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mardi 17 août 2010

Interview Of Montréal (version française)


Tel un peintre, Kevin Barnes, leader d’Of Montréal, a le don de créer, album après album une toile sonore assez incroyable, essayons d’en savoir un petit plus…

Est-ce que tu penses qu’enregistrer avec des chanteuses de RNB comme Janelle Monae et Solange Knowles ouvre de nouvelles perspectives au groupe ?

Kevin Barnes : Je l’espère bien ! J’aimerai que tous les chanteurs de RNB me proposent des collaborations. J’adorerais écrire avec Erykah Badu, Estelle, Alicia Keys et, euh, Gladys Knight !

Pourrait-on dire que « Famine Affair » est une « anti-chanson d’amour » ?

K.B : C’est juste la fin d’une chanson d’amour, écrite dans la frustration et en plein désarroi. Mais bon des fois dans la vie quand tu penses que c’est fini, mort et enterré, c’est à ce moment là que les choses renaissent.

Il y a quelques années, j’ai vu le groupe jouer en duo de guitares acoustiques dans un magasin de disques à Paris. C’était une performance incroyable. Est-ce que tu aimerais enregistrer un jour un album acoustique ?

K.B : J’ai pour projet d’enregistrer un album à la guitare classique avec les cordes en nylon et je pense que c’est quelque chose que tous les songwriters devraient tenter. J’adore Léonard Cohen et il a enregistré des morceaux incroyables avec cet instrument. Si un jour, un de mes proches vient à décéder, j’enregistrerai cet album.

Dans sa version acoustique « coquet coquette » sonne comme une chanson pop-folk. La version studio se révèle être radicalement différente. Comment travailles-tu en studio ? Il semble que tu expérimentes beaucoup…

KB : Effectivement, j’expérimente beaucoup. C’est le grand avantage d’avoir mon propre home-studio. Je prends le temps de laisser les chansons se développer de manière organique. Si je ne sens pas la tournure que prend la chanson, je peux repartir de zéro et tout recommencer depuis le début. Ou bien je peux me contenter d’enlever certains éléments ou d’en déplacer d’autres jusqu’a ce que le résultat sonne excitant à mes oreilles. Comme je travaille seul, j’ai la liberté de procéder de la sorte sans heurter les sensibilités de qui que ce soit.

Est-ce que le groupe est populaire à Montréal ?

KB : Oui, on a toujours de supers concerts là-bas. Par contre, je ne sais pas si c’est à cause du nom du groupe où si c’est juste les gens qui sont super cools dans cette ville. Enfin, on se débrouille pas mal aussi à Toronto alors peut-être que les Canadiens kiffent notre son.

Est-ce que tu voudrais ajouter quelque chose pour finir ?

KB : Simplement, nous sommes très impatients de revenir en France en octobre prochain (le 7 à la Cigale, NDA). On s’amuse toujours pendant nos concerts à Paris. On y a aussi beaucoup d’amis et j’ai hâte de faire la fête pour nos retrouvailles ! On a vraiment l’impression que les français nous comprennent. C’est toujours un plaisir de jouer à Paris, c’est presque comme un concert à la maison.

Propos recueillis par email le 17 Août 2010.

www.ofmontreal.net

www.myspace.com/ofmontreal

Interview Of Montreal (English Version)


Kevin Barnes, from the band Of Montreal, is like a painter. Mixing sounds into each other, like painters mix colors, creating an unbelievable web of sounds. Let’s try to find out a little more…

1) Do You think that working with RNB singers like Janelle Monae and Solange Knowles may be a new opening for the band ?

Kevin Barnes : i hope so, i hope that every RNB singer asks me to co-write with them, i'd love to write with erykah badu,estelle, alicia keys and... uh...gladys knight.

2) Is "Famine Affair" an "anti-love song" ?

KB : it's just an end of love song, it was written out of frustration and dismay, but as it turns out, just when you think something is dead it arises again in full feather.

3) Few years back i saw the band playing an acoustic show case in a record store in Paris as a guitar duet. That was an awesome performance. Would you like to cut an acoustic album ?

