Le 18 février 2023, Jesse Malin enflammait pour la dernière fois une scène parisienne, celle de La Boule Noire. Trois mois plus tard, en mai 2023, c'était le drame. Atteint d'une rarissime attaque lésion de la moelle épinière, le sympathique songwriter s'effondrait sur le parquet d'un restaurant, dans sa ville de New York. Le chanteur est depuis lors resté paralysé cloué dans une chaise roulante. L'avenir s'annonce incertain mais Jesse Malin poursuit une rééducation accompagnée d'injections de cellules souches. Mais, surtout, il n'a pas perdu son sens de l'humour : "Je recouvre enfin un peu de forces dans mes jambes, mais ça n'avance pas aussi vite que je le voudrais. En gros, je ne suis pas prêt de faire le grand écart à la James Brown sur scène !" Le système de santé étasunien étant ce qu'il est Jesse bénéficie d'un grand élan de solidarité de la part de ses collègues musiciens. Ainsi, le 20 septembre prochain sortira un triple album vinyle de reprises intitulé "Silver Patron Saints, The Songs of Jesse Malin". La diversité des intervenants, de Rancid à Bruce Springsteen, résume à lui seul le parcours de Malin, un ancien punk reconverti au songwriting folk-rock.
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jeudi 6 juin 2024
dimanche 19 février 2023
Jesse Malin + Trapper Schoepp, La Boule Noire, 18 février 2023.
Commençons par saluer Trapper Schoepp, songwriter du Wisconsin, qui a assuré la première partie. L’artiste se présente avec une formule est assez originale, un duo guitare folk/mandoline et semble plutôt sympathique, enchaînant les morceaux avec beaucoup d’humour et faisant montre d’un talent de storyteller assez exceptionnel, s’inspirant de sa vie de tous les jours (une virée en manège qui tourne mal, ce genre de choses) pour composer ses chansons en forme de Polaroïd au vécu imparable. Une belle découverte.
C’est au début des années 2000 que, sur la scène du Bataclan en première partie de Ryan Adams, on l’avait découvert, jeune impétrant seul à la guitare acoustique qui nous avait, déjà, charmé par son énergie et son sens de l’humour imparable. Jesse Malin sortait à l’époque son premier album solo « The Fine Art of Self Destruction ». Hasard, conflits d’agendas ou empêchement divers ont fait que longtemps, cette soirée au Bataclan fût le seul concert de Jesse Malin auquel l’auteur de ces lignes avait assisté ; même si, entre-temps, de nombreux album de Jesse ont été chroniqués sur ce blog. Aussi, pour toutes ces raisons, il était impensable de rater, encore, le passage de Jesse en ville alors même qu’il revient pour fêter le vingtième anniversaire de son premier album, celui-là même avec lequel on l’avait découvert. C’est donc avec le sentiment de refermer une parenthèse, de compléter un cycle, que l’on accueille ce concert à la fois émouvant et électrisant. D’autant que Jesse Malin, costume, tee-shirt, lunettes de soleil et chapeau, apparaît sur scène en grande forme, aussi glamour qu’une rock star des années 1970, entouré d’un groupe au grand complet. La setlist laisse évidemment une large place à son premier album repris dans son intégralité. Humain, terriblement humain et avide de contact avec son public, Jesse délaissera plus souvent qu’à son tour sa guitare folk pour descendre dans la fosse chanter au milieu du public au contact direct de la foule. Moment exceptionnel qui restera longtemps gravé dans nos mémoires lorsqu’il reprend dans ces conditions « Russian Roulette » (The Lords of The New Church) avec un entrain imparable. Le concert se révèle particulièrement équilibré entre fureur électrique et émotion acoustique. D’émotion, il fût beaucoup question durant cette soirée (il a l’habitude de beaucoup discuter entre les chansons) lorsque Malin évoque la mémoire de ses amis disparus, le fameux concert du Bataclan ou tout simplement le temps qui passe. Une chose semble certaine, alors que les lumières se rallument, si l’on aime tant le rock’n’roll c’est grâce à ce genre de soirée et à des artistes comme Jesse Malin prêt à tout donner jusqu’au bout sur scène. Promis Jesse, on attendra pas 20 ans avant de revenir !
