dimanche 20 janvier 2019

4dB : « Animal »



Sur la pochette s'affiche une forme cubique, seventies, vaguement menaçante, ou plutôt suggérant une menace sous-jacente : quel drôle d'animal que voici ! Deuxième album donc pour le quatuor, qui dégage une puissance bien supérieure à quatre décibels. A l'image de la forme indéterminée s'affichant sur la pochette, le groupe (dans lequel on reconnaît Olivier Michel, bassiste de Bordelophone) navigue en eaux troubles. L'utilisation de nombreux claviers millésimés rappelle les années 1970 et le groupe établit ainsi une passerelle entre le jazz (le swing précis et élégant de la section rythmique constitue la base de tout cf. « Senzala ») et la musique progressive sans en occulter la puissance rock (« Fleur de singe part 2 », « Sauvage ») incarnée par le biais d'une guitare déchaînée, ni les accents pop planants voire spatiaux (« Lune Rousse », « Abysses »), enfilant le costume d'héritiers des Magma et autres Cortex d'antan. Les compositions sont à l'avenant, assez longues et multipliant les pistes, sans jamais perdre la direction générale. Le tout est magnifié par une production nickel chrome et un travail d'arrangement à la précision millimétrée. Plusieurs écoutes sont ainsi nécessaires, voilà un album qui réclame du temps à l'auditeur, pour en saisir la substantifique moelle, les subtilités mélodiques et les climats variés (apaisés ou plus tourmentés) à contre-courant de l'époque. Bien plus qu'un album d'ailleurs, un véritable voyage instrumental ; le vol fut superbe, merci. 

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samedi 19 janvier 2019

Hyleen, Le New Morning, 16 janvier 2019.


Prenant le contre pied d'un parti pris généralement répandu sur la scène soul actuelle, celle d'un revival sixties/seventies, la chanteuse et guitariste Hyleen assume pleinement une démarche funky et plus proche des années 1980, évoquant parfois Prince dans le jeu de guitare, n'occultant pas la part synthétique de l'affaire (quelques pads électroniques sur la batterie et des synthés en lieu et place de la basse). Pour fêter dignement la sortie de son excellent nouvel effort, le trio de base de la chanteuse est ce soir renforcé par deux cuivres, de quoi renforcer l'aspect jazz de sa musique, un angle que l'on ressent surtout dans l'interprétation (les morceaux gagnent en longueur surtout sur scène) que dans l'écriture. La chanteuse fait preuve de beaucoup de charisme, parfois mutine, parfois charmeuse et un décalage humoristique (cf. la présentation de l'album). La bande est soudée et cela s'entend, les « douceurs » sont prodiguées avec beaucoup de feeling alors que l'alchimie fonctionne à plein sur les titres les plus dansants délivrés avec une belle énergie funk. Généreuse, la chanteuse et son groupe nous ont offert plus d'une heure et demie de concert, on n'en attendait pas tant compte tenu de sa (pour l'instant) courte discographie. Quelle excellente soirée ! 

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Cécile McLorin Salvant : « The Window »



70 minutes et 88 touches. Pour son cinquième album, la chanteuse étasunienne prend un risque considérable. Celui de s'exposer sur un double album, seule, accompagnée par un simple piano, sur un temps très long, au risque de provoquer une certaine lassitude chez l'auditeur. Mais c'était sans compter sur le talent exceptionnel d'interprétation de Cécile McLorin Salvant capable de charrier des torrents d'émotions par sa seule voix qu'il s'agisse d'un doux murmure (cf. « Visions » chipé à Stevie Wonder ; « Obsession ») ou d'un registre plus fort et appuyé (« Ever since the one I love's been gone »). Ainsi, quelque soit le contexte, l'interprétation est toujours juste et émouvante (« Wild is love »). Derrière son clavier, Sullivan Fortner, est à l'unisson offrant quelques magnifiques moments de dextérité, principalement au piano mais aussi un peu à l'orgue, mais en étant toujours juste, servant à la perfection la voix de la chanteuse sans ostentation manifeste. Le public ne s'y trompe pas, offrant de magnifiques ovations aux artistes sur les quelques plages éparses enregistrées en concert. Comme d'habitude, Cécile ne se prive pas de rendre hommage à ses racines francophones s'offrant deux titres dans la langue de Molière (« A clef », écrite par ses soins et « J'ai l'cafard »). Enfin, citons pour finir les deux morceaux de bravoure de ce sublime album, les sept minutes du « Somewhere » de Bernstein et les neuf de « The Peacocks » avec le renfort de la saxophoniste Melissa Aldana. Et si la fenêtre du titre offrait une vue directe sur l'âme de la chanteuse ?