KB : i plan on writing an album around the nylon string guitar, i feel that that is something all songwriters should attempt, i love the work of leonard cohen and he did great work with that instrument, if someone very close to me dies i will make that album.

4) In its acoustic version "Coquet Coquette" sounsd like a pop folk song. On the album it turns out to be completely different. How do you work on the studio ? It seems that you're experimenting a lot with your material...

KB : i do experiment a lot in the studio, it is the one great thing about working out of my home studio, i have a lot of time to let songs develop organically, if i'm not feeling excited about the way a song is turning out i can start from scratch and begin again, or i can just remove certain elements and move parts around until it feels exciting to me. i work alone so that i have the freedom to do that without hurting anyone's feelings.

5) Is the band popular in Montreal ? (I always wanted to ask you that)

KB : yes, we always have great shows there, but i don't know if it is because of our name or if there just happens to be a lot of cool people in that city, i mean we do well in Toronto too, so maybe Canadians just dig our sound:-)

6) Would you like to add something ?

KB : just that we are extremely excited about coming back to France in October. our shows in Paris are always amazingly fun and we have a lot of friends there that we can't wait to party with. we feel that the French really understand us, it is always a great feeling to perform there, it's almost like a home town show.

Thanks a lot !

www.ofmontreal.net

www.myspace.com/ofmontreal



vendredi 13 août 2010

Of Montréal : « False Priest »



Dans la grande fratrie des fous chantants, Kevin Barnes, se pose comme une figure tutélaire. A la tête de son groupe/collectif Of Montréal (voir mes messages des 26 mai et 30 juin 2007) il n’a de cesse, depuis 1997, de faire exploser toutes les formules possibles et imaginables en combinant les styles musicaux aussi éloignés que faire se peut les uns des autres. Le nouvel effort de son groupe, intitulé « False Priest » fait honneur à sa réputation expérimentale. Son écoute se révèle être un véritable trip évoluant dans un registre unique entre new-wave, rock psyché, disco et électro. Pour arriver à un tel résultat, le groupe s’appuie sur un songwriting solide, comme en témoigne les prestations acoustiques du groupe, même si ce dernier est loin d’être classique. Le groupe utilise bien la formule couplet/refrain mais prend un malin plaisir (et nous aussi à vrai dire) à changer de style musical trois fois par morceau en n’ayant absolument pas peur des coupes brusques et autres changements radicaux. En résulte cet album mouvant et insaisissable, pas forcément facile au premier abord, mais débordant de créativité à partir du moment où on décide de lui accorder une oreille attentive. Le nouveau et excellent single « Coquet Coquette » résume à lui seul la situation, son intro à la guitare nous laisse augurer d’un titre rock, mais que nenni, la chanson dérive d’un seul coup vers la disco sans que l’auditeur ne comprennent vraiment ce qui s’est passé. Mais qu’importe, il suffit de se laisser porter par la vague. Entre autres réussites notons « Hydra Fancies » et « Girl named hello » (beat implacable et excellente ligne de basse au passage) marquant une ouverture intéressante en direction des musiques black ainsi que la ballade pop mélancolique au piano « Casualty of you » sous l’influence d’un Todd Rundgren jeune. Bizarrement, c’est quand ce groupe sonne « classique » qu’il est le plus inquiétant, un peu comme si l’étrangeté était son élément naturel. Enfin cet album peut s’enorgueillir des participations des chanteuses de R N’B Janelle Monae (sur « Our Riotous Defects » et « Enemy Gene ») et Solange Knowles (la sœur de Beyoncé, également actrice et auteur de trois albums solos) sur « Sex Karma ». A l’écoute de ce disque, une question s’impose, Kevin Barnes est-il un faux prêtre rock ???
www.ofmontreal.net
www.myspace.com/ofmontreal

samedi 30 juin 2007

OF MONTREAL : Hissing Fauna, are you the destroyer ?



