jeudi 23 avril 2026

Emerald Moon : « The Sky’s The Limit »

 


Né, entre autres, sur les cendres du projet United Guitars, une série de compilations rassemblant la fine fleur des guitaristes français dans le but de promouvoir l’instrument, voici venu Emerald Moon, nouveau groupe classic rock. Évidemment, avec un pedigree pareil : Michaal Benjelloun (Gaëlle Buswel ; United Guitars) et Fabrice Dutour (Back Roads ; United Guitars), Emerald Moon fait vibrer la membrane des amplis, multipliant les riffs et autres solis, dans la lignée de Led Zeppelin, soit cette fibre particulière à la fois heavy, psychédélique et blues, voire folk (« Shriking Violet » qui sonne comme un inédit du troisième album de Led Zep). Le chant puissant de Vanessa Di Mauro apporte quant-à-lui un feeling plutôt soul et rentre-dedans qui rappelle plutôt, pour citer un exemple plus récent, Blues Pills (« Devil Woman » titre en forme de clin d’œil au groupe suédois). La section rythmique est composée du bassiste François C. Delacoudre (un autre ex du projet United Guitars) et du batteur Laurent Falso et pratique parfaitement ce groove puissant, façon rouleau compresseur, tantôt ravageur, tantôt compact (« Show me your colours ») fin et raffiné. Vous l’avez certainement compris avec un tel casting Emerald Moon plane très très haut au-dessus de la sphère du rock français. Mais au-delà de la virtuosité affichée par les uns et les autres, le groupe trouve sa note personnelle dans cette volonté de remettre au goût du jour ce son 70s en l’émulant tout en le modernisant. Un classique instantané certes mais à la personnalité bien affirmée et qui vaut bien plus que l’addition de toutes ses influences.

https://www.emeraldmoonmusic.com/

https://www.facebook.com/emeraldmoon69/





mercredi 22 avril 2026

Dirty Sound Magnet, La Maroquinerie, 21 avril 2026.

Le trio suisse, francophone, creuse peu à peu son sillon dans l’Hexagone et, pour leur deuxième passage à Paris seulement, ont l’honneur d’une Maroquinerie pleine à craquer et toute entière conquise d’avance. Un étrange trou de serrure géant et illuminé orne le mur du fond de la salle, derrière la scène, et rappelle le visuel de leur album « Dreaming in Dystopia ». Le groupe impose d’emblée un volume impressionnant le public est chaud bouillant. Derrière la guitare Stavros, aux allures de Cillian Murphy jeune, fait montre d’une chorégraphie étrange, saccadée, et son corps se raidit au fur et à mesure qu’il dévale le manche de sa guitare à une vitesse folle, comme si le musicien entamait un sprint imaginaire avec le regretté Alvin Lee (Ten Years After), lui aussi virtuose d’une célérité peu commune. Comme le disait le guitariste/chanteur, le présent concert est un voyage où le public en a vu de toutes les couleurs (on ne fait pas seulement référence au light show). La musique du trio tient sur un équilibre fragile entre puissance sonore, divagations sonores planantes progressives, influences orientales ou africaines et blues (des Alpes comme le précise Stavros!) Quelque-part entre Led Zeppelin pour le hard-rock blues psychédélique et Jimi Hendrix pour les coups de wha-wha bien sentis. Chaque musicien à droit à son solo et il faut savoir gré au trio de remettre à l’honneur les solos de basse (Marco Mottolini) et de batterie (Maxime Cosandey, déjà une petite star sur la place de Paris). Les deux heures de concert ont laissées le public exsangue. On espère les revoir très vite et nous attendons la suite de leurs aventures avec impatience.

https://dirtysoundmagnet.com/

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mardi 21 avril 2026

B.R.E.T.O.N.S : « D.A.O.U »

 


Le collectif (14 musiciens crédités sur l’album!) breton hausse le ton et le prouve en attaquant son deuxième disque avec une reprise, aussi musclée que l’originale, du « Shipping Up To Boston » des Dropkick Murphys, voilà qui commence fort ! Le reste de l’album se révèle à peine moins punk, mais toujours aussi rock (« An Holl A Gevret »), les guitares saturées contrastant avec les cornemuses, bombardes et autres samples pour la note moderne. Mais surtout l’album vise large, au-delà de son pré-carré celte, incluant plusieurs passages plus rappés que chantés. Le choix des reprises (3 au total sur l’album), élargit également le périmètre, du « Sally MacLennane » des Pogues au « Brest » de Miossec, dans un grand mouvement d’unification celte de l’Irlande à la Bretagne en passant par l’Ecosse ; chanté en anglais, français et langue bretonne. Engagé (« Jamais Assez » ; « Penn Sardin ») survolté et saturé d’électricité !

