Après bien des
tourments (cf. « Run through the storm »), le nouvel et
troisième effort de Pamela Hute est disponible dans le bacs. Quatre
ans après « Bandits », un excellent disque incompris qui
s'est soldé par un douloureux échec commercial, « Highline »
sonne comme un renouveau et sort sur le propre label, My Dear
Recordings, monté par l'artiste. Une fois de plus, le salut est venu
d'outre-Atlantique et, après John Agnello appelé à la rescousse
pour sauver le disque précédent, c'est le producteur Jay Pellicci
(Sleater Kiney, Avi Buffalo) qui a enregistré l'album dans une
maison du sud de la France. Accompagnée dans cette aventure par un
nouveau line-up (une basse, une deuxième guitare) Pamela voit
s'ouvrir de nouveaux horizons, acoustiques (« All I say », "Stick Around")
et pop (« Summer of 75 »), les guitares, toujours une
composante essentielle de sa musique, d'autant plus que les claviers
ont presque complètement disparus, sont canalisées, moins tranchantes que par le passé
(encore que « Getting old »), accompagnent le mouvement
(« Fool you », « Hectic dream ») de
compositions minimalistes (« I Know »). Ce nouvel effort
baigne dans une étrange atmosphère, mélancolique (« Gunshot »,
« Run through the storm ») mais pourtant lumineuse
(« Summer of 75 », « Nothing to see »). Un
peu à l'image de l'artiste, passée à deux doigts de raccrocher
définitivement sa guitare, ce nouvel album refuse de céder et tient
bon la barre. Écoutez-le !
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jeudi 9 mars 2017
jeudi 28 février 2013
Pamela Hute : « Bandit »
Enfin, c’est le premier mot qui vient à l’esprit alors que
l’on tient entre nos mains le deuxième album de Pamela Hute. Maintes fois
réenregistré, remixé, repoussé, c’est au terme d’une arlésienne digne de la
grande histoire des chefs d’œuvres en péril du rock que sort
« enfin » ce tant attendu deuxième album, quasiment un an après que
certains extraits en ait été dévoilés sur l’ep « Bandit » du même nom. Dans l’intervalle les bandes sont passées entre les mains de John Agnello,
fameux ingénieur du son au CV long comme le bras (Sonic Youth, Dinosaur Jr
etc…). Une pointure. Et un choix plutôt judicieux tant ce dernier a su apporter
une nouvelle dynamique aux compositions que l’on découvre sous un jour nouveau.
Toujours en trio (Igor aux claviers, le métronome Ernest à la batterie) Pamela
continue d’approfondir son univers en balance entre les guitares vintages
qu’elle affectionne tant et les claviers apportant un note plus 80s dans les
arrangements (« Mad Words », « The Radio », « Running
away »). Petit à petit, l’univers de Pamela évolue et cette dernière
délaisse un peu les ambiances atmosphériques du premier disque (encore que « Game plan »…) au profit d’une
approche plus directe, pop et accrocheuse à base de riffs de guitare quasiment
garage (ah « Lovely », « Vectorial Boy »…). Plus clinquante
aussi dans le bon sens du terme. Un bien bel album, ça valait le coup
d’attendre.
mercredi 11 avril 2012
Pamela Hute : "Just like this"
En attendant son nouvel album, "Bandit", prévu pour le 27 août prochain, voici la nouvelle vidéo de Pamela Hute : "Just like this".
vendredi 24 février 2012
Pamela Hute : « Bandit EP »
En attendant son deuxième effort, Pamela Hute nous offre en
guise d’apéritif un tout nouvel EP, « Bandit », composé de cinq
titres. Ces nouvelles compositions, dans la droite lignée de son premier album,
nous dévoilent une compositrice dont l’inspiration ne tarit pas. On retrouve
donc ce mélange fait de guitares vintages et de synthés. Ces nouvelles chansons
vont de la pop un peu typée 80s « The radio » voire new wave
« Mad Words » avec des contrepoints rocks à haute teneur en guitares,
« Vectorial Boy » qui rappelle le « My dear » des premières
années. « Just like this » avec son intro au piano dévoile une
facette plus mélancolique et forcément très attachante. Une nouvelle mini
livraison qui passe trop vite, vivement la suite…
dimanche 12 février 2012
Pamela Hute + Lussi in the sky + Ales Rock, Le divan du monde, 9 février 2012.
La soirée commence avec Ales Rock. Ales propose un hybride
rock/funk assez efficace qui rappelle par moment Rage Against The Machine en
plus groove. Le groupe bénéficie grandement de la présence de cuivres qui
apportent une note funky contrebalançant la dureté des guitares. Ales a un jeu
de scène assez spectaculaire, les chorégraphies sont inspirées à la fois du
kung fu et de la boxe et le chanteur dessine de grandes arabesques à l’aide de
ses cheveux, qu’il porte très longs. Les textes, en français, chanté par Ales
sont empreints d’humanisme et on sent un véritable empathie du chanteur pour le
public (la jeune fille en marinière au premier rang pourra en parler). En
résumé, puissance sonore, groove et plein de bonnes vibes pour cette soirée qui
débute de la meilleure des façons.
C’est ensuite une petite tornade qui déboule sur scène en la
personne de Lussi in the sky dont votre serviteur avait chroniqué le premier EP
l’an dernier (voir ici). Accompagnée par deux musiciens, Lussi s’amuse avec
différentes formules (guitare/basse/batterie ; guitare/batterie ;
batterie/claviers) qu’elle décline à l’envie sur scène. Une chose ne change pas
cependant, son énergie communicative. La musique de Lussi est résolument pop
avec des arrangements allant du rock à l’électro, créant ainsi une sorte de
pont entre passé et futur. Le set se termine avec sa reprise de « Whole
lotta love », rien ne vaut une bonne vieille reprise d’un classique pour
s’attirer les vivas de la foule qui hurle dès les premières notes du célèbre
riff. Excellente reprise cependant mettant en valeur l’élasticité vocale de la
chanteuse et la scansion démentielle du batteur.
En matière de batteur, Pamela Hute, de retour sur les
planches après une année 2011 consacrée à l’enregistrement de son deuxième
album, en a un excellent en la personne d’Ernest qui drive l’ensemble d’une
main de maître mettant la pédale douce sur la puissance brute pour privilégier
le feeling. Une bonne petite force de frappe cependant et un excellent soutien.
