Dans la foulée de leur excellent album
Ballroom, Tahiti 80 sort pour l'été un EP de remix de Coldest
Summer. On attend généralement peu de ce genre
d'entreprise, qui ressemble fort à un truc de monomaniaques.
S'enfiler cinq fois de suite le même morceau, dans des versions
différentes certes... Cependant, l'EP nous donne à entendre des
choses intéressantes. Vue par le prisme de Reflex, Coldest summer
prend des allures groovy et sacrément funky. Dans un monde parfait,
c'est la bombe dancefloor de l'été. Les excellents Dorian Pimpernel ont choisi une option différente, retravaillant le morceau en
profondeur ajoutant de nouvelles parties de leurs chers claviers
vintage. Coldest summer prends alors des atours de rock psychédélique
made in Canterbury à la fin des années 1960. On en attendait pas
moins de Dorian Pimpernel mais ça fait du bien quand même. On
termine enfin par la version de My Tiger Side qui fait de Coldest
Summer un morceau ambiant abstrait servi par une voix fantomatique
digne du Madchester de la fin des années 1980, psyché façon Stone
Roses. Cinq versions différentes pour autant de pistes d'écoutes,
c'est amusant de constater le nombre d'incarnations de la même
chanson. Ca reste quand même un truc de monomaniaque.
http://tahiti80.com/
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lundi 15 juin 2015
samedi 22 novembre 2014
Tahiti 80 + Forever Pavot, La Maroquinerie, 21 novembre 2014.
![]() |
| Tahiti 80 |
Enfin ! Enfin, vendredi soir
dernier, votre fidèle serviteur a eu l'occasion de réparer une
omission qui le tracassait depuis la dernière édition de rock en
seine : voir Forever Pavot en concert ! Ce petit événement
a eu lieu sur la scène (fétiche) de la maroquinerie où le groupe
mené par Emile Sornin a assuré la première partie des Tahiti 80.
Donc, sur scène, Emile le créateur solitaire se transforme en
frontman, assis derrière son clavier, d'une formation comprenant
basse, batterie, guitare et un dernier musicien alternant guitare et
percussions. En version live, Forever Pavot prend un petit coup de
groove grâce à une section rythmique incisive (une basse aussi
ronde que dans les 60s) et des percussions ajoutant une petite note
latine à la Curtis Mayfield. Contrairement à ce que l'on aurait pu
craindre, le répertoire alambiqué de Forever Pavot (on pense en
particulier à « Miguel el salam ») passe plutôt bien le
test de la scène, la formation étant particulièrement compacte et
soudée faisant montre d'une belle virtuosité au passage. Entre
guitares wha-wha et claviers en transe, le groupe dégage un
envoûtement peu commun entre psychédélisme 60s (cf. les longs
intermèdes instrumentaux) et bande originale de films de la décennie
suivante, avec une petite note orientale assez dépaysante. En dépit
de quelques spectateurs un peu rognons, trouvant la formule trop
linéaire, ce fût une première partie réjouissante. On flotte au
dessus du sol...
Quinze ans après la sortie de leur
premier album, « Puzzle » en 1999, Tahiti 80 n'est
toujours pas prophète en son pays et se produit encore dans des
salles de capacité assez réduite... Au moins la maroquinerie, sise
rue Boyer comme le patronyme du chanteur Xavier, a le bon goût
d'être pleine comme un œuf. Groupe bicéphale, Tahiti 80 et son duo
de synthés évoquant les années 1980 peut de prime abord apparaître
comme un groupe pop « gentillet » (sans être péjoratif).
Mais attention dès que Xavier le chanteur délaisse son clavier pour
s'armer d'une guitare le groupe s'en retrouve transformé. De fait
Tahiti 80 excelle dans une sorte de pop mâtinée de funk blanc d'une
efficacité rythmique discos implacables. Mention spéciale à
l'impressionnant bassiste, Pedro, au son énorme et aux lignes
acérées. Avec ses mélodies finement ciselées Tahiti 80 se révèle,
sur scène, festif et enjoué. Dans le genre, ils sont excellents.
vendredi 14 novembre 2014
Tahiti 80 : « Ballroom »
Apparu à la fin des années 1990, les
Normands de Tahiti 80 continuent leur petit bonhomme de chemin le
long d'une discographie forte désormais de six albums. Ce nouvel
effort, le groupe est allé le construire aux Etats-Unis (Portland,
plus précisément) en compagnie du producteur Richard Swift
(également membre des Shins). Particulièrement cohérent, ce
nouveau disque évolue en ligne droite, ce qui n'a pas toujours été
le cas de cette formation. Bien que consistant, « Ballroom »
offre différentes sous couches, comme autant de niveaux de lecture.
Bien sûr le fond de jeu reste pop et malgré tout dansant, on pense
parfois à Phoenix (« Crush »). Pourtant, l'arrière
plan, derrière les atours primesautiers, est parfois plus sombre
(« Love by numbers », « Coldest summer »,
« The God of the Horizon »). Coincé entre deux
sentiments, Tahiti 80 invente une sorte de spleen dansant qui prends
la forme d'un chant distancié, traînant, sur des rythmes mécaniques
simili-disco et autres arrangements de synthés guillerets. Comme un
dégradé de couleurs qui partirait d'éclatantes teintes vives en
technicolor pour se terminer en nuances de gris. Toute la richesse du
groupe est là, dans cette ambivalence qui constitue également
l'atout charme de l'album.
samedi 4 octobre 2008
De la souffrance…
La Musique est une souffrance. Je ne parle pas là d’une quelconque souffrance morale, d’un blues particulier.
Non d’une souffrance physique.
De la douleur.
D’avoir les bras ballants, vidés de toute force après avoir joué de la batterie pendant des heures et des heures. D’avoir mal aux poignets d’avoir trop serré le manche de la guitare, du sang sacrificiel qui s’écoule le long des cordes. Et aussi du batteur du groupe normand Tahiti 80 qui souffre d’hypersensibilité auditive et qui, mais j’espère de tout cœur me tromper, ne pourra plus jamais jouer.
Toute création a un coût, et il est parfois lourd à payer.
Les musiciens payent de leur personne, il est parfois bon de le rappeler.
Pourtant nombreux sont ceux qui affirment : « la Musique c’est toute ma vie et il faudra m’arracher les deux bras pour m’arrêter »…
Non d’une souffrance physique.
De la douleur.
D’avoir les bras ballants, vidés de toute force après avoir joué de la batterie pendant des heures et des heures. D’avoir mal aux poignets d’avoir trop serré le manche de la guitare, du sang sacrificiel qui s’écoule le long des cordes. Et aussi du batteur du groupe normand Tahiti 80 qui souffre d’hypersensibilité auditive et qui, mais j’espère de tout cœur me tromper, ne pourra plus jamais jouer.
Toute création a un coût, et il est parfois lourd à payer.
Les musiciens payent de leur personne, il est parfois bon de le rappeler.
Pourtant nombreux sont ceux qui affirment : « la Musique c’est toute ma vie et il faudra m’arracher les deux bras pour m’arrêter »…
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