mardi 27 octobre 2020

Lux Bas-Fonds : « Amnésie Internationale »




Time to rock'n'roll ! On a souvent, sur cette page, discouru sur l'importance du roll dans le rock. Ce nouvel EP du groupe formé en 2012 vient apporter, en cinq titres et autant d'arguments, de l'eau à notre moulin. En un sens, Lux Bas-Fonds incarne l'épitomé du style : nerveux, tendu et sans fioritures inutiles. La formation pratique un son à la fois sec et sauvage, non dénoué de groove, composante essentielle s'il en est, et incarné par la voix gutturale d'un chanteur à qui on ne la fait plus, dans un râle rauque émouvant (« Coté Cuir »). Tournant en spirale hypnotique et malsaine (« Celui du jour »), dopé par de sérieux coups de trique de la fée électricité (« Amnésie Internationale ») Lux Bas-Fonds renoue, dans ses textes, avec un certain idéal libertaire révolté. Et ça fait du bien ! 
Sortie le 16/11

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lundi 26 octobre 2020

Bonbon Noir




On s'était émus, l'été dernier alors que l'on découvrait la musique de Bonbon Noir, de l'absence de support physique concrétisait un projet pluri disciplinaire (EP vinyle, livre et sérigraphies) aussi ambitieux. Bonne nouvelle, le financement participatif ayant abouti, Bonbon Noir est enfin disponible en version physique et il y a la matière à ce réjouir, tant le résultat est enthousiasmant. De quoi nous mettre un peu de baume au cœur en cette période plus que morose qui se prolonge et empire un peu plus chaque semaine… 

Le pack Bonbon Noir comprend donc un magnifique vinyle doré (voir la chronique de la musique par ici), une série de sept illustrations superbes et un ouvrage du même nom écrit par L. Erwan Kern, également chanteur et parolier du groupe. Le disque constitue la bande son de l'histoire, entre conte et roman, nous contant le destin tourmenté d'Anita Black, du Paris de la fin du 19ème siècle à l'Irlande des années 1960 en passant par les maisons closes New-yorkaises. A partir de chapitres relativement courts l'auteur brosse toute une galerie de personnages attachants ou répugnants, c'est selon, de situations dramatiques en une série de descriptions très cinématographiques, transportant le lecteur, où se mêlent sexe, musique, arts, littérature et folles soirées décadentes. Mais, en fait, quel est donc ce fameux Bonbon Noir donnant son titre à toute cette affaire ? Vous le saurez en dévorant les 247 pages de l'ouvrage… 

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jeudi 22 octobre 2020

SKÁLD : « Viking Memories »



Justine Galmiche (chant) et Pierrick Valence (chant, instrument) composent ce projet, pour le moins atypique, visant à rendre hommage à la culture viking du grand nord, et ce, en dépit des patronymes des deux impétrants, plus français que franchement nordiques... Mais qu'importe le flacon du moment que l'on a l'ivresse ! Chanté en vieux-norrois, une langue du grand nord tombée en désuétude (on se gardera bien au passage de tenter de reproduire les titres des chansons) la proposition artistique provoque une sidération immédiate et une sensation d'ailleurs fort prégnante. Le dossier de presse nous apprend qu'il s'agit là de neofolk. Et il y a évidemment de cela dans toute la gamme hétéroclite d'instruments à cordes (nyckelharpa, skáldharpa) et à vents utilisés ici. Au-delà du folklore ancien, SKÁLD se joue des contrastes entre les voix, celle éthérée et aérienne de Justine et nettement plus gutturale dans le cas de Pierrick. Une dichotomie qui se retrouve dans la musique du groupe d'apparence mélancolique, délicate et d'une acoustique délicieusement arpégée et pourtant mue par une force de frappe percussive d'une impressionnante lourdeur et une effrayante tension sous-jacente. Neofolk ou non, c'est bien au métal que l'on pense. Et c'est certainement tout sauf un hasard si le duo s'est retrouvé sur la scène du Hellfest. A découvrir donc et ce, bien au-delà du cercle des amateurs de curiosités exotiques. 

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mardi 20 octobre 2020

Roxane Arnal feat. Baptiste Bailly : « Doorways »

 


On avait déjà croisé son timbre de voix au sein du duo Beauty and The Beast. Mais depuis 2018, Roxane a trouvé en la personne de Baptiste Bailly un nouveau compagnon de jeu lui permettant d'exposer une autre facette de son talent. Moins rétro/swing, moins acoustique, ce premier EP se conçoit comme une porte ouverte (cf. le titre) vers de nouveaux horizons. Doorways, c'est toujours un peu plus : plus blues (« No one knows my name »), plus jazz dans un registre vocal mâtiné de folk (« Doorways » ; « Give it all »), plus rock aussi (« Rushed to fly »). Ainsi, l'ep brille par la variété de ses climats entre piano et guitare électrique, cette alternance entre acoustique et électricité, où se diffusent les effluves latines des percussions rappelant la ville de Valence (Espagne) où le disque a été enregistré. De facture classique, mais solide, vivement l'album !

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lundi 19 octobre 2020

NinjA Cyborg : « The Sunny Road »

 



Avec son patronyme, digne d'un navet eighties de la Cannon, et sa pochette à l'avenant le duo NinjA Cyborg, revisite les codes de la pop culture des années 1980. Et s'il flotte un air nostalgique sur cet EP, « The Sunny Road » ou « A walk with Jane » auraient pu être des bandes originales, les années 1980 habitent le disque de manière fantomatique. Une réminiscence, comme un vieux souvenir que le temps se charge d'embellir, pour n'en garder les meilleurs côtés. Ainsi le son du synthé analogique ne peut effacer la modernité de la chose (« Masters of fury »), quand l'électro du 21ème siècle enrobe une pop song vieille d'il y a trente cinq ans (« Sky Diving »). NinjA Cyborg, c'est un regard contemporain posé sur un passé proche et lointain à la fois, l'esprit chargé de souvenirs et incrédule devant le monde d'aujourd'hui. Émouvant. 

https://ninjacyborg.bandcamp.com/
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dimanche 18 octobre 2020

Romain Humeau : « Echos »



Voix d'Eiffel depuis 20 ans (ou presque) Romain Humeau est de retour avec un nouvel effort en solo, son cinquième, qui, ajouté aux six albums de son groupe Eiffel, place le bonhomme à la hauteur des songwriters les plus prolifiques (et il paraît qu'il a 70 nouvelles chansons en réserve). S'il ne renie en rien son attirance pour le rock (« Cherry Gin » ; le rageur « P'tite faille dans le continuum temps ») on sent le chanteur libéré des contraintes du groupe, libre de puiser son inspiration là où bon lui semble parfumant sa musique d'effluves électroniques ou hip hop. Et sans se renier ; le tout formant un ensemble cohérent qui se tient d'un bout à l'autre. Un patte immédiatement identifiable où les échos (cf. le titre) du rock britannique se marient harmonieusement à la langue française (même si l'anglais fait quelques apparitions de temps à autre « Tryin' to be a girl », « Pretty girls in a B.W.W ») permettant de mieux faire passer les messages. Un album de l'entre-deux pas aussi classique que sa facture le laisse imaginer et œuvre d'un des plus attachants auteur compositeur d'ici. 