Derrière ses claviers Igor assure les lignes de basses et ses sonorités parfois
étonnantes apportent une touche futuriste à la musique de Pamela par ailleurs
très portée sur les guitares vintage. L’ensemble produit un son assez étonnant
et que l’on entend assez peu souvent dans le rock parfaitement équilibré entre
énergie et compositions plus atmosphériques. Beaucoup de nouvelles compositions
furent jouées, notamment le dernier single « Radio » à fort potentiel
tubesque. On a eu le plaisir de réentendre certains « vieux »
morceaux comme « Pink Safari », « Umbrella »,
« Hysterical » qui tiennent toujours aussi bien la route. Le concert
va crescendo et se termine avec une véritable explosion de guitares avec
l’enchaînement « My dear » / « Lovely ». Ce dernier titre
donnant envie de découvrir enfin ce deuxième disque qui comme l’a promis Pam
devrait sortir « un jour ». Espérons que l’attente ne sera pas trop
longue…
Libellés :
Ales Rock,
Lussi In The Sky,
Pamela Hute
dimanche 2 mai 2010
Pamela Hute : « Turtle tales from overseas »

Voilà une bonne nouvelle dans le paysage rock hexagonal, l’album de Pamela Hute « Turtle tales form overseas » va bénéficier d’une sortie officielle. Album bien différent de la version « ghost » sortie l’année dernière et vendue par l’artiste sur son site internet. Pour la partie graphique : nouvelle pochette, nouveau livret et un packaging plus classique. Le disque a également été remixé et c’est un bonheur : le son claque, le travail des musiciens (Igor aux claviers, Ernest à la batterie et Pamela aux guitares) est bien mis en valeur. Les guitares sont tranchantes, la batterie pulse, les claviers apportent une touche à la fois angoissante (l’intro d’ « Hysterical ») et atmosphérique (« Pink Safari »). Le track listing a également été repensé. Réduit à douze titres, condensé en 35 minutes, l’album gagne en efficacité. Intense du début à la fin sans aucun temps mort. Avec une alternance bien pensée entre les chansons très rock « My Dear », « Umbrella » et morceaux plus intimes « Pink Safari », « Parachute », « Friend ». Enfin trois nouveaux titres ont été enregistré pour l’occasion : « Parachute » (nouveaux arrangements très swing avec tuba et trompette), « Chocolate Soup » et « Tell me more », seul véritable inédit (à ma connaissance). A l’écoute de l’album le potentiel « tubesque » de l’affaire est indéniable. Tous les titres sont des hymnes power pop en puissance, il ne manque que des programmateurs radio avec un minimum de jugeotte pour faire enfin décoller Pam et ses acolytes auprès du grand public. De la belle ouvrage…
http://www.pamelahute.com/
dimanche 14 juin 2009
Pamela Hute : Turtle tales from overseas


Enfin le voici, l’évènement tant attendu, le premier album de Pamela Hute et de son groupe. Bien qu’entendues depuis plusieurs années en concert, l’écoute des treize plages composant l’album comprend son lot de surprises. Sur disque, contrairement à ce qui se passe en live, la musique de Pamela prend une ampleur un peu « spatiale », on pourrait parler de space rock si le terme n’était pas galvaudé, minimaliste et hypnotique sur les trois premiers titres « Friend », « Tie » et « Umbrella ». Les synthés d’Igor y sont pour beaucoup, Ernest compte chaque coup de caisse claire, délivré au compte-gouttes, mais avec précision et efficacité. L’entrée en matière est parfaite et le voyage peut commencer. A partir du quatrième morceau, « Umbrella » on retrouve la Pamela Hute des concerts « power pop », les guitares sont tranchantes, hachées menues, le son est énorme, on sent la puissance des guitares « vintage » dont Pamela raffole avec gourmandise. La voix est également traitée avec soin et le chant sur « You made me lady » est magique et irréel. Dans ses meilleurs moments, « The Story ends » ; « Pink Safari » l’album dégage une émotion à fleur de peau. Ce disque donne également l’opportunité à Pamela de revisiter son propre répertoire et donne de nouvelles versions d’anciens titres déjà parus en single ou en maxi, « My Dear » prend ici une nouvelle ampleur plus longue, un peu moins percutante mais beaucoup plus touchante. L’album est livré dans un packaging digipack assez original, recherché et la pochette rappelle celle du « Unknown Pleasures » de Joy Division. La livrée est plutôt classe et sobre. Maintenant, conseil d’ami, précipitez-vous ! En effet, la signature avec le nouveau label Guess What!, intervenue un peu par surprise, change, mais dans le bon sens du terme, l’avenir de ce disque qui ne sortira pas dans le commerce comme prévu mais qui est disponible uniquement sur le site internet de l’artiste (livré avec des goodies) et aux concerts. Cette version « ghost » est destinée à devenir collector et il n’y en aura pas pour tout le monde ! Enfin pour finir un dernier conseil, écoutez bien le cd dans son intégralité, ce n’est pas par ce que vous êtes arrivé au terme des treize plages que vous êtes au bout de vos surprises…
http://www.pamelahute.com/
www.myspace.com/pamelahute
mercredi 25 mars 2009
Pamela Hute + My Lullaby, La Flèche d’Or, 24 mars 2009.


C’est avec une émotion particulière que l’on retourne à la Flèche d’Or ce soir. Emotion particulière depuis que l’on a appris la fermeture du lieu, consécutive au rachat de ce dernier par un nouveau propriétaire qui souhaite arrêter toute activité musicale, eu égard aux nombreuses plaintes du voisinage à propos des nuisances sonores. La Flèche d’Or doit cesser les concerts fin avril, mais aux dernières nouvelles, on aurait un sursis jusqu’à juin. Quoiqu’il en soit, il est probable qu’il s’agisse de ma dernière visite. L’endroit est atypique, il s’agit de l’ancienne gare de Charonne, et incontestablement à une âme. Pour Pamela et son groupe, c’est assez émouvant également puisque jusqu’ici sa carrière a été rythmée au fil des différents passages à la Flèche, tout premier concert sur cette même scène le 4 février 2006 et tout premier concert en power trio en 2007. Alors qu’elle s’apprête à franchir une nouvelle étape, avec la sortie du premier album le 25 mai prochain, Pamela se produit, certainement, pour la dernière fois ici.

Donc, forcément, ce concert prend une résonance particulière. Ceci dit l’efficacité est toujours au rendez-vous. Après quelques nouveaux morceaux, on se retrouve en terrain connu avec des titres plus anciens : « Don’t help me », « Pink Safari », « My Dear », « Chocolate soup ». Les musiciens sont en grande forme, et Pamela parle au public plus qu’à l’accoutumée. Excellent concert, mais un peu court, une grosse demi-heure, comme d’habitude ici, pour se mettre totalement dans l’ambiance. Beau succès cependant à l’applaudimètre.
Vint ensuite les rennais de My Lullaby, amputés ce soir de deux membres, en quatuor. Belle découverte que ce groupe entre dream-pop et rock. Les libellules utilisent tout un attirail : shakers, mini-moog, pads électroniques pour bâtir un labyrinthe rêveur dans laquelle il fait bon se perdre. Avant de réduire en miettes tout l’édifice à grands coups de guitares. Malheureusement, le groupe (tout comme Pamela) n’est pas vraiment aidé par le son, assez brouillon toute la soirée.
Enfin bon, alors que la soirée s’achève, on se retourne une dernière fois vers la Flèche d’Or, ses toilettes, assez rock n’roll, les âmes sensibles feraient mieux de ne pas avoir d’envie pressante car il faut avoir le cœur bien accroché pour faire pipi là-bas. C’est sûr, ça va me manquer, la Flèche d’Or, c’était vachement bien…
www.myspace.com/ourlullaby
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La Flèche d'Or,
My Lullaby,
Pamela Hute
dimanche 11 janvier 2009
Karl Bang + Misty Socks + Pamela Hute l'international, 10 janvier 2009.
Mes partenaires dans le crime habituels ayant déclarés forfait, décimés par le froid, c’est donc seul et le bonnet vissé sur le crâne que j’ai du affronter les -5 °C de rigueur cet hiver pour rejoindre l’international, un nouveau bar qui vient de s’ouvrir du côté de Ménilmontant, ou avait lieu ce premier concert de la saison 2009. Et franchement, je n’ai pas eu à le regretter car on a passé une chouette soirée rock, idéale pour se réchauffer…
Et ce fut donc le duo Karl Bang qui a eu l’honneur d’écrire le premier chapitre de cette nouvelle histoire. Duo new-wave, guitare et synthé vintage, Karl Bang, nous a fait voyager dans le temps, retrouvant le son des années 80. Leur musique est plutôt synthétique mais une guitare assez tranchante se charge de contrebalancer tout ça. Ils ont fait un tabac avec leur titre « I’ve killed disco », une résolution de bon aloi pour cette nouvelle année.
