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vendredi 26 septembre 2025

Marc Ribot : « Map of a blue city »

 



Un peu méconnu du grand public, Marc Ribot est un guitariste virtuose qui a multiplié les collaborations depuis les années 1970, chez Tom Waits ou Robert Plant notamment, ou sur ses albums instrumentaux, couvrant un large spectre, du jazz à l’avant-garde. Si on connaît donc bien son jeu de guitare atypique, sa voix reste à découvrir et il s’agît là de l’objet de ce nouvel album, le premier qui donne à entendre son chant. Marc Ribot prend des risques donc. Musicalement on en avait l’habitude et l’on retrouve ici, avec plaisir, son approche oblique, du blues déstructuré « Say my name » à la musique brésilienne « Daddy’s Trip to Brazil » revisitée à sa façon, loin d’être conventionnelle. L’autre aspect marquant de ce nouvel album est son minimalisme. Abordant ce nouvel exercice avec réserve, Ribot n’ose affronter frontalement le chant et préfère une approche mi-sussurée, à demi parlée, à l’avenant de sa proposition musicale, intime (« Map of a blue city ») et qui n’est pas exempte de ses habituelles expérimentations ; comme la bande originale d’un réveil comateux ("Optimism of the Spirit").

https://www.marcribot.com/






jeudi 12 juillet 2012

Marc Ribot y los Cubanos Postizos, Le new morning, 10 juillet 2012.


Marc Ribot (c) Daniel Boud

Génie de la guitare méconnu du grand public, Marc Ribot accompagne le gratin musical depuis trente ans, Tom Waits (formidable album Rain Dogs), Elvis Costello, Joe Henry, Marianne Faithfull et même ma copine Jenny Gillespie ! En France on le connaît surtout pour sa collaboration fructueuse avec Alain Bashung. Sa discographie en solo, assez fournie, reste underground rendant ses disques assez difficiles à trouver. Ses passages sur scène sont relativement rares, autant dire que son concert du new morning prend des allures de petit événement. Pour l’occasion Marc Ribot est accompagné de son groupe « latin » Los Cubanos Postizos (avec qui justement il a enregistré un album à la fin des années 90). Assis sur une chaise, ses lunettes au bout du nez, Ribot ressemble à un professeur qui jamais ne tombe la veste. Sa prestation fut l’occasion de plonger dans un bouillon géant de musique, si les rythmes sont latins (batterie et percussions) la six cordes de Ribot est totalement rock avec quelques touches blues et effets surf. Enfin une énergie limite punk porte l’ensemble. Tout cela n’est pas sans rappeler les expérimentations de Santana à la fin des années 60. En dépit d’une impression visuelle plutôt heurtée, Ribot à une sonorité des plus fluides. Ses performances sont stupéfiantes de vélocité et de dextérité. Pourtant ce qui fascine le plus chez Ribot, qui n’est ni un songwriter ni un chanteur, c’est la richesse de ses harmonies. Chez lui, jamais la technique (assez souvent stérile) ne prend le dessus sur l’émotion. Le feeling semble guider chacune de ses notes. Un grand musicien. 
www.marcribot.com
www.myspace.com/marcribotmusic