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samedi 17 octobre 2020

The Hyènes : « Verdure »



En intitulant son album « Verdure » tout en affichant une pochette n'ayant absolument rien de verdoyante, The Hyènes brouille les pistes sur son nouvel album. Un paysage dévasté, désolé, pollué qui sert de couverture à ce nouvel effort, attendu depuis longtemps après que quelques titres en ont été dévoilés sur un EP l'an dernier, et se révèle ainsi aussi sombre et quasi désespéré que son contenu (cf. « qui eût cru que le destin de la planète aurait raison de nos galipettes » in « Ici bas » ; « Qu'est-ce que ça peut me faire ? De sauver la planète ou le système bancaire » in « Bègles »). Une thématique à l'avenant de la proposition musicale où les guitares, âpres, rageuses ou lourdes, c'est selon, se taillent la part du lion, constituant un cri de rage, de révolte, d'une intensité que l'on n'a plus entendue depuis longtemps dans le rock français. Dans un monde moins triste que le notre, cette puissance aurait dû exploser sur scène il y a belle lurette. Un jour peut-être… 

vendredi 16 octobre 2020

Rosaway : « Dreamer »


Scellant la rencontre improbable entre la flûte traversière (Rachel Ombredane) et la batterie (Stéphane Avellaneda), le duo Rosaway se fait fort de sortir des chemins battus. A commencer par ceux tout tracés des deux musiciens venus du classique (Rachel) et du blues (Stéphane). Et au final l'EP ne ressemble à rien de tout cela, mais tends vers une pop d'obédience électronique (Stéphane s'est mis au synthé) où le chant soul gospelisant de Rachel trouve une assise dans les claviers vintage (Rhodes, Hammond). Ainsi la musique fait un bond entre les époques où la flûte évoque un je ne sais quoi des films blaxploitation ou de kung fu des années 1970 alors que les sons synthétiques nous ramène vers quelque chose de résolument contemporain. L'assise rythmique groovy de Stéphane est fondamentale et porte la musique mais la chose prend une tournure délirante sur l'excellent « Mama Used to Say », d'inspiration New Orleans, portée par quatre batteurs et non des moindres ! Déroutant, inattendu mais intrinsèquement attachant. 

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jeudi 15 octobre 2020

Noiss : « Deafening EP »

 


Et voilà un groupe qui porte bien son nom, et fait honneur à ce dernier en débutant son nouvel EP avec un titre intitulé : « Punch in my face » ! Plutôt bien nommée en l’occurrence, car Noiss c'est un peu ça, un poing dans la figure ou, plus exactement, dans les oreilles. Du punk au stoner, du métal au grunge (ce dernier cimente le groupe), Noiss revisite en cinq titres toutes les nuances bruitistes avec une légère tendance à la nostalgie des années 1990 et, plus étonnant, en y ajoutant quelques tentatives psychédélico-hypnotiques assez réussies (« Iteration 7 » ; "Enjoy this day"). A découvrir.

https://noiss-music.com/

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mardi 13 octobre 2020

Sinaïve : « Dasein EP »



Le quatuor strasbourgeois se distingue sur la scène hexagonale par son choix de chanter en français. Un choix fort et audacieux qui a le don de propulser Sinaïve dans une dimension inédite plongeant l'auditeur dans un abyme de perplexité tant on a perdu l'habitude du français utilisé dans ce contexte : celui d'un groupe shoegaze. D'où ce sentiment d'écouter quelque chose d'excitant, cette sensation de neuf et d'inédit. D'autant que, sur le plan musical, le groupe n'y va pas par quatre chemins. Le son est compressé, les guitares bourdonnent le tout alterne entre bouillonnement volcanique (« Paradoxe Français » ; « Masse Critique ») et béatitude planante (« Syndrome de Vichy »). Une démarche expérimentale traçant la voix à mi-chemin du psychédélisme et de l'attaque bruitiste. La musique peut faire planer, c'est entendu depuis longtemps. Gare à Sinaïve, eux semblent être plutôt adeptes du rase-motte et du vol piqué. 

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lundi 12 octobre 2020

José : « Dada EP »



Figure bien connue de la scène rock d'ici, en qualité de chanteur de Stuck in the sound, José Reis Fontao n'a pourtant jamais de collaboration parallèles de You! au duo SAHR, en compagnie de DJ Pone. C'est aujourd'hui un nouveau tournant dans la carrière du chanteur qui, pour la première fois se lance en solo sous son simple prénom. Loin d'être un détail, ce patronyme aide à placer l'EP dans le parcours du chanteur qui se révèle ici comme rarement et on note par ailleurs que la majorité des titres sont en portugais. Ainsi, si le disque sort en solo c'est très probablement à cause de ce contexte intime qu'il était difficile de faire partager à d'autres intervenants. José a-t-il prêté serment au début de sa carrière de ne jamais se répéter ? C'est en tout cas ce que laisse supposer la musique, à peu près aussi colorée que la pochette. Difficile de reconnaître le chanteur dans l'hymne clubesque en diable (par ailleurs très efficace) de « Beyond doubt » ou dans la pop acidulée mâtinée d'électro qui l'occupe ici (« Dada » ; « Carvalhinho »). Ceci étant il faut faire abstraction du passé rock du chanteur (qui n'est pas terminé, le groupe n'étant pas séparé) et apprécier ces quatre titres pour ce qu'ils sont : une bulle cotonneuse et planante, sucrée et très appréciable. José nous offre un petit quart d'heure de rêverie musicale. On serait fou de ne pas l'accepter.



samedi 10 octobre 2020

I love my Neighbours : « Anthology »


La tête plongée depuis le mois de mars dans un tunnel dont on ne voit toujours pas la fin, ILMN garde le cap et sort malgré tout son premier album. A l'instar du premier titre, intitulé « Chasing Rainbows », ce premier album du quatuor représente un aboutissement, après quatorze ans d'existence, un arc-en-ciel après lequel ils ont beaucoup couru et au-dessus duquel flotte, hélas, un air du chant du Cygne tant le contexte est délicat pour un groupe indépendant comme eux. Evidemment le climat général influence notre écoute de cet album, découvert pendant le confinement, et c'est peut-être la raison pour laquelle le spleen qui enrobe le chant de Jeremy nous saute aux oreilles aujourd'hui. Un feeling prégnant contrebalançant les guitares échevelées ("Uptight") d'un groupe qui n'a plus peur de s'aventurer sur un terrain tortueux et labyrinthique, plus pop (la magnifique « Horizons » d'inspiration cabaret) enrobé des claviers aux effluves électroniques (« Widows » ; « Now Sing »). Nostalgie quand tu nous tiens… 

