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samedi 6 février 2016

Festival au fil des voix : Matt Elliott+Gabby Young and Other Animals, l'Alhambra, 5 février 2016.

Matt Elliott (c) Léa Jiqqir


Pour sa deuxième soirée, le festival au fil des voix nous offre une programmation so british. On commence avec Matt Elliott, un pionnier de la drum&bass sous le nom de Third Eye Foundation, méconnaissable depuis sa transformation en chanteur folk il y a une douzaine d'années. Sagement assis derrière son instrument à cordes de nylon, Matt, tel un artiste, peint une impressionnante toile sonore. Orfèvre de l'arpège, ses cordes délicatement pincées, partent dans d'impressionnantes arabesques sonores avant-gardistes et expérimentales, convoquant à l'occasion Leonard Cohen. La flûte apporte une note étrangement surannée. Le musicien n'est absolument pas effrayé par la durée, régulièrement ses titres dépassent les dix minutes. La transposition sur scène de ce genre de musique atmosphérique n'est jamais évidente. Cependant, le résultat sonne absolument fascinant à nos oreilles, pour peu que l'on soit disposé à lui accorder l'attention qu'il mérite.

Gabby Young

Gabby Young


Changement radical d'ambiance par la suite avec l'arrivée, telle une tornade, du cabaret / swing /art déco / steampunk de Gabby Young et de son groupe Other Animals. Le batteur se présente seul sur scène pour un long solo de batterie en guise d'introduction. On se croirait dans Whiplash ! Puis le reste de la troupe arrive contrebasse, guitare acoustique et accordéon. Et c'est parti pour un grand moment festif à base de jazz swing, les années folles ne sont jamais bien loin, mâtiné d'influences balkanique et de western spaghetti. La troupe de saltimbanques n'a pas son pareil pour mettre le public dans l'ambiance, la grande farandole autour des fauteuils en plein « I've improved » restera dans nos mémoires ! La charmante Gabby, ses cheveux rouges et son kazoo en plastique nous ont offert un grand moment de partage collectif, bonne humeur assurée ! Mais la belle sait aussi atteindre une corde sensible lorsque le swing se calme. Elle est déjà une grande star en Grande Bretagne, espérons qu'elle rencontrera le même succès en France où vit son frère, présent dans la salle et d'ailleurs mis à contribution au cours du spectacle. C'était chouette.
http://www.aufildesvoix.com/paris2016/
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mercredi 9 décembre 2015

Gabby Young & Other Animals : « One foot in front of the other »


Après un passage par le divan du monde l'an dernier, la Britannique Gabby Young, une superstar remplissant des salles dans le monde entier, débarque en France, un pied devant l'autre. Ce troisième album est en effet le premier bénéficier d'une distribution décente chez nous. Gabby Young c'est avant tout une personnalité excentrique, toujours un atout au moment de passer sur scène, comme le prouve sa chevelure sauvage et colorée, et un univers entre cabaret steampunk et swing jazzy. Toute petite, Gabby se destinait à l'opéra avant que les découvertes simultanées du regretté Jeff Buckley et du jazz la fasse radicalement changer d'orientation. C'est peu dire que notre impétrante possède de sacrées qualités vocales et un coffre impressionnant. Cette puissance vocale est mise au service de compositions faisant la part belle au swing, « Sur la Lune » qui ouvre le disque, lorgnant parfois vers des sonorités manouches/klezmer (« I've improved ») sortant à l'occasion les violons et autres accordéons. Véritable caméléon vocal, Gabby laisse une large part d'émotion affleurer dans son chant sur les titres folk (une autre de ses spécialités) délicatement arpégées (« Fear of flying », « Another ship », « Saviour »). Enfin dans cet univers extrêmement codifié et nostalgique, Gabby n'oublie jamais d'instaurer une dose de modernité dans la production et une dynamique inspirée du punk. Chouette découverte !
En concert à Paris (Alhambra) le 5 février 2016.
http://www.gabbyyoung.com/