Dans la lignée de mon message du 26 mai dernier, j’aimerais aujourd’hui vous toucher deux mots du dernier album d’Of Montreal. Le truc, c’est que l’album n’a finalement que peu à voir avec le show case, qui était acoustique. C’est en effet un joyeux et indescriptible bordel qui règne dans ce disque. Les claviers de toutes les époques (du fender rhodes aux synthés 80s) se taillent la part du lion, parfois le tout est perturbé par quelques giclées de guitare acide. L’inspiration est disco-pop avec une bonne dose psychédélique. « labyrnthian pomp » commence comme un disco dansant avant de plagier Pink Floyd. Le morceau de bravoure de l’album est sans conteste « The past is a grotesque animal » avec pas loin de dix angoissantes minutes au compteur. Ce disque est l’exemple même du casse-gueule quasi-assuré puisque Kevin Barnes, le seul membre rescapé du groupe a tout fait tout seul. Même si la boite à rythme remplace la batterie, même si on entend parfois à peine la guitare, le disque tient la route car le savoir faire mélodique est là. Vraisemblablement, Barnes s’est d’abord soucié de composer de bonnes chansons avant d’expérimenter sur son matériel en studio quitte à en faire exploser toutes les structures. C’est risqué mais ça marche.

Un petit mot pour finir sur le packaging du disque à mon avis le plus beau de l’année, jusqu’ici. Le digipack quatre volets est composé de quatre rosaces psychédéliques et multicolores. L’effet est saisissant lorsque l’on déplie le tout.


Afin d’être complet sur OF MONTREAL, signalons la sortie du maxi « Icons abstract thee » (mais où va-t-il chercher des titres pareils ! Si quelqu’un à la moindre idée de la signification du titre n’hésitez pas à me contacter) composé de cinq titres disons plus normaux, et un peu plus acoustiques issus des sessions d’enregistrement de l’album. Le premier morceau du maxi « du og meg » est une version alternative de « suffer for fashion », présente sur l’album.

samedi 26 mai 2007

OF MONTREAL, Showcase Virgin Louvre, 25 mai 2007.


“Achetez-le ou je me cloue la main sur la table !”. C’est en ces termes que Tania, chroniqueuse au grand journal de Canal +, aurait évoqué le nouvel album d’Of Montreal. La pauvre n’aura sans doute pas besoin d’en arriver à une telle extrémité masochiste. Of Montreal, qui n’est pas originaire de la belle province mais d’Athens en Georgie, pratique une pop plutôt psychédélique sur laquelle se greffe des synthés new-wave. Le grand écart entre 60’s et 80’s.

C’est une véritable tempête qui s’est abattue sur la ville en cette fin d’après-midi du vendredi. Il a fait lourd et d’un seul coup, le ciel est devenu tout sombre et la pluie est tombée drue, l’orage tonne. La vue est irréelle, il fait nuit à 18h00, les rues sont désertes. Moi, j’arrive dans la galerie marchande du Louvre déguisé en éponge. Ah ce que l’amour de la musique me pousse à faire parfois… Les touristes se mettent à l’abri autour de la pyramide inversée en verre qui commence sérieusement à dégouliner.

Le showcase a lieu dans le fond du magasin, au rayon musique classique, jazz, blues et bandes originales de film. Sur l’estrade en bois deux tabourets sont installés avec des micros. Kevin : « Je rêve de vivre une tornade à Paris. Mais cela n’est pas arrivé, juste dans mon monde imaginaire». Toi tu n’as pas mis le nez dehors ! Le groupe n’est pas au complet seul le chanteur Kevin à fait le déplacement accompagné de son guitariste, les deux musiciens jouent de la guitare folk. L’acoustique permet de dégager la beauté pure du songwriting. Mélodies à la Beatles, chœurs à la Beach Boys. Dégagée des oripeaux, la musique d’Of Montreal dégage une beauté qui valait bien quelques gouttes d’eau. Un mini concert court, 20 minutes et 6 titres, mais excellent. Non, Of Montreal n’est pas un gadget à la mode, mais un authentique bon groupe.