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| Dave Crowe (à gauche) et Andy Balcon (à droite) : Heymoonshaker |
vendredi 31 mai 2013
The Hub + John Fairhurst + Heymoonshaker, le divan du monde, 29 mai 2013.
samedi 2 avril 2011
The Hub, Plastic Bar, 1er avril 2011.

Petit bar sympa, déco rock vintage, perdu au milieu d’une impasse désertique du quartier de la Bastille, Le Plastic Bar accueillait en ce vendredi soir le duo The Hub (voir mes posts des 5 janvier et 20 février 2011) composé d’Hubert ZéroSix au chant et à la guitare et de Yarol Poupaud assurant la basse et la batterie. Installé sur la petite scène les deux musiciens sont assis, guitare et basse vintage en main, Yarol ayant également une grosse caisse et une charley surmontée d’un tambourin pour densifier le rythme. Sur le mur derrière les musiciens une grande photo de plage et de palmiers, comme un clin d’œil au sud natal d’Hubert, par-dessus laquelle est diffusé un film en DVD, ce qui nous vaudra quelques blagues de Yarol : « Ca c’était moi, le costume m’allait vraiment bien » dit-il alors que l’image de Tina Turner apparaît. Hubert et Yarol savent y faire lorsqu’il s’agit d’enflammer le public. Véritables showmen, ils s’agitent dans tous les sens, dansent tout en restant assis. Ils se lèvent régulièrement pour saluer le public et seul un jack trop court empêchera Hubert de traverser vaillamment la foule. Par rapport à ce que l’on a entendu sur disque, le blues de The Hub prend une bonne dose d’énergie électrique sur scène. Yarol bourrine sa grosse caisse en secouant la tête, assure des lignes de basses d’une puissance énorme, notons au passage un super solo endiablé, et assure enfin l’harmonica. Souvent les compères commencent tranquillement avant de monter en pression crescendo, les riffs de guitare se font de plus en plus denses au fil des morceaux avant de finir dans une espèce de transe bluesistique. C’est lors des chansons en français, «Non ne dis rien » et « Plus fort que toi » que le public répond le plus, les fan féminines des premiers rangs, rebaptisées les Hubettes, reprenant les paroles en chœur (d’où l’intérêt de chanter en français). Enfin notre ami Alain Chenevière, ex pow-wow, toujours dans les bons coups viendra assurer quelques chœurs en guest, quelques semaines après s’être illustré auprès d’Elliott Murphy dans un exercice similaire sur la scène du New Morning. Hébétés et en nage, comme des boxeurs, a leur sortie de scène, les deux compères ont visiblement l’air heureux. « C’est cool » me confirmera Yarol en me donnant une tape amicale sur le bras. Effectivement, c’est le moins que l’on puisse dire, on se serait cru dans un juke joint…
dimanche 20 février 2011
The Hub Interview

Retour sur le projet The Hub (voir le post du 5 janvier) avec ses deux protagonistes Hubert ZeroSix et Yarol Poupaud. Hubert et posé et bavard. Yarol parle plus fort et surtout rigole beaucoup. Blagueur, ce dernier a tenté d’introduire une pièce de monnaie dans l’oreille de votre serviteur. « Bah quoi ? My Head Is A Jukebox. C’est où qu’on met les pièces ? J’ai envie d’écouter Eddie Cochran ! ». On s’est surtout beaucoup amusé. Rencontre...
Comment a débuté votre collaboration ?
Hubert : On s’est croisé plusieurs fois. On a la particularité de fréquenter des lieux de goût (rires). Le bon goût de fréquenter les endroits où il faut être. La première fois qu’on s’est rencontré, on a eu l’occasion de jouer ensemble. C’était au lovamour…
Yarol : A l’hôtel. Le love hôtel. Chez Lova Moore (rires) ! Dans la chambre !
Hubert : Quand je parle d’endroit de goût… Non, sérieusement c’était à l’inauguration de l’hôtel amour, il y avait une soirée et on a eu l’occasion de jouer en live. Moi je garde un super souvenir du passage où Yarol s’est mis à la batterie pendant que moi je jouais mon truc habituel. Il s’est passé trois ans après avant que l’on se remette à bosser sérieusement. Après mon premier album, super roots, avec une technique rudimentaire et le parti pris de ne jouer que des morceaux traditionnels tout seul, je voulais faire un album un peu plus produit. J’ai aussi commencé à travailler sur des compos. On a un ami commun, Tony Truant des Wampas qui m’a conseillé de travailler avec Yarol. Yarol a la particularité d’envoyer des mails assez brefs. Je lui ai envoyé deux trois morceaux et il m’a dit c’est cool passe à la maison, j’ai envie d’en écouter plus… La toute première Yarol s’est mis à la basse et à la grosse caisse et c’est ce jour là que l’on a inventé la formule qui est la notre en live et qui déchire le plus.