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vendredi 9 octobre 2020

Toybloïd : « Modern Love »



Et dire qu'il s'est écoulé quatre longues années depuis le premier album du trio ! Une longue attente, un si long silence qui prend fin avec ce « Modern Love » aux effluves toujours aussi puissantes mais mieux canalisées. Dans l'intervalle, enfin on l'imagine, le groupe a pris le soin de ménager ses effets posant un couche de vernis pop sur un parquet toujours aussi punk, ce qui a pour effet de faire ressortir la puissance des guitares, un peu moins sales mais toujours aussi saturées (« Ants »). Ainsi, dans ses meilleurs moments, l'album procure un coup de boost euphorisant, à se jeter sur les rideaux, le plafond, tout, emporté par la puissance générale de la chose appuyée par la batterie martelant le temps (cf. « Monster » ; « Diamond ») et incarné par la voix de Lou tantôt douce, tantôt féline, et qui se révèle débordante d'émotions lorsqu'elle force sur ses cordes vocales dans une classe punk absolue. On appelle ça un remède contre la morosité générale. 

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jeudi 8 octobre 2020

Min-Deed : « Illusive Happiness »



Si le quatuor de Morteau sort son premier EP, on ne peut pas en dire autant des musiciens composant le groupe, autant de vieilles connaissances passés du métal à l'électro, ayant sévit au sein des groupes Silent Ran et d'autres qu'il serait vain d'énumérer. Une expérience qui fait toute la différence et que l'on sent à l'écoute de cet EP inaugural qui a le don de nous accrocher l'oreille dès l'intro du premier titre à la rythmique carrée et puissante (« Twenty-four hours ») et terriblement addictive. Un sentiment qui ne quittera plus l'auditeur embarqué dans une virée sauvage et tortueuse (cf. « Dolls ») entre guitares agressives, comme autant de clous enfoncés dans l'oreille de l'auditeur, chant féminin étranglé, et arrangements électroniques apportant un soupçon d'originalité et de bizarrerie (cf. « Empty ») qui fait tout le sel de cet EP, première œuvre d'un groupe prometteur. 

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mercredi 7 octobre 2020

Delgres : "4 Ed Maten"


 

En attendant leur deuxième album, prévu pour début 2021, le trio est de retour avec un clip en forme d'hommage au monde ouvrier.

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samedi 3 octobre 2020

Bette Smith : « The Good, The Bad & The Bette »




Avouons-le, aussi puissant et tourneboulant soit son timbre de voix, le premier album de la New-Yorkaise, « Jetlagger » sorti en 2018, nous avait un peu laissé sur notre faim. Parfois un peu erratique, et dans le fond décevant suivant certains aspects, le disque constituait néanmoins une belle promesse pour l'avenir qui semble se concrétiser avec ce deuxième album mieux maîtrisé et nettement plus abouti. Pourtant dans le fond, rien n'a réellement changé, le timbre toujours aussi puissant et émouvant de la chanteuse est magnifié par des compositions soul de haute volée où l'influence sudiste (jusqu'à flirter avec la country/folk cf. « Whistle Stop ») côtoie l'ambiance urbaine quasi-rock garage à la BellRays (« I'm a sinner »). Quelque soit le contexte, Bette Smith, féline en diable, charme et émeut à grands coups de cordes vocales rauques charriant les émotions par vagues, suivant le patronage des sacro-saintes années 1970. Une influence en l'espèce magnifiée pour un résultat intemporel dont on n'est pas prêt de se lasser. 

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vendredi 2 octobre 2020

Jeremy Ivey : « Waiting out of the Storm »



Comme nous tous, Jeremy Ivey attend la fin de la tempête. Mais lui a la chance d'attendre en musique. Au contexte anxiogène, Ivey n'a qu'une seule réponse : son nouvel album ! Solaire et lumineux, mais traversé d'émouvants éclairs nostalgiques, partagé entre pop et guitares rugueuses, ce nouvel effort est le trait d'union rêvé entre Beatles et Neil Young & Crazy Horse. Rien que ça, oui ! L'évidence mélodique du disque, son savoir-faire instrumental, virtuose sans effet superfétatoire, confère à l'album un angle immédiatement attachant, tel un classique instantané, qui nous pointe bien évidemment (et une fois de plus) vers les influences des années 1960 et 1970 ; un lieu commun en l'espèce sublimé par la production impeccable de Margo Price (accessoirement son épouse). Intemporel et sans fausse note. 

Sortie le 9 octobre 2020.

jeudi 1 octobre 2020

Neal Black & The Healers : « A little boom boom boom »



Ce douzième album du Texan, en 27 ans de carrière, nous apporte la confirmation que si la valeur n'attends pas le nombre des années, l'inverse est tout aussi vrai ! Comme le bon vin se bonifiant avec le temps, ce nouvel effort dégage des effluves fortes à nos oreilles ! La voix plus « Smoky » (comme il aime à le dire lui-même) que jamais du chanteur, installé dans la vallée du Rhône, nous joue un numéro de charme dévastateur, le long de ces 13 plages glissant à merveille tant sur le blues ourlé (« A little boom boom boom » ; « Never been lucky ») que sur les shuffles rocailleux (« Green bean swing »). Un geste musical classe et classieux quoique classique (mais qui s'en plaindra ?) accompagné de quelques invités de choix tels que Fred Chapellier, Robben Ford ou Nico Wayne Toussaint venus ajouter (si c'était possible) un surplus de soul élégante. A noter les reprises, « Why do people act like that » (de l'immense Bobby Charles), « All for business » (Jimmy Dawkins) et son propre « Saints of New Orleans » qui retrouve pour l'occasion de nouvelles couleurs. Un disque pareil et notre cœur fait à son tour boum boum boum. 

