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lundi 20 juin 2011

Sly Johnson, Paris Jazz Festival, Parc Floral, 19 juin 2011.



Pratiquement un an après la sortie de son album, le superbe 74, Sly Johnson a enflammé la scène en plein air du Parc Floral à l’occasion du Paris Jazz Festival. Festival qui est d’ordinaire synonyme de chaleur estivale, concerts gratuits tous les samedis et dimanches après-midi jusqu’à fin juillet, a débuté sous un vent glacial. On a certes échappé à la pluie, mais il s’agit, de mémoire, de l’édition la plus froide. Heureusement, Sly Johnson (à la notoriété inversement proportionnelle à son talent, tout le contraire de son concurrent Ben l’Oncle Soul) nous a bien réchauffé grâce à sa soul music, en provenance directe des grands anciens de l’age d’or des années 70 et de la Motown en particulier. Un petit mot pour commencer pour rendre hommage au groupe qui l’accompagne avec classe. Une excellente section rythmique, un batteur au groove puissant (Manu Diaz) et le bassiste Ben Molinaro (jolies basses vintages) qui l’accompagne discrètement, pas une note de trop, pas de démonstration superfétatoire, mais avec efficacité. La jeune (et très jolie) choriste Valérie Delgado possède une belle voix et une touche de féminité dans les chœurs et sur scène. Ses chorégraphies coordonnées avec celles de Sly apportent de la grâce au show. Armé de sa Les Paul noire, le guitariste est funky sur les parties rythmiques et bluesy pendant les solis, avec quelques attaques soulful à la pédale wha-wha. Enfin, last but not least, un plus indispensable, un véritable orgue Hammond B3 (et sa cabine Leslie, respect !) instrument rarissime sur scène tant il est lourd et difficile à transporter (profitons-en au passage pour saluer les roadies qui doivent se trimballer la bête). Mais quel son ! Ce souffle chaud inimitable qui s’en échappe est un vrai délice. D’autant plus que le claviériste a à disposition un petit piano électrique vintage (un Fender rhodes probablement) complément idéal de l’orgue pour plonger l’auditeur dans une somptueuse ambiance 70s. Tous les ingrédients sont donc réunis pour mettre les compositions de Sly en valeur, d’autant que ce dernier possède une technique vocale incomparable, capable même à cappella de scotcher l’auditoire (il n’a pas été human beat boxer dans le Saian supa crew pour rien). Et un timbre soulful à l’avenant. Un excellent concert marqué par la reprise magnifique (et saluée par maints applaudissements) du « What’s going on » de Marvin Gaye, pour un peu on se serait cru à Detroit.

www.slyjohnson.com

www.myspace.com/slyjohnson

www.parisjazzfestival.fr

mercredi 18 août 2010

Sly Johnson : « 74 »

Au-delà de la musique ce premier album de Sly Johnson raconte un destin, celui du principal intéressé. Jusqu’à 2007, année où ils se sont séparés, Sly (Silvère) était membre du Saïan Supa Crew, sous le pseudonyme de The Mic Buddah, et pratiquait l’art du beatboxing. A l’heure du choix, au moment de s’embarquer dans une carrière solo, Sly s’oriente vers les racines, les galettes soul de l’age d’or (cf. la reprise du « FA FA FA FA FA » d’Otis Redding). Mais cet effort va au-delà du simple hommage respectueux. Avec l’aide de l’arrangeur Larry Gold (Erykah Badu, The Roots) et du producteur Jay Newland (Norah Jones, Ayo) Sly s’approprie, tout en y ajoutant sa touche personnelle, tous les styles : du Philly Sound à base de cordes (« Goodbye Tomorrow »), au son plus funky façon Stax à grand de renfort de cuivres (« Don’t Justify Yourself ») en passant par une petite touche Motown (« Star »). Pendant des années Sly a évolué dans le milieu du rap et il en reste quelques traces dans « Slaave 2 » (avec Slum Village en guest) ou dans les scratchs délicats de « I.S.A.R » et d’« Everybody’s got to learn sometimes ». Seul morceau en français, « 26.06.74 » (la date de naissance de l’artiste), qui clôt et donne son titre à l’album ouvre une nouvelle brèche entre slam (texte autant récité que scandé) et soul. Enfin, mention spéciale à l’excellente batteuse Cindy Blackman (Lucky Peterson, Lenny Kravitz) qui possède un groove typiquement féminin : « Sexy », « Hey Mama » et « Don’t Justify Yourself » en sont de belles preuves. Et si on tenait en Sly Johnson la voix soul masculine qui manquait à la scène française ?

www.myspace.com/slyjohnson

mercredi 26 mai 2010

Sly Johnson : « The June 26th EP »


Sly Johnson, Silvère Johnson de son vrai patronyme, fut autrefois membre du groupe de rap Saïan Supa Crew, sous le pseudonyme de The Mic Buddah. A la séparation du groupe, en 2007, Sly entame alors un retour aux sources jazz et soul que vient valider ce premier EP en solo réalisé avec l’aide du producteur Jay Newland (Norah Jones, Ayo) et l’arrangeur du son Larry Gold, originaire de Philadelphie (The Roots, Erykah Badu). Il est pour l’instant difficile de se faire une idée, trois plages sur les cinq du disque étant des remixes, aux sonorités plus modernes, pas forcément représentatifs de son style. Cependant les deux chansons restantes : « I’m calling you » (en duo avec Ayo) et « Real Motha fo’ya », vraisemblablement présentées dans leurs versions originales, laissent rêveurs : groove classieux et sensible, swing, le charme est contagieux. Ajoutez la voix de Sly, les débuts semblent pour le moins prometteurs… Il ne manque plus qu’un album en bonne et due forme, prévu un peu plus tard dans l’année, pour se faire une opinion plus précise sur cet intriguant Sly Johnson.
www.myspace.com/slyjohnson