Vint ensuite la grande révélation du soir, le choc même, avec le trio angevin Misty Socks. Ayant déjà eu la chance d’écouter leur démo de quatre titres, que j’avais beaucoup aimé, j’étais assez impatient de les découvrir sur scène. Grosse surprise, c’est une bande de gamins, âgés d’à peine 19 ans. Petit calcul rapide 2009-19 = 1990 ; conclusion, ils étaient encore bébés quand Nirvana a sorti l’album Nevermind (en 1991) ! Et oui, je sais, il y a des évidences comme ça, qui font mal ! Cependant, la valeur n’attend pas le nombre des années et les chaussettes d’Angers ont assurés comme des vrais pros. Trio rock (basse, guitare, batterie), les Misty Socks jouent une musique simple mais oh combien efficace s’appuyant sur des riffs de guitare immédiatement mémorisables, de véritables hooks mélodiques. C’est frais, juvénile, entraînant en gros c’est ce pourquoi on aime le rock n’roll. Ca me rappelle un peu la scène noise/grunge des années 90 ; la bassiste et le guitariste ont de belles voix qui se marient avec bonheur ce qui ne gâche rien à l’affaire. C’est une bande de gosse qui s’amuse, prend du plaisir à jouer ensemble, ça se voit (le guitariste a un jeu de jambes assez expansif) et du coup le public apprécie, bonne ovation largement méritée.
La soirée était alors bien entamée, sur de bons rails, quand j’ai retrouvé ma chère Pamela Hute que j’avais un peu perdu de vue ces derniers temps. L’avantage, ne l’ayant pas vu depuis longtemps, c’est que j’ai pris d’autant plus de plaisir à les retrouver. La set list a beaucoup évolué depuis la dernière fois et il y a pas mal de chansons que je ne connaissais pas. Cependant, quelques traditions n’ont pas bougé : Pam a une nouvelle guitare fender vintage (cachottière, je suis jaloux !) et « Identical » ouvre toujours le set. Il est amusant de constater que la musique de Pamela évolue avec le temps « Identical » (déjà présente sur la première démo de la miss en 2005) et « My Dear » ont de nouveaux arrangements assez éloignés des versions originales. Une autre nouveauté le batteur Ernest a allégé son kit et n’utilise plus qu’une caisse claire, une grosse caisse, un tome basse, la charley et une cymbale crash. Dernier détail : la grosse caisse est désormais ornée d’un mini-Elvis en plastique qui jouera un rôle crucial lors de la soirée (on y reviendra plus tard). Ernest joue également beaucoup plus en rim-shot, utilisant le rebord en métal de la caisse claire, obtenant un son à la Strokes. Le groupe a maintenant bien trouvé ses marques en trio et Igor remplace bien la basse aux claviers. Tout cela est de bonne augure et m’a ouvert l’appétit, je suis dorénavant très impatient de découvrir le premier album de Pamela, encore un peu de patience, l’enregistrement est terminé. Il me semble que le trio est bien installé et a un public fidèle qui a beaucoup apprécié leur concert et n’hésite pas à claquer des doigts en rythme sur « Parachute ». Et c’est sur ces entrefaites que c’est produit ce qu’il convient d’appeler « l’affaire Elvis ». Le coupable s’appelle Ernest (le batteur) et s’est emparé de son Elvis en plastique, laquelle miniature a une forme de crucifix, et a commencé, tel un prédicateur rock, a bénir la foule en sermonnant dans son micro : « The King is alive, The King is alive »… C’était assez drôle et comme en plus mes chansons préférées « parachute » et « my dear » ont été jouées, c’était une soirée parfaite.
Et ce fut donc le duo Karl Bang qui a eu l’honneur d’écrire le premier chapitre de cette nouvelle histoire. Duo new-wave, guitare et synthé vintage, Karl Bang, nous a fait voyager dans le temps, retrouvant le son des années 80. Leur musique est plutôt synthétique mais une guitare assez tranchante se charge de contrebalancer tout ça. Ils ont fait un tabac avec leur titre « I’ve killed disco », une résolution de bon aloi pour cette nouvelle année.
Vint ensuite la grande révélation du soir, le choc même, avec le trio angevin Misty Socks. Ayant déjà eu la chance d’écouter leur démo de quatre titres, que j’avais beaucoup aimé, j’étais assez impatient de les découvrir sur scène. Grosse surprise, c’est une bande de gamins, âgés d’à peine 19 ans. Petit calcul rapide 2009-19 = 1990 ; conclusion, ils étaient encore bébés quand Nirvana a sorti l’album Nevermind (en 1991) ! Et oui, je sais, il y a des évidences comme ça, qui font mal ! Cependant, la valeur n’attend pas le nombre des années et les chaussettes d’Angers ont assurés comme des vrais pros. Trio rock (basse, guitare, batterie), les Misty Socks jouent une musique simple mais oh combien efficace s’appuyant sur des riffs de guitare immédiatement mémorisables, de véritables hooks mélodiques. C’est frais, juvénile, entraînant en gros c’est ce pourquoi on aime le rock n’roll. Ca me rappelle un peu la scène noise/grunge des années 90 ; la bassiste et le guitariste ont de belles voix qui se marient avec bonheur ce qui ne gâche rien à l’affaire. C’est une bande de gosse qui s’amuse, prend du plaisir à jouer ensemble, ça se voit (le guitariste a un jeu de jambes assez expansif) et du coup le public apprécie, bonne ovation largement méritée.
La soirée était alors bien entamée, sur de bons rails, quand j’ai retrouvé ma chère Pamela Hute que j’avais un peu perdu de vue ces derniers temps. L’avantage, ne l’ayant pas vu depuis longtemps, c’est que j’ai pris d’autant plus de plaisir à les retrouver. La set list a beaucoup évolué depuis la dernière fois et il y a pas mal de chansons que je ne connaissais pas. Cependant, quelques traditions n’ont pas bougé : Pam a une nouvelle guitare fender vintage (cachottière, je suis jaloux !) et « Identical » ouvre toujours le set. Il est amusant de constater que la musique de Pamela évolue avec le temps « Identical » (déjà présente sur la première démo de la miss en 2005) et « My Dear » ont de nouveaux arrangements assez éloignés des versions originales. Une autre nouveauté le batteur Ernest a allégé son kit et n’utilise plus qu’une caisse claire, une grosse caisse, un tome basse, la charley et une cymbale crash. Dernier détail : la grosse caisse est désormais ornée d’un mini-Elvis en plastique qui jouera un rôle crucial lors de la soirée (on y reviendra plus tard). Ernest joue également beaucoup plus en rim-shot, utilisant le rebord en métal de la caisse claire, obtenant un son à la Strokes. Le groupe a maintenant bien trouvé ses marques en trio et Igor remplace bien la basse aux claviers. Tout cela est de bonne augure et m’a ouvert l’appétit, je suis dorénavant très impatient de découvrir le premier album de Pamela, encore un peu de patience, l’enregistrement est terminé. Il me semble que le trio est bien installé et a un public fidèle qui a beaucoup apprécié leur concert et n’hésite pas à claquer des doigts en rythme sur « Parachute ». Et c’est sur ces entrefaites que c’est produit ce qu’il convient d’appeler « l’affaire Elvis ». Le coupable s’appelle Ernest (le batteur) et s’est emparé de son Elvis en plastique, laquelle miniature a une forme de crucifix, et a commencé, tel un prédicateur rock, a bénir la foule en sermonnant dans son micro : « The King is alive, The King is alive »… C’était assez drôle et comme en plus mes chansons préférées « parachute » et « my dear » ont été jouées, c’était une soirée parfaite.