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mardi 29 septembre 2020

Encore : « Autobahn »




Duo clavier (Maria Laurent) / batterie (Clément Chanaud-Ferrenq), Encore se distingue sur la scène électronique par une approche minimale. Point d'effets dévastateurs, de breaks démoniaques ou d'autres artefacts dance. Pour les Strasbourgeois seule l'émotion compte. Et lesdites émotions affluent à l'écoute de ces cinq plages hypnotiques et intemporelles, à l'écart des modes et des tendances. Les oreilles bercées par ces rythmes obésants et vénéneux, composés de bips avant-gardistes, possédant cette juste dose d'expérimentation qui intrigue sans pousser la démarche trop loin, les compositions du duo finissent par nous ébranler dans nos certitudes. Et si les machines possédaient une âme ? Pas le moindre des exploits réalisés par le duo. Mais c'est déjà la fin du disque : Encore ! 

https://encore-duo.bandcamp.com/album/autobahn



samedi 26 septembre 2020

JD Simo




Tel que l'on se l'imagine, JD Simo est ce type obsédé de musique, de guitare, de matière sonore. Un geek capable de s'enfermer des jours, son instrument fétiche en mains, à la recherche du son. Un Graal dont la quête se poursuit avec ce premier effort solo après deux albums en compagnie de son trio SIMO. Il va sans dire que notre homme est fortement influencé par les grands classiques des années 1960, comment pourrait-il en être autrement ? Des classiques qu'il ne cherche pourtant pas à singer poursuivant une voie personnelle et originale tout en conservant à l'esprit la capacité d'innovation, le bouillonnement créatif, des grands musiciens des années 60 et 70 qui ont donné naissance à tant de classiques du rock. Ainsi, chez JD Simo, la musique ne va jamais en ligne droite mais épouse des courbes, comme autant de virages, qui vont d'un style à l'autre du blues au funk à la soul le tout sous l'égide du gros son de guitare, gras et saturé, et du groove dévastateur, placé en valeur cardinale. De giclées de guitares acides en coups de grisous, la démarche se révèle passionnante à l'image de la passion dévorante qui anime le musicien. Recommandé. 




jeudi 24 septembre 2020

Kaz Hawkins : « Memories of »




Sorti en totale auto-production, ce nouvel effort de l'Irlandaise, installée en France, s'avance masqué (c'est de saison). Un disque de reprises de grands classiques chipés chez Otis Redding (« Miss Pitiful », « Security ») ou Etta James (« At Last ») dont on pourrait ne pas attendre une grande originalité. Mais c'est faire peu de cas de l'exceptionnel talent d'interprète de Kaz Hawkins, d'une grande expressivité, sans jamais en faire trop, comme si la puissance des émotions transperçait littéralement les cordes vocales de l'interprète. Charismatique, la chanteuse entraîne tout son petit groupe de musiciens dans son sillage, comme si ces derniers étaient envoûtés par la timbre grave et éraillé de la chanteuse. Le matériel de base s'en retrouve transcendé, transfiguré. Le moindre solo de piano ou de guitare déborde de feeling. Les cuivres et vents se chargent de dynamiter le tout d'un souffle ravageur. La rythmique groove aux petits oignons. Kaz Hawkins peut bien hurler tant qu'elle peut nous sommes soufflés ! De l'art de dynamiter la reprise et d'entraîner l'auditeur dans une imparable spirale émotionnelle ! 

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lundi 14 septembre 2020

Johnnie Carwash





Sous ses airs de ne pas y toucher, le trio Johnnie Carwash est bourré de qualités. Un sens affiné du second degré qui fait mouche sur un tapis rugueux de guitares abrasives, à mi-chemin du punk et du rock garage, dont la classe déglinguée des titres, en forme d'assauts de moins de trois minutes, n'est pas sans rappeler Johnny Mafia (cf. « Forever Yours »). A l'aise avec le rock'n'roll donc mais aussi très touchant lorsque la musique s'adouçit de teintes psychédéliques (« Miserable ») ou s'aventure au-delà du cadre réglementaire des trois minutes (« Lazy »). De quoi transformer le groupe en candidat idéal au moment de retrouver l'excitation de l'expérience du concert. Et ça tombe bien, ils seront sur la scène des Inouis du Printemps de Bourges le 17 septembre prochain à 16 heures !




mardi 25 août 2020

Seven Ages : "Machine Love"

 

En attendant leur premier album, dont l'enregistrement est prévu pour l'année prochaine, les Parisiens de Seven Ages nous envoient ce clip au son rock pêchu, groove et sexy en forme de carte de visite.

En concert le 18/09 à la Dame de Canton

https://www.facebook.com/sevenages/

https://www.damedecanton.com/event/seven-ages/

vendredi 21 août 2020

Phoenix : "Identical"



Les Versaillais sont de retour avec un nouveau single qui est aussi la bande originale d'"On the Rocks",  nouveau film de Sofia Coppola.




jeudi 20 août 2020

Célia Millat : « L'astéroïde »



Il flotte un air particulier sur ce premier EP de la chanteuse. Quelque part entre joie et peine, Célia chante une manière de mélancolie heureuse, une sorte de joie de posséder des souvenirs chers, où l'acoustique du piano ou de la guitare se pare, avec bonheur, de subtiles touches synthétique ou électronique, bercé par des effluves de la chanson française des années 1970 et 1980 dans ce qu'elles ont connu de plus digne. L'EP s'écoute comme un souvenir heureux, lumineux, ensoleillé, comme une plage dont on se souvient à l'heure de la rentrée. Charmant. 
SORTIE LE 10 SEPTEMBRE

mardi 18 août 2020

Dead Myth 


Alors que le premier titre débute, mené plein tubes par une batterie galvanisante, démentielle et véloce, l'auditeur comprend aussitôt qu'il est tombé dans un sacré guet-apens dès qu'il a jeté une oreille sur cet EP inaugural. Littéralement pris au piège des ces guitares tourbillonnant des motifs répétitifs et hypnotiques, les pédales d'effets enfoncées à fond, en plein délire. Navigant en eaux troubles et psychédéliques, Dead Myth, renouvelle le genre d'attributs cold wave, post punk et shoegaze (on pense parfois à Jesus & Mary Chain) entamant un grand ménage dans le garage, qu'ils contribuent à dépoussiérer. 

https://leceperecords.bandcamp.com/album/1
https://www.facebook.com/Deadmyth666/




lundi 17 août 2020

Fontanarosa



Adepte forcené du DIY, le Lyonnais Paul Verwaerde a enregistré, dans sa chambre et en solo, les 6 plages inaugurales qui composent l'EP de Fontanarosa. Songwriter inspiré, ce dernier est également un musicien accompli au point de donner l'illusion d'un véritable groupe. En trouvant le subtil point d'équilibre entre l'urgence garage/punk (« In it ») et le savoir-faire mélodique (« Would you need me for » ; « In between »), Paul touche au Graal du rock'n'roll, suffisamment intemporel pour évoquer aussi bien un vieil enregistrement cradingue des seventies que les années 1990 et au-delà (« Eyes on the floor »). L'EP file pleine balle, les titres sont courts, trois minutes maximum, et incarnent une sorte de shoot rock'n'roll ultime et létal (« Lights Off ») ; disponible en cassette (évidemment) et en digital (mais c'est nettement moins cool). 

