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samedi 15 avril 2017

The Madcaps : « Slow down »



Toujours fidèles au rock n'roll et à sa kyrielle d'influences venues des années 1960, les Madcaps évoluent en douceur avec ce troisième effort à la faveur d'un changement de personnel. Mettant un peu de côté les influences garage et sa cohorte de guitares dégénérées, le groupe évolue sur un territoire pop évoquant parfois les Beatles (« Come » ressemble un peu à « Ticket to ride ») teinté de cuivres groovy ajoutant une note de rhythm and blues dans le cocktail (« Slow down », « Silver & Gold »). Enregistré dans les conditions du live, ce nouvel effort conserve intact le côté brut de leur musique (« Fair enough »). Brut certes mais travaillé (« Le passe muraille »), subtilement arrangé (cuivres, piano, orgue, percussions exotiques et même un surprenant synthé vintage sur "Devil Money" le dernier titre) ; on note également un effort certain porté sur les harmonies vocales auquel on est particulièrement sensible. Pour le reste, l'efficacité est toujours de mise et le quatuor n'a pas son pareil pour tisser de jolies ritournelles s'incrustant durablement à l'oreille (« She's so hot ») pour notre plus grand plaisir. Ralentir le tempo (cf. le titre) leur fait visiblement du bien. Une des formations les plus attachantes de l'Hexagone et une réussite supplémentaire à mettre au crédit de l'excellent label Howlin'Banana.

dimanche 31 mai 2015

The Madcaps LP


(c) Virginie Strauss


Formé en 2013 à Rennes, les Madcaps s'installent peu à peu dans le garage hexagonal. Après un premier EP très marqué par le rockabilly, le quatuor change, très légèrement, de route. Toujours aussi rock n'roll, les Madcaps tentent sur ce premier album en bonne et due forme de concilier leur puissance électrique rock avec une sensibilité mélodique pop héritée des années 1960. Une démarche qui n'est pas sans rappeler leur collègues de label, Volage. Et cela donne des choses étonnantes à l'image de cette flûte qui orne « I knew it all » (le titre d'ouverture). Sans jamais baisser le volume des guitares (l'amateur du rock pur et dur sera servi), le groupe s'amuse avec les codes du psychédélisme (« Emily Vandelay ») pour mieux faire bouger les lignes. Outre les guitares rêches, le disque est riche d'harmonies vocales à la Beach Boys et de petites trouvailles insolites et baroques (claviers, guitares acoustiques, percussions etc...) qui ajoutent autant de couleurs à la palette. Mené sur un tempo infernal, l'album dure une petite demie heure, The Madcaps jouent la carte de l'efficacité maximum. Tout cet arsenal est mis au services de chansons qui, sans déborder d'originalité, sont bien écrites et riches en fausses pistes et en hooks mélodiques aisément mémorisables (« Too good to be true », "Moon Night"). Loin de se contenter du revivalisme de circonstance, les Madcaps donnent une nouvelle jeunesse à ce genre de rock très daté grâce à une production moderne et dynamique. Une belle réussite. Et si la France tenait là ces Allah Las ?