Affichage des articles dont le libellé est Tony Joe White. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tony Joe White. Afficher tous les articles

mardi 31 mai 2016

Tony Joe White : « Rain Crow »



Le monde peut bien s'écrouler autour de lui, Tony Joe White n'en a cure. Lui, restera, nonchalamment installé dans un rocking-chair, sous son porche, bien dans son stetson. Sa musique est à son image, nonchalante. Tony Joe White, a trouvé sa formule, celle qui lui convient (à nous aussi d'ailleurs) et creusera ainsi le même sillon quoi que les modes puissent décider. Et cela dure depuis 1969. Force est de constater qu'à part quelques écarts, crooner (l'album « Eyes » de 1976) ou un son électro plus contemporain mis au point par son fils Jody sur un album de remixes plus récent (« Deep cuts », 2008), bien peu de choses ont changées dans la musique de ce bon vieux Tony Joe. Le décompte nous apprend que « Rain Crow » est le 23ème album du musicien. Il sort aujourd'hui comme il aurait pu sortir au siècle dernier, dans le fond rien ne change. Et c'est tant mieux ! Une nouvelle fois, Tony s'est retourné vers son fils pour la production du disque. Ce dernier s'est fondu à merveille dans le moule familial confectionnant un son aussi doux et chaud qu'une brise un soir d'été en Louisiane, où se croisent influences venues du blues, de la soul et du rock. Dès les premières notes, Tony Joe ensorcelle de sa voix grave et feutrée, nous contant des histoires mystérieuses de « Bad wind » et autres « Conjure child ». « Tell me a swamp story » comme il dit ! Le groove est savamment maîtrisé, en mode mineur et feutré, avec une prédominance de la basse, entre orgue et guitare wha-wha délicate où l'on croise parfois un harmonica fantomatique. Envoûtant !
En concert les 11 et 12 novembre à Paris (New Morning)


lundi 10 novembre 2008

Tony Joe White, le Bataclan, 4 novembre 2008.


Puisque l’on est si bien en Louisiane, eh bien, ma foi, restons-y ! Une grosse semaine après Allen Toussaint, c’est au tour d’une autre légende Louisianaise de venir nous rendre visite en la personne de Tony Joe White, natif de Goodwill. Petite anecdote personnelle, il y a un an, en visite à Chicago, alors que j’arborai avec fierté un tee-shirt à l’effigie de ce cher T.J (acheté à la fin d’un concert), la serveuse m’interrogea alors : « Tony Joe White, who’s that guy ? ». Et me voilà, moi le petit français, en train de révéler à cette yankee pur jus l’existence de ce pur fleuron de la musique américaine. Les Etats-Unis, sont ainsi, tellement riche, tellement grands, que parfois, c’est en Europe que leurs meilleurs artistes marchent le mieux. La preuve, notre T.J White beaucoup plus « célèbre » ici que sur sa terre natale. Et puis avec un premier album sorti en 1969, on peut difficilement le qualifier de perdreau de l’année. Quelle injustice. Car Tony Joe, c’est le genre de mec qui par la seule puissance de ses compositions vous transporte en plein bayou. Après avoir assuré la première partie d’Alvin Lee à l’Olympia un peu plus tôt cette année, revoilà donc White pour un concert complet cette fois-ci. La formule a également évoluée puisque Tony est désormais en trio avec un batteur et un clavier faisant à la fois office de bassiste et d’organiste. Le visage masqué par des lunettes de soleil et un imposant chapeau, qui le transforme en créature sans age, White a débuté le concert en solo assis avec sa Stratoscater sur les genoux. Sa voix est toujours aussi chaude et profonde, les arpèges de guitare délicats. Vinrent ensuite les deux autres protagonistes. Le batteur est toujours aussi excellent et puissant ce qui n’a pas manqué de surprendre mon voisin d’à côté qui s’est aussitôt confectionné dans la précipitation des boules Quiès à l’aide d’un Kleenex. Quant au troisième larron, le clavier, je suis désolé de le dire, mais sa présence m’a un peu gêné. J’avoue, j’aurai préféré un vrai bassiste, là je trouve le son mal foutu, les basses trop fortes (mon voisin est en train d’agoniser) et surtout mal réglées. Elles bouffent trop de fréquence au détriment de la guitare que l’on n’entend pas toujours très bien. Oui je sais, je suis exigent… Néanmoins, il y a eu des très beaux moments, le boogie « Do you have a garter belt ? » (Est-ce que tu portes un porte-jarretelles ? J’adore ce titre !), la très rare en live « Soul Francisco » et une attaque à la pédale wha-wha, une autre spécialité de Mister White, absolument démente. Les douces est délicates « The guitar don’t lie » (que Johnny Hallyday a repris sous le titre « la guitare fait mal ») et « Rainy Night in Georgia » sur lesquelles sa voix chaude fait des miracles.