https://skrecords.bandcamp.com/album/fontanarosa


dimanche 16 août 2020

The Jayhawks : « Xoxo »



En trente cinq années de carrière, ont aurait pu légitimement penser que Gary Louris et sa bande avaient fait le tour de la question. Fort heureusement, il n'en est rien et ce nouvel album nous en apporte une nouvelle preuve. Nous avions laissé le groupe avec un magnifique effort « Paging Mr Proust » conciliant folk et noise façon Sonic Youth. Par comparaison ce nouvel album semble bien classique et sonne comme un retour à la source des années 1960 et 1970 pour le groupe entre folk et country alternative. Ce qui peu sembler à une régression n'en est pas une, en effet, pour une fois, le leader Gary Louris a baissé la garde et ouvert la porte aux compositions, et au chant, de ses comparses trouvant ainsi le matériau pour expérimenter, encore et toujours, tout en restant sur le terrain classique que l'on attend d'eux. Et le groupe de nous étonner encore avec ces assauts garage électriques (« Dog Town Days ») comme acoustiques (« Society Pages ») assez peu habituels contrastant avec les ballades à vocation psychédélique (« Homecoming ») et titres plus conventionnels au piano (« Ruby » ; « Across my field ») ou à la guitare folk (« Illuminate» ; « Bitter Pill »). Un éventail assez large, certes classique mais d'une fraîcheur et d'une solidité à toute épreuve, couvrant ce vaste territoire que l'on appelle Americana et dont ils restent un des plus digne représentants à ce jour. Recommandé. 

https://www.jayhawksofficial.com/
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vendredi 14 août 2020

Volage : « Strangers »



Ce nouvel EP, prélude au troisième album du groupe, se constitue d'une suite, « Strangers », déclinée en trois parties : « The Weakness, The Confusion, The Aftermath », trois chansons qui s'enchaînent les unes aux autres complétées par deux autres titres : « Horses » et « Home Therapy ». Le tout forme ce nouvel EP et un bien séduisant apéritif pour le groupe qui renoue avec ses obsessions des années 60 et 70, la sunshine pop, les rocks psychédélique et garage. Un mélange entre guitares tranchantes (sans violence excessive toutefois) et nappes d'orgue planant dominé par un chant mélodique. Un grand huit pour l'auditeur qui voit toutes les couleurs de l'arc-en-ciel à l'écoute. Toujours un plaisir de retrouver Volage, groupe vétéran du label Howlin'Banana, mais ce nouvel album s'annonce sous les meilleurs auspices ! 

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jeudi 13 août 2020

Thomas Howard Memorial : « Bonaventura »





En congés, hélas, définitif du Craftmen Club, Yann Ollivier se concentre désormais sur son propre groupe, débuté comme un simple projet parallèle. De quoi faire franchir une nouvelle étape à la formation qui n'a désormais plus rien du duo acoustique des débuts. Car ce deuxième album procède d'une véritable mise en danger pour le quintet, entré en studio sans avoir écrit la moindre note au préalable. Et le disque que nous écoutons aujourd'hui ressemble au résultat d'un marathon créatif, écrit, composé et enregistré en un mois soit un laps de temps relativement court mais qui a dû sembler long pour les musiciens. Et alors que résonne les nappes dark et angoissantes de « Tunnel » qui ouvre les débats, l'auditeur a véritablement l'impression de foncer tête baissée dans ledit tunnel. Car il ne fait guère de doute qu'avec ce nouveau disque, Thomas Howard Memorial ouvre une brèche dans le petit monde du rock français. Calme et apaisé en apparence, mais en vérité mû par une angoisse sourde et lancinante, ce deuxième disque évolue en eaux troubles croisant les influences progressives des années 1970 (cf. le mellotron, Pink Floyd n'est jamais bien loin), à un climat post-rock plus contemporain. Sans oublier une certaine audace mélodique évoquant la musique de film des seventies (cf. « The Way »). Un patchwork d'influences diverses qui est probablement le résultat de l'écriture collective qui, pour le coup, a fonctionné à plein. Une réussite pour le groupe, orné, ce qui ne gâche rien, d'un packaging original faisant de ce magnifique album un objet à part. Recommandé. 

https://www.facebook.com/thomashowardmemorial/



mercredi 12 août 2020

Gwënn : « A question of time »




Le titre ne manquera pas de rappeler de nombreux souvenirs aux fans de Depeche Mode. Pourtant, de reprises, il n'est nullement question sur le premier EP de cet artiste breton qui a néanmoins gardé de l'objet de ses émois adolescents une habileté à marier l'électricité à l'électronique. Ancrée dans un espace-temps à la lisière des années 1980 et 1990, la musique de Gwënn alterne déflagration électrique et envolées électroniques sans négliger non plus un sentiment d'intimité, une bulle au milieu du chaos sonore. De ce grand bain de musique lui faisant office d'influences Gwënn a su créer un son, une ambiance, certes marquée, mais bien à lui. 

https://www.facebook.com/gwennfb
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lundi 10 août 2020

Tami Neilson : « Sassafrass ! »





Canadienne de naissance mais installée en Nouvelle-Zélande, la chanteuse Tami Neilson possède un grain de voix puissant, fort expressif, une qualité fort à propos sur la scène soul où les disparitions tragiques, d'Amy Winehouse ou de Sharon Jones, laissent de nombreux fans orphelins, petits cœurs éplorés qui trouveront dans cet album largement de quoi se consoler. Cet album, justement, mérite que l'on s'y attarde ! D'aucuns, et à juste titre, peuvent regretter un certain conformisme de la scène soul actuelle, surtout soucieuse de coller au plus près d'une esthétique, indépassable, hérité des années 1960. Un reproche, assez commun, que Tami se charge de souffler d'un râle puissant de sa voix rauque. Sans perdre de vue l'esthétique vintage, la musique de Tami ressemble à un shaker géant dans lequel la chanteuse a secoué ses vinyles préférés, de la soul (la langoureuse « One thought of you ») au rockabilly ("Kitty Cat"), un soupçon de country (« A Woman's pain » ; « Somking Gun ») et pointe de tropicalisme latin pour l'aspect festif (« Bananas ») en sus. Un mélange un peu dingue mais frais et énergisant ! Superbe ! 



dimanche 9 août 2020

Pierpaolo Ranieri : « I am a peacock »


Lorsqu'il se lance dans l'aventure de l'album solo, le bassiste italien Pierpaolo Ranieri ne fait pas qu'enregistrer un album. Non, avec ce disque, le musicien change totalement la perception de son instrument fétiche, la basse, lui confiant un rôle lead plutôt dévolu à la guitare habituellement (un instrument totalement absent du disque). Une expérience déjà tentée par les Anglais de Royal Blood, dans un genre saturé plus proche du garage. Premier constat l'album est éminemment rythmique, tantôt groovy (« My Instinct ») tant robotique sur un mode dark (« Who is god »). Une approche transversale transcende totalement les influences premières heavy/psyché, pour tutoyer des univers aussi divers que la musique de film (« The Future is »), le jazz fusion électrique, le progressif (« Days of the blackbird ») voire l'électronica (« The Kingmaker » ; "Passage"). Il va sans dire que les neuf plages de cet album sont autant de démonstration de virtuosité de l'Italien. Mais une virtuosité canalisée, jamais superfétatoire, et au service de compositions complexes, labyrinthiques, à la limite de l'expérimentation, dont l'écoute se révèle immersive. Foisonnant et passionnant. 

