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samedi 15 mai 2021

Little Bob Blues Bastards : « We need hope »

 


Finalement, du haut de la sagesse apportée par l’âge, c’est bien Little Bob qui a raison : on a besoin d’espoir ! Sortant d’une période pour le moins difficile, le chanteur cherche réconfort et rédemption par la musique. Voici donc son nouvel album, le 23ème si nos calculs sont exacts (et le quatrième du groupe Blues Bastards). Un disque qui indéniablement possède une âme où la tonalité nostalgique domine (« I was a kid », « Made for me », la poignante « You can’t come back ») mais cohabite avec une mentalité de combat (cf. la reprise de « Bella Ciao »). Alors qu’il entame sa septième décennie, le chanteur n’est toujours pas prêt à lâcher le micro. Ce nouvel effort est son disque le plus rock’n’roll, le plus brut, depuis longtemps et jamais les Blues Bastards n’ont été aussi mal nommés. On ne va pas s’en plaindre. Les guitares rugissent, le son est sec et puissant et contraste avec la voix fatiguée du chanteur, qui accuse le poids des ans, mais vieillit avec grâce. Toujours prêt pour la bataille du rock’n’roll, Little Bob revient avec un album de survie, absolument indispensable !

http://littlebobbluesbastards.fr/

https://www.facebook.com/littlebobbluesbastards





dimanche 11 octobre 2015

Little Bob Blues Bastards, New Morning, 9 octobre 2015.



Une soirée en compagnie de Little Bob... En guise de première partie nous avons eu la chance d'assister à la première parisienne de « Little Bob Rockin' class hero », un documentaire cosigné par Laurent Jézéquel et Gibert Carsoux. Manière de « Dig ! » ou d' « Anvil » à la française, « Little Bob Rockin' class hero » revient, en 52 minutes, sur l'itinéraire du rockeur. Des débuts modestes, dès les années 1960, au Havre à la renommé en Angleterre (un fait rarissime pour un groupe français) dans les seventies, le film nous dresse un portrait boulversant du chanteur s'appuyant sur des images d'archives, forcément assez touchantes, une interview fleuve du chanteur et des témoignages prestigieux (Eric Burdon, Wilko Johnson, Les Pretty Things, Manu Chao, Serge Teyssot-Gay etc...). La ville du Havre, portuaire et ouvrière, apparaît comme un élément fondateur dans le parcours de Bob, lui-même assez boulversant d'humanité. Un excellent film. Même si le New Morning est loin les mêmes conditions de confort qu'une salle de cinéma pour ce genre d'événement (un écran géant a été installé dans le fond de la scène), c'est une chance d'avoir pu visionner ce film dont l'exploitation future reste encore incertaine (Sortie en salle ? Diffusion télé ? Sortie dvd ?)...

C'est finalement vers 22 heures que Little Bob et son groupe, les Blues Bastards, montent sur scène. Et c'est avec grand plaisir qu'on les retrouve, trois ans (et oui déjà) après leur dernier passage dans la Capitale. Le groupe a beau s'appeler Blues Bastards, quarante années de Story laissent des traces, et l'approche de la note bleue par Little Bob s'avère très rock. La contrebasse de Bertrand (parfois jouée à l'archet pour la note dramatique) et l'harmonica de ce bon vieux Mickey Blow, apportent un contrepoint « bleu » à la guitare très rock de Gilles et la scansion incroyable du batteur Jérémie (le neveu de Bob). On reste fasciné par la cohésion du groupe. Ces musiciens jouent réellement ENSEMBLE, multipliant les rires et les regards complices et cette entente rejaillit forcément sur la musique lui conférant ce supplément d'âme nécessaire pour jouer le blues avec conviction (« Sleeping in a car », « Howlin' »). Sur scène, Bob, charismatique, soigne la relation avec son public, assurant le show et parlant au public entre les chansons. Plus d'une fois, son discours rempli d'humanité fait mouche et Dieu sait si on en a besoin en ce moment... Swinguants à souhait, merci la contrebasse, entre poussée de fièvre rock n'roll et intimité blues délicate, les Blues Bastards creusent l'écrin idéal pour mettre en valeur la voix de Bob qui est un sacré chanteur ! Quelle voix ! Une excellente soirée...


