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mardi 9 février 2021

Brisa Roché et Fred Fortuny : « Freeze where U R »

 


Entre la chanteuse et le musicien, le coup de foudre artistique fût immédiat. Conçu comme un hommage à la grande tradition américaine d'Est en Ouest, du Brill Building à Laurel Canyon en passant par les comédies musicales de Broadway, le duo s'est scellé autour d'une passion commune pour les figures tutélaires comme Carole King ou Joni Mitchell. Mais, assez rapidement, la créativité débordante du duo a vite dépassé le simple hommage pour aboutir à cet hybride rétro-futuriste bien plus passionnant. C'est sur ce fil tendu entre le passé et le futur, que la voix de Brisa charme et joue à plein. La chanteuse est parfaitement à l'aise sur les ritournelles pop rétro (« Don't want a man » ; « Woman with a star » que l'on jureraient inédites en provenances directe des archives cachées de Phil Spector) ou ces airs jazzy au piano, « Blue Light », lui donnant l'occasion de renouer avec ses premières amours. D'ailleurs c'est ce titre « Blue Light » qui résume le mieux la démarche du duo : une chanson au charme rétro immédiat mais aux résonances très actuelles puisque traitant de l'addiction au téléphone portable. Ailleurs, le duo déstabilise franchement avec des morceaux aux allures d'abstractions électroniques (« Freeze where U R » ; « I Love You ») s'appuyant sur le passé pour imaginer l'avenir. Enfin, et ce n'est pas là la moindre des qualités de cet album, « Freeze where U R » est un magnifique album de voix, chanté à plein volume.

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lundi 5 août 2019

Brisa Roché : « Low Fidelity »



C'est la divine surprise de notre été, Brisa Roché a enregistré un nouveau disque ! Une sortie pour le moins inattendue et pas vraiment prévue au planning. Fidèle à son titre, le contenu en est acoustique et pour le moins dépouillé. Et dans le fond, c'est pour le mieux et c'est très bien ainsi ! De Brisa et sa guitare, il se dégage quelque chose d'unique, une âme (« California Man », « Summerelo ») qu'un interventionnisme extérieur ou une production plus lourde aurait fini par obérer. Le disque possède ainsi le charme de ces choses enregistrées au débotté, au naturel. Comme une perle échappée du Laurel Canyon des sixties ou du Haight-Ashbury de la même époque, l'album convoque de nombreuses images mentales, on se surprend ainsi à rêver des grandes étendues de l'Ouest Américain, on rêve d'un disque enregistré au fin fond d'une grange abandonnée quelque part dans l'ouest. Magnifiques arpèges de guitare folk, voix éthérée et légère (cf. "Can't Stand"), l'album évoque d'emblée un sentiment d'intimité avec la musique et coule de source, une chanson après l'autre. Brisa a fait du manque de moyen une force créatrice et prolonge ainsi le travail d'introspection et de retour aux sources (cf. « Daughter of a Teacher ») entamé avec son album précédent, le déjà magnifique « Father ». Un album lumineux que l'on n'a pas fini d'écouter en regardant le soleil se coucher.

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dimanche 7 octobre 2018

Brisa Roché, le Café de la danse, 3 octobre 2018.



Le concert commence avec les notes d'une basse naviguant en plein delay. Si le concert du soir se déroule en trio et le dernier album de Brisa Roché, le magnifique « Father », voit la chanteuse renouer avec l'idiome folk, cette réinterprétation se fera à sa manière, post moderne. Comme une funambule sur le fil, tirant un trait d'union entre le passé et le présent. Il en résulte un concert étonnant parsemé de nappes synthétiques fantomatiques, d'éclairs de guitare électrique limite garage (« 48 ») et de délicats arpèges acoustiques (« Holy Badness ») ou transparaît par intermittence la chanteuse de jazz qu'elle fut autrefois. Limitée par une technique rudimentaire « j'ai commencé à treize ans et je n'ai jamais progressé depuis » à la guitare, « c'est rare que je joue autant sur un projet » (signe de l'importance toute personnelle et particulière de ce dernier), Brisa inverse les rôles dans un tour de passe passe étonnant, la guitare folk étant cantonnée à un rôle rythmique alors que la basse prend, assez souvent, le lead et les soli. La performance du soir a été marquée par un rare et intense moment d'émotion lorsque Brisa interroge le public demandant quel est le parfum de votre amour perdu afin d'improviser une chanson. Un magnifique don de soi et d'humanité de la part d'une chanteuse qui chante aussi « pour nos disparus, nos amours perdus qui nous quittent jamais tout à fait mais deviennent des chansons et des poèmes »… 

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samedi 9 juin 2018

8 : « Post Drunk Mime »



On l'a connu chanteuse de jazz ou de folk, on l'a vue frayer avec la scène électronique, Brisa Roché est la spécialiste des virages insoupçonnés. Un éclectisme qui, au final, compose une discographie riche, variée et passionnante. Sorti l'an dernier, ce nouveau projet, un groupe sobrement nommé 8 voit la Californienne, exilée depuis des lustres en France, s'acoquiner avec le producteur Ray Borneo pour un grand raout rappelant le meilleur des années 80. Soit une musique sombre, noire et tendue par des synthés dark (« I do wrong ») et des lignes de basses cold wave qui colle comme un gant de cuir au chant sexy de Brisa. Et pourtant, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, cet album est l'occasion pour la chanteuse de renouer avec ses racines rock n'roll par le biais d'une guitare cradingue et lo-fi évoquant à la fois le blues (la magnifique « Sugar »), le punk ("Never back") ou le rock garage (l'addictive « Help me go »). Volontiers hypnotique à l'occasion (« Don't fall », « Give me something ») voici un album mystérieux, excitant et passionnant de bout en bout. Une réussite.




vendredi 25 mai 2018

Brisa Roché, Salle Palias, 24 mai 2018.