https://www.facebook.com/jessemalin
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vendredi 17 février 2023
Jesse Malin : « The fine art of self destruction »
Sorti en 2003, le premier album solo de Jesse Malin (ex-D Generation) vient de faire l’objet d’une luxueuse réédition deluxe agrémentée d’inédits et de nouvelles version, portant le tout au total pantagruélique de 21 pistes ! Mais le plus frappant reste de constater à quel point le disque a particulièrement bien vieilli. Ancien punk, converti aux vertus de l’acoustique avec le présent album, Malin a toujours abordé le folk et l’americana selon un angle personnel, qui n’appartient qu’à lui, ou l’énergie prédomine avec ou sans guitare saturée (« Wendy »). Ce qui n’empêche nullement l’artiste d’être également à son aise dans des ambiance, intimes et apaisées, émouvantes et douce-amères (« Brooklyn »). Son grain de voix, à l’émotion palpable, et son savoir-faire mélodique s’adaptent à tous les contextes. Tous les éléments qui feront ensuite le succès de Malin (sa discographie regorge de perles souvent passées sous le radar, hélas) et ce feeling new-yorkais, à la fois prégnant et indéfinissable, tout en tension sous-jacente (« Riding on the subway »), étaient déjà là en 2003. Un classique à redécouvrir.
En concert le 18/02 (La Boule Noire).
lundi 30 janvier 2023
Jesse Malin : « Glitter in the Gutter »
Cette copieuse (14 titres) réédition, remastérisée, du troisième album de l’attachant Jesse Malin (sorti en 2007 alors que ce blog en était à ses premiers balbutiements) permet de revenir sur un passage méconnu de la carrière du chanteur : son, bref, exil californien (« California seems so cold » chante-t-il in « Lucinda »). Car, palmiers ou non, c’est le subway new-yorkais qui coule dans les veines du chanteur et lui donne son énergie. Qu’importe que la guitare soit acoustique, Malin s’en empare, frotte les cordes avec la même énergie, et chante dans le micro, comme si sa voix devait passer par-dessus un mur d’amplis (« Don’t let them take you down » ; « Lucinda » ; « Love Streams »). C’est donc à une attaque tout à fait personnelle de l’idiome folk à laquelle s’adonne le chanteur ici. Troubadour punk, on ne saurait trouver une plus juste définition pour la musique de Jesse Malin, qui ne se prive pas non plus de rendre hommage au genre qui a bercé sa jeunesse (la rageuse « Prisoners of Paradise »). Enregistré avec une poignée de potes, Ryan Adams, Jakob Dylan, Josh Homme (Queens of the Stone Age) ou Chris Shiflett (Foo Fighters) et agrémenté d’une touchante ballade en duo avec Bruce Springsteen (« Broken Radio »), voici une pépite méconnue à (re)découvrir.
En concert le 18 février (La Boule Noire)
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dimanche 31 octobre 2021
Jesse Malin : « Sad and Beautiful World »
Sa voix fluette et haut perchée possède un petit quelque chose de Neil Young alors que le souffle épique qui habite ses compositions, et plus généralement le feeling east coast qui s’en dégage, évoque plutôt Bruce Springsteen. Depuis une bonne vingtaine d’années, le New-Yorkais Jesse Malin est l’un des songwriters les plus attachants de sa génération. Et prolifique avec ça comme le prouve ce copieux, mais jamais lassant, une prouesse, nouvel effort de 15 titres. D’une certaine manière la quintessence de l’art de Jesse Malin, capable de scotcher l’assistance avec une simple guitare acoustique et des mots touchants racontant le quotidien des gens simples (cf. « Crawling Back to You ») dans un grand croisement entre Springsteen, une certaine conception noble de la pop, et la country (« Tall Black Horses » ; « Lost Forever » ; « Dance on my Grave »). Ailleurs, le piano et/ou le rythme endiablé du rock’n’roll sous l’influence des années 1970 (« State of the Art » ; « We Used to Roll » ; "Dance with the System") se charge d’apporter un contrepoint bienvenu aux compositions intimes et émouvantes, complétant ainsi le panorama d’un album riche et varié.
En concert à Paris (La Boule Noire) le 2 novembre.