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samedi 8 août 2020

Steve Earle and The Dukes : « Ghosts of West Virginia »

 


Steve Earle retrouve ses Dukes, amputés du fidèle bassiste Kelley Looney, résident français de longue date et, hélas, décédé l'an dernier. Comme toujours chez Steve Earle, la musique est synonyme d'engagement et le musicien a trouvé dans la catastrophe, datant de 2010, dans la mine l'Upper Big Branch (Appalache) une nouvelle source d'inspiration. Car le cœur de Earle bat pour ses pairs, les petites mains, les besogneux qui s'appliquent à faire le meilleur travail, le plus honnêtement possible (cf. la liste de noms égrainés pendant la coda de « It's about blood »), la façon dont lui-même se définit certainement en tant que musicien. Un fond prenant, puissant qui oriente la musique vers l'acoustique, country/folk (les embardées hard-rock sont définitivement oubliées) un genre qu'il aborde suivant un angle d'attaque rêche (« It's about blood » ; « Black lung » ; l'excellent « Fastest man alive ») mais pas dénué d'émotion (« Time is never on our side » ; « If I could see your face again » avec Eleanor Whitmore). L'album a été mixé en mono et cela s'entend ! Le ton est ainsi donné dès la première piste « Heaven ain't goin' nowhere » titre à cappella, proche du gospel, cérémonieux et hiératique : l'heure est grave et le musicien s'en alarme 10 plages durant, le temps de cet album sec et concis (à peine trente minutes). Tout ceci, sans cette saloperie de virus, nous aurait donné de merveilleux concerts mais ce n'est que partie remise on l'espère. 

http://www.steveearle.com/
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jeudi 6 août 2020

John Scofield : « Swallow Tales »


Merveilleux guitariste de jazz, John Scofield sort son nouvel album sur la mythique étiquette ECM, l'occasion rêvée pour retrouver deux acolytes, le bassiste Steve Swallow et le batteur Bill Stewart. Enregistré de manière particulière, « à l'ancienne » de l'aveu même des participants, l'album a été mis en boîte en une journée, dans un studio new-yorkais, au mois de mars 2019. Et ce qu'il donne à écouter va bien au-delà de la musique, c'est une histoire d'amitié, d'amour dans une certaine mesure, l'histoire d'une vie consacrée à la musique car, seuls des musiciens aussi liés et expérimentés peuvent produire un disque de cette qualité en une seule, unique et malheureuse, journée. Il plane ainsi un air très particulier sur cet album, une veine à la fois rétro, sans effets superfétatoires, ou le musicien revisite son passé (le titre d'ouverture « She was young » a été enregistré pour la première fois par le guitariste en 1979 sur son premier album) renouant avec une veine mélancolique, dans la lignée de ces immenses disques minimalistes que sont « Confidentiel » de Serge Gainsbourg ou « Strollin' » de Chet Baker. L'intégralité du répertoire de l'album est signé de la plume du bassiste, Steve Swallow (qui donne son nom au titre de l'album) et tout le disque irradie de ce lien intime entre les musiciens et le répertoire joué. A la fois bilan d'une carrière mais surtout, un marchepied vers l'avenir tant le jeu des musiciens déborde de swing, de fraîcheur, d'enthousiasme ! En huit pistes, ces derniers nous démontrent que le plaisir du jeu, de la création, reste la pierre angulaire indispensable à la réussite d'une session d'enregistrement. Un disque intime, minimaliste, baignant dans une ambiance nocturne au swing ouaté et élégant. Indispensable ! 

https://www.johnscofield.com/



mercredi 5 août 2020

Vorski : « Prophecies »


Ô toi, enfant du streaming, qui ne peut, hélas, concevoir la musique autrement que sous forme de liens ou de fichiers, la musique, cette chose fabuleuse, réduite à un vulgaire algorithme (autrement dit des maths, dans le fond un truc assez moche et déprimant) oui, toi, tu ne peut certainement pas ne serait-ce qu'imaginer notre bonheur : nous avons reçu une cassette audio ! Une cassette, obsolète objet, que nous-même, il y a une dizaine d'années de cela, considérions comme ringard et qui aujourd'hui nous comble d'aise ! Une cassette audio ! C'est l'unique format physique sur lequel sera distribué le nouvel effort (le doute nous ronge alors, est-il encore correct d'employer le mot « album » en l'espèce?) de Vorski, un musicien originaire de L'Est de la France. Et c'est plutôt judicieux tant la musique diffuse de fortes effluves des années 1980. Mais une précision s'impose ! Nous n'évoquerons point ici les hideuses années 1980 : spandex, jaune fluo et Top 50 ! Non, Vorski, c'est le double en négatif : froid, synthétique, monochromie noir et blanc, comme une vieille photo tramée dont les coins sont écornés. Et, alors que la bande se déroule (pour ta propre gouverne, c'est comme cela que fonctionne une K7) Vorski nous plonge dans un bain glacial (c'est plutôt bienvenu on crève de chaud ces jours-ci) la tête la première, le cerveau vrillé par le rythme robotique, hypnotique et répétitif, par l'écho des nappes synthétiques qui se prolonge à l'envi, avant de s'éteindre, non sans avoir au préalable expérimenté des changements de rythmes brutaux au son des boîtes à rythmes qui se déboîtent et se fracassent. On en est tourneboulés ! C'est beau. 

https://specific.bandcamp.com/album/prophecies
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mardi 4 août 2020

Rodolphe Burger : « Environs »



