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mardi 18 octobre 2016

The Angry Cats+Western Machine, Le Chinois, Montreuil, 15 Octobre 2016.



Fait de bric, de broc et de récup' vintage, Le Chinois de Montreuil nous accueille en ce samedi soir pour fêter la sortie du premier album des Angry Cats. S'il est entendu que l'endroit est moins « classe » que certaines anciennes salles historiques de Paris, le Chinois possède son charme bien à lui fait d'objets de récupération, notamment un joli bar en formica au-dessus duquel trône une belle illustration 50s entourée d'ampoules multicolores. Sur les murs traînent quelques carreaux de faïence, vestiges d'une précédente activité du lieu (une boucherie peut-être?) quand ils ne sont pas faits de parpaings bruts. Il se dégage de l'endroit une âme et elle est foncièrement rock n'roll…

Et ça tombe à point nommé vu le plateau qui nous attend pour cette soirée. On commence donc avec Western Machine, un trio à la composition classique basse/batterie/guitare tout de rouge et de noir vêtu comme dans une célèbre chanson de… Je plaisante ! Des trois membres, c'est sans conteste la bassiste (et ses fausses moustaches) Jesus La Vidange qui nous a fait la plus forte impression. Exaltée, le regard exorbité, limite flippante, cette dernière délivre des lignes puissantes dans un fracas de tous les diables, allongée, à genoux et dans toutes les positions imaginables. Son association avec le batteur François François est parfaite, ce dernier joue avec subtilité, un mélange de puissance brute, de vélocité et surtout de swing apportant tout le sel à la musique. Derrière une belle guitare Seb Le Bison assure le job dans un tonnerre de décibels et de pédale wha-wha dans la plus pure tradition garage. Enfin un quatrième membre Matt le Rouge fait quelques apparitions éparses au saxophone, apportant la note inattendue faisant toute la différence et renforçant le swing de l'ensemble. Une très belle découverte pour commencer la soirée.


S'ils ont quelque peu délaissé le rockabilly qui a fait leur réputation sur leurs deux premiers Eps, Les Angry Cats restent un redoutable trio qui dorénavant exprime la fureur rock n'roll qui l'habite sur un mode différent. S'il reste quelques vestiges (notamment dans les patterns de batterie) du rockabilly, le trio exhibe dorénavant toute une gamme d'influences allant du stoner au punk. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela dégage ! Avec son air cartoonesque, Fred Alpi, le chanteur/guitariste assure le show gesticulant tel un boxeur derrière sa superbe Gretsh demi-caisse. Une posture de combattant qui va à merveille à son engagement politique consacré à la lutte (cf. « Rock n'riot »). L'ambiance met un peu de temps à monter avant que le public n'explose dans un pogo ravageur vers la fin du concert au moment où le groupe entame son hommage rendu à Lemmy dans une reprise d' « Ace of Spades » (1980). Généreux, le trio reviendra sur scène pour les rappels par deux fois sous les applaudissements et les cris du public. Ce qu'on appelle une belle soirée.

vendredi 7 octobre 2016

The Angry Cats : « Outmonster the monster »



S'ils délaissent quelque peu le rockabilly (encore que) sur ce premier album, l'explosif power trio The Angry Cats n'en reste pas moins rock n'roll. Une fois le court instrumental d'ouverture passé, le groove du premier titre « Put your hand in mine » est tout simplement fantastique, dévastateur, l'interaction entre la basse et la batterie est à tomber par terre, enfin c'est le pied quoi ! Le reste de l'album est à l'avenant carré, ravageur, mais surtout riche d'une variété d'influences tout en restant fidèles aux fondamentaux du rockabilly (en matière rythmique notamment). Et c'est bien ça qui impressionne le plus dans ce groupe, cette manière unique de fondre un univers dans un autre, de réinventer, d'apposer une patte personnelle dans un univers aussi codifié. Bref d'inventer plutôt que de suivre ou de rechercher à recréer le passé, aussi glorieux fût-il (cf. « Everyone i know »). Pour le reste, on retrouve le trio tel qu'on l'a laissé, c'est à dire conscient et engagé, comme ils le disent eux-même : « I just can't keep out of politics ». Toujours prêts à dégommer les « Invisible hand » et autres « Master of the world », les Angry Cats se nourrissent de l'air du temps, et ce dernier n'est pas forcément réjouissant (« A day of fear and frown » évoque le meurtre de Michael Brown à Ferguson). Il en résulte et un album tendu et nerveux, dopé par une adrénaline allant crescendo.
En concert le 15 octobre à Montreuil (Le Chinois)

samedi 4 octobre 2014

The Angry Cats : « Rock n'riot in town »



Power trio parisien, The Angry Cats sort un deuxième EP qui devrait en défriser plus d'un. Si la base des Angry Cats reste le rockabilly, avec ce que cela suppose de swing par le biais d'une section rythmique à se damner -ah cette basse sur « Fly away from the nightmare » !!!!- rapidement les cinq titres présents ici dévoilent un entrelacs d'influences toutes plus rock n'roll les unes que les autres. Dans les Angry Cats on entends aussi une dynamique punk, du blues déjanté voire même un soupçon de metal stoner et tout ça rien que dans les quatre minutes de « Rock n'riot in town » (la chanson). Fait exceptionnel à aucun moment la sauce ne semble indigeste, tout découle de source avec une grande cohérence. Et parce que le trio n'est pas une bande de bourrins la tête coincée dans un ampli invariablement réglé sur 12, l'EP se termine sur une note country/folk aussi inattendue que bienvenue («He who laughs best laughs last »). Il est décidément très attachant cet EP...
www.theangrycats.com