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samedi 15 avril 2023

La Féline : « Tarbes »

 


C’est durant le confinement, alors qu’elle ne pouvait rendre visite à sa famille, qu’est venu l’idée de ce quatrième album d’Agnès Gayraud, connue sous le nom de La Féline. Une « Ville Moyenne », qu’elle revisite en musique de la « Place de Verdun » aux quais de l’Adour (cf. « Ne vas pas sur les quais de l’Adour »). Mais, bien vite, l’album s’éloigne des Hautes-Pyrénées, aussi sûrement que la chanteuse s’est éloignée, au moins physiquement (l’instrumental « Sur la route de Pau » ponctue le disque), de sa région natale pour finalement nous raconter une histoire différente. Débuté dans la nostalgie d’une adolescence aux vapeurs douces-amères (cf. « Seule sur mon lit défait je dansais allongée » chante-t-elle), l’album nous conte finalement l’émancipation et la passage à l’âge adulte (cf. « Demain j’emmène ma vie ailleurs, j’attaque la classe supérieure »). Un rapport au temps qui semble au cœur de l’inspiration de l’artiste. Adieu l’adolescence, nous conte Agnès en filigrane, neuf ans après son premier effort intitulé « Adieu l’enfance ». Enregistré seule avec l’aide de l’excellent François Virot à la batterie et des guitares additionnelles de Mocke Depret et des programmations de Xavier Thiry, La Féline nous livre un album intime, peut-être le plus personnel de sa discographie, une pop de haute volée aux accents volontiers dansant (« Je dansais allongée » ; « Dancing ») et vaporeux (« Tout doit disparaître »). Un disque très émouvant.

https://lafeline.bandcamp.com/

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jeudi 30 novembre 2017

La Féline : « Royaume EP »



Dans la foulée de son magnifique « Triomphe », La Féline est (déjà) de retour avec cette nouvelle livraison de quatre titres. Un disque scindé en deux, marqué par des collaborations avec Lætitia Sadier (la française ancienne chanteuse de Stereolab dans les 90s) et le compositeur « électronicien » Mondkopf. Des rencontres judicieuses qui ont fait sortir l'artiste de sa zone de confort. Ainsi, le résultat est sensiblement différent du dernier album tout en sonnant familier. Avec ce nouvel EP, plus que jamais, l'univers artistique de La Féline est marqué par l'entre-deux. Entre français et anglais, par le biais de la présence de Lætitia, entre électrique (« Le Royaume ») et électronique (« Comme un guerrier »), entre douceur mélodique et charge puissante, voire violente de l'électronique (cf. la reprise en deux parties de « Comme un guerrier » de Gérard Manset, qui caresse l'oreille avant de la fouetter). La Féline produit une musique mouvante, toujours en mutation, qui n'a certainement pas fini de nous surprendre et dont cet EP n'est que l'amuse-bouche.

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mardi 21 février 2017

La Féline : « Triomphe »



Situé au confluent d'influences très diverses (électro, chanson, pop, cold wave), ce deuxième album de La Féline fait montre d'un univers qui gagne en épaisseur. Les sonorités électroniques héritées de la new-wave, pendant un temps la signature de la formation menée par Agnès Gayraud, se fondent dorénavant dans un ensemble harmonieux ou l'électro cohabite avec des instruments organiques (« La mer avalée », « Trophée », « Comité rouge », la magnifique « Séparés ») voire acoustiques (« Nu, jeune, léger ») tout en ménageant de la place pour ce petit grain de sable propre à faire dérailler la machine dans l'inattendu, provoquant ce que l'on appelle communément un heureux accident (cf. le saxophone free qui orne « Le Royaume », « La femme du kiosque sur l'eau » baroque et orientalisant à souhait). Tout au long de ces dix plages, La Féline évolue sur la brèche entre limpidité mélodique et cette basse prépondérante accentuant le côté dark de sa musique, dessinant l'écrin idéal pour sa voix veloutée, séduisant l'auditeur un titre après l'autre. Une évidence se fait alors jour. On éprouve que trop rarement ce sentiment de proximité et d'intimité avec une œuvre que l'on découvre pourtant pour la première fois, comme si cette dernière avait fait partie depuis toujours de notre quotidien. C'est le signe des grands albums et « Triomphe » en est assurément un.
En concert à Paris le 16 mars (La Maroquinerie avec Louis-Jean Cormier)