En concert le 25/04 au Café de la Danse.

https://bretons-legroupe.com/

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lundi 20 avril 2026

Natacha Tertone : « La Patience n’existe pas »

 


La patience n’existe pas, nous affirme Natacha Tertone et s’il y a bien une artiste qui peut nous parler de patience c’est bien Natacha qui a attendu 26 ans pour sortir son deuxième album. Il s’en est, en effet, passé bien des choses depuis l’an 2000 qui avait vu apparaître la comète Natacha Tertone et son album « Le Grand Déballage ». Mais que s’est-il passé ? La question sous-tend la totalité du disque, comme un fil invisible reliant les chansons les unes aux autres (« Ne jamais dire jamais » ; « L’attente » ; « La Patience » ; « Laisse » ; « La Valse de 25 ans »). Au milieu de tout ça se trouve « Quand tu fais le mort » seul titre rescapé de ce qui aurait dû être le deuxième album de Natacha, en 2001, et dont l’enregistrement est resté inachevé. Ainsi le temps qui passe, la résilience, les opportunités, perdues ou miraculeuses, sont les thèmes au cœur de ce nouveau disque. Les chansons sont comme autant de polaroids décrivant, en creux, le portrait, émouvant forcément, de l’artiste et de ses doutes et questionnements. Sur le plan musical, le présent album marque une évolution significative de l’artiste qui n’a pas oublié en cours de route les guitares du premier album (« Ne Jamais dire jamais » ; « 1 2 3 Soleil » une autre réflexion sur le temps) mais trouve une note bien particulière dans ce curieux mélange de synthwave dark (« Là »), de groove (la batterie de l’excellent Bruno Mathieu) et de chansons électro. Un disque aussi touchant qu’émouvant.

En concert le 21 avril au Zèbre de Belleville








dimanche 19 avril 2026

Emma Sand Group + The Reed Conservation Society, QG Oberkampf, 16 avril 2026.



C’est une superbe affiche réunie en ce jeudi soir, au Quartier Général Oberkampf, un bar disposant d’une scène curieusement coupée en deux par un poteau fort mal placé.

On débute nos retrouvailles avec The Reed Conservation Society en quatuor qui commence son set avec quatre nouvelles chansons, issues d’un nouvel album à sortir ce printemps. Quatre titres absolument magnifiques ! Renouant avec le chant en anglais le quatuor retrouve la quintessence de sa musique entre folk britannique et pop californienne ensoleillée. Dans ce contexte la trompette assurée par Mathieu (quand il n’est pas à la guitare, assez souvent agrémentée d’une pédale wha-wha) s’avère fondamentale et un atout de choix pour créer ce feeling propre au groupe, cet écrin soyeux qui le caractérise. On note également l’apparition d’un clavier qui permet également d’épaissir le propos pop du groupe. Le début de fièvre n’a pas altéré, ou si peu, le chant, émouvant, de Stéphane ni son jeu de guitare acoustique, incarnant l’aspect folk de la formation, raffiné et délicat. La section rythmique est aussi au sommet et la souplesse du batteur apporte à la fois du groove mais aussi de la puissance, si nécessaire, pour établir ce fragile équilibre de la musique entre folk, pop et rock. La prestation du soir a un goût de trop peu et donne envie d’écouter la nouvel épisode de leurs aventures. Vivement la suite !

https://www.facebook.com/TRCSfrenchband


Nous poursuivons la soirée avec un autre précieux quatuor de notre paysage musicale, beaucoup plus rock et électrique dans ses intentions, celui menée par la chanteuse Emma Sand. Ce groupe a ceci de fabuleux qu’il révèle, au fil du temps, des nuances, des aplats et des déliés, une finesse dans l’approche musicale que l’on ne perçoit pas vraiment au premier abord, emporté par la tornade de Frank, son formidable guitariste. Le quatuor sait bastonner si nécessaire, tout en détournant les codes du folk et du blues qui ont probablement du les nourrir quelque part au long du chemin, pour faire sien ce paysage d’americana et lui apporter une touche personnelle et française unique (même si le chant est en anglais). La section rythmique est solide, le chant est ample et expressif, la guitare est souple, déborde de feeling et découvre des émotions insoupçonnées dans tous les recoins du manche. La formation profite de l’occasion pour dévoiler quelques nouveaux titres et invite Mathieu à l’accompagner à la trompette le temps d’une reprise de « Ring of Fire » de Johnny Cash. Ce fut un excellent moment !

https://www.facebook.com/EmmaSandBand/

https://emmasand.bandcamp.com/


vendredi 17 avril 2026

Ramon Pipin Band, Le Café de la Danse, 11 avril 2026.

