« Je crois que
je suis arrivé en ce monde un peu triste », ainsi commence ce
nouvel album des Computers sur une note gospel légèrement
dramatique. « Birth/Death » puisque c'est ainsi que se
nomme ce nouvel effort comme la naissance d'un nouveau groupe
découlant de la disparition de l'ancien. C'est un nouveau départ
pour les anglais qui n'ont plus peur d'aborder des thèmes plus
sombres, comme, par exemple, un réveillon en solitaire (« NYE ») :
tu voulais connaître les nouvelles, t'as le blues (« Want
the news, here's the blues »)! Musicalement, les influences du
rock n'roll, des années 50, s'effacent peu à peu au profit d'une
nouvelle approche : un peu moins de piano, des beats nouveaux
(« Mother »), c'est toute la dynamique qui animait
jusqu'à présent les Computers qui est remise en cause avec ce
nouveau disque. Qui aurait pu imaginer un titre comme « God
only knows » ? Le quintet n'a pas eu peur de tout rénover
du sol au plafond, mais, cependant, la rage qui anime le groupe est
toujours intacte mais s'exprime différemment (« This ain't
right »). Pas dénué d'intérêt, « Birth/Death »
a ses bons moments (« Pound for pound », « Crucifixed
on you ») mais « Love Triangles, Hate Squares »
reste notre album préféré des Computers et quelque chose nous dit
que cela n'est pas près de changer…
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mardi 13 septembre 2016
samedi 19 décembre 2015
The Computers : «Want the news, here's the blues EP »
Découvert sur scène
au Bataclan (souvenir ému) et à Rock en Seine, on place de grands
espoirs dans les Computers. En effet, leur rock n'roll nerveux à
base de piano 50s mâtiné d'énergie punk est porteur de mille
plaisirs auditifs. Même si le tout semble dans la lignée de Jim
Jones Revue, à l'heure où ces derniers ont décidé de raccrocher
les gants, on compte sur les Computers pour nous dealer notre dose de
rock n'roll échevelé à forte teneur en énergie. Las, ce nouvel
EP, en attendant le troisième album, bouleverse totalement la donne.
L'affaire part pourtant sur de bonnes bases avec les deux premiers
titres « Want the news, here's the blues » et
« Crucifixed on you ». La tonalité générale est certes
moins marquée par le rock n'roll des origines, le piano a par
exemple disparu, mais l'énergie du groupe semble intacte et cette
nouvelle orientation plus garage leur va comme un gant. Hélas, les
deux dernières plages sèment le doute. Comme pour faire honneur à
son patronyme informatique, le groupe introduit une dose de synthés
80s dans sa musique. Quelle drôle d'idée ! Passe encore pour
« Whip It », comptine pop rigolote chipée chez Devo,
mais « It's over you », est trop mièvre pour remporter
l'adhésion. Pire encore, la chanson réveille le pire de la pop FM
des années 80. Ce nouvel album s'annonce pour le moins inquiétant...
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mercredi 13 février 2013
Les Nuits de l’Alligator, Houndmouth + Skins + The Computers + The Heavy, Le Bataclan, 11 février 2013.
Attachant festival, Les nuits de l’alligator réunissent
chaque année, à la maroquinerie ou au bataclan, des groupes émergents dans des
styles musicaux plutôt roots allant de la country au rockabilly en passant par
la soul ou le garage. L’affiche de cette année fera une fois de plus honneur a
ce festival et multipliera les coups de cœurs. On commence par un groupe venu
de l’Indiana, qui sort pour la première fois de son pays natal, Houndmouth qui
mélange assez habilement blues, country et une approche rock indépendant. Le
quatuor (basse, batterie, clavier, guitare) s’en tire avec les honneurs,
excellente section rythmique et harmonies vocales (la fille aux claviers à une
très belle voix) font fondre le public. Une très belle première partie même si
leur présence paraît un peu décalée au regard de ce qui va suivre. On continue
ensuite avec une tornade comme on en voit rarement prendre la scène d’assaut,
le quintet Skins, un groupe garage/punk mené par une chanteuse soul à la
superbe voix typiquement black. La formule n’est pas sans rappeler nos Bellrays
adorés mais dans une incarnation encore plus radicale ayant intégré le hip hop
et la fusion rap/métal. Ca décoiffe. Dans le genre décoiffage le groupe
suivant, The Computers, a également de forts arguments à faire valoir.
Mélangeant le punk et le rockabilly, le groupe a indéniablement du charisme, un
savoir faire pour emballer le public : inconnus avant la soirée, la
majorité de la salle sera fan à la fin de leur set. Dans leurs costumes
coordonnés bordeaux, chemises blanches et cravates ficelles noires, ils sont
également le groupe le plus classe de la soirée. Ca joue sévèrement, c’est
juste dommage pour eux que Jim Jones Revue occupe déjà le terrain avec une
formule rigoureusement identique : grosses guitares, piano, même le
chanteur retrouve les intonations de Jim Jones. A suivre malgré tout. On
termine enfin avec la tête d’affiche, les anglais de The Heavy, groupe
actuellement en pleine bourre, remplissant des salles de plus en plus grandes
dans la foulée de leur excellent troisième album « The glorious
dead » sorti à la rentrée dernière. L’album le laissait supposer, la scène
le confirme, The Heavy s’éloigne peu à peu du (hard) rock (point de « In
the morning ») au profit d’un son de plus en plus soul (l’album a été
enregistré en compagnie des musiciens de daptone). Le quatuor, désormais
accompagné sur scène par deux saxophones et un clavier vintage, n’a joué que
les titres des deux derniers albums. Plus nuancé, peut-être un peu moins brut
mais toujours aussi groove et sexy, The Heavy est excellent (une habitude avec
eux). La soirée se termine avec le tube imparable « How do you like me
now ? » et le Bataclan chavire.
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