Et maintenant voici le premier clip de Pamela Hute "Hysterical" qui va bientôt entrer en rotation sur la playlist de MTV PULSE.
PAMELA HUTE - Hysterical (Official)
envoyé par pamelahute
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jeudi 5 juin 2008
Can’t you hear me knocking ?
Avant de partir en vacances (bien méritées), je vous ai préparé une playlist, à mon humble avis, aux petits oignons ! En tout cas, voici les MP3 de mes vacances. Can’t you hear knocking on your window ?
1) Jill Scott : The Way (live)
Extrait de la bande originale du film/concert/documentaire Block Party (à voir d’urgence si ce n’est pas déjà fait) voici une version live du tube « The Way » de Jill Scott, à mon avis encore meilleure que celle figurant sur le récent album live de la miss. Jill Scott nous pose içi LA question : « Is this the way you love me, Baby ? ». Est c’est comme ça que tu m’aimes, Bébé ? Et je connais plus d’une fille, pas spécialement heureuses en la matière, qui se posent cette question quotidiennement. Evidemment, je pense très fort à elles. Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais moi je vous adore. Cette chanson est pour vous…
Jill Scott : "The Way"
1) Jill Scott : The Way (live)Extrait de la bande originale du film/concert/documentaire Block Party (à voir d’urgence si ce n’est pas déjà fait) voici une version live du tube « The Way » de Jill Scott, à mon avis encore meilleure que celle figurant sur le récent album live de la miss. Jill Scott nous pose içi LA question : « Is this the way you love me, Baby ? ». Est c’est comme ça que tu m’aimes, Bébé ? Et je connais plus d’une fille, pas spécialement heureuses en la matière, qui se posent cette question quotidiennement. Evidemment, je pense très fort à elles. Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais moi je vous adore. Cette chanson est pour vous…
Jill Scott : "The Way"
2) Jill Scott : Golden (live)
Toujours extrait de la BO de Block Party, voici « Golden » le premier tube de Jill Scott et son extraordinaire revirement jazzy en plein milieu de la chanson. Jill est ici accompagnée (comme sur la chanson précédente) par The Roots. Alors autant vous dire les amis ça déchire !
Jill Scott : "Golden"
3) The Sweet Vandals : « I got you man ! »Petite bombe soul-funk en provenance de Madrid. La dernière trouvaille du label Differ-ant (Nicole Willis). Une excellente chanteuse, Makya Edjole, accompagnée par un gang de teigneux prêts à se jeter corps et âmes comme la misère sur le monde. Un son assez sale, j’adore.
The Sweet Vandals : "I got you man"
4) The Sweet Vandals : « Runaway People »
Obscure reprise pour nos amis espagnols. Attention aux brûlures c’est chaud comme de la braise. Que Calor !
The Sweet Vandals : "Runaway People"
5) Wraygunn : « Don’t you know ?»
Restons sur la péninsule ibérique un instant. Les portugais, originaires de Coimbra, de Wraygunn sont l’un des groupes qui m’ont vraiment scotché ces dernières années. Tout un agrégat d’influences rock n’roll, soul, blues et gospel se mélangent ici avec une rare maestria, un son de guitares assez roots, des scratches, cet album au titre biblique « Ecclesiastes 1.11 », est un chef d’œuvre en puissance.
Wraygunn : "Don't you know"

6) Wraygunn : « There but for the grace of god go i »
Reprise, débordante de sensualité, du tube disco de Machine. La chanteuse Raquel Rahla est ici en état de grâce.
Wraygunn : "There but for the grace of god go i"
7) Little Barrie : « Just wanna play »Le trio Little Barrie est l’un des groupes les plus cool à l’heure actuelle en Grande-Bretagne, bien plus en tout cas que toute cette bande d’ados montés en épingle grâce à myspace. Voici donc un mélange rock n’roll, groove et swing. Et un très bon batteur.
Little Barrie : "Just Wanna play"
8) The Noisettes : « Cannot even (Break free) »Dans la lignée des BellRays, voici le trio anglais The Noisettes, mené par la chanteuse Shingai. Le morceau commence par un rythmique jazzy qu’ils se font ensuite un plaisir de lacérer à grands coups de guitare…
The Noisettes : "Cannot Even Break Free"
9) The Dirtbombs : « Livin’for the city »Reprise du classique de Stevie Wonder par une bande de cintrés venus de Detroit. Vous êtes prévenus, ça arrache !
The Dirtbombs : "Livin for the city"
10) Shake your Hips ! : « High on the hog »L’un des meilleurs groupes de blues en France, la guitare rythmique semble échappée de « Payback » de James Brown.
Shake Your Hips ! : "High on the hog"
11) Blues Power bandTitre éponyme d’un autre excellent groupe de blues hexagonal. Un son unique limite disco.
Blues Power Band
12) Gossip : « Dark lines »Et si au cœur de la tornade disco/punk/soul Gossip, il y avait tout simplement des « Mangled Hearts » (des cœurs estropiés), des âmes en souffrance comme en témoigne ce poignant « Dark Lines »…
Gossip : "Dark Lines"
13) Silent : « Poison »Le duo électro s’attaque ici au funk, scratches à l’appui. Et une batterie en filiation directe avec les Meters. Ca vaut le coup d’être écouté…
Silent : "Poison"
14) Pamela Hute : « Parachute »Une petite sucrerie pop pour la française Pamela Hute, qui est en ce moment en plein enregistrement de son premier album
Pamela Hute : "Parachute"
15) Stevans : « Monday’s wedding »Et pour finir une dernière petite gourmandise pop acoustique, signée du trio Suisse Stevans.
Stevans : "Monday's Wedding"
Remerciements : Pamela Hute, Yvan (Stevans), Frank et Nico (Silent), Hervé (Blues Power Band), Jean-Marc (Shake Your Hips !)
samedi 1 mars 2008
Pamela Hute : Three

Comme Pamela nous l’avait confié lors de l’interview de septembre dernier, les sessions de l’été dernier ont donné naissance à ce nouveau single. Le menu est cette fois assez court, trois chansons seulement en moins de dix minutes pour le désormais power trio. Au programme donc « Don’t help me » qui est LA nouvelle composition de Pam. Même si la miss a complètement abandonné la telecaster qui était, il y a peu encore sa marque de fabrique, Pam sait toujours comment faire bouger une chanson, « Don’t help me » en est la preuve, le tout légèrement parsemé d’un discret « effet Placebo ». Déjà présente sur la toute première démo de Pamela (enregistrée en 2005/2006), vient ensuite « Parachute » dans une nouvelle version (la précédente était déjà très bien aussi). J’ai un peu de mal à être totalement objectif, puisque ce titre a toujours été l’un de mes préférés de la demoiselle depuis que je l’ai entendu pour la première fois à l’OPA. Comptine légèrement désuète, « Parachute » est un petit bijou pop/cabaret d’à peine deux minutes. Sans guitares, mais avec piano, on est ici quelque part entre les Dresden Dolls et Ben Folds. La mélodie est imparable, les Beatles ne sont pas bien loin. Ce nouveau single se termine enfin avec une nouvelle version de « Chocolate Soup », titre phare du précédent maxi. On sent ici toute l’évolution du groupe et ce nouveau son un peu plus électro mais subtilement rock dans la même foulée. On reste donc un peu sur notre faim, trois titres c’est assez court, mais l’objectif principal étant de démarcher les labels, il me semble que Pamela est désormais suffisamment bien armée (enfin c’était déjà le cas auparavant) pour séduire une maison de disques. Best of luck, Miss.
En écoute : Parachutelundi 17 septembre 2007
La rentrée de Pamela Hute.