Yarol : J’ai trouvé qu’Hubert jouait de la guitare vachement bien. Il avait tous les plans delta, picking et tout. A la base, moi je voulais lui piquer ses plans (rires). VIENS A LA MAISON QUE JE TE PIQUES TES PLANS UN PEU !!!!!
Hubert : C’est notre amour pour Mississipi John Hurt qui nous a rapproché. Ce qu’on fait au final cela ne ressemble pas du tout à Mississipi John Hurt…
En fait c’était une volonté pour toi de passer d’un projet solo à une musique plus produite ?
Yarol : C’est moi qui l’ai engrainé ouais…
Hubert : Je me suis un peu laissé faire. Il n’y avait pas un projet particulier : « tiens je vais faire un album avec une basse, une batterie… » Je n’y aurais pas cru. Le projet est né en marchant. Le morceau qui définit notre démarche c’est « what do you think you’ll do ». C’est le premier que l’on a fait. Il y a à la fois une guitare et une voix super roots et Yarol a apporté cette rythmique avec la basse et la batterie. Ce jour là on s’est dit on fait du blues africain.
Yarol : Pléonasme total…
Hubert : Cela ressemblait encore plus à de la musique africaine que sa version américanisée.
Yarol : On ne pensait même pas faire un disque… Hubert est passé à la maison on a fait une chanson. Et puis on s’est revu quinze jours plus tard et on en a fait une autre… L’enregistrement s’est étalé sur un an quasiment de sessions à droite à gauche comme ça. Un après-midi, une soirée… Et puis après un moment on s’est dit : « Et dis donc on a un album là » !
Hubert : On en avait même deux à ce moment là mais on a enlevé des titres ! (rires)
Yarol, comment tu t’es fondu dans l'univers d'Hubert ?
Yarol : Ca a été relativement facile par ce qu’on a les mêmes références, on écoute la même musique, on connaît les mêmes trucs… Moi je me suis fondu là-dedans en m’amusant. C’est le but du jeu. Au début Hubert me disait : De la basse t’es sur ? De la basse ?
Hubert : Exactement, moi je ne voulais pas de basse…
Yarol : Et puis après c’était, ouais il faudrait encore plus de basse (rires)…
Hubert : Moi je me suis dit : il peut me proposer tout ce qu’il veut sauf de la basse ! Et évidemment le premier truc qu’il m’a dit c’est : on va mettre de la basse !
Yarol : J’avais acheté une vieille basse Gibson qui était un peu la grande sœur de la guitare sur laquelle jouait Hubert donc… Je lui ai dis : « Ce n’est pas une basse t’inquiète, elle n’a que quatre cordes !!! (rires) C’est une guitare « grave » (rires) !!!
Hubert : Quand j’ai entendu le groove que cela donnait…
Yarol : En fait, il y a une démarche initiale autour de la basse qui était intéressante par ce que tous les groupes de blues contemporain, les Black Keys, les White Stripes, John Spencer Blues Explosion, se passaient de basse. C’était mal vu. Je me suis dit bah tiens, nous on va en remettre…
Hubert : Gamin j’ai adoré les Cramps et il n’y avait pas de basse. J’avais bien dans l’idée que l’on pouvait faire de la musique sans basse, ce n’est pas faute d’avoir essayé…
Yarol : C’est quoi ce racisme anti-basse ???
Hubert : J’avais des supers potes, très bons bassistes à qui j’avais expliqué très froidement qu’il était hors de question que je jouais avec eux parce que je ne voulais plus de basse… Et puis ils m’on vu rappliquer avec Yarol…
Les chansons en français m’ont beaucoup plu. Il y a une grosse scène blues en France mais pratiquement personne ne chante en français…
Hubert : Ca m’est venu par Yarol en fait…
Yarol : DE LA BASSE ET DU FRANÇAIS, ALLEZ !!!! (rires)
Hubert : Après la basse, le français c’était le deuxième truc que j’avais prévu de ne pas faire… Mais le plaisir de composer dans sa langue maternelle c’est quelque chose d’incomparable. Il n’y a pas photo. Sur l’échelle des valeurs du songwriting, à terme, si je ne pouvais composer que des chansons en français et qui me parlent… On en a composé pas mal même si on en a gardé que deux sur l’album… Ce n’est pas simple de faire sonner le français.
Yarol : Dans ce genre de musiques on a une référence très proche chez les cajuns. Moi je suis un fan de zydéco. Quand t’écoutes Clifton Chénier, y’a du français dedans… Et toute la country du Québec des années 30 et 40, y’a des trucs incroyables… Donc c’est possible, les références sont là…
Il y a un morceau comme ça sur l’album « The One I miss »…
Hubert : Oui cela fait un bel enchaînement « It’s gonna be hard / The One i miss »…
Yarol : Ouais avec l’accordéon. Je pensais que cela apportait un petit plus (il claque des doigts) à l’album ces deux chansons en français. Quand tu as un truc à dire autant le dire dans ta langue maternelle… Ce n’était pas rédhibitoire cependant. Si on n’avait pas réussi on aurait fait un album en anglais.