http://www.tonyjoewhite.com/

Tony Joe White : « Rainy night in Georgia »

mardi 25 mars 2008

Alvin Lee + Tony Joe White, L’Olympia, 24 mars 2008.


Je reste parfois pantois devant le manque de civisme de mes compatriotes. L’affiche de l’Olympia lundi dernier était excellente, deux légendes : l’anglais Alvin Lee (ex leader de Ten Years After dans les années 60) et le louisianais Tony Joe White. Croyez-vous que le public aurait pris le minimum de précautions nécessaire pour être à l’heure ? Non, rien à foutre. C’est non seulement un manque de respect vis-à-vis de l’artiste, mais c’est aussi, à l’Olympia dans la configuration assise où toutes les places sont numérotées avec des placeuses pour vous guider, très gênant pour les autres spectateurs. La première partie assurée par Tony Joe White, fut très courte, seulement une demi-heure, dont une bonne moitié fut gâchée par le va et viens continuel des retardataires. Je veux bien admettre qu’il y ait quelquefois des contretemps et qu’il est parfois difficile d’être à l’heure. Mais là, non. Ils étaient tout simplement trop nombreux à être en retard pour que cela relève uniquement du simple contretemps.


Bref passons et revenons au sujet principal de ce blog, la musique. Et elle fut de grande qualité hier soir. Commençons par Tony Joe White, vétéran de la scène blues de Louisiane, largement occulté sur sa terre natale, et auteur de « Polk Salad Annie ». Ce dernier a donné, on l’a vu précédemment, une prestation courte mais néanmoins intense. Assis tout du long, l’harmonica autour du cou et sa vieille Stratocaster dans les mains, Tony Joe a entamé son set en solo avant d’être rejoint par un excellent batteur, puissant, fin et technique. Un duo guitare/batterie, cet homme-là serait-il le père spirituel des Black Keys et autres White Stripes ? Je ne peux pas terminer la première partie de ce compte-rendu sans évoquer la voix de gorge profonde et grave de Tony Joe. Le temps n’a pas de prise dessus…





Vint ensuite Alvin Lee. Ancien leader de Ten Years After, créateur du riff inusable de « Love like a man », Alvin, survivant des 60s, est l’une des plus fine gâchette guitaristique en provenance d’Angleterre. Un vrai guitar-hero, mais qui à l’inverse de ses contemporains Eric Clapton, Jimmy Page et Jeff Beck n’a jamais vraiment eu le crédit qu’il méritait. En formation trio et avec sa fidèle Gibson demi-caisse rouge, Alvin a livré une prestation à mi-chemin entre John Mayall et Brian Setzer. C'est-à-dire en puisant aux sources du blues et du rock n’roll 50s. Je remarque qu’il n’utilise aucune pédale d’effet ou de distorsion, uniquement son ampli et l’overdrive. C’est du pur son, pas d’artifices. Impression renforcée par le bassiste qui quitte parfois son instrument pour utiliser une contrebasse encore plus « roots ». Alvin, je l’apprécie quand il est direct et qu’il balance ses riffs avec une précision imparable, moins quand il se perd dans des solos interminables (la remarque vaut également pour le batteur). Alvin nous a refait le coup de la nostalgie (avouons-le, c’est aussi pour cela qu’on se déplace) et nous lance un : « retournons à Woodstock » et d’enchaîner sur « I’m coming home ». La version de cette chanson (et son solo) jouée lors du festival de Woodstock en 1969 (et immortalisée sur film) l’a fait entrer dans l’histoire. L’audience en grande partie composée de vieux hippies tout droits sortis de « That 70s show » et autres « Dharma & Greg » est aux anges. J’ai pour ma part apprécié de vivre un petit bout de cette histoire par procuration.

http://www.alvinlee.com/

http://www.tonyjoewhite.com/


Ten Years After : "I'm going home" (Live Woodstock 1969)

Tony Joe White :"Polk Salad Annie"