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samedi 6 juin 2020

Guillaume Perret : « A certain trip »



Le titre de ce nouvel effort pourrait, à lui seul, résumer le parcours du saxophoniste depuis ses débuts. Car il est bien question de « trip » à l'écoute de ce nouvel effort d'un musicien décidément bien trop à l'étroit dans un style aussi codifié que le jazz. Ce nouvel effort voit, une nouvelle fois, Guillaume Perret tenter de casser les codes, de chercher l'inspiration dans de nouveaux sons électroniques créant un électrochoc entre nappes électro et basses funky. Et pourtant il reste bien quelque chose du jazz dans cette musique mutante, une épine dorsale qui tiendrait l'ensemble debout et rendrait le tout cohérent, maintenant un fil conducteur le long de compositions labyrinthiques, envoûtantes et cinématographiques. Mais quoi de plus normal dès lors que ce nouvel album s'inscrit comme la suite de la bande originale composée pour « 16 levers de soleil ». Magnétique. 

https://www.guillaume-perret.com/elevation/
https://www.facebook.com/electricepic/



samedi 22 décembre 2018

Guillaume Perret, La Maroquinerie, 20 décembre 2018.


Un concert de jazz à la Maroquinerie ? Voilà une idée surprenante, dans cette salle habituellement dédiée au rock rock’n’roll, à la soul ou au blues, mais pas tant que cela finalement tant Guillaume Perret, saxophoniste de son état, n'a de cesse depuis des années de sortir le jazz de sa chapelle tout en lui restant fidèle d'une manière détournée et oblique. On l'a, par le passé, senti influencé par le metal au point d'aborder son instrument tel un guitariste armé d'une ribambelle de pédales d'effets. Ce nouveau projet, dans la foulée de la BO du documentaire « 16 levers de soleil », consacré à l'aventure du spationaute Thomas Pesquet, se veut plus sous influence électronique. Ainsi, la musique de Perret se drape d'atours tantôt funky (c'était d'une certaine manière attendu) tantôt planants et progressifs. Une dichotomie se fait ainsi jour dans le groupe de Guillaume, d'un côté la section rythmique qui part à toute berzingue (le batteur en particulier) de l'autre les nappes atmosphériques de claviers, qui, dans la lumière bleutée enveloppant la salle d'une atmosphère onirique évoquant l'espace, parfaitement raccord avec le film, font décoller le spectateur. A d'autres moments le doigté magistral du clavier évoque le jazz-funk des années 1980 sans pour autant tomber dans le cliché (une gageure). Lorsque la créativité a les moyens techniques de ses ambitions, lorsque cette dernière est utilisée avec intelligence comme ce fut le cas ce soir, alors, la musique en ressort grandie et le spectateur heureux de sa soirée. 






mardi 11 décembre 2018

Guillaume Perret : « 16 levers de soleil »



Pour Guillaume Perret, la musique n'a pas de genre, et, si son instrument de prédilection, le saxophone, le confine dans un style bien particulier, le jazz, il est hors de question pour le musicien de se cantonner à ce seul registre. Ainsi, depuis longtemps, Guillaume expérimente avec son instrument, l'électrifie, l’agrémente de pédales, dans le seul but de sortir des sentiers battus ; mariant le jazz, qui reste tout de même sa base (cf. « Fioul »), à des styles plus extrêmes allant du rap au métal. Ce nouvel effort voit le saxophoniste franchir une nouvelle étape puisque ce nouveau disque est la bande originale du documentaire « 16 levers de soleil » consacré à l'épopée du spationaute Thomas Pesquet (lui-même saxophoniste). La musique de Perret prend ainsi une nouvelle ampleur, jamais aussi proche de l'expérience, du voyage sensoriel (cf. « Peace »). De nombreux sons issus de la navette spatiale, des communication radio mais aussi, plus étonnant, du chant des planètes, ces fréquences émises les astres. Une dimension expérimentale qui confère à l'album son originalité mais aussi sa variété d'ambiances et de climats, tantôt funky, planant ou éthéré, voire franchement sombre et angoissant (« Lost in Space », « Alea Jacta Est »). 