Le huitième album de l'ancien chanteur de Kat Onoma, une des voix les plus indispensables de la chanson française, part d'une vieille carte géographique, de la région de Colmar (celle d'où est originaire le chanteur), dont le nom des villes a été effacé par le passage inéluctable du temps. Chinée aux Puces de Clignancourt par Fred Poulet (musicien et réalisateur de son état) et offerte à son ami Rodolphe, le singulier objet a suffisamment intrigué le chanteur au point de lui inspirer un disque entier. Un album d'errance où le chant voyage de langues en langues (français, anglais et welche, le patois local) et au-dessus duquel plane le fantôme de Serge Gainsbourg (cf. le titre d'ouverture « Bleu Bac »). L'auditeur est quant à lui baladé par une musique nomade aux sons incertains, vaguant de l'acoustique chaleureuse à l'électronique cotonneuse, bercé par l'ambiance nocturne qui se dégage de cette remarquable collection de chansons, cohérente et hantée de bout en bout. Une musique nomade, voire mutante, mais qui se souvient parfaitement de sa genèse comme le prouve les reprises, chipées chez Sam Cooke (« Lost & Lookin »), Grant Lee Buffalo (« Fuzzy ») ou Can (« Mushroom »), et parfois traversée de violents éclairs, blues ou reggae, électriques (« Ba Ba Boom Time »). Enfin, comment ne pas être submergé par l'émotion alors que résonne la voix du regretté Christophe, capturée pour l'éternité dans « La Chambre », chère à Kat Onoma, qui clôt ce magnifique, envirant (du verbe envirer, tourner sur soi-même), album. 

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lundi 3 août 2020

New Favourite



La genèse du groupe est pour le moins insolite puisque cette dernière à eu lieu à 1 500 kilomètres de l’Hexagone, à Ostrava (République Tchèque), où Alex (chant, guitare) a rencontré, par pur hasard, Aurélien (batterie, chant) alors que les deux musiciens étaient en tournée avec leurs groupes respectifs. C'est une fois de retour en France que les choses sérieuses commencent ! Par sérieuses, comprendre en l’occurrence, lourdes tant le groupe, devenu trio avec l'addition de Pierre à la basse, sait y faire en matière de boucan et d'amplification saturée. Comme un écho du passé, la musique du groupe prend racine dans le hardcore entre chant étranglé et déflagration électrique. Mais, mettant de côté toute considération stylistique, le trio sait aussi être sensible aux mélodies et ménager ainsi de l'espace pour l'émotion, une respiration afin de mieux descendre l'échelle des watts. Le chant des possibles grand ouvert, le trio n'a pas peur de dévoiler ses aspirations classic rock voire pop avec, toujours, cette énergie à revendre incarnée par une batterie en équilibre, entre vélocité et martèlement. Point de chapelles par ici, donc, mais de nouveaux favoris pour (presque) tous. Accrocheur !

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samedi 1 août 2020

Ciné Music Festival du 5 au 23 août 2020


Un été sans concert ni festival est certes bien triste, mais, voici peut-être la meilleure alternative pour voir quand même quelques concerts, cette année, au cinéma. Du 5 au 23 août, dans les cinémas des groupes CGR et Kinépolis on pourra revoir une sélection éclectique de quelques performances mythiques d'Amy Winehouse aux Eurockéennes de Belfort en 2007 à The Cure à Hyde Park (2016), du regretté Christophe à l'Olympia 2002 à "Imagine Lennon".

Infos et réservation :

https://www.cgrcinemas.fr/cine-music-festival/
https://kinepolis.fr/

jeudi 23 juillet 2020

The DeNiro's : « Surfin' in Love »



On connaissait tous le principe du concept album. Le sextet toulousain pousse le bouchon encore plus loin, offrant un album concept illustrant le concept du groupe. Il suffit de jeter un œil sur le patronyme de la formation pour deviner quelle est la célébrité qui l'a inspiré, ce premier album étant une interprétation surf rock des meilleurs rôles dudit acteur, chaque chanson étant inspirée d'un film. Vous suivez toujours ? Oui ? Tant mieux alors, car il ne reste plus qu'à se délecter de la surf music déjantée, primesautière, bourrée d'humour au second degré du groupe ! Toujours prêts pour la déconne, frais et plein d'allant, les musiciens prennent néanmoins leur musique très au sérieux ! On en veut pour preuve la production soignée de la galette et les nombreux clins d’œils vers le rock garage/indé (« Bleach Please » ; l'excellente "Buddy Bobby") voire la pop psychédélique pastiche des Beach Boys (« Ride ») ou bien encore le slow kitsch du morceau titre ; une bonne blague illustrant le sens de l'humour qui anime la troupe ! Autant de genres qui, mine de rien, enrichit et fait sortir des sentiers battus la proposition musicale de ce groupe rafraîchissant et de saison ! 



mardi 21 juillet 2020

TV Sundaze : « On The Balcony »



A l'instar du surfeur qui chope la vague sans trop savoir où cette dernière va le mener, les musiciens de TV Sundaze s'emparent de la surf music avant de se jeter dans l'inconnu. Que le son déferle et advienne que pourra ! Et en l'espèce, le ride, plus que réussi, nous jette dans les bras de la sunshine pop, incarnée par un chant mélodique et délicat (cf. « Spencer Hill »), agrémentés de quelques picotements garage dans le manche de la guitare (« Sad N Soaked » ; « Supermarket »), et d'un soupçon de bizarrerie psychédélique dans les arrangements (cf. « Dry Flowers »). Autant de genres musicaux plus ou moins associés à l'été et convoquant nombre d'images mentales chez l'auditeur où il est question de soleil, de vagues, de sable et de palmiers, parfaitement raccord avec la jolie pochette « fruitée », colorée de tons chauds et signée Mae Berte. Notre disque de l'été ! 

https://www.facebook.com/TVSundaze/
https://tvsundaze.bandcamp.com/releases



lundi 20 juillet 2020

Les Blousons : « Biknits »



Ecouter Les Blousons c'est revivre un certain age d'or du rock français ! Une explosion de décibels où se télescopent les influences du rockabilly au rock garage sans se soucier le moins du monde de copier un modèle anglo-saxon mais plutôt de l'adapter à la langue française. Pas le moins du monde obsédé par le passé et l'authenticité vintage à tout prix, Les Blousons sont plutôt soucieux de préserver la flamme du rock'n'roll. Que cette dernière soit incarnée dans du rock garage inspiré des sixties, du punk de la décennie suivante ou dans des groupes stoner plus contemporain importe finalement peu. « Qu'importe le flacon tant que l'on a l'ivresse » semble nous dire le groupe qui se contrefiche des étiquettes. Dans ce grand brassage des genres, une caractéristique fait le lien : l'énergie que les musiciens mettent à défendre leur musique, presque au point de faire transpirer les enceintes ! Contagieux et addictif, un album brûlant ! 

https://superapeslabel.bandcamp.com/album/biknits
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https://lesblousons.bandcamp.com/

dimanche 19 juillet 2020

Benjamin Biolay : « Grand Prix »

