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lundi 20 octobre 2014

Spoon : « They want my soul »


Scandaleusement méconnu de ce côté ci de l'Atlantique, généralement assez mal porté sur les choses du rock, les texans de Spoon sont pourtant l'un des meilleurs groupes indie actuellement en activité qui, en 2007, avait accouché d'un chef d’œuvre au titre complètement idiot « Ga ga ga ga ga ». Formé en 1994, Spoon a donc sorti fin août son huitième album, le premier après un break de quatre années. Dans l'intervalle la troupe menée par le duo Jim Eno/Britt Daniel s'est adjoint l'apport d'un clavier, Alex Fischel dont l'apport est assez sensible sur « Inside out », « Let me be mine » et « New York Kiss ». Le disque démarre fort avec un « Rent i pay » tout en guitares tendues et nerveuses, une certaine idée du bonheur ! On retrouve un peu plus loin avec « Outlier » leur sens particulier du groove, de la basse en particulier, qui se mélange à merveille aux guitares rêches. Tout au long du disque le chant écorché, sur le fil, de Britt Daniel fait des miracles. Les trois ingrédients majeurs de Spoon sont ainsi résumés. Loin de pratiquer l'attaque frontale, Spoon excelle dans ces ambiances en clair/obscur. La musique de Spoon n'est jamais vraiment violente, cette dernière notion serait plutôt sous entendue même sur un morceau plutôt acoustique comme « I just don't understand ». Tractée par une section rythmique plutôt du genre nerveuse, la machine Spoon est ainsi lancée à plein régime parfois traversée d'éclairs de guitares venus d'on ne sait où (« Knock Knock Knock », « They want my soul »). L'écoute de cet excellent disque est conseillée à tous les nostalgiques du rock des années 1990 de Weezer et autres Nada Surf.

En concert le 6 novembre au Trabendo (Paris). Attention notez bien cette date, les concerts de Spoon sont très rares en France, leurs passages se comptent sur les doigts d'une main...

mercredi 17 novembre 2010

Spoon, L’Elysée-Montmartre, 15 novembre 2010.


Alors que je gravis les marches vers l’Elysée-Montmartre une étrange impression de nostalgie m’étreint. Je n’étais pas revenu dans cette salle depuis un concert d’Allen Toussaint il y a deux ans et c’est seulement ma troisième visite dans ces lieux en quatre ans. Je repense alors à tous les concerts vu ici depuis les années 90, à ces musiciens vu ici et décédés depuis à l’instar de Mark Sandman, feu leader de Morphine. J’ai soudainement conscience du temps qui passe. Je repense aux débuts de ce blog, à l’époque où je ne chroniquais que ce qui me plaisait et ce que moi j’avais envie d’écouter. Attention, je ne me plains pas, mais j’ai l’impression d’avoir le doigt dans un engrenage, sollicitations après sollicitations, j’en suis arrivé à produire de la copie sur les disques qu’on a la gentillesse de bien vouloir me confier et pas forcément sur ce que moi j’ai envie d’écrire. Ainsi en presque quatre ans d’existence (en janvier prochain) je réalise que je n’ai jamais fait un post sur Spoon, pourtant l’un de mes groupes préférés, tout simplement par ce que l’occasion ne s’est jamais vraiment présentée. A peine ai-je eu le temps d’évoquer au détour d’une ligne ici où là l’admiration que je leur porte. Même pas eu le temps d’écouter le dernier album, « Transference », c’est dire… Alors autant profiter de leur, très rare et souvent en première partie de quelqu’un d’autre, passage parisien. D’autant que, sauf erreur de ma part, il s’agit de leur premier concert en tête d’affiche par chez nous. Spoon donc, quartet originaire d’Austin, Texas, formé en 1994 et dans lequel on retrouve le chanteur et guitariste Britt Daniel, le batteur Jim Eno, le pianiste Eric Harvey et le bassiste Rob Pope. Spoon joue peu ou, plus exactement, toujours à bon escient. Leurs compositions reposent sur une basse énorme sur laquelle se greffe une batterie au son mat et feutré. Des titres entiers sont joués sans que Jim Eno n’effleure ses cymbales, alors que lorsqu’il se décide à les utiliser, cela clashe ! En revanche, ils aiment beaucoup les maracas dont ils sont assez friands. La-dessus, le guitariste Britt Daniel développe un style particulièrement sec. Les mélodies sont composées de lignes de guitares ou de claviers simples, répétitives, hypnotiques et envoûtantes. Chose à la limite incroyable, le groupe réussit à produire une espèce de groove improbable, vu le contexte, peut-être l’héritage des beats disco et du reggae que l’on perçoit de temps en temps, comme en filigrane, chez eux. En résumé un groupe essentiellement rythmique. D’une certaine manière étrangement dansant. Et qui par conséquent fait un carton sur scène.

www.spoontheband.com

www.myspace.com/spoon