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mercredi 14 juillet 2021

AWEK

 


Sortir un album éponyme après 26 ans d’existence est chose peu commune. C’est pourtant le choix fait par le groupe toulousain mené le chanteur guitariste Bernard Sellam. Collé le dos au mur par la pandémie, le groupe n’a eu, en effet, d’autre choix que celui de se concentrer sur ses forces vives. Un studio local près de Toulouse, à rebours de la démarche du groupe qui avait pris l’habitude d’enregistrer aux Etats-Unis, et peu d’invités, deux seulement, amis du groupe, présents sur trois titres. L’album s’intitule sobrement Awek, car il s’agît d’eux et seulement eux comme le figure le recto de la pochette où le groupe pose fièrement au milieu de son matériel de tournée. Et ce qui s’annonçait comme un album mineur, passe-temps entre deux confinements, enregistré en deux sessions entre juin et décembre 2020, se révèle être bien plus que cela, c’est un nouveau départ pour le groupe, une renaissance après une longue période d’introspection confinée. Bien entendu, cette calamité de Covid a eu un impact sur la création (cf. « I’m staying home ») mais le groupe a tenté de prendre la chose du bon côté et affirme, sur la plage d’ouverture « We gonna make it through ». Pour le reste c’est une collection de grooves soyeux, élégant mélange de blues teinté d’influences soul gouleyantes (« Smokin’Mambo » ; « Black Night »). Le quatuor a-t-il trouvé une sorte de refuge dans la musique ? S’est-il bâti un cocon protecteur à coups de riffs de guitares ? C’est en tout cas le feeling prégnant qui habite le disque et lui confère le supplément d’âme qui fait toute la différence, du souffle chaud de l’harmonica au chant éraillé et soulful. De la section rythmique chaloupant au fil du groove à la caresse de la guitare. Un album réconfortant et ça fait du bien.

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https://www.facebook.com/awekbluesband

Chaîne youtube d'Awek




dimanche 6 octobre 2019

Awek : « Let's party down »




Jour de fête chez Awek ! Les Toulousains fêtent dignement les 25 dernières années passées à la recherche de la note bleu avec ce luxueux digipack contenant un nouvel album (14 compositions inédites quand même!) et un disque live documentant le quart de siècle passé à écumer les scènes et incluant (bonus dans le bonus) « Honky Tonk Blues » ; un titre issu de la toute première session d'enregistrement en studio du groupe en 1995 ! Aussi alléchant soit-il, la pièce de choix du menu reste ce nouvel album, enregistré à San José, Californie, par Kim Andersen qui s'est également invité aux agapes à la guitare et à l'orgue. Et là, dés les premières mesures, le quartet entraîne l'auditeur au fil de son blues classieux et varié, du style Chicago au shuffle, alternant entre deux sentiments, le groove de l'ensemble (merci l'orgue!) contrebalançant l'abrasivité des guitares. Citant pèle-mêle Muddy Waters (« Snake boy ») ou Chuck Berry (« Early Every Morning »), jamais Awek ne sombre dans le pastiche réussissant, par la fraîcheur de son interprétation, à s'approprier l'idiome pour un résultat plus vrai que nature, aussi réjouissant qu'un groupe étasunien. Un classique immédiat, intemporel. 

http://www.awekblues.com/index.php/fr/
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vendredi 7 avril 2017

AWEK (feat. Fred Chapellier) + Elise and the Sugarsweets, New Morning, 6 avril 2017.



Voilà une soirée que l'on attendait avec impatience faisant le lien entre piliers et nouveaux venus de la scène blues hexagonale.

On commence avec du sang neuf, celui d'Elise & The Sugarsweets, un seul EP pour l'instant et déjà tant de promesses… Le groupe accompagnant la chanteuse n'est certainement pas inconnu des amateurs parisiens de la note bleue. Oliver Raymond (guitare) et les frères Jérôme et Olivier Férrié (basse et batterie) ayant roulé leur bosse dans différentes formations. Ce nouveau groupe les voit rejoindre Sylvain Lansardière (orgue) et la chanteuse Elise Heyte, 19 ans seulement et impressionnante de prestance et de maturité vocale. Sa voix, magnifique, est grave juste comme il faut et véhicule une foule d'émotions. Ce n'est pas Bannish (Blues Power Band) venu se prêter à un duo qui nous contredira. L'expérience et le savoir-faire des musiciens encadrant la fougue de la chanteuse, particulièrement charismatique et énergique sur scène. Le répertoire interprété fleure le bon goût et l'érudition (Magic Sam, Junior Wells, Freddie King, Aretha Franklin) et est parfaitement rendu en termes de feeling et de groove : (rhythm et) blues sont au programme. Seul petit regret, le manque de compositions originales (signalons toutefois la très belle « Road to coal mine » signée du guitariste Olivier) mais ce point devrait évoluer à l'avenir. On a toutefois passé une très belle heure en leur compagnie. Et le groupe a fait un tabac auprès du public.

Avec dix albums au compteur, les Toulousains d'Awek sont une valeur sûre du blues made in France. Leur performance du soir ne fera que confirmer tout le bien que l'on pense d'eux. Leur champ d'action est bien loin de se limiter à un seul style de blues mais va picorer des influences partout où bon leur semble et notamment dans le rock n'roll de Chuck Berry (duck walk parfaitement exécuté mais ne va pas te péter un truc Bernard!). Le swing semblant être la constante grâce à la section rythmique composée de Joël Ferron (basse) et Olivier Trebel (véloce batteur alliant puissance et finesse du touché). L'harmonica de Stéphane Bertolino apporte un plus « roots » indispensable et ancrant ce groupe, assez volage dans le fond, un peu plus profondément dans le blues. Sur une bonne moitié du set, le quartet a été rejoint par le guitariste Fred Chapellier (un renvoi d'ascenseur), une pointure de l'instrument en France, auteur d'une discographie en solo respectable et (accessoirement) accompagnateur de Jacques Dutronc. Musicien magnifique Chapellier possède ce don rare, celui de savoir s'exprimer avec son instrument, ses interventions étant toujours pleines d'émotions palpables. Jamais envahissant, trouvant toujours la note juste et le moindre espace pour s'exprimer, Fred s'est fondu dans le paysage comme un poisson dans l'eau pour le plus grand bonheur (auditif) des spectateurs. Les derniers rappels ont vu tout ce beau petit monde se réunir une dernière fois sur scène pour un mini bœuf, histoire de clôturer en beauté cette superbe soirée.


lundi 16 janvier 2017

Awek : « Long Distance »



Un nouvel album d'Awek, c'est un festival en soi. Ne perdant jamais de vue la note bleue, et le feeling y afférant, le quatuor Toulousain réussit la gageure de multiplier les ambiances aussi sûrement qu'il alterne compositions personnelles de haute tenue (« Don't leave me alone », « We met in Texas », « LA Stomp ») et reprises du meilleur goût (Muddy Waters, Jimmy Mc Cracklin, « Hound Dog »). Amis programmateurs qui séchez pour remplir vos plannings, bookez Awek et tous les quotas seront remplis d'un coup : blues, rock n'roll et même jazz/calypso ! Une variété d'ambiances qui pourtant ne rompt jamais la cohérence et la continuité de l'ensemble, signe d'un groupe pour qui « jouer ensemble » a une réelle signification. A (re)découvrir !
En concert à Paris (New Morning) le 6 avril.