lundi 11 mai 2015

Little Bob Blues Bastards : « Howlin' »



Figure incontournable du rock français, Little Bob a donné une nouvelle orientation à sa musique mettant (provisoirement?) sa story entre parenthèse pour lancer une nouvelle formation, les blues bastards, qui sortent ces jours ci leur deuxième album. Tout est dans le titre, « Howlin' » (hurler). Quarante et quelques années de carrière n'ont toujours pas assagi Little Bob, toujours prompt à hurler à l'injustice (cf. « Only liars »). L'homme de cœur qu'il est sera toujours du côté des plus faibles (« Sleepin' in a car ») ; un fait naturel pour lui, l'immigré Italien arrivé en France à 12 ans sans parler un mot de français. Musicalement, l'album se place d'emblée dans le haut du panier et est très certainement une des plus belles réussites du blues hexagonal de ces dernières années. Quarante années à jouer du rock n'roll ont laissé des traçes et si Bob s'est désormais épris de la chose bleue, il est hors de question pour lui de se renier. Sa version du blues est nerveuse, comme sous l'emprise de la fièvre rock, ainsi le « We are the Blues bastards » d'ouverture et plus encore les stoniens en diable « Dirty mad asshole » et « Can't you hear me » cloueront tout le monde sur place. Pourtant, c'est lorsque les décibels sont en berne que Bob touche au cœur. Le swing délicat de la contrebasse sur « You better run » et « Zig zag wanderer » (chipée chez Captain Beefheart) font montre d'une sensibilité et d'une compréhension intime du blues, débordantes de feeling. Et que dire alors de « I'm howlin » où Bob se montre à la hauteur son modèle Howlin'Wolf, les cordes vocales à vif ? Toujours prêt à surprendre son auditoire, Bob reprend ici Louis Armstrong le temps d'un « The blues are brewing » inspiré et totalement réapproprié. Un album surprenant (« Kissed by lightning »), riche d'ambiance variées, à la fois nerveux et tendre (« My heart keeps beating »), excellent et revigorant pour résumer.


dimanche 9 décembre 2012

Little Bob Blues Bastards, New Morning, 5 décembre 2012.




Nouvelle orientation dans la carrière de Little Bob. Après avoir porté, pendant plus de trente ans, la bonne parole rock n’roll dans notre hexagone, Little Bob retourne à la source de ses premières amours, le blues. Un nouveau groupe, les Blues Bastards, dans lequel on retrouve le contrebassiste Bertrand Couloume, l’harmoniciste Mickey Blow, le guitariste Gilles Mallet et le neveu de Bob, Jérémie Piazza derrière la batterie. Une belle collection de gueules cassées (mention particulière pour Mickey) qui portent en eux les années au service du rock n’roll. La toute nouvelle formation a sorti un excellent album un peu plus tôt cette année et se retrouve maintenant sur les routes pour diffuser la note bleue. Le blues de Little Bob reste cependant très marqué par le rock n’roll, régulièrement les Blues Bastards piochent dans l’ancien répertoire, celui de Little Bob Story (qui n’est pas séparé, soit dit en passant) désigné sous le vocable d’ « autre groupe ». Ajoutez à cela quelques reprises bien senties, Howlin Wolf semblant être le préféré de Bob, un message positif (« faîtes-vous du bien ») et la générosité naturelle de Bob (pratiquement deux heures de show) et tous les ingrédients étaient réunis pour passer une excellente soirée. Un petit pour finir sur un invité bien particulier de Bob pour cette soirée, un jeune et extraordinaire pianiste d’à peine 10 ans, Raffi Arto, qui joue le blues et le rockabilly comme un vieux routier. Bluffant ! L’affection que lui porte Bob est touchante.
http://www.littlebob.fr/littlebob_pagesHTML/littlebob_BluesBastards.html