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mercredi 26 juillet 2017

The Magpie Salute



Ce premier album part d'une démarche particulière. Avant d'attaquer le premier chapitre d'une nouvelle histoire, Rich Robinson, ancien guitariste des Black Crowes, a décidé de se retourner vers son passé, les chansons qui l'ont marqué ainsi que ses propres compositions au sein de son ancien groupe, les fameux corbeaux d'Atlanta. Il en résulte cet album de reprises, œuvre de la nouvelle formation XXL (dix musiciens) du guitariste qui retrouve ses ex-compagnons de jeu, Marc Ford (guitare) et Sven Pipien (basse) ex-Crowes comme lui. L'ombre des Black Crowes plane donc sur ce nouveau projet d'autant qu'ils reprennent « Wiser Time », « What is home » et « Time will tell » (Bob Marley), déjà reprise par les Crowes en son temps. Projet anachronique, The Magpie Salute demande de la part de l'auditeur un effort d'écoute et d'attention que ce dernier, élevé au streaming, n'est plus guère disposé à consentir. Et c'est regrettable. Car The Magpie Salute remet la jam au centre des débats et ce sur des durées assez longues (entre 7 et 9 minutes en général). Ecouter le disque revient ainsi à assister, ébahi, à un dialogue musical entre instruments où le feeling, l'émotion du moment prends le pas sur la partition au sens strict. C'est ainsi que le groupe réussit à s'approprier le répertoire, la différence est sensible avec les versions originales des Crowes, plus longues et explorant de nouvelles pistes, et distinguant The Magpie Salute du premier cover band venu. L'album peut ainsi sembler anecdotique, un album de reprises de plus, mais c'est aussi, surtout, la première pierre d'un nouvel édifice et la promesse d'un avenir qui s'annonce radieux (un album de matériel original est déjà en chantier). Terminons enfin avec une pensée émue pour l'organiste Eddie Harsch (un autre ex-Black Crowes), décédé en novembre 2016, et qui signe là un formidable adieu musical.

http://themagpiesalute.com/
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https://twitter.com/themagpiesalute


samedi 8 juillet 2017

The Magpie Salute, La Maroquinerie, 7 juillet 2017.



Formation XXL, dix musiciens, dont la particularité est de compter dans ses rangs trois anciens membres des regrettés Black Crowes, The Magpie Salute était de passage hier soir à La Maroquinerie. La nouvelle a en tout cas fait grand bruit, la salle affiche complet, la formidable doublette de guitaristes Marc Ford / Rich Robinson (grande gagnante à l'applaudimètre) est reconstituée ! Les trois ex-Crowes, le bassiste Sven Pipien retrouvant sa place auprès du duo, se sont trouvés de nombreux compagnons, un formidable batteur, Joe Magistro, du swing plein les baguettes, un trio de chanteuses renforçant l'aspect soul du groupe (qui était déjà une composante essentielle des Crowes, remember « Hard to handle »?), un clavier (un peu effacé par moment), et le chanteur John Hogg dont le timbre rappelle légèrement celui de Chris Robinson. Alors évidemment, l'ombre des Black Crowes plane au-dessus de ce nouveau groupe, d'autant que, pour l'heure, le répertoire live présenté ce soir comporte de nombreuses reprises des corbeaux noirs. Mais pour autant, cette image est écornée, car s'il est un cousinage a rechercher pour The Magpie Salute, celui-ci serait plutôt du côté des Allman Brothers ou du, plus récent, Tedeschi Trucks Band. Soit une vision communautaire de la musique (cf. la formation XXL) favorisant les longues jams instrumentales, au mitan de la soul, du blues et du rock n'roll, et les soli de guitares, quitte à laisser les membres « vocaux » au chômage technique (et oui les maracas ça n'occupe qu'un temps !). Le tout sous l'influence des années 60 et 70, la marque de fabrique de ces musiciens depuis toujours. A ce petit jeu, ces musiciens sont des as, chacun trouvant des interstices où se glisser en douceur (mention spéciale au bassiste Sven), la musique devenant un dialogue entre instruments, quitte à laisser parfois le spectateur au bord de la route, pas toujours évident de suivre sans décrocher. Dans ce contexte le batteur Joe impressionne par sa capacité à tenir le swing intact pendant de longues minutes. Ainsi, les nouvelles versions des anciens titres des Crowes ne sont pas identiques mais complémentaires enrichies de nombreux nouveaux passages instrumentaux. Une bien belle soirée, chaude (dans tous les sens du terme) de la part d'un groupe dont on attend avec impatience des compositions originales.