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mardi 2 avril 2024

Hoboken Division : « Psycholove »

 


Sept ans après la sortie de leur dernier album, Hoboken Division est de retour avec un nouvel album tourneboulant au possible et une formule considérablement renouvelée. Élargissant leur horizon le trio ne fait plus du blues une obsession au sens strict même si ce dernier à laissé une trace sur "Twice as Sharp". Ayant plongé avec délice dans le monde merveilleux des pédales d’effets et autres claviers, le guitariste Matthieu Cazanave s’en donne à cœur joie réveillant au passage quelques fantômes, ceux du Velvet Underground, de Jesus and Mary Chain ou des Stooges. A ces influences fortes en décibels, le groupe ajoute une note psychédélique de bon aloi (« Psycholove ») ou un orgue assez dark (« Legion ») qui vrille le cerveau et les oreilles de l’auditeur. Jouant avec brio de la répétition hypnotique (« Never stand still » ; « Fool Moon ») sous la houlette du batteur Thibault Czmil, l’album prend à la gorge. Le chant habité de Marie Rieffy (en français à la Jacqueline Taïeb sur « Jackie ») ajoute la dernière couche, celle, fatale, qui fait succomber. L’auditeur exsangue n’a alors plus d’autre choix si ce n’est de s’abandonner à ces compositions obsédantes. Signalons enfin la sublime pochette (comme d’habitude) signée Jean-Luc Navette qui a pour l’occasion abandonné son noir et blanc habituel pour une touche de rouge incarnant à merveille l’incandescence de ce nouvel effort vénéneux.

En concert le 12 mai à La Boule Noire.

https://www.facebook.com/hobokendivision/

http://www.hobokendivision.com/








jeudi 1 février 2018

Miraculous Mule + Hoboken Division + Escobar, La Boule Noire, 26 janvier 2018.


Un mois et demi s'est écoulé depuis notre dernier concert en décembre 2017, il était plus que temps de mettre fin à ce sevrage typique des débuts d'année.

Escobar sera donc le premier groupe vu sur scène en 2018 par votre serviteur. Et quel groupe ! Si l'on a pris l'habitude ces dernières années des duos guitare/batterie pratiquant une sorte de garage/blues hérité des défunts White Stripes, Escobar reprend la formule à son compte pour un rendu plus proche du punk et du grunge. Le batteur s'échauffe tranquillement (enfin façon de parler) en faisant le tour de son kit tout en frappant ses cymbales alors que le guitariste fait monter la pression tout en larsen. Il faudra au groupe un ou deux titres pour se chauffer avant de lâcher les watts pour de bon. Et c'est parti ! La dynamique entre les deux musiciens est impressionnante. Se cherchant constamment du regard, un air de défi dans les yeux, les deux musiciens se chauffent mutuellement jusqu'à atteindre des sommets ravageurs d'intensité. La pression rock à son maximum, on en ressort lessivés !

Place ensuite à Hoboken Division, groupe que l'on suit longtemps sur cette page mais que l'on découvre en live pour la première fois ce soir. Devenu un trio depuis l'adjonction d'un batteur, Hoboken Division est totalement transfiguré par cet ajout. La dynamique est totalement différente et la batterie live insuffle une nouvelle énergie à ces compositions certes très rock mais avec un feeling blues au-dessus de la moyenne. L'électricité est plus filtrée que chez Escobar, Mathieu et son toucher de guitare délicat (au doigts et sans médiator) distillant une sorte d'agressivité feutrée, l'énergie rock est ainsi totalement canalisée, ce qui n'empêche nullement nos musiciens de sortir de scène totalement en nage. Un petit mot pour finir sur la chanteuse, également excellente bassiste, qui sert à merveille les chansons de son joli timbre.

Vint ensuite les Anglais de Miraculous Mule, qui derrière des atours vintages, et une incroyable collection de guitares demi-caisse, distille un blues dans une réinterprétation des plus modernes où la guitare se mêle aux boucles pour créer un tout hypnotique et assez psychédélique dans l'esprit, bien soutenu par une basse ravageuse. On pense à Little Barrie en plus aventureux. Belle trouvaille que ce groupe !

dimanche 29 octobre 2017

Hoboken Division : « The mesmerizing mix up of the diligent John Henry »