C’est dans son antre habituel, la salle du Café de la Danse (récemment endeuillée par la perte de son propriétaire, le bienveillant et regretté Loic Berrouk) que Ramon Pipin, entouré de son groupe enrichi, que Ramon Pipin a retrouvé la scène. A la suite de la sortie de son nouvel effort, le concert se déroule également en deux parties, la première, colorée, consacrée à son répertoire humoristique (les oreilles d’Indochine ont du siffler) où contrepèteries, blaguounettes ou jeux de mots se succèdent, dont ses fameux « twongs » (contraction de tweet et de song), sorte de haïkus humoristique (le meilleur : « Tu fais toujours des salades pour savoir si je suis fidèle mais laitue »!) Mais s’il y a bien un sujet sur lequel Ramon n’est pas un rigolo, c’est bien la musique! Entouré par un groupe top (dont le fabuleux guitariste Brice Delage ou la merveilleuse chanteuse/guitariste folk Inès Damaris et son acolyte Audrey aux chœurs, impossible de les citer tous, désolé) enrichi d’un quatuor à cordes et d’une section de cuivres, les petits plats sont mis dans les grands pour faire rayonner le répertoire de Ramon, lui-même assez varié entre riffs de guitare énormes, dans la lignée de ses idoles les Rolling Stones, et électronique vintage. En deuxième partie, le ton se veut plus grave, sérieux, sans pour autant se départir de sa bonne humeur. L’émotion, palpable, s’invite sur scène le temps d’un « Dans le tiroir du bas » en duo avec Inès ou la très personnelle « Pitchipoi » en duo avec Sarah. Une très bonne soirée.

https://www.ramonpipin.fr/


samedi 11 avril 2026

Great Lake Swimmers le 12 mai au Supersonic Records

 


Le magnifique groupe folk canadien sera au Supersonic Records le 12 mai prochain au Supersonic Records !

BILLETERIE




Rodney Crowell le 30 avril au Café de la Danse

 


Attention événement ! Le vénérable Rodney Crowell, foulera, pour la première fois de sa carrière, le sol français ! Ca se passera le 30 avril au Café de la Danse et vous pourrez dire : "J'y étais" !

BILLETERIE




vendredi 10 avril 2026

The Celtic Social Club : « You Should Know »

 


Et dire que tout a débuté comme un projet éphémère, une création, pour participer au festival des Vieilles Charrues ! Dix ans plus tard, le Celtic Social Club est toujours actif après maintes et maintes péripéties et de nombreux changements de chanteurs. D’ailleurs, c’est un nouveau venu, l’Irlandais Taylor Byrne (venu de Dublin) qui tient le micro sur ce cinquième effort. Cinquième album donc pour le groupe qui s’ouvre à de nouveaux horizons. C’est sur la recommandation de leur producteur, l’Anglais Nick Davis, que le groupe s’est lancé dans cet enregistrement sans filet de protection. En prise directe, tous ensemble dans le studio, à l’ancienne. Il en résulte un album brut, s’éloignant parfois du carcan du rock celtique pour se rapprocher des sonorités indés (« I Know who you are » ; « I will go » ; « Never get enough ») tout en restant fidèle à ces dernières («Yes, I am ») mais avec une approche abstraite et éthérée (la très curieuse « Imbolc »). The Celtic Social Club incarne une sorte d’incongruité sur la scène française, étant le plus british des groupes hexagonaux. Ce nouvel album nous donne à écouter un folk/rock (« Winter’s nearly done »), brut et puissant, d’excellente facture mais ça, you should know, vous devriez le savoir !

https://www.celticsocialclub.com/

https://www.facebook.com/the.celtic.social.club/





lundi 6 avril 2026

Cecil L. Recchia : « Sings Django Reinhardt »

 