Dans les années 90 on conseillait souvent aux jeunes groupes de chanter en français pour être signés. Maintenant on a de plus en plus de jeunes groupes qui chantent en anglais…
Yarol : C’est des allers-retours permanent entre on signe des groupes en anglais, on en signe plus… Il y a une brèche qui s’est ouverte. Je ne parle pas de Phoenix qui est un cas à part. En fait, on se rend compte que dans ces groupes là, The Do ou Moriarty, les chanteuses ne sont pas francophones au départ (Comme Bad Mama Dog également signé sur Bonus Tracks Records). Moi je suis content que des groupes français chantent en anglais. Mais attention, il y a chanter en anglais et chanter en anglais. Moi je bosse avec pas mal de groupes avec qui je me bats par ce que j’ai l’impression que l’anglais c’est un cache-misère. Quand tu n’as rien à dire, c’est plus facile de chanter en anglais. Mais quand tu regardes les titres, t’as envie de dire : « non mais attends, elles sont bidons tes paroles » (rires). Quand tu veux chanter en anglais, la moindre des choses c’est qu’un anglo-saxons comprennent ce que tu as à dire. Il y a des mecs ils arrivent et ils font : « girlfriend she told me won won won » (il fait semblant de chanter dans un chararbia incompréhensible, rires). Et le ricain à côté il est mort de rire et il n’a pas compris un traître mot de ce qu’a dit le gars!!! Et le français lui, il est super de son accent !! C’est une marmonnade fastoche.
Hubert : L’anglais d’un pays qui n’existe pas…
Yarol : Ca je suis contre. Par contre le groupe qui assure vraiment en anglais avec un vrai travail sur les textes et qui a des trucs à dire… C’est faux le discours débile comme quoi les textes ne sont pas importants chez les anglo-saxons. Vas dire ça à Dylan, à Neil Young ! Merci !
Hubert : L’idée ce n’est pas de faire uniquement que du français ou uniquement de l’anglais. Certains morceaux sont effectivement mieux en français, spontanément. Les chansons sont nées comme ça, on ne s’est pas amusé à traduire. Il faut être à l’aise avec la chanson. Il faut que cela te parle à toi et ensuite il faut réussir à le transmettre. Mais statistiquement cela sonne plus mal en français qu’en anglais.
Yarol : C’est un exercice très périlleux.
Yarol, quand j’ai écouté le disque, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Heartbreak Hotel. Est-ce que tu vois un lien entre les deux disques ?
Yarol : Oui tout a fait. Si tu prends mes fantasmes musicaux américains, Heartbreak Hotel représente la façade country et The Hub le versant blues. C’est la même démarche. Les deux albums ont été produits un peu de la même manière. C’est un travail avec un songwriter guitare/voix. Nikola venait aussi à la maison avec sa guitare et sa chanson et moi autour je construisais tout un espèce de bric à brac d’arrangements et de bordel. Ce sont deux albums que je considère dans la même lignée.
Hubert : L’album d’Heartbreak Hotel fait partie de ces disques qui m’ont fait penser que l’on pouvait construire un super truc avec Yarol.
Le catalogue Bonus Tracks est très cohérent d’un point de vue artistique avec une continuité entre chaque album et chaque groupe. On sent que le label est géré par un musicien. Comment tu choisis les projets sur lesquels tu travailles ?
Yarol : Je ne me dis pas tiens je vais en vendre plein. On ne fonctionne uniquement que sur du coup de cœur et une envie de travailler commune. Il faut que l’artiste me fasse bander. On en revient au lovamour hôtel (rires) !!! Les Parisians c’est un groupe que je suis depuis longtemps et que j’aime beaucoup. J’étais très content de faire leur album.
Hubert : Moi justement j’ai été attiré par l’univers des autres artistes Bonus Tracks. Moi je n’aurai surtout pas voulu être sur un label strictement blues. C’est ma musique mais je ne voulais être sur un label qui me vende uniquement en réseau. Là je me reconnais dans les autres groupes du label. J’y vois différentes périodes de mon évolution musicale…
Musicalement l’album est assez homogène mais avec des touches rock comme « six feet underground » ou un peu country comme on en parlait tout à l’heure. C’est une somme de tes influences ?