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lundi 14 janvier 2019

Durand Jones and The Indications : « American Love Call »



Enregistré pour un budget minimal (452,11 dollars), sorti une première fois en 2016 sur un minuscule label local (Colemine Records) avant d'être repris par une plus grosse structure (Dead Oceans) et d'accéder ainsi, sur le tard, à la reconnaissance internationale ; le destin du premier album de Durand Jones and The Indications avait tout du compte de fées. Une note réconfortante dans une contexte dramatique, une scène soul dévastée par les disparitions successives de Sharon Jones (en 2016) et de Charles Bradley (en 2017). Ce disque fut, en tout cas, une bouffée d'air frais pour tous les amateurs éclairés de soul music. Mais à l'heure de sortir son deuxième effort, le groupe semble décidé à passer à la vitesse supérieure, mettant les bouchées doubles à tous les niveaux (écriture, production). Là où le premier LP brillait par son charme intimiste, ce deuxième se veut sophistiqué et luxuriant. Les arrangements de cordes sont délicats (dans la lignée du Philly Sound), et l'association au chant de Durand Jones et du batteur Aaron Frazer (beaucoup plus présent derrière le micro) permettent de nombreux jeux de voix et multiplie les contrastes entre voix de tête haut perchée (Frazer) et timbre guttural et puissant (Jones), une dynamique au-dessus de laquelle plane le fantôme des Delphonics. C'est ainsi tout un pan de la soul music que balaye le groupe, une grande variété d'ambiances, tendres, langoureuses ou plus musclée, à laquelle le groupe rend hommage tout au long de cet album finalement plus intemporel que simplement nostalgique. Superbe. 

En concert le 23 janvier à Paris (La Maroquinerie)
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dimanche 13 janvier 2019

Th Da Freak




Anti-héros improbable du rock français, slacker indécrottable, bricolant des chansons sur une guitare de fortune dans une chambre d'ado attardé où trône des posters défraîchis de Sonic Youth et autres Pavement (enfin tel qu'on l'imagine), le Bordelais Th Da Freak se pose là. Enfin il ne s'agît là que de visions imaginaires, de flashs provoqués par l'écoute de la musique de Th, le bizarre en chef. Le premier album, « The Hood » est une petite merveille minimaliste, dont le charme naît justement de l'économie de moyen, procurant une sensation d'intimité immédiate avec la musique, provoquant nombre d'image mentales (comme le prouve le début de cette chronique). Nostalgique, mais pas trop, Le Freak fait le lien entre grunge (pas trop gueulard non plus) et rock psychédélique. Si, si, après tout les deux genres ont en commun le fait d'avoir eu dans leurs rangs un groupe nommé Nirvana. Bien loin des clichés sixties, guitare fuzz et orgue Farfisa, la psychédélie chez Th Da Freak vient de compositions solides, jouant sur la répétition hypnotique (« Old ladies of the block ») sur des tempos alanguis, suivant une approche do it yourself, soit autant bricolée que jouée (la merveilleuse « Thick head », la petite bombe de toute cette affaire). Ajoutez à cela un sens de la mélodie (« Bored », « Moonmate », « I was such an idiot »), de l'accroche (« Bienvenidos at Satori Park », "Sophism profesionnal") et un soupçon de cold wave cheap (« I don't understand ») et vous tenez-là la cerise qui finit d'emballer toute l'affaire sur une note charmante et sucrée. Et comme ce mec est sacrément cool, ce premier album est complété par une collection de faces B, « T-Sides » (pardon de faces T), disponible gratuitement sur Bandcamp et dont la pièce de choix réside dans les dix minutes inoubliables d' « Immortality ». Voilà de quoi patienter en attendant la sortie du prochain album, prévue pour mars prochain, car en plus d'être talentueux, le type bizarre est hyper-actif. 

En concert à Paris (Point Ephémère) le 27/03.

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vendredi 11 janvier 2019

Kyrie Kristmanson : « Mon Héroïne EP »



Il y a des auteurs, des compositeurs, des musiciens et des interprètes. Kyrie Kristmanson quant à elle est un peu tout cela à la fois et même au-delà. Plus que de la musique, l'Artiste a bâti, patiemment et une note à la fois, une cathédrale sonore, un univers où l'auditeur n'a de cesse de se perdre dans les délicieuses méandres. La Canadienne chante en mariant les deux langues, le français et l'anglais, mais qu'importe car dans ce contexte les paroles, cryptiques, ne sont qu'un assemblage, un élément constitutif du son dont on ressent le sens plus qu'on en comprend la signification profonde. Entre guitare acoustique (cf. « Songe d'un ange ») et machinerie électronique délicate (« Mon héroïne ») ou percussive (« The garden of Mrs. Woolf »), Kyrie se constitue un petit nuage musical où l'auditeur est convié, brinquebalé, confortable mais pas trop. Sa voix de tête, pleine mais délicate semble sortie d'un songe. Il se dégage de l'ensemble un sentiment d'une profonde mélancolie dans lequel se retrouve pleinement Brendan Perry (Dead Can Dance) venu prêter sa voix (en français!) le temps du « Songe d'un ange ». 