(c) RG

Magnifique chapelle située au quatrième étage d'un bâtiment, religieux, d'obédience polonaise, la Salle Palias fût l'endroit le plus improbable qu'il nous ait été donné de visiter cette année. Un lieu atypique qui convient bien à la chanteuse Brisa Roché qui fête, le temps de ce court show case, la sortie de son nouvel album « Father », le plus personnel de l'exilée américaine à ce jour. En position dangereuse, assise en équilibre précaire, sur une sorte de pupitre pas spécialement étudié pour, Brisa trône au balcon, perchée, comme à son habitude, seule avec sa guitare folk. Sa voix, absolument pas amplifiée, dégage une puissance incroyable, dans cette antre boisée ; le fantôme de Karen Dalton traîne quelque part, celui de Tim Buckley également. Ses maladresses à la guitare, c'est un exercice assez nouveau pour elle, sont attendrissantes et renforcent le charme naturel de la chanteuse. Le public, assis en contrebas, est sous le charme. Le nouveau répertoire de Brisa possède ce charme intemporel et son interprétation est à l'avenant, le public est pris au piège, dans cette sorte de machine imaginaire à remonter le temps et semble projeté dans un hootenanny des sixties. Brisa quant à elle, prise par l'émotion de ces chansons racontant sa vie, essuie quelque larmes, en pleine interprétation, la voie brisée. Le showcase est émouvant. Le disque sort aujourd'hui, la tournée débute bientôt, ne la ratez pas… 




dimanche 6 mai 2018

Brisa Roché : « Father »



Ce nouvel album, le sixième, pour l'Américaine installée en France sonne d'emblée comme son disque le plus personnel, sobrement intitulé « Father ». Comme si tout ce qui avait précédé n'était que le prélude, devant mener à ce disque, dont une bonne moitié, est un hommage à son père, un personnage trouble navigant dans les eaux sombres de la drogue, décédé à l'âge de 48 ans (cf. le « 48 » du premier titre). Revisitant son histoire familiale et son enfance, ce nouvel effort voit Brisa endosser différents costumes à la fois la mère bienveillante (la très délicate « Patience »), l'enfant éploré (« Carnation ») ou les dealers qui entouraient son père (l'angoissante « Holy Badness »). Après maintes divagations électroniques, Brisa est revenu à une forme musicale folk, acoustique, à la fois classique, comme dans un hootenanny des années 60 (« Can't Control », la magnifique « Black Mane » peut-être bien notre préférée), mais laissant apparaître quelques traces de modernité (« Cypress », la boîte à ryhme de « Engine off ») alternant les passages doux et délicat (« Patience », « Cypress ») et un aspect plus rêche et violent en dépit du contexte acoustique (« 48 », « Fuck my love »), dans la lignée d'une Karen Dalton des temps modernes. Particulièrement investie dans son projet, la chanteuse semble tout le temps sur le fil, la voix prise par l'émotion, sur le point de se briser (« Can't control »). Et c'est ces moments là, où l'artiste touche du bout des doigts une sorte de vérité universelle, qui donnent toute sa valeur à l'album et lui confèrent ce caractère si précieux à nos oreilles. 

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mardi 12 juillet 2011

Brisa Roché : All Right Now


Troisième effort pour cette californienne exilée en France que l’on a connu, au tout début, comme une chanteuse de jazz. Comme ce temps paraît bien loin. Après un seul album Brisa a tout remis en question décidant de plaquer le jazz pour des sonorités pop folk plus proches de sa Californie natale. Ce nouvel album a été conçu en deux temps d’abord dans la résidence d’artistes tenue par sa mère en Californie où le groupe réunis par Brisa a composé la bagatelle de 20 chansons en une semaine à force de jam sessions acharnées. Le petit groupe s’est envolé ensuite à l’autre bout du pays dans le nord de l’état de New York pour enregistrer le disque dans une église désaffectée reconvertie en studio par le producteur Henry Hirsch, connu pour son travail avec Lenny Kravitz. A l’écoute du résultat, une certitude se fait jour, les amateurs de jazz et de son premier album passeront leur chemin, Brisa s’étant durablement installée dans le paysage pop rock. Ce nouvel effort semble comme imbriqué entre plusieurs cultures. Des années 60, le groupe a conservé cette forme de liberté héritée des jams-sessions. Bien souvent on n’a pas vraiment le sentiment d’être en présence d’un songwriting classique à base de couplets/refrains. Plein de surprises, cet opus ne cesse de rebondir dans des recoins inattendus avec des changements de rythmes, de sonorité, d’ambiances et des variations psychédéliques. Cet aspect libre le groupe l’a traité avec un sens aigu de la concision, pas une plage ne dépasse les cinq minutes, redécouvrant ainsi la célérité pop. Au niveau de l’instrumentation et des arrangements, Brisa a fait simple privilégiant une approche de groupe basse, batterie, guitares (électriques) et claviers. Là encore de nombreuses surprises sont à l’horizon les claviers utilisés évoquant à la fois les années 60 mais aussi les 80s, le groupe sonnant alors comme Blondie. Enfin on a presque oublié de le préciser tellement c’est évident, mais Brisa chante magnifiquement bien tout au long de l’album.

www.myspace.com/brisaroche