Biolay passe la seconde, et tel un bolide rutilant, sort un nouvel effort à l'imagerie rétro et surréaliste (cf. le mécanicien en feu à l'arrière plan), comme une scène que l'on jurerait sortie d'un vieil album de Michel Vaillant. Ce nouvel album est donc marqué par l'univers de la course automobile, une influence que l'on retrouve jusque dans les titres des chansons : « Comme une voiture volée », « Grand Prix » (un titre hommage au pilote Jules Bianchi), «Ma Route », l'instrumental « Virtual Safety Car », « Interlagos » (du nom du circuit cadre du Grand Prix du Brésil). Une courbe habilement négociée par le chanteur qui retrouve une seconde jeunesse au volant de son bolide, comme si la vitesse avait soufflée un grand courant d'air sur sa musique. On ne souvient pas, en effet, de titres aussi rock qu'« Idéogrammes » (par exemple) dans le corpus du chanteur. Des guitares rutilantes ornent ces nouvelles chansons trahissant les influences anglo-saxonnes de Biolay (cf. « Comme une voiture volée » sous obédience Interpol) que l'on avait fini par oublier, masquée par le succès massif et populaire. Un album donc les mélodies et les rythmes peinent à cacher le profond désenchantement des paroles et la mélancolie du temps qui passe (« Si je t'avais rencontré avant, quand j'étais jeune et charmant » ; « Je ne veux pas qu'on se leurre, on m'oubliera peu à peu » ; "Chaque jour ma vie est plus courte que la veille"). 

http://benjaminbiolay.com/
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samedi 18 juillet 2020

Giuda : « E.V.A. »



Originaire d'Italie, Giuda fait office d'anomalie dans le roster du label Rise Above Records, spécialisé dans les groupes métal qui ressemblent plus où moins (voire beaucoup) à Black Sabbath. Rien de tel chez Giuda dont les influences penchent plutôt vers le versant glam du pop rock entretenant une savant dichotomie entre l'écriture des chansons et l'interprétation de ces dernières. Nous sommes donc en présence d'un album pop avec ce que cela suppose de mélodies sucrées et addictives. Mais ces dernières sont jouées par un vrai groupe de rock'n'roll que l'on imagine jubiler à l'idée de lacérer la pop gentillette un riff de guitares saturées après l'autre. On pense en particulier au batteur, véloce, faisant le lien entre disco beat et hard rock à grands coups de cymbales frappées à la volée. Inspiré par l'espace, son exploration et sa conquête (une thématique très sixties/seventies) Giuda ne se prive pas du plaisir d’agrémenter sa musique de lampées de synthés analogiques acides pour la note rétro-futuriste. En cohérence avec ses influences 70s Giuda rappelle les grandes heures du glam pré-punk des New York Dolls à Kiss en passant par les premiers Bowie. Réussi, entraînant et servi avec une chouette pochette ! 

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https://giuda.bigcartel.com/
https://giuda.bandcamp.com/

vendredi 17 juillet 2020

Giöbia : « Plasmatic Idol »



Alors que se déploie les nappes synthétiques glaçantes du premier titre, « Parhelion », l'auditeur frissonne ; les souvenirs remontent à la surface, comme transposés sur un film d'horreur inédit exhumé des années 1980 servis par une bande originale imaginaire signée John Carpenter. Autant de références dont usent les Italiens de Giöbia pour nous plonger dans un cauchemar anxiogène. Riche en synthés analogiques mais pas exempte de guitares non plus (cf. « In the dawn light »), la musique se niche dans un interstice très mince entre psychédélisme (« Haridwar ») et cold wave synthétique ; influences principales sur lesquelles plane l'ombre du métal doom et stoner. Soit une terre vierge au mitan des années 1970 et 1980. Un exercice de style qui donne sa pleine mesure dans des compositions au long cours, un véritable labyrinthe musical dans lequel l'auditeur aventure une oreille à ses risques et périls. Composé avec hardiesse et produit avec un soin maniaque jusqu’au moindre son, c'est franchement réussi. Et la pochette est magnifique ! 

http://www.giobia.com/
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jeudi 16 juillet 2020

Vertige : « Populaire »



Alors que le regard se pose sur la magnifique pochette, impossible de ne pas penser aux années 1970 et en particulier à la couverture de l'album « Camembert électrique » de Gong. Mais finalement, après écoute, le duo composé de Robin Feix (ex-bassiste de Louise Attaque) et de Jérôme Coudanne (ex-chanteur et guitariste de Deportivo) offre bien mieux qu'une banale resucée des seventies : une véritable expérience en soi ! Conçu à distance entre Brighton et Barcelone, où sont exilés nos musiciens, ce premier effort donne corps au concept de « pop radicale » conçu par les deux compères : textes en écriture automatique (cf. « faudrait pas mourir avant d'avoir fumé tout le sac de beuh de tes parents » ; « toutes les drogues se synthétisent »), orchestration minimale (claviers, boîtes à rythmes, guitare et basse) et des compositions brèves, autour des deux minutes, allant du punk (l'excellente « Matinée ») aux échos psychés (« Tournesol » ; la très latine « Bassonica ») et cold wave (« Zorro » ; « Corcovado »). Simple et efficace, il se dégage de ces compositions un magnétisme hypnotique (« SM » ; les magnifiques « Galaxie » et « Paname Airlines ») porté par des lignes de basses énormes et un chant suave. Inspiré par la notion de mouvement, le disque est parsemé de bruits d'ambiances, de train ou d'annonces d'aéroport ; laissez votre imaginaire travailler et embarquez pour ce magnifique voyage en sons et en mélodies. 
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mercredi 15 juillet 2020

Orqid : « Tenderness »



Autrefois berceau du grunge et de groupes garage barrés (The Sonics), autant de genres chers à nos oreilles, Seattle possède néanmoins une scène musicale riche et variée dont un nouvel exemple nous est donné à travers l'électro vaporeuse de Tom Butcher, aka Orqid (l'orchidée en français). Et il faut très certainement avoir grandi dans cette univers froid et humide, entre océan et forêt, pour donner naissance à une musique aussi évocatrice du spleen. La musique d'Orqid n'est pas vraiment pour la danse tant le groove qui s'en échappe est abstrait (cf. "Our love"). Il s’agirait plutôt d'un disque propice à la rêverie dont les multiples notes « bipées » résonnent telles des gouttes de pluie au milieu de nappes synthétiques froides, évoquant une version moderne de la cold wave, éthérée, hypnotique et mélancolique à la fois. Orné d'une magnifique pochette multicolore, le vinyle est sublime dans une finition bleu pastel marbré de rose. 

https://orqid.co/
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