En concert à Paris (Café de la danse) le 13 mars.
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jeudi 10 janvier 2019

Shirley Davis and The Silverbacks : « Wishes and Wants »



Si l'épicentre de la soul se trouve ces temps-ci à Brooklyn et sa cohorte de labels branchés, l'Europe est également capable de produire de biens belles choses en la matière. Prenons donc aujourd'hui la direction de l'Espagne à la découverte d'une nouvelle petite merveille, après The Pepper Pots et les Sweet Vandals, en la personne de Shirley Davis et son groupe les Silverbacks. Ce nouvel album, le deuxième, se situe dans un pré carré bien défini, une triangle au cœur des influences des années 1960 et 1970. Cela n'a certes rien de follement original par les temps qui courent, mais qu'est-ce que c'est bon, lorsque la chose est exécutée avec un telle maestria ! Une écoute attentive révèle en effet un disque bien plus complexe qu'il n'y paraît avec un effort assez poussé en termes d'arrangements, on pense en particulier à l'interaction entre les claviers et les cuivres, et à la force des compositions tirant vers la face psychédélique (« Fire » une réminiscence des Doors et « Treat me better ») voire le baroque (« Nightlife » portée par une cavalcade de percussions afro et folles) sans pour autant dénaturer le groove intrinsèque et dévastateur du groupe. Au chant, Shirley Davis (dont le timbre rappelle Nicole Willis) dévoile un organe aussi souple que puissant, d'une grande expressivité, s'adaptant à tous les contextes ; car ainsi que la chanteuse l'affirme tout n'est question de musique (« All about music »). Voilà une excellente résolution qui nous autorise à passer ce début d'année en compagnie de cet excellent album. 

https://the-silverbacks-soul.bandcamp.com/
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mardi 8 janvier 2019

Hyleen : « B-Side »



Si en matière de soul music le revival des années 60 et 70 est à la mode, Hyleen a décidé de prendre le contrepied, la face B, de cette tendance s'inspirant d'une période mal aimée, celle des années 1980 (cf. « My First of all ») et 1990 (cf. « I'm on the ride », « I just wonder », "Black Box") tout en évitant le copiage stérile pour privilégier une dynamique pop et contemporaine. Le disque fait ainsi le grand écart se révélant aussi langoureux que funky et ce, parfois, au sein du même morceau (cf. « Dark Knight »). Un registre étendu donc que la chanteuse fait sien avec grâce, démontrant, au passage, une belle souplesse vocale, effeuillant un timbre charmant, sexy et évocateur. Mais l'idée de génie fût d'enregistrer, en trio, dans les conditions du live, conférant à l'ensemble un plus incontestable en termes de fraîcheur. Une démarche finalement pas si éloignée du jazz (« Beside you ») qui donne au disque son aspect vivant, organique, s'articulant autour de compositions ménageant de nombreuses surprises à l'auditeur (« Breeze ») et finit par donner à cet album un charme unique et incontestable. Une grande bouffée d'air frais. 

En concert à Paris (New Morning) le 16 janvier. 




lundi 7 janvier 2019

Fast Friends : « Unknown Homes »



Le titre de l'ep laisse supposer une part d'inconnu, à la lisière de l'étrange et de la mélancolie, autant de sentiments qui assaillent l'auditeur à l'écoute de ce nouveau duo. Il y a d'abord ce son cotonneux, entre élégance et nonchalance, cette boîte à rythme hypnotique et ces mélodies jouées en sourdine, faisant ressortir le chant de manière claire et précise. A l'écoute on se retrouve propulsé au pays de la pop « do it yourself » autant inspirée que bricolée sur le vif, entre les Etats-Unis et l'Angleterre : le folk (« Enchantment ») ou l'influence du blues que l'on croit deviner sur le premier titre « Eureka ». Pensée autour des guitares, la musique des Fast Friends laisse pourtant un peu de place aux claviers dont les interventions sporadiques prennent la forme de virgules oniriques. Une belle réussite rêveuse mais pas tout fait apaisée.