Pamela Hute et son power trio, que je suis régulièrement depuis le début de ce blog, sont de grands espoirs de la scène rock hexagonale. Si vous ne les connaissez pas encore, je ne peux que vous conseillez de faire un petit tour sur leur site et écouter les chansons sur leur myspace. Pamela a accepté de répondre à quelques questions pour faire le point en cette rentrée sur l'évolution de son groupe et de sa musique. Il s'agit de la première interview de ce blog !
1) Tu étais en studio cet été, est-ce que tu peux nous en parler ?
Pamela Hute : En effet, nous avons enregistré 3 titres en août en un week end de travail avec notre nouvel ingé son. Ce fut nos premiers enregistrements en trio. Une vraie réussite. Nous avons pris le temps de travailler les sons, passé du temps à positionner les micros pour avoir des prises qui nous convenaient parfaitement; enfin bref, rien n'a été laissé au hasard. Ce fut une expérience de studio idéale et très fructueuse.Nous sommes en train de mixer les titres et je pense qu'il seront écoutables et disponibles début 2008.
2) As-tu joué de la basse pendant cette session ?
PH : Non. Depuis que nous nous sommes séparés de notre bassiste, c'est Igor qui travaille les sons de basse et assure les lignes aux synthés, en live et en studio.Je me suis concentrée sur les prises de guitare, les sons, et la voix. Le chant a pris une place différente aussi depuis que nous sommes trois. Tout s'est re-equilibré.
3) Un nouveau disque est-il prévu ?
PH : Nous ne sommes pas pressés de sortir un album. Le premier album est une étape tellement importante...il ne s'agit pas de se tromper, on doit assumer à 100% un premier album, en être fier, défendre à fond son univers. On a encore du travail. Nous allons cependant sortir un single début 2008 et choisir 2 titres des 3 enregistrés cet été.
4) Comment se passe ta nouvelle vie en power trio ?
PH : C'est vraiment le jour et la nuit. En terme de création, d'énergie....Nous nous sommes vraiment remis en question avec ce changement de line up, les titres ont été repensés, les structures, les sons, l'orientation, le travail scénique, l'équilibre musical...C'est passionnant, et franchement je me sens vraiment entourée par deux acolytes au service des chansons, de l'univers. Il y a vraiment une cohésion de groupe; je ne savais pas vraiment ce que c'était !
5) Comment juges-tu l'influence sur votre son de la nouvelle formule power trio ?
PH : Je vais me répéter mais c'est vraiment très bénéfique. Le power trio nous permet d'aller à l'essentiel et cela correspond bien à l'idée que je me fais du rock et du song writting. Parfois il faut alléger, et en vérité tout doit être réarrangé. J'aime ce travail, l'idée de ne jamais en finir avec une chanson. A trois tout prend une nouvelle ampleur, une nouvelle direction. Paradoxalement c'est plus épais, plus brut et limpide.
6) Quand aura-t-on la chance de te revoir en concert ?
PH : Nous jouerons à Paris chez Maxim's le 28 septembre, le 8 octobre à l'Affiche, une nouvelle salle parisienne à Oberkampf. Puis nous allons faire quelques dates à Lyon, dont une au fameux Ninkasi Kafé, puis au Club Le Citron.Il faut suivre tout cela sur notre myspace et sur notre tout nouveau site http://www.pamelahute.com/Tous les concerts à venir sont et seront mis à jour régulièrement.
Un grand merci à Pam pour sa disponibilité.
Propos recueillis par email le 17 septembre 2007.
samedi 21 avril 2007
Pamela Hute, La Flèche d’Or, 20 avril 2007.
La flèche d’or est une ancienne gare reconvertie en salle de concert. Au plafond est suspendu une locomotive. La scène est de forme arrondie et est encadrée comme un tableau. Le bar, circulaire, se trouve au milieu de la fosse et derrière ce dernier, un espace lounge avec des canapés capitonnés. La salle de restaurant, étroite comme un couloir, à droite de la scène est équipée de tables basses et de fauteuils rouges il y a une grande baie vitrée à travers laquelle on voit l’ancienne voie ferrée. Et les toilettes, mon Dieu, comment vous dire, vous ne connaissez rien à la vie tant que vous n’êtes pas allés faire pipi à la flèche d’or. Les murs en parpaings bruts sont tagués à la bombe dans tous les sens. Très rock n’roll, j’aime beaucoup. L’endroit a longtemps eu la mauvaise réputation d’être une plaque tournante du trafic de drogue. Mauvaise réputation qui a atteint son paroxysme lorsqu’un soir un type a été retrouvé mort, poignardé, dans la rue de Bagnolet, juste en face de l’entrée, ce qui a entraîné la fermeture de la flèche d’or pendant de longs mois. La salle a rouvert depuis presque deux ans, repris en main par une nouvelle équipe de passionnés et une programmation musicale assez pointue faisant la part belle à la nouvelle scène hexagonale. Ce soir Pamela occupe l’endroit à l’invitation de la radio néo (95.2). C’est une date assez particulière pour le groupe puisque il s’agit du premier concert en trio, le bassiste Greg (à qui on souhaite bonne continuation) a quitté le navire. Reste donc Pam à la guitare et au chant, Laurent à la batterie et Igor aux machines. De fait, sans la basse pour lier l’ensemble, le groupe est de plus en plus bipolaire parfois totalement rock parfois complètement électro. Igor joue quelques lignes de basse au clavier mais il y a parfois comme un vide en particulier sur « Pink Safari », probablement l’affaire de quelques répétitions en plus le temps que la nouvelle formule trouve son équilibre. Sans que cela soit forcément lié, le groupe me semble particulièrement zen ce soir, faisant montre d’une sérénité que je ne lui connaissait pas encore. Pamela a beau casser une corde, la guitare peut bien faire son caprice et se mettre à faire du larsen pour on ne sait quelle raison, rien n’y fait Pam prend tout avec le sourire haussant les épaules « Eh qu’est-ce que je peux y faire ! ». Visiblement les trois prennent leur pied et ça fait plaisir à voir. Le public est particulièrement réceptif ce soir, et applaudit à tout rompre à peine l’intro chantée de « Chocolate soup » commencée. Du coup Pam se lâche plus que d’habitude encourage les premiers rangs à taper dans ses mains et l’invite à chanter. Le concert se termine sous l’ovation du public et Pamela quitte la scène les bras en V comme victoire et sautillant excitée comme une puce alors qu’à travers la baie vitrée la nuit s’installe durablement. Et franchement je suis content pour eux car jusqu'à présent ils font leur bout de route seuls, à la force du poignet, sans beaucoup d’aide de l’extérieur. Depuis le temps que je vous dis qu’ils ont de l’avenir ces jeunes gens !
dimanche 11 mars 2007
Pamela Hute + Stevans, samedi 10 mars 2007, L’O.P.A.