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samedi 28 septembre 2019
Jesse Malin : « Sunset Kids »
A bien des égards, Jesse Malin semble égaré dans son époque, un personnage comme on en fait peu, un manière de rescapé des seventies alors qu'il est probablement trop jeune pour avoir pleinement vécu l'époque. Doté d'un sens de l'humour ravageur, caustique, et d'un charisme à toute épreuve qui font de lui une attraction sur scène qu'il serait dommage de louper, l'homme fait, n'ayons pas peur de le dire, partie de nos chouchous depuis de nombreuses années déjà (précisément un concert au Bataclan en 2002) et c'est toujours avec un joie non feinte que l'on reçoit un nouveau disque comme on prendrait des nouvelles d'un vieux pote que l'on est content de revoir. Et tant pis si chaque disque se ressemble un peu, toujours sous l'égide du modèle Springsteenien, ou si, plus précisément, chaque prend la suite du précédent, le tout formant un corpus, une chaîne particulièrement consistante sur la durée. Tant pis en effet puisque l'on est quasi sûr (on n'est jamais à l'abri d'une catastrophe cependant) d'y retrouver ce qu'on aime, des mélodies bien troussées, finalement plus intemporelles que revivalistes (« Meet me at the end of the world again »), un sens de l'harmonie (« Chemical heart », « When you're young ») et de l'attaque à la guitare folk (« Promises » , « Shining down »), une ambiance mélancolique (« Shane », "Revelations"), et une âme s'échappant des textes évoquant les galères du quotidien de ceux qui tentent de s'en sortir (cf. le fameux modèle Springteenien) le tout avec sa bonne vieille ville de New York City en toile de fond. Car, dans le fond, écouter un disque de Jesse Malin c'est un peu comme prendre un express imaginaire pour la Big Apple. Départ immédiat.
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jeudi 15 décembre 2016
Jesse Malin : « Outsiders »
Depuis qu'un soir de
décembre 2002, seul sur la scène du Bataclan avec sa guitare folk,
il nous avait séduit par son charisme et son sens de l'humour
ravageur, on a toujours gardé une affection particulière pour Jesse Malin. Jesse Malin, c'est un peu le dernier de son espèce. Un
songwriter inspiré, le genre de mec qui aurait été une superstar
en 1972 et qui aujourd'hui vivote dans un relatif anonymat. Un nouvel
album de Jesse Malin, c'est un de ces petits plaisirs de l'existence,
un bonheur toujours renouvelé, sans (mauvaises) surprises certes,
mais toujours égal de qualité ou de talent. Il exhale de sa musique
quelque chose de profondément New-Yorkais, intrinsèquement ancré
dans la côte est des Etats-Unis. Son sens du storytelling, sa
volonté de raconter en chansons le destin de ses contemporains,
proche du peuple et des « petites gens » le rapproche
d'un Bruce Springsteen (celui des débuts) dont il est le digne
descendant (cf. « All bets are off »). Ce nouvel effort
voit Jesse se partager entre chansons acoustiques mélancoliques ("Stay Free") et
rock n'roll enfiévré (« Here's the situation », « In
the summer », les excellentes « Outsiders » et "Whitestone city limits") dont le
côté baroque rappelle les Stooges (le saxophone de « The
Hustlers » ; « San Francisco »). Signalons
pour finir le groove ravageur de « Society Sally », le
petit bijou de cette nouvelle livraison. Un classique instantané,
gageons que l'album vieillira bien.
jeudi 11 juin 2015
Jesse Malin : « New York Before The War »
N'importe qui l'ayant vu en concert ne
peut que garder un souvenir énamouré du personnage. Charismatique,
régalant le public de vannes et autres petites anecdotes respirant
le vécu, Jesse Malin, performer né, fait le bonheur des spectateurs
dans les (petites) salles du monde entier. Aussi, c'est avec une joie
non feinte que l'on découvre son nouvel effort, après cinq longues
années de silence. Comme l'indique le titre dudit album « New
York before the war », Jesse est installé dans la grosse pomme
et son parcours musical l'a mené du punk (son groupe s'appelait D
Generation) au songwriting folk. Le nouveau disque est à son image
et on y retrouve, pêle-mêle, du punk sonique (« Turn up the
mains »), des ballades sombres et tourmentées au piano (« The
Dreamers », « She's so dangerous ») et des petites
merveilles de rock classique d'inspiration seventies, « Addicted »,
« Bent Up » et « The year I was born »
(d'inspiration Byrds), les bijoux de cette nouvelle livrée. Sa
carrière entammée au début des années 1990 l'a vu collaborer avec
quelques grands noms comme Bruce Springsteen ou Ryan Adams. Jesse en
a gardé un carnet d'adresses bien garni que l'on retrouve sur le
roster convoqué pour l'enregistrement entre autres Wayne Kramer (le
MC5 quoi!!) auteur du solo de « Freeway » et Peter Buck
(REM) à la guitare sur « I would do it for you ». Un
effort solide œuvre d'un songwriter talentueux et méconnu. A
(re)découvrir.
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