Toujours fidèles au
rock n'roll et à sa kyrielle d'influences venues des années 1960,
les Madcaps évoluent en douceur avec ce troisième effort à la
faveur d'un changement de personnel. Mettant un peu de côté les
influences garage et sa cohorte de guitares dégénérées, le groupe
évolue sur un territoire pop évoquant parfois les Beatles (« Come »
ressemble un peu à « Ticket to ride ») teinté de
cuivres groovy ajoutant une note de rhythm and blues dans le cocktail
(« Slow down », « Silver & Gold »).
Enregistré dans les conditions du live, ce nouvel effort conserve
intact le côté brut de leur musique (« Fair enough »).
Brut certes mais travaillé (« Le passe muraille »),
subtilement arrangé (cuivres, piano, orgue, percussions exotiques et même un surprenant synthé vintage sur "Devil Money" le dernier titre) ; on note également un effort certain porté sur les harmonies vocales auquel on est
particulièrement sensible. Pour le reste, l'efficacité est toujours
de mise et le quatuor n'a pas son pareil pour tisser de jolies
ritournelles s'incrustant durablement à l'oreille (« She's so
hot ») pour notre plus grand plaisir. Ralentir le tempo (cf. le
titre) leur fait visiblement du bien. Une des formations les plus
attachantes de l'Hexagone et une réussite supplémentaire à mettre
au crédit de l'excellent label Howlin'Banana.
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samedi 15 avril 2017
dimanche 31 mai 2015
The Madcaps LP
![]() |
| (c) Virginie Strauss |
Formé en 2013 à Rennes, les Madcaps
s'installent peu à peu dans le garage hexagonal. Après un premier
EP très marqué par le rockabilly, le quatuor change, très
légèrement, de route. Toujours aussi rock n'roll, les Madcaps
tentent sur ce premier album en bonne et due forme de concilier leur
puissance électrique rock avec une sensibilité mélodique pop
héritée des années 1960. Une démarche qui n'est pas sans rappeler
leur collègues de label, Volage. Et cela donne des choses étonnantes
à l'image de cette flûte qui orne « I knew it all » (le
titre d'ouverture). Sans jamais baisser le volume des guitares
(l'amateur du rock pur et dur sera servi), le groupe s'amuse avec les
codes du psychédélisme (« Emily Vandelay ») pour mieux
faire bouger les lignes. Outre les guitares rêches, le disque est
riche d'harmonies vocales à la Beach Boys et de petites trouvailles
insolites et baroques (claviers, guitares acoustiques, percussions
etc...) qui ajoutent autant de couleurs à la palette. Mené sur un
tempo infernal, l'album dure une petite demie heure, The Madcaps
jouent la carte de l'efficacité maximum. Tout cet arsenal est mis au
services de chansons qui, sans déborder d'originalité, sont bien
écrites et riches en fausses pistes et en hooks mélodiques aisément
mémorisables (« Too good to be true », "Moon Night"). Loin de se
contenter du revivalisme de circonstance, les Madcaps donnent une
nouvelle jeunesse à ce genre de rock très daté grâce à une
production moderne et dynamique. Une belle réussite. Et si la France tenait là ces Allah Las ?
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