Si vous êtes des lecteurs réguliers de ce blog, vous savez déjà tout le bien que je pense de Pamela Hute et de son groupe. Retour donc ce soir à l’OPA après le concert de janvier dernier. Pamela a joué ce soir de nouvelles chansons, dont j’ignore les titres hélas. J’ai également l’impression que les arrangements ont évolués depuis la dernière fois, les claviers d’Igor occupant plus d’espace. L’amalgame guitare/claviers fonctionne de mieux en mieux. Les sons électros apportent une touche fraîche et originale sans pour autant dénaturer les racines très rock de Pamela. La section rythmique, Laurent à la batterie et Greg à la basse, est en forme olympique ce soir, c’est nickel comme d’habitude. Je n’ai qu’un regret à formuler, le mix ne rend pas, ce soir, justice à la voix de Pamela, que l’on peine à entendre par moments, c’est dommage. Esperons qu’elle puisse enregistrer ses nouvelles chansons, il serait dommage qu’elle se perdent à tout jamais dans le flux infernal de Myspace. Il y a des soirs comme ça où tout est tranquille. Je suis dans le cadre cosy (mais très enfumé) de l’OPA avec deux copines, Pamela chante et c’est cool. Petite parenthèse enchantée dans nos vies faites de bureaux et de transports en commun. J’en étais à ces considérations quand sur ces entrefaites, Stevans fit son entrée en scène. Trio basse/batterie/guitare venu de Suisse, Stevans possède un potentiel énorme. Pop/rock chanté en anglais, ça me rappelle Nada Surf ou le Rhesus de l’album sad disco. C’est tranquille, relax tout en ménageant quelques plages plus dynamiques sans casser le rythme. Le groupe est assez facile d’accès, je n’avais jamais entendu Stevans avant et pourtant j’ai adoré leur set du début à la fin. Le batteur a un jeu coulé bien soutenu par le bassiste (qui en aparté joue sur une belle rickenbacker). Le guitariste tantôt à la guitare folk tantôt à l’électrique avec moult pédales et effets est très mélodique. Le chanteur possède une voix intéressante qui n’est pas, hélas, une fois de plus, mise en valeur ce soir. Les premiers titres sont joués avec des boucles en suppléments qui ajoutent de la tessiture au son. Vers la fin du set, le chanteur/guitariste passe au piano et le groupe adopte des rythmes discos plus dansants. C’est très très bon. J’étais alors en pleine ataraxie musicale quand je me suis dirigé vers le vestiaire où les CD étaient en vente. Et la chute fut terrible, pire qu’une droite de Mike Tyson. « Stevans ? » me fit la fille avec un sourire contrit. Euh, désolé on n’a plus de CD, tout est parti… Hein, Quoi ? Rien, nada, quetchi, QUE DALLE ! Putain, la vie est dure parfois, je suis écoeuré et je vais me coucher. Bonsoir. Faites de beaux rêves, les miens sont musicaux.
Les photos de Pamela et son groupe sont sur le lien suivant :
samedi 3 mars 2007
dimanche 4 février 2007
Playlist
Etant un jeune homme moderne, il m’arrive parfois de laisser tomber mon tourne disque et mes vinyles (et vous êtes priés de ne pas rire car je tiens beaucoup à ma platine et à mes 33 tours ainsi qu’à mes guitares). J’ai donc récemment fait l’acquisition d’un téléphone, lecteur MP3. Voici ma playlist, qui n’est ni parfaite, ni idéale car jamais rien ne l’est dans la vie (à commencer par ledit téléphone que j’ai toutes les peines du monde à faire fonctionner).
1-Bettye LaVette : Joy
On commence par un extrait du dernier album en date de Bettye, « I’ve got my own hell to raise ». Le titre est porté tout du long par un riff de guitare gras et bluesy à souhait. Bettye excelle dans ces conditions minimales qui mettent sa Voix le plus en valeur. Cette Voix cassée, laisse passer toute une palette d’émotions bien plus que les paroles (They took my joy/i want it back), faisant, je pense, référence à sa carrière en dents de scie, ne le laissent présager de prime abord. Cette Voix, entre cri de douleur et rage de vivre, c’est de la Soul, du Blues à l’état pur. J’ai eu la chance de rencontrer une fois Bettye un soir après un concert au New Morning, elle m’avait accueilli avec un monumental « Hello Sweetheart », je ne m’en suis jamais remis ! Maximum respect à cette Grande Dame.
2 – The BellRays : Tell a lie
Ah les BellRays ! Bien qu’originaire de Californie, les BellRays respirent Detroit, la motown mais aussi (surtout) les groupes de rock furieux (MC5, Stooges) de la fin des années 60. Un peu comme si Aretha Franklin était tombée dans le grand bain punk. Aussi improbable que cela puisse paraître, force est de constater que la formule, qu’ils ont baptisée « Maximum Rock n’Soul » (En fait tout ce que j’aime), fonctionne. Et même particulièrement bien sur ce « Tell a lie » tout en groove, basse énorme, guitares wha-wha et cuivres à l’appui. Créant ainsi le parfait écrin pour la chanteuse Lisa Kekaula, une des grandes Voix de notre époque. Attention, le groupe est particulièrement explosif sur scène.
3-Tower Of Power : To say the least you’re the most
Prenons maintenant la direction de la baie de San Francisco (Oakland). Bien plus que les chanteurs (interchangeables), c’est la section de cuivres qui est la star du groupe. Requins de studio ils ont enregistré et/ou partagé la scène avec les trois-quarts de l’industrie. De James Brown à John Lee Hooker en passant par les Meters et même Eddy Mitchell ! Extrait de l’album « Urban Renewal » (1975), T.O.P est à son apogée. Swing impeccable, assuré par le batteur David Garibaldi, solo de sax à perdre haleine, chant sur le fil, ce morceau dégage un groove à s’en faire péter les articulations. La suite sera beaucoup moins glorieuse le groupe glissera peu à peu vers un disco/funk enregistré au mètre.
4-Sharon Jones and the dap-kings : Natural Born Lover
Faites le test auprès de vos amis, passez le disque et demandez-leur de deviner la décennie où il a été enregistré. « Les années 60 » ! S’exclameront-ils en cœur. Tout faux, Sharon est une chanteuse de New York et bien de notre époque. Mais tout de la pochette au son ressemble à la grande époque du Rythm & Blues. Petit détail amusant, la pochette (comme toutes les productions Daptones Records) n’indique pas l’année de sortie du disque (2005) afin de nous induire un petit peu plus en erreur.
5-Sharon Jones and the dap-kings : Stranded in your love
Toujours extrait de l’excellent album “Naturally”, voici un duo entre Sharon et Lee Fields particulièrement cinématographique, basé sur un schéma « scène de ménage/réconciliation » alternant les dialogues et le chant. A noter l’excellent travail de production de Bosco Mann où la multiplicité d’arrangements (piano, cuivres, cordes) trouve naturellement sa place sans que l’ensemble ne sonne surproduit. Du grand art.
6 – Brian Jonestown Massacre : In India You
Les spectateurs ayant vu le documentaire “Dig!” le savent, Anton Newcombe, leader de BJM est aussi cintré que génial. Et nous en apporte la preuve avec ce « In India You », grand barnum psychédélique à base de sitar, guitare acoustique, orgue, flûte, percussions diverses et variées et voix éthérée. Hallucinant (dans tous les sens du terme) !
7-Brian Jonestown Massacre : Feelers
Toujours extrait de l’album « Their satanic majesties second request » (quel titre !) sorti en 1996, le groupe de San Francisco nous fait un cirque à peu près semblable à celui du titre précédent. Mais comme je ne m’en lasse pas, j’en reprends une part !
8-The Richmond Sluts : You drive me wild
Les Richmond Sluts furent, très brièvement, les “Rolling Stooges” de San Francisco. Extrait de leur unique album, sorti en 2001, « You drive me wild » porte particulièrement bien son titre. Tout le sel du groupe vient de cet orgue, apportant une petite touche groovy et psychédélique à une formation très orientée garage/rock n’roll par ailleurs. Quelques informations glanées sur My Space, m’apprennent que Shea (guitare/voix) et Chris (basse) ont depuis laissé tomber la musique. Dommage.