En concert le 20/12 à Paris (La Maroquinerie)
https://www.guillaume-perret.com/
https://twitter.com/GIOM_PERRET
https://www.facebook.com/electricepic/?fref=ts

jeudi 8 décembre 2016

Guillaume Perret : « Free »



Si le jazz est un Atlas, alors Guillaume Perret est son infatigable voyageur. Un explorateur solitaire dans le vaste continent du son. Saxophoniste de son état, Guillaume s'est lancé dans l'enregistrement de son nouvel effort seul. Sans assistance et sans filet, sans groupe pour l'épauler mais avec une multitude d'effets sonores grâce auxquels il donne naissance à des sons stupéfiants, distordus jusqu'à créer l'illusion d'une guitare (cf. « Heavy Dance »). Chercher, inventer et repousser les limites de l'instrument tels sont les objectifs ambitieux fixés par le musicien pour ce nouveau disque. Le saxophone devient une véritable matière sonore que le musicien malaxe, transforme à sa guise, poussant le jazz dans ses derniers retranchements flirtant avec le métal ou l'électro (« Pilgrim »), redessinant ainsi les contours de l'idiome jusqu'à en réécrire l'histoire en creux (le swing revisité et irrésistible de « En good ») passant de l'ombre (« Inside song », "Cosmonaut") à la lumière. En matière de jazz, le terme « free » n'est jamais innocent et peut prêter à confusion. En l’occurrence, il symbolise le parcours d'un musicien libre de créer. Fermez les yeux et écoutez, le périple en vaut la peine.

lundi 5 octobre 2015

Guillaume Perret & The Electric Epic + Benjamin Flao, Festival d'Ile de France, Maison des Arts de Créteil, 2 octobre 2015.

Guillaume Perret (c) Jean-Baptiste Millot

Guillaume Perret (c) Jean-Baptiste Millot

Depuis le 6 septembre dernier et jusqu'au 11 octobre prochain, le Festival d’île de France propose trente et un concerts, de la musique classique au jazz, dans vingt sept lieux différents disséminés dans l'ensemble de la région. Nous avons donc rendez-vous ce soir à la Maison des Arts de Créteil pour le concert, dessiné par Benjamin Flao, de Guillaume Perret et de son groupe The Electric Epic.

D'obédience plutôt avant-gardiste, le saxophoniste Guillaume Perret utilise une pléthore de pédales d'effets, un peu à l'instar d'un guitariste de rock, tirant de son instrument des sonorités peu communes. C'est peu dire que le résultat est loin d'être conventionnel et convoque de multiples influences aux limites du heavy metal expérimental parfois parsemé de spasmes funky, produisant une musique aux contours élastiques faisant le grand écart entre passages apaisés et explosions brutes. Guillaume est accompagné dans sa démarche par The Electric Epic, un trio survolté, batterie, basse et guitare électriques, aux allures rock néanmoins capable d'une grande finesse musicale.


Le concert du soir a pour thème le mythe de l'Atlantide. Installé derrière sa table, le dessinateur Benjamin Flao, qui après avoir illustré de nombreuses pochettes trouve ici un nouveau terrain d'expression pour sa passion de la musique, illustre l'histoire alors que le groupe joue. Le résultat est visible, en direct, sur un écran de cinéma installé dans le fond de la scène. A côté de lui se trouve le vidéaste Cyril Raymond en charge d'animer les images. L'oeil fait ainsi le va et vient entre le groupe en pleine action et l'écran où l'on admire le coup de pinceau vif et précis de Flao. Au delà des intervenants, ce sont les arts qui se répondent l'un l'autre. Les dessins prennent vie grâce à l'intervention de la vidéo, créant un tableau géant, onirique et vivant, dans une sorte de performance totale prouvant, une fois de plus si nécessaire, que l'image et le son fonctionnent de pair. Une ravissante soirée pour les esprits curieux.