En concert à Paris (Le Motel) le 16/01

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samedi 5 janvier 2019

Cathédrale : « Facing Death »



Ne surtout pas sous estimer les disques qui, sous des aspects modestes, atteignent des petits sommets, en l’occurrence une mini cathédrale du son, bâtie une pierre (ou une note) après l'autre pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Cathédrale, donc, nous vient de Toulouse et il s'agît là de leur deuxième album. Un effort entre deux eaux, bien connues des amateurs de rock rock’n’roll, l'Angleterre (pour la morgue du chant) et les Etats-Unis pour le son garage énergique. Les titres sont balancés en environ trois minutes, ce qui confère à la galette un petit quelque chose de modeste. Qui prend une toute ampleur lorsque l'on se donne la peine de creuser le sillon. La production est claire et inventive ; c'est alors une foule d'arrangements détaillés (cf. « Facing Death ») que l'on se prend en pleine poire, une note qui sort du bois et qui change tout. Car pour le reste Cathédrale fait dans le carré et l'efficace. La basse, roborative, bourdonne (« Game ») le jeu de batterie ne fait pas dans la dentelle ni dans la fioriture mais fonce à pleine bourre sur l'autoroute du son. Carré et efficace, on vous le dit, mais qui s'autorise cependant quelques détours expérimentaux vers le post rock (cf. « Facing Death » et son étonnante intro instrumentale, « The Knight is gone », « Yet so easy »), pas trop hein, mais le soupçon d'audace, discret, à bon escient et nécessaire pour placer le groupe en orbite vers le sommet de la cathédrale. Au final un bon petit shoot d'adrénaline rock rock’n’roll ce qui nous fait largement la journée et même plus si affinités. Ah oui, une dernière chose, la pochette est magnifique ! 

https://cathedrale-tls.bandcamp.com/album/facing-death
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vendredi 4 janvier 2019

Peace Me Off : « Damaged Coda »



L'EP commence par une sorte de bourdonnement, comme un drone planant. Le calme avant la tempête tant le déchaînement de guitares grunge, influence également perceptible dans le chant, surprend l'auditeur. Autre particularité les titres s'enchaînent, s'emboîtent l'un dans l'autre, formant deux blocs de deux chansons, donnant l'illusion de morceaux très longs. Dans l'intervalle, le groupe joue avec les codes, et les nerfs de l'auditeur également, passant du (presque) calme à la franche tempête réinventant avec audace le post rock et le grunge. Ainsi, même dans les moments les plus apaisés (« Like the others do ») règne une tension sous-jacente où l'on sent la bête prête à sortir les crocs (l'intro de « My Own Shadow », « Concealed Coldness »). Hélas, les influences restent un peu trop identifiables, un manque de personnalité, ou plus précisément une personnalité pas encore totalement définie, qui obère (pour l'instant) une adhésion pleine et entière au projet. On sent que le groupe se cherche encore un peu, tâtonne, peut être aveuglé par l'écoute répétée de ses albums préférés. Mais l'ensemble est suffisamment maîtrisé, ambitieux (les sept minutes de « Concealed Coldness » passent comme une lettre à La Poste) et prometteur pour que l'on ait envie d'y croire. 

https://peacemeoff.bandcamp.com/
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jeudi 3 janvier 2019

EggS



Conglomérat de musiciens issus de différents groupes (Joujou Jaguar, Bootchy Temple) EggS débarque avec un premier EP de quatre titres bien balancés où la guitare crade mais ciselée le dispute à un synthé cheap. Une sorte de charme minimaliste se dégage de l'ensemble, celui du bricolage avec les moyens du bords, et on finit par se demander dans quelle mesure la chose a été improvisée… Le mystère reste entier sur ce dernier point, ce qui n'empêche nullement de goûter ce bonbon au charme suranné faisant revivre la pop/noise indie diy des années 80 et 90.


mercredi 2 janvier 2019

Candi Staton : « Unstoppable »



Cinquante ans de carrière et trentième album, ainsi que l'indique le titre, la vétérante de la soul Candi Staton est inarrêtable ! Qu'importe les hauts et les bas, en 2019 Candi Staton est toujours là et chante mieux que jamais, l'empreinte du temps laissée sur ses cordes vocales donne un supplément d'âme au chant, de la soul music au sens propre du terme, on en frissonne à l'écoute (cf. « Love is you », « The price is not worth the pain », « Revolution of change »). Hélas pour cet anniversaire on aurait aimé un accompagnement musical un peu plus conforme à sa légende. L'album débute bien mal avec un « Confidence » certes touchant mais bien mal ampoulé, une tentative maladroite d'infuser un soupçon de modernité dans la production mais rappelle plutôt le funk électro des années 1980 pas vraiment la meilleure période de l'artiste. Passée la pilule amère du début le reste de l'album est plus conforme à nos attentes (« I fooled you didn't I ») toujours dans la même veine plus funky que soul (« It ain't over ») sans vraiment atteindre les sommets d'émotion espérés. Un album en demi-teinte donc, mais on retiendra une surprenante reprise chipée chez Patti Smith (« People have the power ») et l'émouvante reprise du classique « What's so funny about peace, love, understanding ». L'artiste a certes fait mieux auparavant mais l'essentiel n'est-il pas ailleurs dans cette exceptionnelle longévité qui confine à la résilience ? 

https://fr-fr.facebook.com/TheRealCandiStaton/
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