1-Bettye LaVette : Joy
On commence par un extrait du dernier album en date de Bettye, « I’ve got my own hell to raise ». Le titre est porté tout du long par un riff de guitare gras et bluesy à souhait. Bettye excelle dans ces conditions minimales qui mettent sa Voix le plus en valeur. Cette Voix cassée, laisse passer toute une palette d’émotions bien plus que les paroles (They took my joy/i want it back), faisant, je pense, référence à sa carrière en dents de scie, ne le laissent présager de prime abord. Cette Voix, entre cri de douleur et rage de vivre, c’est de la Soul, du Blues à l’état pur. J’ai eu la chance de rencontrer une fois Bettye un soir après un concert au New Morning, elle m’avait accueilli avec un monumental « Hello Sweetheart », je ne m’en suis jamais remis ! Maximum respect à cette Grande Dame.2 – The BellRays : Tell a lie
Ah les BellRays ! Bien qu’originaire de Californie, les BellRays respirent Detroit, la motown mais aussi (surtout) les groupes de rock furieux (MC5, Stooges) de la fin des années 60. Un peu comme si Aretha Franklin était tombée dans le grand bain punk. Aussi improbable que cela puisse paraître, force est de constater que la formule, qu’ils ont baptisée « Maximum Rock n’Soul » (En fait tout ce que j’aime), fonctionne. Et même particulièrement bien sur ce « Tell a lie » tout en groove, basse énorme, guitares wha-wha et cuivres à l’appui. Créant ainsi le parfait écrin pour la chanteuse Lisa Kekaula, une des grandes Voix de notre époque. Attention, le groupe est particulièrement explosif sur scène.3-Tower Of Power : To say the least you’re the most
Prenons maintenant la direction de la baie de San Francisco (Oakland). Bien plus que les chanteurs (interchangeables), c’est la section de cuivres qui est la star du groupe. Requins de studio ils ont enregistré et/ou partagé la scène avec les trois-quarts de l’industrie. De James Brown à John Lee Hooker en passant par les Meters et même Eddy Mitchell ! Extrait de l’album « Urban Renewal » (1975), T.O.P est à son apogée. Swing impeccable, assuré par le batteur David Garibaldi, solo de sax à perdre haleine, chant sur le fil, ce morceau dégage un groove à s’en faire péter les articulations. La suite sera beaucoup moins glorieuse le groupe glissera peu à peu vers un disco/funk enregistré au mètre.4-Sharon Jones and the dap-kings : Natural Born Lover
Faites le test auprès de vos amis, passez le disque et demandez-leur de deviner la décennie où il a été enregistré. « Les années 60 » ! S’exclameront-ils en cœur. Tout faux, Sharon est une chanteuse de New York et bien de notre époque. Mais tout de la pochette au son ressemble à la grande époque du Rythm & Blues. Petit détail amusant, la pochette (comme toutes les productions Daptones Records) n’indique pas l’année de sortie du disque (2005) afin de nous induire un petit peu plus en erreur.5-Sharon Jones and the dap-kings : Stranded in your love
Toujours extrait de l’excellent album “Naturally”, voici un duo entre Sharon et Lee Fields particulièrement cinématographique, basé sur un schéma « scène de ménage/réconciliation » alternant les dialogues et le chant. A noter l’excellent travail de production de Bosco Mann où la multiplicité d’arrangements (piano, cuivres, cordes) trouve naturellement sa place sans que l’ensemble ne sonne surproduit. Du grand art.
6 – Brian Jonestown Massacre : In India You
Les spectateurs ayant vu le documentaire “Dig!” le savent, Anton Newcombe, leader de BJM est aussi cintré que génial. Et nous en apporte la preuve avec ce « In India You », grand barnum psychédélique à base de sitar, guitare acoustique, orgue, flûte, percussions diverses et variées et voix éthérée. Hallucinant (dans tous les sens du terme) !7-Brian Jonestown Massacre : Feelers
Toujours extrait de l’album « Their satanic majesties second request » (quel titre !) sorti en 1996, le groupe de San Francisco nous fait un cirque à peu près semblable à celui du titre précédent. Mais comme je ne m’en lasse pas, j’en reprends une part !
8-The Richmond Sluts : You drive me wild
Les Richmond Sluts furent, très brièvement, les “Rolling Stooges” de San Francisco. Extrait de leur unique album, sorti en 2001, « You drive me wild » porte particulièrement bien son titre. Tout le sel du groupe vient de cet orgue, apportant une petite touche groovy et psychédélique à une formation très orientée garage/rock n’roll par ailleurs. Quelques informations glanées sur My Space, m’apprennent que Shea (guitare/voix) et Chris (basse) ont depuis laissé tomber la musique. Dommage.9-The Lords of Altamont : Time
Reprise du classique des Chambers Brothers (un groupe de rock black des années 60) pour ce groupe rock n’roll tendance bikers de Los Angeles mené par Bobby Cavaliere (chant/orgue). Les guitares sont encore plus grasses et énormes que chez les Richmond Sluts mais l’orgue farsifa permet de calmer quelque peu les choses (enfin tout est relatif). 10-Wraygunn : Keep on Prayin’
Les Wraygunn sont originaires de Coimbra (Portugal) et chantent en Anglais. Dans le genre échappé de l’asile, leur leader Paulo Furtado (a.k.a The Legendary Tiger Man) fait une sérieuse concurrence à Anton Newcombe. Ce titre, extrait de l’album ecclésiastes 1.11 sorti en 2006, mélange habilement rock et cœurs gospel. Avec orgue hammond et quelques scratches pour la note moderne. Et la sublime Voix de la non moins sublime Raquel…
Les Wraygunn sont originaires de Coimbra (Portugal) et chantent en Anglais. Dans le genre échappé de l’asile, leur leader Paulo Furtado (a.k.a The Legendary Tiger Man) fait une sérieuse concurrence à Anton Newcombe. Ce titre, extrait de l’album ecclésiastes 1.11 sorti en 2006, mélange habilement rock et cœurs gospel. Avec orgue hammond et quelques scratches pour la note moderne. Et la sublime Voix de la non moins sublime Raquel…11-Pamela Hute : My Dear
Petite note frenchy pour finir avec un extrait de l’excellent maxi sorti par Pamela l’année dernière, qui n’a pas, hélas, la distribution que son talent mérite. My Dear est un concentré d’efficacité rock de 1 minute 43 secondes ponctué par une hallucinante descente de guitare/basse. Bravo ! 
Petite note frenchy pour finir avec un extrait de l’excellent maxi sorti par Pamela l’année dernière, qui n’a pas, hélas, la distribution que son talent mérite. My Dear est un concentré d’efficacité rock de 1 minute 43 secondes ponctué par une hallucinante descente de guitare/basse. Bravo ! 
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samedi 3 février 2007
dimanche 21 janvier 2007
Woodstock 2007 à Paris

Ah ça, ils ont fait une mine déconfite les collègues de travail vendredi dernier, quand ils m’ont vu embarquer mes affaires à midi : « Allez salut bon week end tout le monde à l’atelier crochet », moi je me casse, j’ai une vie, moi ! Il faut dire que ce vendredi je suis poussé par une force mystique une volonté de récréer une version personnelle de Woodstock qui m’a fait traverser Paris du nord au sud, de la gare Saint-Lazare à la Bastille.