De tout temps une confusion a existé entre rock et blues, comme si la moindre note slidée ou la plus petite partie jouée ternaire suffisait à rendre la musique « bleue ». Le blues, Hoboken Division, devenu un trio avec ce deuxième album, le connaît, ne serait-ce que pour avoir grandi dans l'est de la France au milieu d'usines désaffectées. Ce nouvel album voit le groupe s'ancrer un peu plus profondément dans le blues mais aussi, plus généralement, dans le paysage des musiques raciniennes (cf. les échos country qui viennent hanter « 436 Procter Steet », le gospelisant « Oh lo' no mo' » ). Et pourtant Hoboken Division reste en dépit de tout un sacré groupe de rock n'roll (cf. les guitares rageuses de « Howlin' », vous êtes prévenus, tout est dans le titre). Oui, de rock n'roll (la précision est d'importance et il ne faut pas confondre avec ce que l'on appelle « le rock ») et dont l'écho se fait sentir dans la fureur qui habite le groupe. Ce fragile équilibre sur lequel repose le trio n'est pas sans rappeler les productions du label Fat Possum ("Lazy") et, dans ses meilleurs moments, la transe n'est jamais bien loin (la bien nommée « Boiling Up » toute en colère rentrée, la dérive psyché en eaux troubles de « Cold water »). Intense et habité, ce nouvel effort, leur meilleur à ce jour, voit le groupe passer une nouvelle étape d'importance. Pourvu que cela dure…

Sortie le 10 novembre 2017.

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https://hobokendivision.bandcamp.com/

jeudi 21 janvier 2016

Hoboken Division : « Arts and Crafts »




L'art et l'artisanat. Ce titre, celui du premier album tant attendu du duo Hoboken Division, résume parfaitement la chose. L'art, celui de la musique, du rock et du blues. L'artisanat pour ce disque fait à quatre mains, avec peu de moyens certes mais une passion énorme. L'album ressemble à une marmite géante, un grand bain bouillonnant dans lequel le duo jette ses influences, du rock n'roll garage (le roll occupant une place prépondérante) et du blues. Le résultat est cradingue, déglingué et sauvage et n'est pas sans rappeler ces vieux bluesmen T-Model Ford, Leo Bud Welch ou bien encore RL Burnside qu'il reprennent d'ailleurs avec classe (« Shake'en on down »). Le duo, dont les deux membres se présentent sous le double patronyme de M, a pour particularité de n'avoir qu'un seul instrument de prédilection : la guitare en accompagnement de la voix, encore un peu tendre, de la chanteuse. Le reste n'est là que pour apporter quelques maigres fioritures, un harmonica acide ou un piano apportant une note tendre (« Everything's fine »). La section rythmique est remplacée par une boîte à rythmes, objet dont on raffole guère en règle générale, mais qui en l'espèce entraîne la musique sur un rythme implacable qui sied bien à la frénésie de l'ensemble. Un petit mot pour finir afin de souligner la superbe finition grise du vinyle qui fait de ce disque un bien bel objet. Un album attachant, tout le reste n'est que littérature inutile…
https://hobokendivision.bandcamp.com/

jeudi 20 février 2014

Hoboken Division : « A night out / Devil Got My Woman »



Le duo, que l'on avait déjà évoqué par ici, est de retour avec un nouveau 45 tours qui enracine encore un peu plus Hoboken Division dans le blues.

La face A débute avec un original « A night out », soit la quintessence de ce que peut livrer le duo à l'heure actuelle : tempo lent et lourd, une guitare grasse et chargée en électricité assure la rythmique tandis qu'une slide nous ramène, encore et toujours, vers le blues. Un bon moment.

On continue dans la même veine et, conséquence logique, c'est une reprise d'un standard de Skip James, « Devil Got my woman », que l'on retrouve en face B, dans une version poisseuse à souhait. Le duo a eu la bonne idée de moderniser la chanson, sur un tempo (encore) assez lourd, tout en gardant l'esprit intact. Seul le chant semble encore un peu « vert » pour la note bleue. Mais ne faisons pas la fine bouche, ces deux morceaux constituent un excellent 45 tours.

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jeudi 17 janvier 2013

Hoboken Division : "Sugardaddy"



En attendant l'album (il va falloir patienter encore un peu) Hoboken Division, duo dont on avait découvert l'EP inaugural il y a un an (voir chronique ici) est de retour avec son premier clip, "Sugardaddy" extrait dudit EP.
www.hobokendivision.com

mercredi 25 janvier 2012

Hoboken Division




A peine un an d’existence pour ce tout jeune duo Nancéen qui s’apprête à sortir son premier EP en mars prochain. Hoboken Division c’est la rencontre entre deux univers, d’un côté Marie, chanteuse formée au jazz et à la soul, influence particulièrement sensible sur « Radar On », et de l’autre le multi-instrumentiste Matthieu. Si la guitare semble être l’instrument principal de Matthieu, ce dernier ne s’interdit rien ni d’utiliser des instruments roots (orgue, harmonica), exotiques (sitar, tampura, harmonium) ou bien encore de parsemer les compositions de quelques machines (loops, samples, boîtes à rythmes) bien que l’apport de ces dernières soient assez limitées. Musicalement le groupe s’inspire à la fois des grands groupes garage, produisant un son assez sale et des riffs lourds et poisseux s’inspirant du blues (« Out of Business », la guitare slide de « Happier than you »), mais y ajoute parfois une touche plus moderne influencée par le shoegaze accouchant de titres rock répétitifs et lourds à souhait (« Sugardaddy »). Un premier ep au mariage des genres très réussi.