Lorsqu’on l’interrogeait sur la question, Stéphane Grappelli, le grand violoniste, avait coutume de répondre : « La musique de Django : un jazz sans tambour ni trompette ». Lorsqu’il s’est agît pour Cecil L. Recchia de rendre hommage au corpus de Django Reinhardt, la chanteuse a décidé de faire exactement l’inverse, c’est à dire un album avec (en autres), tambour (comprendre batterie) et trompette (cf. la sublime « Mabel »). On peut également y entendre de la contrebasse et du piano et, surtout, la voix de Cecil qui porte sa patte sur ce répertoire en signant l’intégralité des textes. C’est une démarche plutôt maline de la part des musiciens qui permet de réinventer totalement la musique de Django en y insufflant un dose de blues (« Are you in the mood ? »), de hard bop (« Mabel » ; "Vette") ou un soupçon de swing New Orleans (« Blue Drag »). Sans la moindre note de guitare (ni de violon), le lien avec Django Reinhardt apparaît plus que ténu. Tant mieux ! Nul n’a besoin de relecture à l’identique, les multiples rééditions permettent de se replonger, avec délice, dans le jazz manouche du guitariste. Le présent album se présente plutôt en complément du répertoire original. Une démarche à la fois judicieuse, charmante et réussie.

Www.cecilrecchia.com

https://www.facebook.com/cecil.l.recchia/





samedi 4 avril 2026

Margaux Simone & The Guardians : « Avant que la nuit »

 


A défaut d’enregistrer en Californie, Margaux Simone a fantasmé l’état américain dans son sud natal, sa « Californie Provençale » selon ses propres termes. Et il n’y a pas que sur la pochette (sublime soit dit en passant) que le soleil brille ! Sans aucun effet superfétatoire, produit sans artifice et en gardant le son le plus naturel possible, Margaux et son groupe nous propose un album lumineux en toute circonstance même lorsque les thèmes abordés se révèlent plutôt grave. De sa voix douce et aérienne, planant en apesanteur au-dessus des mélodies, Margaux construit un pont imaginaire au-dessus de l’Atlantique (cf. la coloration western de « Ah l’amour ! Ah l’amour ! » ; celle rock’n’roll de « Qui a tué Norma Jean ? ») tout en chantant en français. De la pop bon teint (« Pleurer les filles ») à la chanson psychédélique (« De drôles d’oiseaux » ; « La vie je t’attends ») l’album navigue sur une ligne de crête où la luminosité des mélodies contraste avec la mélancolie palpable des textes. Ornée d’une charmante enluminure seventies qu’elle se charge de moderniser, voire de trahir ("Lolita Express" plutôt 80s), l’album séduit d’un bout à l’autre jusqu’à la reprise, particulièrement émouvante, de « Mr Bojangles » qui le ponctue.

En concert le 25/04 à la Dame de Canton.

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vendredi 3 avril 2026

Ramon Pipin : « C’est mieux qui si c’était pire »

 


Du haut de son expérience, une carrière débutée dans les années 1970 au sein d’Au Bonheur des Dames, Ramon Pipin n’a toujours pas perdu la foi dans la musique. Son nouvel album, le dix-huitième soit dit en passant, se révèle particulièrement ambitieux et se présente sous la forme d’un double EP. Deux disques, deux ambiances. « C’est mieux que si c’était pire », sept titres dans une veine plutôt enjouée où Ramon montre son savoir-faire en matière de rock humoristique, il est, en effet, l’un d’un rare à ne pas être ridicule en la matière (« Les Chiffons » seule chanson au monde consacrée aux chiffons). Le deuxième EP, « C’est pire que si c’était mieux » représente la face sombre de l’artiste, neuf plages où le ton se veux plus sérieux, voire grave (cf. « Mort devant la télé »). Musicalement, conformément à ses habitudes, Ramon Pipin vise large en faisant appel à un large panel d’instruments divers (harpe, cordes, synthés vintages divers, le Solina notamment) tout en restant fidèle à ses marottes habituelles (cf. le riff Stonien de « Est-ce que tu sais ? »). Enfin, de cette large collection de chansons, un titre émerge, émouvant au possible, « Pitchipoï » en duo avec Sarah. Le titre mérite que l’on s’y arrête une seconde et appelle quelques explications. Née dans le camp de Drancy, parmi les enfants déportés, l’expression « Pitchipoï » (le trou du cul du monde en yiddish) désigne un endroit mystérieux et effrayant soit, vous l’aurez certainement compris, le camp d’Auschwitz où finiront tant de déportés dans les conditions abominables que l’on sait. A l’heure où l’antisémitisme devient, toute honte bue, « tendance », grâce soit rendue à Ramon de ne pas oublier les heures sombres de l’Histoire et de faire honneur, avec autant de talent que de délicatesse, au devoir de mémoire.

En concert le 11 avril au Café de la Danse.

https://www.ramonpipin.fr/

https://ramonpipin.bandcamp.com/album/cest-mieux-que-si-c-tait-pire-cest-pire-que-si-c-tait-mieux

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