Hubert : Oui mais ce n’était pas du tout un parti pris de faire un catalogue de toutes les influences. Les bluesmen des années 20 dans le Mississippi fréquentaient des Blancs. Les Noirs, les Blancs jouaient de la musique qui venait du même endroit et qui pouvait être comparées. Finalement que cela sonne un peu plus country ou blues, dans le fond c’est la même chose. Les habillages peuvent être inversés. Toutes ces musiques me parlent. Seasick Steve quand tu lui poses la question, il te dit : « fuck the blues, je joue de la musique américaine ». C’est ça que j’ai à l’esprit. Moi je suis très axé sur le côté compo/chanson. Il faut qu’à poil la chanson tienne debout avec une simple guitare sèche. Après la chanson elle ne t’appartient plus. L’idée est là. Moi je les ai mises dans les mains de Yarol avec une confiance aveugle.
Yarol : Et moi j’ai la volonté permanente de ne pas me répéter. Cela m’emmerde de faire quatorze fois le même morceau. C’est un truc d’ailleurs que je reproche à beaucoup de disques à l’heure actuelle. D’entendre une espèce de recette. Là je suis content, par ce qu’il y a des morceaux plus country, d’autres blues, roots, folk, rock n’roll, soul.
Hubert : « Six feet underground c’est celui qui est parti le plus loin dans l’univers rock mais qui peut être joué façon John Lee Hooker. Pour moi ce qui est important, c’est l’esprit de la chanson. Si en plus il peut y avoir plein de couleurs…
Vous connaissez certainement Elliott Murphy. Il y a quelques années quand il a sorti son album de blues, il a expliqué que l’album lui avait été inspiré par sa femme qui lui a dit : « vous les rockeurs quand vous n’êtes pas morts à 27 ans vous devenez des bluesman ». Vous en pensez quoi ?
Yarol : Qu’on n’a pas encore 27 ans (rires) !!!
Hubert : Ce n’est pas con. (silence) Il y en a beaucoup qui ont fait ce chemin là… En tout cas, je fais partie des statistiques… Je rappelle pour mémoire que Robert Johnson est mort à 27 ans.
Yarol : Puisqu’on en parle il avait quel age Keith Richards quand les Stones ont fait « Beggars Banquet » ? (Rapide calcul) Non pas tout a fait 27.
Hubert : Oui mais lui il a raté sa sortie. Ce n’est pas faute d’avoir essayé remarque. Mais pour en revenir à ta question, cela souligne le côté intemporel. On parle souvent de « vieux bluesmen ». Mais ces mecs là quand il l’ont jouée ils n’étaient pas vieux… Ce n’est pas de la musique de vieux, c’est juste qu’elle a été enregistrée avant. Je ne sais plus quel poète à dit : « Etre vieux c’est être jeune un peu plus longtemps que les autres… »
Propos recueillis le 2 février 2011.
www.bonustracksrecords.com
mercredi 5 janvier 2011
The Hub : A Sleepless Night


Au début était Hubert#06 auteur en 2009 de l’album « One Man Delta Blues Show » et récipiendaire la même année du prix électro-acoustique du festival Blues sur Seine. Le projet The Hub, et l’album « A Sleepless Night » qui en découle, sont nés de la rencontre entre Hubert#06 et Yarol Poupaud. Ce dernier est depuis le début de la décennie 90 un acteur important de la scène française, ancien guitariste de FFF, ex-batteur de Mud (le tube « Désolé » en 1995) et moitié du duo country Heatbreak Hotel. Yarol Poupaud est également le fondateur (en 2006) de l’excellent label Bonus Tracks Records (Bad Mama Dog, The Parisians) qui a la particularité d’apporter une touche française aux musiques typiquement étasuniennes telles que le blues, la country ou le rock n’roll. Hubert#06 ne pouvait que se fondre avec délectation dans un tel univers. Autour de sa guitare slidée ou pickée descendant directement des grands anciens du Delta, Yarol le multi-instrumentiste (basse, accordéon, mandoline, batterie, percussions, wurlitzer) a tissé une toile sonore rendant hommage au blues sur son versant électrique et à la country dans son côté acoustique. On pense ainsi beaucoup à l’écoute du disque à la nouvelle scène blues, celle des Black Keys, du Legendary Tiger Man où de Seasick Steve, qui marie fraîcheur et tradition. Mais pas uniquement. L’accordéon ornant « The One I Miss » apporte une touche cajun. Les titres en français « Non ne dis rien » et « Plus fort que toi » donnent à l’ensemble une note francophone que l’on aimerait entendre plus souvent dans la scène blues hexagonale. Joué avec passion le blues se fait ici tour à tour poisseux et collant « A Voice Calling My Name » ou aguicheur à l’image du « Midnight Dream » qui ouvre l’album de la plus belle des façons. The Hub, un album et un projet attachant que l’on prendra plaisir à suivre sur les routes en 2011…
SORTIE LE 17 JANVIER 2011.