Premier arrêt donc à 17h au magasin FNAC de la gare Saint Lazare pour assister au show case de Sean Lennon. A peine sorti du métro je suis la queue pour le show case, 100 mètres, 200 mètres. Je tourne au coin de la rue, la queue s’arrête un moment (pour un passage piéton) et reprend de plus belle. Je comprends bien vite mon erreur, il n’y aura jamais assez de place dans le forum des rencontres pour tout le monde. Plan B : on se pointe direct devant ledit forum. Et là je me heurte à un sergent-chef (un agent de sécurité) que l’on a par erreur (ils sont dangereux ces gens là) laisser sortir dans le civil. « IL N’Y A QUE LUI QUI RENTRE !» tonne-t-il à l’adresse de mon frère. Mec, tu comprends pas, mon délire Woodstock putain. Rien à faire, je regarde mon frère partir, j’ai les boules. Et le sergent-chef de me dégager d’un coup de coude dans le dos. Dude, you’re so totally uncool. Autour de moi les gens râlent, à juste titre, « on a fait la queue quatre heures ». Et oui mon pote, la vie c’est dur. Pour ma part je me contenterai donc de la retransmission sur l’écran plasma que la Fédération Nationale des Abrutis Complets (FNAC) a eu la gracieuseté de nous accorder. Enfin Sean Lennon fait son apparition, sans se douter le moins du monde du bordel qu’il cause dans tout le quartier. Costume dans les tons bruns, cravate moutarde, il s’installe sur un fauteuil avec sa guitare acoustique. Première surprise il parle bien français (et ça les français adorent) et a le sens de l’humour. D’emblée il attire la sympathie et se met le public dans la poche. Il confesse que c’est la première fois qu’il se livre à l’exercice acoustique en solo et qu’il est un peu inquiet : « C’est dur tu sais, euh, vous savez ». Il enchaîne les morceaux de son deuxième disque « Friendly fire » : Dead Meat, parachute... On a l'impression d'assister à un moment rare et privilégié, fût-ce par écran interposé. Sean s’adresse alors au père d’une petite fille dans le public :
- C’est son premier concert ?
- Non le deuxième.
- C’était quoi le premier ? Metallica ? J’aime bien Metallica. C’est cool.
Et Sean d’enchaîner sur le riff d’Entersandman en version acoustique. Le public est mort de rire. Plus tard : « C’est une chanson de mon premier album, into the sun, mais je ne me rappelle pas où sont les chords (accords). Il tâtonne un peu sur son manche, ah oui c’est ici, quand il trouve la bonne position, le premier album c’était il y a longtemps (1998), j’étais jeune. Le show case se termine une demi-heure plus tard avec Wait for me et une dernière facétie, au milieu de morceau, Sean s’exclame : « normalement il y a un solo de piano » ! Ce sympathique et talentueux jeune homme sera de retour en février à la Cigale.
Premier arrêt donc à 17h au magasin FNAC de la gare Saint Lazare pour assister au show case de Sean Lennon. A peine sorti du métro je suis la queue pour le show case, 100 mètres, 200 mètres. Je tourne au coin de la rue, la queue s’arrête un moment (pour un passage piéton) et reprend de plus belle. Je comprends bien vite mon erreur, il n’y aura jamais assez de place dans le forum des rencontres pour tout le monde. Plan B : on se pointe direct devant ledit forum. Et là je me heurte à un sergent-chef (un agent de sécurité) que l’on a par erreur (ils sont dangereux ces gens là) laisser sortir dans le civil. « IL N’Y A QUE LUI QUI RENTRE !» tonne-t-il à l’adresse de mon frère. Mec, tu comprends pas, mon délire Woodstock putain. Rien à faire, je regarde mon frère partir, j’ai les boules. Et le sergent-chef de me dégager d’un coup de coude dans le dos. Dude, you’re so totally uncool. Autour de moi les gens râlent, à juste titre, « on a fait la queue quatre heures ». Et oui mon pote, la vie c’est dur. Pour ma part je me contenterai donc de la retransmission sur l’écran plasma que la Fédération Nationale des Abrutis Complets (FNAC) a eu la gracieuseté de nous accorder. Enfin Sean Lennon fait son apparition, sans se douter le moins du monde du bordel qu’il cause dans tout le quartier. Costume dans les tons bruns, cravate moutarde, il s’installe sur un fauteuil avec sa guitare acoustique. Première surprise il parle bien français (et ça les français adorent) et a le sens de l’humour. D’emblée il attire la sympathie et se met le public dans la poche. Il confesse que c’est la première fois qu’il se livre à l’exercice acoustique en solo et qu’il est un peu inquiet : « C’est dur tu sais, euh, vous savez ». Il enchaîne les morceaux de son deuxième disque « Friendly fire » : Dead Meat, parachute... On a l'impression d'assister à un moment rare et privilégié, fût-ce par écran interposé. Sean s’adresse alors au père d’une petite fille dans le public :
- C’est son premier concert ?
- Non le deuxième.
- C’était quoi le premier ? Metallica ? J’aime bien Metallica. C’est cool.
Et Sean d’enchaîner sur le riff d’Entersandman en version acoustique. Le public est mort de rire. Plus tard : « C’est une chanson de mon premier album, into the sun, mais je ne me rappelle pas où sont les chords (accords). Il tâtonne un peu sur son manche, ah oui c’est ici, quand il trouve la bonne position, le premier album c’était il y a longtemps (1998), j’étais jeune. Le show case se termine une demi-heure plus tard avec Wait for me et une dernière facétie, au milieu de morceau, Sean s’exclame : « normalement il y a un solo de piano » ! Ce sympathique et talentueux jeune homme sera de retour en février à la Cigale.

Le temps de rapidement se sustenter d’une salade et une mini traversée de Paris en métro et il est temps pour nous de passer à la deuxième étape : 20 heures, concert de Pamela Hute à l’OPA. L’OPA, c’est un bar situé dans la rue Biscornet, une rue désertique du douzième arrondissement parallèle au boulevard de la Bastille (lui-même parallèle au canal Saint-Martin). Pamela Hute, jeune femme chantant en anglais, fait partie de cette jeune génération rock (Hushpuppies, second sex…) qui met le feu à la capitale depuis environ deux ans. En effet les concerts et résidences rock se multiplient dans Paris dans des lieux (la flèche d’or, le triptyque, l’OPA, le bus palladium) qui il y a peu n’accueillait que des DJs. Pamela et son groupe n’attaqueront le show qu’a 21h30, entre-temps la bière (mais à 4 euros le demi on dessaoule vite) et la barmaid quasi topless assurent quelques distractions de choix. Le mur derrière le bar est en brique rouge, celui derrière la scène en pierre. Au dessus du bar, un plafonnier jaune psychédélique à bulles diffuse une lumière bleue onirique. Bien que fortement connoté BOBO, l’endroit est malgré tout sympa. 21h30 donc, showtime. Ils sont quatre sur scène, premier titre : « identical ». Pamela armée de sa guitare est tout sourire, parle avec le public, esquisse quelques pas de danse, elle a envie de jouer, ça fait plaisir à voir. Laurent le batteur est puissant, groovy, carré et efficace. Pas de soli, ce n’est pas le genre de la maison, mais il soutient les morceaux tout en puissance, notamment sur « waste of time » et « my dear ». Greg, le bassiste se contorsionne dans tous les sens, l’homme élastique du groupe c’est lui. Des quatre, il est le plus expansif sur scène. Combinée avec la batterie de Laurent, la section rythmique est redoutable. Enfin le quatrième larron, Igor derrière ses claviers et son moog organ, apporte une touche 80s, un peu kitsch, contrastant avec le son plutôt vintage/garage de la guitare et de la basse. Le public danse au premier rang et reprend les paroles en cœur, Pamela peu à peu, se construit une audience fidèle. Sur « pink safari » l’émotion est palpable. Nous avons eu droit à un morceau inédit « No one else ». Au final un excellent concert, un peu court, 45 minutes. Le son est excellent, très pro, bien qu’aucun de ces quatre musiciens ne vive actuellement de la musique. Quelle maison de disque aura le bon goût de signer cette talentueuse jeune femme et son excellent groupe ?
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