée qui convient particulièrement bien à son style soul délicat. C’est sur cette bonne note que FM Laeti clôture un printemps exceptionnel, en termes de live, pour les amateurs de soul music avec les concerts successifs de Sharon Jones, Lee Fields en mars, Alice Russell et Charles Bradley en avril.      

dimanche 4 décembre 2011

FM LAETI : « It will all come around »


Premier album de FM Laeti, « It will all come around » voit la jeune chanteuse jongler avec différentes cultures musicales, un peu à l’image de l’artiste qui a vécu plusieurs vies au Canada, à la Guadeloupe et en métropole. L’album trouve sa source dans la musique black américaine, la soul bien sur, la vraie, celle des années 70 et aussi un soupçon de jazz dans les batteries. Mais l’album s’offre aussi quelques pas de côté, du côté du folk accouchant au passage avec « Is it something new ?» d’une délicate petite perle mettant en valeur le grain de voix légèrement éraillé de Laetitia Bourgeois (son véritable paronyme). Les mélomanes le savent mais les racines du blues ne sont pas entièrement à Chicago ou dans le Delta du Mississippi mais chez les griots africains. Et c’est à l’Afrique que FM Laeti rend hommage parsemant son disque d’arrangements à base d’instruments traditionnels comme le n’goni (une guitare tétracorde). Une des grandes réussites de l’album, « Coco » se situe précisément dans ce style et donne l’occasion à Laeti de chanter en duo avec Fatoumata Diawara, chaque chanteuse se répondant dans sa langue vernaculaire. Enfin le périple ne serait pas complet sans quelques clins d’œil du côté des Caraïbes que Laetitia revisite au moyen de percussions locales disséminées ça et là. Il est vrai que les sorties soul se multiplient ces derniers mois, même Dave s’y est mis, bénéficiant d’un effet de mode un peu malsain. Mais il est certain que FM Laeti est une véritable soulwoman, de la trempe de celles qui auraient chanté ce style que ce dernier soit à la mode où non. Son album est un petit bijou délicat qui nous aidera à passer l’hiver. A ranger précieusement au côté des opus signés Sandra Nkaké et Sly Johnson.

www.myspace.com/fmlaeti